‹ Recueil de dissertations sur différens sujets d'antiquité, par m. Quatremére de QuincyChapitre 1 sur 17 · Recueil de dissertations sur différens sujets d'antiquité, par m. Quatremére de Quincy · texte numérisé non relu

Recueil de dissertations sur différens sujets d'antiquité, par m. Quatremére de Quincy

Homêhi, comme fan tait . a dif, J.ins tous les siftïes l'objet tonnant Je In «usure, des uns, et tfeTnJ mirai ion des autres : mais tomes les querelles de goS! et d'opinion i]UB excitées le nmie inuiuirlL-l. tu nie» Ici sofle.t de guerre qui ont eu lieu Ù suit éi.prj i lie/. Il-, ani kits, sont oubliées. II eu sera bienlû! « peu près autant A? ce débat qu'a vu toeneaveler sur son compte le kvii,* siècle. II faut dire

cependant que celle domine querelle eut un caractère nouveau i ce fui moins on combat littéraire qu'une guerre d'amour- propre et de vanité ; de foi une sorte de révolte Je ['raijLieil d'une qicq-.u- c«in:i; Ni j;k.irL' d'une autre. Les nouveaux antagonistes. d'Homère ne pouvoient supporter l'idée qu'un homme suit réjiiilé pcnjjnl viiii;i-jix siècle" le prinLe Jes poètes. La durée d'une telle prééminence leur

C'est sur-tout dans la censura de la description du bouclier d? Achille par la Motte, que se lait bien remarquer celte sorte de travers, qui consiste à soumettre l'ccuvre

du se mirent et de l'imagination au seul jugement de (a raison et du calcul.

Selon lui, le choix des sujets décrit) sur le bouclier est défectueux, p,irce que tts ss'jtts , dit-il, ii'rw; rkn qui ilit du «■■•■/■ l< rapport ont II suja du poème; ri Homère mirait dû y foin .. .

dateur di Rome. Comment la Motte n'a-t-ll pas vu que (es exploits des successeurs JÉnfe sont l'objet ou du inoins le but principal du poème Je Virgile, lorsque l'historique Je la famille d'Achille n'eût pas mime eu dans l'Iliade l'intérêt d'un accessoire!

Un reproebe non moins futile, mais plus propres faire connoilrele fanxesprlt de sa critique, est celui qu'il adresse à Homère mil lu niiiut mi jel , lorsqu'il y reprend, comme un défaut de virile, l'espèce de vie et de mouvement que le poète s'est plu à donner aux objets et aux personnages de sa description. Certes, il faut itre bien peu puète pour contester à la poésie l'emploi d'une semblable licence. Nous verrons, au contraire , qu'il y.' y ,i p.i. d'au ire moyen d'twler la froideur dans laquelle tombe nécessairement toute destableau poétique que comme objets matériels de l'art, et, par conséquent, & n 'itre que l'imitation d'une imitation.

Mais le grief le plus acricux, !;■ plu» réel, des nouveaux détracteurs d'Homère contre sa description du bouclier d'Achille, et sur lequel ils triomphoient avec le plus de confiance, est celui qui se rapporte au nombre et a l'étendue des sujets de figures dicriles par le poète, parce que, selon eux, on devciL i.^p/ rouler a L rigueur ce nombre

et celte étendue, de l'espace vrai <[ue présenta en réalité

qu'on a mal- à-propos justifié Homère de ce qui, ln[]t d'être

salion est du nombre de celles auxquelles on donne de la consistance en les réfutant sérieusement. Je crois nue les apologiste! d'Homère ont eu Ici deux torts: l'un, de vouloir

lion du bouclier, le lèmoituittt;.' .lu sens physique, quand il Ncfalinit recom-irqu'au sufiVntçf «In moral el du goûl; fautre.d'uvoir produit (puisqu'ils invo.moieiil la preuve par dessin A J'iLj.jiL.Î de leur., nuneii, juslilii.nt.ifs) une composition dessinée .oui-A-ntiiinsniïts.inic, el qui. en ne tranchant qu'une partie de la difficulté', pouvoit laisser à l'objection

Je veux parier ici de celle partie de l'apologie d'Homère parBoivin, OÙ ce sav.un criliquc a jujjt A propos d'employer nia défense du bouclier d'Achille b seeours du dessin, et de monlrcr que tous les sujetsylécrits par le poète sur ce

Peut-être, comme fa l'ai déjà dit, ne fhlloil-il ni défendre Homère sur ce point, ni le défendre par le moyen même de la dcmonstralio!: graphique. Si le :;r : 'H enseigne que le poète iiëtoii tenu de se conformer en au cutte sorte, dans sa description , aux convenances du dessin ou de la sculpture, prouver qu'il es: resté lîdilement dans des limites qu'il avoit le droit de franchir, c'esr consentir en quelque sorte à l'accusation; t'est eu recou nu lire, sinon la vérité, au moins la légitimité.

descriptioni du mime genre chez d'autres poètes, par Texécuàon d'un nouveau dessin Ju bouclier, ei parquel T ques observations relatives à firt, tout ce qui peut compléter la justification du poète. Puisqu'il se trouve enfin que, sans en avoir besoin, Homère a été iWuit A repousser

à se défendre cou Ire ses défenseur!,. P

J'ai donc pour objet de montrer dans cette dissertation, et dans le dessin qui l'accompagne, que l'invention des sujets décriis sur le bouclier d'Achille par Homère est la plus judicieuse de toutes les inventions semblables chez

qi/se renferme avec le plu/d'exactilude dans les limites, soit de l'espace superficiel donné, soit des convenances auxquelles l'art du sculpteur peut être assujetti ; que le dessin de Doivin, bien nu il ait eu l'assentiment général des traducteurs et commentateurs d'Homère, ne fait qu'é-

les sujets de la composition dans l'espace convenu , qu'en tronquant les sujets et c:i déliai un Ht h. ;iuu position : que le système dans lequel le Jei!ii'.a[[>i:r a enne:: le développement des idées du poète, est contraire à l'esprit et au goût de l'antique, et fait supposer une autre espèce d'art et d'autres moyens ïmitatifs que ceux qui régnoienr au temps d'Homère, et qu'Homère lui-même a clairement dé^né, : qu'il et! possible, comme je le ferai voir dans un nouveau

par Homcrc, sur l'e^.u.'.- m p l- i f i l: l-l- J 41. i f ■- ^ 1 r est (li.^iynij ; enfin, qu'il ne s'agir, dans l'ouvrage de Vulcaln, ni de peinture ni de couleurs à l'usage du peintre, mais bien de

De la Description du Bouclier d'Achille comparée m Descriptions semblables de diftrens Pohes.

: considération P

e^de rapprocher,

qui devoit empêcher ta criti, reusement qu'on s'esl perrr poctique du bouclier d'Ac

n'avoit, du moins quant à l'espice, qu'un modelé imaginaire, et qu'il ne devoit à un semblable modèle qu'une imitation libre et arbitraire.

la nature do l'Iliade, où la fiction se mêle à la vérité, oit

dire, que de fondement à l'édifice poétique, où par conséquent les proportions de tous les objets sont assujetties module que celui de la réalité, il y a

nanees et ses vraisemblances : il y faut aussi de l'accord. Il faut sans doute v ;>[\ ■■s:wi d.'s i Mij^porcs , mais non pas de ceu* qui se vérifient, soit par l'expérience physique, soit dans ia balance de la critique, suit avec lïqucrr',: ci

Ceci sera bien plus vrai encore, si nous nous plaçons an point de vue prnir kqiul lis punies d'Hnaiére lurent

au temps où tout ce qui nous paroït aujourd'hui simplement fiction poétique, troll croyance- rellgltwei car il faut penser qu'une grande partie de ce merveilleux auquel nous ne non. priions. qu'en poésie, cioit alors du domaine des opinions coiiiauétï, rl avril' [ cours dans Ions

à dire par rapport à la description du bouclkr J'Ai. Iiiliir.

l'homme.

Qu'enseigne ensuite le goût sur l'esprit dans lequel doivent être faites et jugées les descriptions poétiques des ouvrages de l'art, tels que le bouclier d'Achille ! Il nous dit, te me semble, que de telles descriptions ne doivent pas aspirer à 1 paraître des portraits trai:é.i fidikment d'après un modèle donné; qu'elles sont au contraire.

des prétextes d'introduire Je lu variété Jolis sa composition , et J'étaler Ifs ressource!» Je son iiruigii.attmi ; qu'il n'est point tenu J'enchatner son génie par h froide ei timide hypothèse qui Ic-roil, Je su description , (a copie servile d'un orii.'.in.il p<Ui-.Ju i\i:;iaiH ; et. le goût dit encore qu'il faut juger ces descriptions avec i'e*prit qui

Les exemples sut ce point sont d'accord avec la théorie; et effectivement tous Les poires depuis Homère, non-seulement ont traité Jans cet esprit toutes les descriprions épisoJiques J'ouvrain n d'art, ni:iis si: sont meme beaucoup plus Oc;irtL : s que lui, du point de fidélité positive qu'on :;<mki- ' .■n loir donner pour terme et pour règle à ce genre d'imitation. Si l'on compare ?. kars compositions celle du Bouclier d' Achille, on trouvera, je pense, que l'auteur de l'Iliade a surpassé tons ses successeurs, je ne dis pas seule-

blables descriptions, mais dans la mesure des convenances

4 C'est, on doit le Jirefsans besoinléel .'san's raLn

ciiriilii sjii "iiM.iti 1 J'anc il:',c:i^(i;.n tout:! l.iLt j\:nilk-, pour le genre, à celle du bouclier d'Achille ; je dis sans raison puisée dans le sujet ou l'action du poème. Jason se Ajua*. ji revft d'une chlamyde Je pourpre que Minerve lui avoit f'.'' 1 , 1 ''- donnée, lorsqu'il monta pour la première fois le navire ™ Argo ; et cela seul est une occasion pour le poète de se

livrer, Jans un épisoJe de cinquante vers, à la description de tous les sujets brodés sur cette étoffe. Je suis fort

éloigné de vouloir l'en blâmer : je conçois qu'on trouve du plaisir à voir se développer sur la bordure de la chlamydc, les tableau* s ui: Lewis qu'une savante aiguille est supposée y avoir tracés. Personne, je pense, n'a encore eu l'idée de s'informer s'il csinc un véritable accord de mesure entre ta largeur dr l'étolTeet le nombre des tableaux. Le talent Je l'écmairi coi^isk- a liiire perdre de vue la chlamydc, à faire ou bl k-r k (bnc! nutéikl des sujets brodés , à produire, en un mot, dans l'imagination de l'auditeur ou du lecteur, l'écl.arige de l'objet i.tiiiant contre l'objet

Qui uc voit toutefois combien Homère a d'avantage sur Apollonius, dans ce qui constitue la raison et ta nécessité de sa description! Quel intérêt peut-on mettre i la chlamyde de Jason T II est visible que cette étoffe, dont ta fabrication nous est indifférente, ne se trouve avoir des

triire, P Achil'te a perdu ses urne, par l'effet de ta mort de Patrocle ; il lui faut un nouveau bouclier. Il invoque sa mère, qi;i s\!<trosse m ne pi;iivi>ii s'^J resser qu'à Vulcain. Ainsi ie poète se trouve conduit dans l'atelier du divin forgeron, et tout naturellement il nous fait assister à l'exé-

Quant au genre dramatique dans lequel Homère s'est

en les faisant sortir île «■ lorid- sUTile que présenteroit au poète l'obligation d'un récit technique, il me paroit qu'en usant librement du droit qu'a fa poésie de tout vivifier, il est cependant resté dans des termes plus d'accord avec le

goûlct la raison , que ne l'ont fait quelques-uns de ses successeurs, dont on n'a point toutefois condamné les 11-

Jc ne saurais croire t[ue Catulle, mime selon les mai i mes les plus indulgentes de la théorie du goût, soii i\cni|>; Je lotit reproche, dans ;.n ■■'r^cripLÎon tlc-r ^iiftis peints ou brodés sur la draperie du lit nuptial de Thélis et de Téite. le ne parle ici ni itu déNi.it île raison nécessaire de cette description, ni de son défaut de proportion avec le poème. Il suffit de dire qué ce poème est un epithalame (t). Or

eus propre, et que les accessoires y deviennent souvent

Catulle, et le justifier sur la disproportion qu'on a remar-

et plus que du mouvement aux ligures peintes qu'il décrit!

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l'organe qui correspond à un autre.

Je sais que? ces convenances métaphysiques pourront paroitre de vaincs subiilius .m Itctour, qui ne cherche que le plaisir, sans s'inquiL'.cr Je I:: riiLumrc dont on le lui préseme. Ainsi j'accorderai, si l'on veut, que [a beauté" des plaintes d'Ariane, et des adieux d'Égce à son fils, doit faire pardonner à Catulle cette transgression vicieuse des limites Je sou art : mais il n'en sera que mieux prouvé combien Homère est restC plus fidèle observateur

renfermé. Je dis qu'il i'a pu faire l^ilinieinent, et je dirai plus lias toiunieiu «i eii-i» nW qu'apparent, et tient à la nature seule de l,i ilnLripii"ii poûique.

Quant au droit, i[ est ijumiieslanle -, c'est celui de la poésie, et il consiste â remplacer dans la descriptinn

succéder dans des espaces indéterminés.- Le bas-relief, le tableau, ne présentent qu'un pointdonni de l'espace, qu'un

due, sans l'être réellement davantage; c'est mi 'on est beaucoup plus île temps à entendre le récit d'une action par des paroles, quïi m voir lu r»; ] i r t : s c- 1 1 tntïdin par des figures. Les descriplinns des sujrii du liiiuilitr d'Achille, faute par les critiques d'aveir liiil telle <ilfM.Tvar.ion, ont dû paroitre plus nombreuses et plus étendues que les sujets de leur modile : cela lien! à [a rioliirc de l'an qui peilll par les

naturel, mais nécessaire, que le poète, traitant le sujet du peintre, amplifie sa composition. De mime, si, à son tour, le peintre vient ri travailler sur ce qui est le sujet du récit du poète, il sera forcé d'eu supprimer tout ce qui sort du cercle élroil 'le tcnij'i et (i'cîprsce OÙ il doit se renfermer; c'est-à-dire qu'il abrégera les détails de la

narration , et retranchera précisément ce qui est le propre de la poésie.

Ainsi nous verrez '[ni 1 ji la ;:^i.-tip<io:i de? sujets gravés sur le bouclier d'Achille paroît comprendre pius d'espace

les sujetsdécrits se ranger fort à leur aise dans ies espaces

llyiJu savant et spirituel Lessing , qui l'a emprun- Soonw, dur léede ServiusIO, une outre observation sur le système poétique d'Homère dans la description du bouclier ; c'est l"i?™«'pii. tlu'ohligé de peindre en poète , ou , autrement dit, de faire ^'P' 140 " passer devant nos yeux des actions et des images successives, il ne nous montre pas le travail fini d'un bouclier tout fait, mais il nous rend les témoins de l'exécution de chaque sujet, et de l'action mOme de l'artiste; ce qui le met A ponce de représenter moins l'ouvrage de l'art tjue sa citation, l'ar cet tngénicuy procédé, tjui consiste A . rendre sxeecsitf ' tl,:m }■ r-\h ,e <ji.i l j: i-L.'.'/j.',;,vr tUtu h relief Je miial, le pohe se trouve dont le eu Je subslilier à ï ennuyeuse deseriptirj. .v^r !. : il >i\'-.7i:l d'uni: ,:,;:[>".

Que si l'on fréta d'observations aussi Joui le* cïémens n'a

sur-tout si l'an veut soumettre les deu* dernières, sur le poil» de critique dont il s'agit,* l'tpreuve, suit des mêmes principes, soit des mêmes applications. .

Les critiques, tant anciens que moderne.;, som partages d'opinion sur la question de savoir si le poème ou .'.("X"',- k ' ^'"eiit .It- poèrn,- inliOilt (,• Rallier JHtraJt est '™. ou n'est pas d'Hésiode. Les uns ont prétendu qu'on n'y

recon no issoii ni son style simple, ni sa manière nai've, IM.i,,!,,..:. j\ cll j, ., ; , T mi-imii p;:r celui de ses ouvrages, savoir, les r R Œ ïa f 'H.uifay [Optra cl Dits], que personne [le lui a il MX!- contesté, et le seul, il il l'ilitiiinil. , que lia liicotiens de

l'Hélicon reconnoissoient pour une production authen- D'autres ont pense qu'Hésiode avoit dù changer de style

lion Mire les commentateurs ; c'est t'â^c ou il vécut. H en est nui le font antérieur et il y en a qui le croient postérieur à Homère; et le Bouclier d'Hercule, en l'accordant à Hésiode, n'est qu'un sujet de dispute de plus. Il s'ytrouve, en effet, tant Je similitudes avec le bouclier d'Achille, qu'on est force d'avouer que l'un des deux a servi de modèle à l'autre. Or chacun argumente de ces ressemblances, selon son opinion sur l'antériorité de l'un ou de l'autre poète ; car comment démontrer lequel des deux ouvrages est l'original, et lequel est la copie!

Démontrer en ce genre, je pense que cela ne se peut, sur-tout si l'on doit appeler le goûi pour juge de ce procès. Le goût, dans ces sortes de contestations, ne prononce rien d'absolu ; il se contente d'indiquer le vrai , de le faire sentir. Faute de meilleure autorité, on peut donc toujours, dans de semblables matières, réclamer son suffrage.

Il est certain d'abord que le bouclier d'Hercule contient un asseï grand nombre île sujets qui sont les mCmei que ceux du bouclier d'Achille. Les principaux points de similitude sont ,

i.° La description de s deux villes: l'une en guerre, où

cl se célèbrent des files nuptiales :

i." Les description [lu lab agc , Je la moisson , Je

la vendange e[ des pâturages;

3." L'idée tir faire t-m iminnr [-.- liijin-licr par les flots de l'Océan.

Mais maintenant ce qu'il faut dire, c'est que ces sujets, qui, comme 011 ie verra par la suite, composent la presque-totalité des objets décrits sur Je bouclier d'Achille, forment la moindre partie des mmposiltonsde celui d'Hercule. Comme il importe aux conséquence* que ce parallèle peut foire tirer , de connoitrr l'étendue des matières

intitulées sujets 1 ", cnutnérer tous les objets de ia description d'Hésiode.

MbM'a^c I." Su/a. Au milieu du bouclier, un dragon effroyable.

Hsun'x, .. 2 .' Sujc,. Au-dessus de la t2ie du dragon, î'.rinnys environi4iauf, n^JpsosscmfiisiJc ses victimes, excitant les hommes aux combats: elle est accompagnée de l'attaque , de la furie, du tumulte , de In terreur et de l'homicide. Scjtl. Les Parques , K*ff , tenant d'une main un blessé, de l'autre un mon el un vivant. 4.' Sujet. Combat de deux dragons contre des saneji.-is et de- lions, j.' Sujit. Combat des Lapilliesetdes Centaures : d'une pan, Ci-née. Dryas, Pirilhoiis, Hopleus , Exodius , Phalerus . Proloclius, Mopsus. Titaresius, Tintée: d'autre part, les Centaures Pefreus, Asbolus, Arctus, Hurius. Peucides, Ptrlinèdes, Dryalns. S.' Su},!. Mars et ses terribles coursiers, la Terreur, la Crainte, Minerve toute armée. 7.' Sa/a.te thttur

des immortels ou l'assemblée de l'Olympe, Apollon jouant de la lyre. S.' Sujtt. Les neuf Muses se disputant le prix du chant. Sujet. Un port de mer : sur Ici Ilots sont icpiii'fiilLf. Jl l s poissons et des dauphins ; <ur ii' Ij.i: J -ln:! des pécheurs. 10.' Sujet. Pcrsce volant avec la tfte de Méduse : les Gorgones le poursuivent. //.' Sujet. La ville en guerre, les femmes sur les tours, les vieillards sortent de la ville levant les mains rai c;cl. : 2.' Sujet. Combat où se voient les Parques, la terreur, la désolation, ij.' Sujet. La ville en pai* , les danses , les mariages , les chœurs de musique. 1+.' Sujet. Course de chars hors de la ville. ij.' Sujet. Labourage. |*V Sujet. Moisson. i 7 ; Sujet. Vendisses, lo.'sttjet. Prix pour la course aux chars. Ît.'sljit. L'Océan autour du bouclier.

portant , comme on le verra , ceu» du bouclier d'Achille

d'Hercule excède du double en quantité les descriptions d'Homère. Si l'on regarde ensuite A la nature des sujets* il est facile de juger qu'aucun de ceux d'Hésiode n'est uiiiiii 1 . abondant '-n ;.f'j::iH el en personnages -, qu'au contraire il s'y en trouve plusieurs , tels que ceu* des Muses e: Je f i (..L'C'^iriuii.i.jhie , h.liv. iej'[uels le nombre dea individus étant donné par le poète , ne pourroit être réduit par le dessinateur. On remarque encore que l'auteur du Bouclier d'Hercule a employé à sa description quatrevingts vers de plus qu'Homère. Enfin la seule énumeration qu'on a faite des sujets décrits , a dû montrer qu'il y a dans cet ouvrage, outre plusieurs répétitions, une

espèce Je surcharge , un luxe d'objets Inutiles, Je détails surabonJans.

Je ne sais si je me trompe, mais i! me semble que ces! le propre de l'écrivain qui vient après. Je s'appliquer à amplifier la matière jiluiùi qu'à la nstreindre. Le plagiaire se. ih'ci.ic !■]■[! inzin nu i-t rrir [i- soin mcinc qu'il prend pour tacher ses larcins; et une de ses ressources est de mettre le plus à la place du mieux. Si cela csi, on peut présumer que desduu\ CLuriptinni de bouclier , h ;-.!i;s juiiu-

moins ancienne : d'où il résulterait que si lUgueUïf i anses! d'Hésiode, il servirait à prouver qu'Hésiode fut posie-

encore à Homère une gloire peut-être plus rare que celle de l'invention : ce serait d'avoir porté dans Sun imitation cette mesure de goût, ce choix judicieux, qui améliorent quelquefois l'œuvre du jrénie i-n lui il mu riant Je plus justes proportions, et d'avoir mérité pai-hi le titre, non d'imitateur , mais de second créateur. Il résulterait encore de [à, qu'en réduisant de plus de moitié les sujets Ju bouclier d'Hercule, Homère suroît fait preuve , sur le point

d'Hésiode dans l'espace réel d'un bouclier , il faudrait avoir recours , soit à une méthode d'abréviation très-forcée, soit à des hypothèses qui, sans être inadmissibles, s'éloigneroient beaucoup de la vraisemblance en cette matière. Non , encore une loti . que même ce que le Jessi-

naieur jugerait impossible pour sijii art , dût se regarder comme interdit dans la description à l'art du poète; je ,™ M ■» A 1 nu, „i-t''- ' "•••> »•-'* d'an eicès qui n'en scroit pas un en poésie , pourquoi se refuserok-on , dans celte apologie, à reconnoitre qu'il est de tous tes poètes celui chez qui ce défaut , s'il fallait l'appeler ainsi , a le moins de réalité on même d'apparence!

La chose deviendroit plus sensible encore, si j'entreprenois de confronter (sous le rapport de l'éxecution graphique) à la description du bouclier d'Achille celle du bouclier d'Éru'e par Virgile. Cet épisode est trop connu ,

irès-grand nombre des sujets de cette composition , il y

multitude de figures et de personnages : tels sont les sujets de la guerre de Porsenna , de la prise de Rome par les Gaulois, de la vue des Enfers et des Champs -Élysees. Cela sera encore plus vrai de la bataillenavaled'Aclium et de ses suites. Que dire erilin de la cérémonie du triomphe d'Auguste, où l'on devrait représenter tout l'univers soumis, et tous les peuples vaincus, chacun avec leurs habits particuliers , formant le cortège du triomphateur! Il me semble que de toutes les compositions du même genre il n'y en a pas nue où le poète ait plus Dutn-poud les

bornes dù ïexécul'w :ï.-.ii'lii<.'.i:' . y;ur. méconnu oc qui pouvoit être le type matériel de ses sujels et quelle étoit l'étendue Je son cidre , se siiit plus permis enfin de substituer (a description îles objets e un -mimes à la descriplion de leur image.

Cependant personne ne s'est jamais avisé de blâmer

Homère sur ce point, ne pan pas d'un jugement moins étroit , et je persiste à croire qu'elle ne méritoit pas au fond une réfutation sérieuse.

Toutefois cette réfutation a eu lieu; et le mal est en-

ens mêmes de ia défense. Ce ne sera e du bouclier d'Achille par la Motte ion apologie par Boivin, que je vais

Dif.r.as yrhicipauxiu gmii il du sysûm! de composition suivis par Boivia dans le Dissin il son Bouclier. — Du ij '-m: a du gnù : j.if île suivre dans

un nouveau Dessin du Boucher d'Achille.

M. Boivin le cadet (nullement appelé Jean Boiria), membre des plus distingues du l'Académie des inscriptions et belles-lettres, n'avoil pu rester simple spectateur dans fa querelle, ou, si l'on veut, la guerre des anciens et des

favori, et qu'il avolt. appris par^ cœur dès^sa jeunesse ,

tournoient toutes leurs forces. Il en entreprit l'apologie,

et particulièrement (dii M. de Boie) celle du bouclier H-s-*

d'Achille, sur lequel sembloie.it tomber tous les traits

r/ux sa faire entendre, pour réfuter plus vietorieusement le reproche de disproporiion entre les sujets de la description et l'étendue d'un bouclier, le défenseur d'Homère imagina d'en appeler h l'expérience du dessin, er au jugement de l'ceil , irrécusable arbitre en matière d'art. II recueillit donc les principaux motifs des sujets

l'iirriiiicns régn;;n: <n:rr>ur ■ Ni ujv'iirVi'jiiii' .:e h piiifie

argument qui pouvoir être sans réplique.

Ce dessin fiit \\u:i<? .!-.- iW/m.'iyic d'Homère, ouvrage p vr ! rempli d'observations fines et judicieuses. On se permettra de faire observer encore que c'est en son genre lin modèle du bon ton et de In politesse qu'on peut

(il!)

l'elfet que l'auteur pnuvoït s'en promettre. Depuis on a

a prodigué les applaudissement àl'idee de Boivin, et s'est piLViiliL Je i^lte irruhL-lii.ri eajLssiri peut-être au-dela de ce qu'il convenoit. M. de Cayius a cru ne pouvoir mieux faire que de l'adopter dans sou entier; et en reproduisant

, en ni! mol, nr.f lies pièces jus-.iiÏL-.ihvi» 'i plus recens ii-aducltiirs on «mlmt-rv le n'ont pas manque d'en enrichir km;

générale^ Un peu plus de connoissance du style de l'anti-

en matière d'an , aurait fait trouver facilement à Boivin les moyens de mieux justifier Homère.

Si son desïinareur fût connu toute l'ctendue de ses ressources, il eût pu d'abord se resserrer beaucoup moins

dans l'étroit espace Je sc-ï iltui/c cei::p.iriimenî. Rien ne l'eût empêche, par exemple, de meure à profil, s'il l'eût juge à propos , même [a partie concave du bouclier; ce qui est autorise" par celui de la Minerve du Parthenon. Il

lonesdes figures sur la partie cornent , et par conséquent

rable : mais il fallait pour cela concevoir ces compositions comme étant des bas-reliefs, et non des tableaux.

Or l'idée Je perut nrc- finit mnjonr. «-Ile dont personne alors ne croyoit devoir s'éloigner . lorsqu'il h'agissnii du bouclier d'Achille. On ne peut guère douter que Boivin n'ait eu en vue l'art du peintre , et ne s'y soit conformé dans l'intention générale de ses sujets. Cela résulte de la dimension mîme des espaces où il les a renfermés, du mot tableau dont il use sans restriction , et de ce qu'il dit luiiuCiiil 1 Ui.ur j Lir-iï1ior le iLn/Li-HTiifiii Ji.:,|l:l loiv.p.isrion, prétendant que, si Us csp.ms ,lc ses dessin; amiral ru

eu d'autre moyen que de mettre dans les lointains, ce que la petitesse de chaque champ i'empéchoit de montrer sur

OCilei d'Achille, si elle se fût bornée à la seule suppoion de figures colorées : mais l'artiste dont Boivin em- ■inta le crayon (i), étant peintre, non-seulement porta i) M. YleujMi

aux sujeis dont il s'agît; ce>t-fi-dire, le goût le plu) éloigne 1 du goût Je l'époque i laquelle ii (au 5e reporter.

Que le genre de la peinture moderne ait été celui dans lequel Boivin ou son dessinateur préteudirent que devoienr. se traduire par le dessin les sujets du bouclier, c'est coque confirme encore le suffrage donné par le poète Angloîsau

faite exactitude; aurastt, ptriptctlyi , lu trois mltù, &t. C'est, comme Ion sait, ie propre des censures outrées

son dessinateur auraient prévenu ce second ejcès , s'ils avoient pu se convaincre qu'il n'émit réellement point question dans tout ceci de la peinture proprement dite. Au lieu de cela, ils uMtaeèrcnl, en défendant Homère, la méprise de cens qui l'nttaquoient, et ils s'obstinèrent à voir les sujets du poète avec (es yeux d'un peintre mo-

Rien n'était plus nécessaire que de déterminer, avant tout, le genre d'an ci d'e i:tk'ii .-.p:>lkabtc à l'ouvrage. Selon l'art dont on fera chois , l'imagination sera libre de i\'.-.r^:ip! r.,\ d^iendié i e;ré ti::ire Mu^^ript jon. Les anta-

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>n de Jeu:

i n'empîche qu'on ne s'en fasse .1rs ÎJ.Vs jimilîj<ieusïmenl dissemblables. Que l'on suive la méthode par signes abréviatifs du has-reiief antique, il est possible que, sur un bouclier Je quatre pieds de diamètre, une ville n'occupe pas plus de quatre pouces d'étendue. Si l'on veut se la figurer peinte en perspective , elle sera plus grande que

Bit celui du bas-relief pittoresque des modernes, i dire, n lointains, h perspective , et à plans multip dégrades. Or il est constant d'abord que les ancii pratiquèrent jamais cette méthode , transportée i sculpture moderne par une vaine prLtcnijon ■l'h:: peinture ; et il est clair ensuite que ce système esi plicable A l'exécution des sujets du bouclier. On corr

,1.': :lj.;i:in .[:: r fil : I If Ht

uni d'au ftconniu-i-bh irf

toutes les hypothèses , I; parli pris pqr Boivitl ul-i-la-fois trop réduire et Irop découper les sujets ïipticra : il ne pou™!, ni en primer la totalité de

l'unité, et par conséquent dWciure In succession des idées et des images^d'une action. Cjest pourquoi, lorsqu'un

il est tenu , ou de n'en prendre que le motif gênerai , ou

sions prescrites par le besoin de se renfermer dans un seul point de temps et d'espace.

Mais, me dira-t-on, si telieest l'essence de l'art qui ne parle qu'aux yeux, comment peut-on blâmer Uoivin, ou d'avoir par trop resserre ses compositions , ou d'avoir divise" en trop de parties isolées ies sujets d'Homère ! A cela je reponds que la sculpture antique nous donne l'idée et nous a bissé les plus nombreux modèles d'un autre système dans la manière Je le présenter les actions, et que ce système a. jusqu'à un certain point, comme l'art d'écrire, la propriété iL- la nnLi-j-ion dans les Images.

C'est,*!» vérilé.en ramenant l'an de peindre ei celui de sculpter i leur origine , qu'on leur trouve celle propriété ; et celle origine est l'écriture. L» sculplure sur-tout, en tant qu'elle fui cl.ez les Grecs l'art favori de la religion et de la politique, se trouva plus intimement liée qu'on ue peui le croire, avec toutes les causes qui dévoient ia restreindre à n'être qu'une écriture sacrée. Cela est trop connu pour que je m'y arrête. Ce qu'on a peut-être moins souvent remarque, c'est que de là est résulté dans la sculpture antique, et particulièrement dans celle du bas-relief, un caractère lout-à-fait différent de celui que les modernes

des ligures de bas-relief resta fidèle au principe de' l'écriture figurative; et, bien que l'art de l'imitation fût trèsperfection né , les compositions retinrent toujours l'esprit île leur premier emploi. Chez les modernes, la sculpture de bas-relïef, indépendante de toute sujétion, suivit le goût et les erremens de ia peinture. En un mot, le basrelief moderne prétend à l'illusion du tableau , « le bas-

à faire fonction d'écriture et de signe littéral. ^ ^

des^tels, des colonne^, des vases, des meubles, des armures, des étoffes, &c. , jouant jusqu'i un certain point le rùle de l'écriture, permettent à l'artiste ce développement ■d'images successive qui .npp.- ri iju; .-. l'art Ju poète. Selon ce système , méconnu par Boivin ou son dessinateur, les sujets de la description du bouclier d'Achille, ceux sur-tout qui, comme on le verra, présentent à l'artiste

des scènes, à la vérité successives, mais faisant partie d'un l'.mi ; ce* si:jL-li , tii-i ji- , n'ont besoin , m d'être morcelés en plusieurs , ni de former des compositions isolées et indépendantes l'une de l'autre.

Dès qu'on fait tant que de soumettre les descriptions pnétiquss J'HuiisL-ie h i„ preuve par dessin, et dès que

le système <iu bas-relief antique qu'il faut puiser les exemples de style et de composition applicables d l'espèce. Ce qu'il faulse demander, c'est comment un artiste Grec auroit représenté, sur un bouclier Je quatre pieds de diamètre, tout ce qu'Homère permet de croire qu'il auroit pu imiter iuï-mime d'après un semblable ouvrage eu réalité.

Et puisqu'il s'agit maintenant de ramener dans les limites de Is réalité positive, une ilestriplbn qui auroit eu le droit d'être purement imaginaire, pourquoi se refuseroit-on à reconnoître qu'Homère avoit peut-être reçu des artistes de son temps les modèles de ce genre d'ouvrage et de composition ï

L'état des arts , au temps d'Homère, n'etoit ni aussi avancé qu'il a plu à Pope de le croire, ni aussi imparfait que se le figurent ceux qui , peu versés dans l'histoire des

l'ignorance avant le siècle de Périclès. Il est bien certain qu'il ne faut demander à l'art de ces premiers siècles, ni la science de la perspective linéaire, ni celle de laperspective aérienne : l'une et l'autre excluent l'emploi des figures dans le sens d'inscription ou de représentation de l'écriture ; et voilà pourquoi il se trouve si peu de perspective

dans lous les bas-reliefs de l'antiquité. Mais toutes sortes [i'.luîsrius prouvent que . ifi 1 ^ Ll-^ temps hi'roïques , l'an du bas-relief fut pratiqué avec plus ou moins de succès. On ne sauroit douter , d'après les ttmoigriagîs mîmes d'Homère, que, dans son siècle, la toreuliqtie , on itdpart sur mitisux, n'ait été avancée au point d'exprimer par des contours privés dp science, si l'on veut, maïs simples et naïfs, tous les sujets de composition tju'exigeoit, soit le goût d'alors, soit le luxe politique et religieux.

Et.pour ne parler que des armes , ne les voyons-nous p:: 1 ; ;>r:;ti .\ symboles Je ligures allégoriques î Chaque

de quelque animal ! Or il ne faut p:is cruirc iej rï^urcs 'XVJw.' ' '

y fussent peintes : elles pouvaient f-trc-.ou fondues aycc le

corps du bouclier, ou rc-poussées au marteau , selon la pra- i'i

bas-reliefs étoienl en morceaux rapportés et incrustes, si JH^,^**'* 1 l'on explique dans ieur vt.ii . c: le m.>i 'tiV-? — ton:

Eschyle pour exprimer ces ornemens et ces figures des lM boucliers. .'ri s.w.

L'usage des boucliers votifs pnroîtrolt aussi avoir existé au ■-'■' , * temps d'Homère; du nmi us es[-il cerwin que l'on consacroir. aux dieux et que l'on suspendoït dans les temples les armes des vaincus. Si je le lue, dit Hector, je portât} les armri «w. I.rn, i Troie, el je les suspendrai èem II limplt d'Apollon, Je ne , ' > " penserai pas, connîn-ijnr lïj-.ie-s ;iniiqii,iir;s. qu'Homère air i\Um.d-rA,. donné lieu à la coutume des boucliers votifs ou mmmt- 'uhîmjmj moralifs, par la description de celui d'Achille; mais j'en wbconclurai seulement que la pratique d'orner les boucliers

monte h une tris-haute antiquité, et qu'elle précéda le siicle d'Homère.

Eu effet, tout en recannoitunl. comme on l'a déjA dit, que le bouclier d'Achille n'exista que dans l'imagination du poète, on peut toujours cependant regarder sa description comme un témoin qui dépose A- la-fois des usages

époque; et c'est en considérant ainsi ce morceaude poésie, qu'on es. autorisé à en faire un des premiers monumens de l'histoire des arts du dessin en Grèce.

Ainsi il me parait que non-seulement Homère n'imagina point le premier d'orner de bas-reliefs un bouclier ,

éprum.^ it-ciAts de l';.n d.:. Créer- , p!-,iî on Trouve domi-

l'a dit . des pratiqua de r.Vriu.re .;n'il muphir.it. p!-L>ilignml Ip= figures sur [ouïes le* parties des monumens.

Je veux alItjiniTi'il preuve de ceci, non plus un ouvrage idéalement décrit par un poète, mais la description fidèle et sans an d'un monument qui exista réellement, «qui, selon moi , doit tivoir c\islé usscr peu de temps après Homère : je parle du coffre de Cypselus , décrit par Pausanias, qui l'avait vtl, "

Ce coffre , ouvrage Ji-s (ciiipi primilifs Je l'art en Grèce, tut incontestablement améri-ur à l.i naissance du Ijrau de

Corinlhe, puisqu'il sen.il s le cacher nu moment où il vit

que ce meuble précieux, 6m Jc^iil-I , itloii l'usage d'alors, an renfermoir les objets de luxe et les riches étoffés des princes, efll appartenu à l'aïeul dp Cypselus, Éphccrates, dont la naissance répond à Ja première année des olympiades de Corcc-bus, 775 ans avant J. C. Si ['époque 1,1 . plus probable de la naissance d'Homcre est l'anp47 avant notre cre (1), il est certain que l'ouvrage du colfre en

postérieur^ à l'époque où l'on doit supposer qu'Homcre

rapproché df celui d'Homcre, la sculpture en bas-relief prodiguoit les sujets J'iiisinitc, et i-uhipiinit dans des espaces fort bornes les représentations et les compositions "

Le coffre de Cypselus contennit sur ses différentes sur- lïja j'ai faces au-delà de cinquante sujets de composition , et dans h "' le nombre il s'en trouve qui sont assez abondans en personnages. De fait, il n'y a pas une des faces de ce coffre qui ne puisse présenter plus de figures que n'en offre la totalité du bouclier d'Achille. Adim-iKuis, pour un moment, qu'au lieu de décrire en indicateur, dans un journal de voyage , toutes les compositions de cet ouvraga d'art, l'écrivain en eût fait l'objet d'une description poétique; sans aucun doute, il y aurait eu de quoi fournir,

(I) Ou 9W, itlorv Iti M lit™ de P««.

non le sujet d'un épîjilc , mai; Ij maiicre de plusieurt

En suivant cet» hypothèse, on 'peut assurer que, d'une pan. les censeurs du bouclier .i'/Vl-.jlk- ji iiriwt-nt jugé impossible ta réunion d'un si grand nombre de sujets histo-

le dessinateur qui , dans le système adopte par Boivin, prétendroit replacer sur l'espace donné tous les sujets décrits, en faisant de chacun un tableau isolé et complet, réussiroit à peine à indiquer la moitié , soit du tout , soit de chaque partie de cet ensemble.

tous ie njets i t ]

reliefs d'or et dïvoire sur un fond de bois de cèdre, rangés comme des espèces de caractères d'écriture , se succédant peut-être sans aucune division, et occupant sur chaque race des ligues horizontales et parallèles.

Si tel fut plus ou inoins le goût du bas-relief an tique à toutes les époques, même de l'art perfectionné, il sera permis de croire qu'au siècle d'Homère la sculpture . plus près encore de son origine, l'es! -à -dire, se rapprochant davantage , dans le style de composition et d'exécution , des habitudes et des erremens de l'écriture, ne faisoit autre chose que tracer des lignes de figures faciles n multiplier sur tous les espaces et dans toute sorte de

Que si l'on ramène à ce système graphique les compositions du bouclier d'Achille, on verra que, d'une pari, la disproportion cuire 1rs sujets et l'étendue du bouclier

os[ véritablement imaginaire, et, do l'autre, qu'il ne s'agit, pour opérer l'exécution fidèle en bas-relief de tous les objets décrits par Homère, que d'en supprimer ce qui est la part du poète.

Comparaison du nouveau Dissin lie boudin que je propose, avec le Dessin dt Boirin, en prisince du i/xit mime de la description.

sujets du bouclier d'Achillefs! ces dissions sont incontestablement marquées dans sa narration par ]j répuiiioi] des mots cl Jf MSh...Ji Ji...™Ji. . . , /àll'plaçoit..., là il Sic. Mais le dessinateur peut encore déduire de ces divisions celle du ciel , occupant le centre , et celle de l'océan, rodant autour de la circonférence du bouclier; cl pour res su i cls . 1™ nous 116 regardons pas corn m s

lilmn-rnfffirri, que liuil divisions, qui offrent, dans l'ordre où Homère les décrit, savoir : i.° la ville en paix: 1° la ville en guerre; le labourage; i," la moisson; j." la

vendange-, 6° les troupeaux de bœufs; t." lus ;iS:uj.im..-ï; 8.'l»d«nseïWAilienne.

De ces huit sujet,, ic. Jituïits s<mi irop distincts, trop clairement séiian 1 ,. nimr qu'un puisse l'y méprendre: et Boivin ne s'y est pas trompe' : il leur a affecté six de ses douze compartimens. Mois je diffère dt sa manière de voir sur les deux premiers sujets, qu'il a répartis , comme

partimens. Ceci, comme on l'a déjà dit, tient an principe d'an et de romprai. -m cju'ij aveit aJopté, c'est-à-dire, an système de l'unité. Il se trouva forcé de repartir en tableaux isolés les différons tnomens d'une action , et de morceler la description d'un sujet unique pour le poîle, en auiant d'espaces que cette description comprend de

établir plus de divisions encore; d'où il résulte que ce sujet est tout-à-l a-fois trop resserré et trop diffus.

Quelle que soit l'étendue ou la multiplicité d'objets compris dans chacune des deux descriptions de la ville en paix et de la ville en guerre, je ne pense pas que le dessinateur leur doive sur le bouclier plus d'une division. Il s'agit de trouver à chacune de ces divisions un espace plus considérable que celui des autres, j'entends seulement en longueur ; c'est-à-dire que le dessinateur, ayant à écrire en figures des sujets qui veulent plus de pe> sonnages, et demandent une succession de faits ou de

scènes, a besoin d'une pi<e j'Iu- ionji.r-. Non que je veuille contester qu'à toute rigueur chacun des deux sujets dont il s'agît ne puisse admettre nrie subdivision; mais je pense

qu'on ne le voit sur la colonne Trnjane, par exemple, et sur beaucoup d'autres monumens de sculpture llllaritfruphiqst, où les changemens d'action et de seine ne sont indiqués , dans la série des objets sculptés , que par un changement de composition.

Ainsi, dans le parti que j'ai adopte, j'ai réduit les doute compartimens de Boivin a huit ; et l'on verra qu'eu dimï-

en sorte que j'ai pu y multiplier (es figures , de manière à

j'appelle Arilartfpr/Ula. Je veux le prouver en confrontant au texte d'Homère et au dessin do Boivin le projet que je propose. Je préviens que , dans celte analjse , je vais intervertir l'ordre des sujets d'Homère, et qu'au lieu d'aller du centre à (a circonférence, l'e*amen comparatif, pour plus de facilité, ira de la circonférence au centre ; ce qui me donne m; h si i'av. intime d,' ]>a«er des sujets plus simples a cem qui sont plus composés. En suivant cet ardre, et en partant du n." i sur le dessin, le premier sujet va être II Idèounigt.

Voici ia totalité du passage traduit!

Y n lui il i J:l ,.[..,. mj- ^,, L kus 1er te mo Ile et grasse.

mais une vaste campagne en réalité. Sj dès-lors celui qui veut transporter en dessin les vers d'Homère, ne retranche pas Je la description toutes les associations d'idées, toutes les images étrangères à l'art dans les (imites duquel l'ouvrage doit itre cerné avuir élé esiVutt. il esl certain qu'an Heu d'un petit bas-relief, il lui faudra faire un grand paysage en peinture. Par exemple , lors qu'Homère dit a-oMti^nîffS.onpeut entendre des laboureurs en grand

prêter u-o»o! par/J Union; et il suffit, selon Je système du bas-relief antique, qu'il y en ail deux ou trois, comme je l'ai fail.

Ainsi , pour l'art du bas-relief amique , la description du labourage, telle qu'Homère la donne, et telle qu'on vient de la lire , va se réduire à fort peu de mots; mais ce petit nombre de paroles, en retranchant l'ornement poétique, ne diminue pas le sujet, qui reste tout entier pour l'artiste, ainsi qu'on va le voir :

c:njiip. Arjh<]s ,iu liour , Iiljiijiu: Lui ^riisenie une coupe de

Voilà mul ie sujet, mal; dénué des cl rions lances el des r.LTipom ^.li ;:pp;j.-;ri:i-.::eiil .'t l.i pr^;e; plus, de ceux qui

don! je tendrai compte dans un utide à part. Si ce peu d'objets est rendu suffi ummdii sensiliN; Jans le projet de bas-refief n." i, la traduction en sculpiure sera suffisamment fidèle ■ ; et je crois que le dessin que je présente de

de Boivin (t). L/pIus léger parallèle lu^ prouvera. Je

que l'intention du dessinateur avoit été de montrer en perspective i-t ru l.iinuin [tr. ;llii:cs iaboureur^ ; [nuise ressource, et tout à fait insuffisante, des qu'il s'agit Je busrelief.

Qji'oii dépouille cette description de son hahilltmmt portique, cl qu'on riJuise In scène aux personnages nectaires, et aussi à Rendue que comporte un bas-relief, elle sera très- complètement tendue par huit ou dix figures. Je me flatte qu'en jetant ■» S» ~ «on de SS in[n.° ») ,

n'y est omis , et que chnque partie y a, selon lus convenances propre) un bas-relief, un diveioppement suffisant.

Boivin, qui, furet , dans le ;vrli qu'il a pris, Je tout tron-

venir sensible par le moyen des lointains et de la pende crois pouvoir dire la même chose du sujet n." j . qui Ht la mJmft.

noir, et 11 palissade psi .1,-u.i: ■ 1 11 :.ri;i..-r 1 i.jiuliui. Ces! par -là -file v.iur les veudji.;:ciu :. Lie ii JNL's Ijlje- cl de |eunrù garçons '] ut Te pjlivir anime , ]:. Me.H [e lI. ih loiil de R;'eF us d. ni de' j';tjiiers rrps'Li jvee jrl. Au juilicu dp telle Iroupe, un jeune musicien joue de 11 ciltjjre , el elurjne les v e nd 1 rcceurs par le son de sa voix- Ceux-tj Te suivem eu lIi;iiii.i;ii, cl irnppcnl du pied I*

( Jj I

Je décrire lu vendante que d'aprcs i:n Evn-reii-f île méllil r

aux couleurs, ce sont uniquement celles que peu! fournir le mélange des méuia. Il n'y avoir, aucune difficulté à reproduire dans le dessin tous les objets décrits par le poite ; et si je fais remarquer que mon projet contient infime, au-delà, c'est pour mieux faire comprendre, par la comparaison avec celui de Boïvin , le vice élémentaire du

pu introduire assez de figures pour qu'on puisse deviner le sujet, et il a été contraint d'y omettre les détails les plus indUpensabies. ^ ^ ^

fiiin. IL, quittent leurs i-i:l.li:i ci n: il i;ji.>2ii[ et élevant la tire : ih s'avarieent vers 1rs niiurages ic f.ing d'un fleuve bruyant , entouré de IQK3UI, Quatre bergers d'ur, accompagnas de chiens agiles, conduisent le troupeau, quand deuy t^iFinii[^lt[£>^ lioni H;.i.i*'ei:l à la gorge et culrainent Je taureau, qui pousse des beugtttncns terribles, dont je J'riii: reienrit .;n km. r ?■ jeunes bergers accourent; ils erciiem et poussent inutilement [es chiens, qui , n'osant donner su. les lii>n., h'iipvftln'ntcViii.s'jrrtTenlloutconire, aboient et se retirent. Cependant les lions. >pea avoir déchiré li i:r . i!. v. r. :u = r< .Tiraille ■ e: s'.:l.rt- vei?:

pourvu qu'on lui donne l'étendue nécessaire. Il n'y a rien dira la description du poète qui ne 5c trouve dans notre bas-ielief ; et il seroir hirt inutile Je .oupei ce sujet en deux, parce qu'il est double. Bolvïn , à la vérin!, ne l'a pas fait non plus : mais on peut voir quel a été l'embarras de

Zmm il » ii K i»l»î£ n iii r . Sr jî5

,.■0» ,» , m .ont ,1 ( J, i, m,„»« k

Je élirai peu de chose sur le sujet n.° j , qui représente

lu ]>âtUT<t$tS.

a cela de paniculier , qu'il peut ftre étendu ou resserre" arbitrairement. H n'y a , ni récit d'actimi . ni désignation de personnages; par conséquent, tout est indéterminé, quant au nombre , à il durée ti à IVlcndue. Ce motif de i'uill|iiisiu<]|i, (fin simple en Ini-inJme, est le seul à IVi;arJ diiqiirl l'esquisse .If Tinivlu, quoique manquant d'un développement convenable, puisse être regardée , sinon comme

Je passe au sujet n.° 6, qui e.i <i',.svi A'./n/.j-'ï.v.

qyiutrefois Dédale inventa dans la ville de Gnosse pouria Unnda Ariadne. Là, h reliant par la mita , dansent légère ment de jeunes garçons ci de jeunes filles S marier. Celles ri sont vêtues de toiles fines el déliées, et les garçons ont des tuniques détone brillante;

d'argent. Les filles oui sur trun ifies îles .ourinmes de fleurs. Tan-

ils dansent en tercleitamôt ils courent de fram et rangés par files, ci se mêlent sous différentes figures. Autour d'eux une foule de ipecrareura prend plaisir 9 les voir. Deui sauteurs, Il 1ère en bas,

Ce. sujet est tout en action ; et comme il présente une succession de mnuvemeus fort divers, le dessinateur est forcé de choisir un inumiai unique et un seul point de vue; car il ne peut pus montrer ses personnages à-la-foô Junsaiil à la file et en rond. Faire Jeux Jan.es l'une à cite Je l'autre, c'eût Clé: supposer deu< sujets , [in-suu'il n'y en a qu'un. Ce

Boiïin souffrent le pfus Je difficulté. Pour ne pu répéter inutilement les observions déjà faites sur la manière de traiter ici les sujets composts d'une suite d'.ictio:is faisant partie d'un seul ensemble , et convaincu que la vue des deux dessins me fera mieui comprendre que les raisonnement les [dus étendus , je passe , en continuant dans l'ordre ijne je me suis prescrit, au sujet n.= 7.

Ce sujet, ijue je prétends n'être ijn'nn seul sujet malgré sa .[nuble action , est celui Je/,, siilttnpiàx.

Honore ne permet guère de se méprendre sur l 'inien-

septième division du bouclier.Nous verrons que fal.uitiime

autres, par tix Si. . .Dms Imtrtrillctii 4 MjnrmA».

Dans Tune donc, dit Homère. soi:r repruM-mis des â-slins cl des noces. Les nouvelles épouses sont conduites par la ville i la clarté des (lambeaux. Dr jfjiifH S ;[iv>:[,L;j!iscni lu sonde la lyre et de II flûte : lu lenirncs nul debout 1 leurs portes et admirent i'- *|:r<<;n>. I.r p'-ULil.' .^1. tl'.ijlre |..rt , n^L iisl.lv.ïji]* l'.y i.ii

hrutt pour le rachat d'un meurtre. L'un jure au peuple qu'il eu 1 délivré la somme entière I jutte iiiuLcstr (j-j'U n'a rien reçu. Toui Ae-ix [.rorloi.LTjt ivee lIiilIl'ut LtiriL'ili*. Les auditeurs sont

-Ljclc i il i'ci] iiprt' i'iu::::, :i]i;iL:. jvoir rL'Çx Jl' :<:i'plrc dp L nain

■a milieu du «rdc, pour i ■'■ 1 1! ! r; i L ccl'-i c| ui pcononceu le jursmcm I. plM équipe.

Quand on supprime Je 111:70 cette narration les cirronstanecs cl fa cause du- procès, ou l'objet de fa ton-

irner sur le bouclier. J'avoue qu'il s'agit d'à boni de ménager

la vue perspective d'une place publique . ni de l'a.HpcH de toute une multitude assemblée, ni de figurer, dans les rues d'une ville, de pompeuses cerém on les. Jl suffit , dans l'an du b.i s -relief, d'un nombre i?ii:i[''l : île p:'ir.oiuia^o^. pour réaliser la description de la ville en paix. Si l'on fait voir une Table préparée à l'ciu^'e lI une maison , dcuK épousées conduites par deti* jeunes gens qui portent des flambeau*, un joueur de flûte, un joueur de lyre, et un groupe de danseurs, la première partie du sujet réunira tout ce qu'une telle ir,';i'-".;!;c;i pci.; e.'i-'er Je tidelité J.ir.s ki

fasse un sujet isofé. Cette seine lien! nu sujet général Je la villes» pais, et, selon !t sjsuiiie du li, ts-reli Al: iil-.'rii ■cri:phiqut, elle peut, comme on l'a dijà donné à entendre, suivre sans interruption lu scène ;>i, : [['.k-nie, et s'en détacher par la nature seule de m composition. Si étendue que puisse paroitre lu scène de \',igot,i, elle se laisse réduire avec (a plus lii-judt facilité, soit pour l'espace, soit

talens d'or placés au milieu du cercle sur un cippe.

Quelque droit cju' Homère ait eu de multiplier dans l'image de la vilit- en piis. comme l'a liiil Hé, iode, les motifs de fîtes, de' jeux, de courses, &c. , et de rendre ce sujet dis proportion né avec IVspiiLe du houclier et les moyens du dessinateur, nous devons reconuoître qu'il n'a point usé de ce droit. Loin qu'on puisse lui reprocher d'avoir produit ies descriptions 5:111 bouclier sans s'inquiéter de leur rapport avec l'art qui pourrolt les réaliser, on est au contraire porté à soupçonner crue quelques ouvrages d'url, ornes de sujet, seinliliilile-, nu mien! pu lui suggérer ces images, et lui en prescrire l'étendue dans ses vers; tant on trouve de facilité à recomposer ses vers en sculpture et dans les limites de l"t-nip!,ite:Tieut donné.

C'est particulière m. -m à ce sujet et au suivant ques'appiiquentiesoI>ser valions critiques précédemment faites sur

dep.-irlctd'aulre. Au milieu rfp [j discorde el du fumn \;c , h i'irr^r, velue d'une rol.r eri'iiiii'.l: ni' i- . mine 'i l mûri ];jr le* J*Ï4 <]-. h ':ii.il

parti s'efforce d'enlever « iJrlT ' ' ' '

Homère, dons celte description, a pleinement use du

les intervalles, de façon* présenterun grand nombre d'actions dans une seule. Le génie de son an, aussi rapide que la pensée, passe d'un camp dans l'autre, nous fait

Quelque confus et cjuejuue multiplies que puissent

accorder au* censeurs d'Homère r]ue ce lujel^OÎl hors de mesure, ni approuver l'i.jxilu-i.it ,lr nette dans les moyens qu'il a pris pour le justifier.

Je cimviendrai tans peine qu'il y a .luns le récit quelques circonstances de détail que l'artiste est obligé de laisser comme hors de la scène. Ainsi la narration par ligures ne pourra fliir.- voir à-la-foi.. ni ne devra même montrer successivement , les Ljuerrie:- délibérant hors de la ville, et les assiégé. .'.11:11.1:11 dun. l'intérieur de [a ville. Quelques iiuidens de l'embuscade aussi seraient trop

jane et d'autres ouvrages de ce genre.

Ainsi je I.iis voir, dans le compartiment n.* H de mon dessin de bouclier, toute la série des faits principaux de la description. On y remarque la ville avec ses tours et ses remparts garnis Je coin butta us. D'un cote de ].t ville , est le camp des insi.-p--.irn. rrpr,. : ,cin,:-i assis et délibérons; de l'autre, on voit s'effectuer la sortie des assiégés, ayant Mars et Minerve à leur «te. Le Tumulte et [a Discorde vont en avant. Sur un fdan plus éloigné, sont Indiqué! les deux llrurlinei assis, et les besliauy qui sont l'objet de l'embuscade. Enfin le combat y est rendu avec toutes ses circonstances , sans oublier 1,1 Parque traînant deux cadavres.

Toutes ces parties de l'action générale n'ont besoin, comme l'on vnit, ni d'être développées davantage, puisqu'elles ne sont que des dépendances d'un tout, ni d'être traitées M ; p.tmeii[, j'ui-qu'alors elles deviendroient, par leur isolement, des actions indépendantes l'une de l'autre.

Boivin a bien compris qu'il ne pouvait renfermer en un seul compartiment des images si nombreuses et si diverses, et i) a encore eu recours ici à la division du sujet

trois étoil insuffisante : pour exprimer partiellement tous les momensettous les degrés du sujet delà ville en guerre,

s'exercer partiellement sur chacun de «s ospats, d'en faire les sujets Je jilii-iciu-, (hn iniéressans: mais il n'est

pas question ici Je ce que l'artiste, libre de route sujétion, pourrait exécuter d'après chacun de ces motifs de composition. La, seule obligation de lioivin ou de son dessinateur «oit de rendre sensible, dans un espace donné.

parties, el la faculté d'être en rapport avec clies. Tel est un cctclc plus petit, si on le compare à un plus [ir.-.nd. La division du sujet de [a ville en guerre en trois sujets ne pouvoir pas reproduire par extrait la scène dont il s'agir. Le premier des irr-ii tableaux Jf lioivin représente des guerriers dont rien ne caractérise [action ; le second représente des troupeaux de bœufs et de brebis avec deu< bergers; et le troisième , destiné à la bataille, est presejue occupé an entier par l'épisode de la Parque. Il est sensible que l ensemble Je la description Ju poète a disparu par le seul fait de l'analyse du peintre: ni les ftagmens de celte composition nnirci'kr 11V. priment le tout, ni mime chacun ne rend une seule des parties , en tant

que, comme partie d'un knu. i-Jk Juil Lire en rapport

II résulte Je ceci, je pense , que si Homère eût dû se

d'Achille, au programme des sujets t|ui serorent à In corjve- Mnceder«nble,lioiv:n , au Iku û- jimilier ; i . ; -1 L iiL-L-UïJ d'avoir n ;.■ -j>.".s;' lt- piii^'jrnir.L . donnerait au contraire ^iii lU 1 cr.:r.!- il :ic: :!ŒU^,:Li;rj. I: lli vie ini[ qu'aucun des sujets décrits n'est rendu, ni selon la réalité, ni selon l'esprit de la description , dans ses douze co m parti mens; et il est de fait encore nue , même sur une plus grande Échelle et dans une dimension plus favorable au développement de chaque tableau , le dessinateur employé par Boivin n'auroit pas mieux réussi . ]>.;[-«■ que le s y.tèrne d'unité propre au tableau eùteiijié mte beai.fniir. pi-.n grande subdivision dans les sujets à action composée , et que cette subdivision est précisément ce qui l'eut efripéche" de reproduire l'ensemble des inventions d'Homère.

Je ne me permettrai maintenant que peu de mots sur les deux dernières divisions de la description du bouclier

celle deTeur modèle , soit dans la nature , soit dans les vers du poète. Il y a, pour ces sortes de sujets, des conventions graphiques connues de tout le monde, et d'après lesquelles ce qui parait le plus étendu h l'imagination, Cil précisément ce qui occupe le moins J'espace dans les ouvrages de l'ait. Ainsi , sur cet objet, j'adopte coinplé-

temeiit le parti pris par Bolvin dans la reprtîcntation do ciel, ou moyen des lignes du zodiaque, et des figures

^>lir.liiji:c. .11.:. L'.iiMi lkjiiiiDs. Je iui reprocherois peut* ftre d'avoir un peu trop mêle' te pittoresque à l'hiéroglyphique: ce dc-mier intime une foi» admis, il ne folfoii, ni introduire des ik.ii, k . II. . :ii ligurerdi-s globes

à coté des personnages astronomiques de la. sphère.

Je crois avoir été , dans mon dessin , plus fidèle observn-

je pense que le soleil placé au centre sur un quadrige est représentation, cl aussi avec les paroles d'Homère , 'titAiér

le poète esr'i nl ,t-a-la P -fois étendue et resserrée. D'un seul mot il embrasse toute l'immensité du ciel, et puis il se

célestes do ni l'olympe en couronne; les Pléiades, les Hjarles, le liolen lOrion.rO une, don lie nom vulgaire r.' le Cl la :!i,[, qui regarde l'Oiit.H en tournant autour du pâle, el qui seule ne te baigne jamais dans les flots de l'Océan.

Je n*ai poinl cru devoir m'astreindre ici à répéter servilemenl les signes dont la description fait mention. Le eiel hiéroglyphique f[iie je place au centre du bouclier, n'est autre chose, dans l'esprit de cette représentation , qu'une espèce de cadre où chacun peut se figurer à volonté un autre système céli-ste. J<r n'ai .lù m'inquiéier non plus, ni de la vérité astronomique, dans une disposition que je

regarde comme purement dttnrf.iive , ni de la forme que pou voient avoir [es signes du lodiaque au siècle d'Ho-

IIKIV : ; r...L;.;i[.,iin- , -:J ir( .n j.i.iirni'l .1 |i]rrfr n!.' . : il >i:,' .

eût exigé des recherches el des discussions sans rapport avec mon objet, qui est de prouver que toute ladescrip-

i-race du bouclier d'Achille, si ce bouclier eût â* exécute" en réalité , dans le temps auquel le poète fait supposer qu'il eût pu litre. A cet égard, une pareille fidélité eût été d'autant plus vaine, qu'elle n'autoit jamais pu eue naturelle. Il y a un certain simple nui tient à l'enfance de

faire à d'autres cpoiji i : m ailii: . .'i'e puérile lingerie n'eût rien ajouté a mes preuves; car il faut distinguer du style de dessin dont je veuï parler ici , et qui est A un dessin plus formé ce qu'est Ee vieux langage à une langue perfeclionnée. il fr.it . divje. i-n distinguer le système d'imitation dans le bas-relief des anciens, que j'ai opposé au système d'imilaiion pittoresque de Boivin. Cette manière de voir et de lîiire des anciens n etoit pas seulement ici

Sur les Couleurs dont Homère fait mention dans la Description dis figura et de quelques objets du Bouclier d'Achille.

D'après (es maximes de goût qu'on a établies , et il'.ipu^ k-.i exemples qu'on a cites, Homère auroit pu trèslégitimement, sans aucun doute , donner aux objets de sa descripuua des inu.L-nr. iirii.irL L !kj , c'est-à-dire, du genre de celles qui appartiennent aux objets eux-mimes , ou a l'art dont la propriété est d'imiter la nature sous ce rapports 11 n'éroit nullement obligé Jl l se renfermer sur cipoint dans les bornes de la matière, c'est-à-dire, des seules apparences de (nus ;:IFl'.u-s aux nn:.r.ix dont il faut supposer qu'étoit formé l'ouvrage de Vulcain. H eût pu s'affranchir a cet égard de toute sujétion , par la même raison

qu'il a pu prêter le mouvement et la vie i det p.

Rien n'est donc moi™ nécessaire que (ToHUninei » la peinture cLMt ou ".m iLpjbk-, au romps i.:"H oirù-i l- . l:''j.vlcuterles prétendus tableau* décrits parle poète, puisqu'il ;■-[ i:Lr,;i:iu qnr . par liiroi de la ;rzr.r l Ti:,::i:i;: pr.u-iîj.:= . il

l'art, mais celui de la nature, e! d'y emprunter toutes les couleur; dont il eût voulu animer et nuancer ses images.

Toutefois, en persistant dans le même système île j unification , je dirai qu'encore sur ce point quelques apologistes d'Homère ont employé pour le défendre, sans qu'il eût besoin dette défendu , des armes hors de mesure, c'est-

de la question. ^ S P°

A quoi bon. en effet . pour rendre compte Je certaines

ment dite ï 11 est constant que ces couleurs ne sont pas

partie de l'art de la sculpture que les anciens nppeloient Mrtutiftte, qui procéJoil li 1 plus souvent par association de plusieurs miliauy , et de matières diverses par leurs fnis . mais se combinant diversement entre elles, au point de former une apparence de tableau.

Homère nous en instruit lui-mfme, en nous apprenant les procédés mis en ccuvre par le divin forgeron ; et déjà, en effet, nous y remarquons ceux des écoles de Corinthe, d'Égine et de Délos , dans la fabrication des H

qu'ils existèrent , selon Pline, au* siècles de omté. Vilain, dit ie poète, jaa dm h fin

soient naiire l'idée. Il n'en faut pas davantage au poète pour lui inspirer ie projet d'eiicliirir sur la réalité, et de renforcer les tons de son modèle. Or, pour peu que l'hyperbole poétique s'cu mêle, le lecteur croira lire eflective-

Cependant Homère , comme on a eu l'occasion de le

nature des couleurs dont il donné l'idée^ on voit qu'elles ne présentent rien qui ne puisse être exécuté par les seules procèdes mciallu.-^iqiici du Toreuticien. Par exemple, à la lt:c des corn lm Ksi: i . il liiil |i:irai;rc l\iUts et Murs, ton; Jeux i 'or, tous deux tétas d'oi[i). Ses descriptions nhreni des troupeaux de boa/s noirs, des brebis Unaeku'i); des sillons

^J)%<f Jjvn/.,jci«i™ Vti^-« | (»] t.*., «1 — if,."i lu.

rtinit la drapait delà Parant, on auta réuni le* seuls objets de toute la description du bouclier, dont le poète ail ilÉ>ij;i]<! ic- couleurs.

Observons iju'il n'y est fait aucune mention , ni des teintes de chair, ni des nuances des étoffes, ni de l'aïur

exclusivement du domaine de la peinture. Ce qui semble

ji;;ij-d:rts Jus :>L::L , s la [>L:iu];cur Jus :>i; bis , à la couleur noire des raisins el à celle du sillon retourné par Ja charrue : encore , sur ce Jernjer point, Homère n'oublie pas de faire remarquer que c'étoit ira elfe! admirable de l'art de Vnjcain , dt rtndrt noir et nui

Or par ces mots le poète ne dpnne-t-il pas à entendre que Vulcain, possédant tous les secrets métallurgiques de ton art, savoii allier les métaux, les brunir, les Jiaprer, ]tt làire changer de couleur, et obtenir par toute sorte J? corahiniiisoiis et.lr moJinraiions ces ïemblansde couleur, qui, dans lus .iiivj-:i;ji-, ilvl. (iTfi;(i(|iieoude la sculpture sur métaux, jouoient quelques-unes des apparences de Ja peinture !

[i) •aJtmwn'U^^jg—k | (j) rWii tdmm, -nti 1' «

( tfo )

[| me semble, comme je l'ai dit plus haut, qu'Homcre, inspire par le goût des ouvrages de son temps, a vise, dans

ouvrage de métal, plutôt qu'un ouvrage de pointure, puisque toutes les couleurs qu'il désigne, sont ou celles des métaux mimes, ou celles que l'aride l'orfèvrerie sait si facilement tirer des matières qu'il emploie. Dans tous les cas, nous devons l'en croire et l'interpréter par ses paroles. Au J'7:1'ï'<, ,ic " <b,lc iSl ti,or ' ■■"'"'']"'«" 1Vl f ™ - If bouclier d'Achille fcfu i. en iluiolliiill^l' île l'antiquité Je la peinture , on dovroït r-S,, II*. p]u,û[ regarder la description de cet ouvrage comme la preuve indicative d'un genre d'art qui . suppléant jusqu'à tin certain point, dans ces temps anciens, A l'art de peindre, auroit pu au contraire en retarder les progrès.

C'est aussi dans ce genre de travail qu'est supposé avoir dû être exécuté le bouclier d'Hercule, ouvrage tout semblable de lorcutique et de sculpture polychrome , dans l'intention bien marquée d'Hésiode. Les paroles mêmes

H Xrrnri/ de foule sorte de manières. Quant à la rau-

teinte qui n'ait pu être le résultat , ou de l'alliage des métaux, ou du nu Je icurj iiiian-.L's. l.'i .':>,^

d'argent , et ont des armes d'or. Le port Je mer qu'on y voit, «i d'e'toin. Les dauphins sort d'argent: les faimta, de

Virgile, imitateur d'Homère et d'Hésiode dans la composition poétique et graphique du bouclier d'Énée , a encore suivi les traces de ses modèles sur le genre de sculpture polychrome applicable aux compositions de

i. LE .1 fi.l.A 1)

MÉMOIRE

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