SUR LA COURSE ARMÉE
LES OPL1TODROMES,
CONTENANT une nouvelle hypothèse propre à expliquer la Statue vulgairement appelée le Gladiateur combattant.
L'explication des ouvrages d'an de l'antiquité est tellement liée à ia science <Ie ses usages, et, pour mieux dire, les deux sortes de travaux ont entre eux tant de rapports réciproques , qu'on ne saurait trop encourager
l'autre de ces deux éludes. Le plus léger détail d'une figure
faire iiaifre f'eïptfcMfon d'une imm. % ?
Les premiers qui tentèrent de donner des noms au plus grand nombre des statues antiques, ne manquoient sans doute ni dïnulilicn, ni Jn [:iconi;oissance des sources où l'on doit puiser les éiémens de cette sorte d'interprétation : mais, préoccupés de l'opinion que des ouvrages
velles; et pins .l'uni- statue luiilqur. qu'on sait n'être Roencore aujourd'hui îles noms qui n'appartiennent qu'à i'his- De ce nombre, p Jr v\L-ii-pl,: , lu jj ..élilire *tr;l 1:1- aptères forcent àreconnoitre pour un des plus incontestables dications avouées par tous (es genres de critique fom
diction de la Grèce, mats comme la reprcser.i^ti:;:: d'-.m personnage ou d'un sujet Grec.
Je ne répéterai pas ici ce qui a été déjà remarqué ail-
Je ne dirai pas non plus combien il est moins probable que les Grecs, à qui le genre des spectacles sanguinaires des Romains Tut si long-temps inconnu, aient prostitué ides esclaves l'honneur d'une statue : mais j'observerai qu'en toute hypothèse, et en supposant encore qu'un artiste Grec auroit pu faire à Rome, sous le règne des empereurs, la statue d'un gladiateur, le goût et le sljle de l'art à cette
époque sont assez connus, pour qu'il soi! impossible d'iitribuer à une période de dtgénération Megante et savante figure du statuaire Agasias.
Telle est l'opinion de tous les artistes et de presque tous (es critiques.
Cest aussi celle de M. Heyne, dans sa Dissertation ivt ""h") les erreurs occasionnées d,r.s st-syt: km des si,:u:cs rMiques anfMj" pur /cars rcstautislwns. i.t savant uLulVisf.ir f'y jilaiji:, avec r-'rF-s----', ■■ raison, de la prévention avec laquelle (es premiers an-
Aujonrd'huE que (a critique des ouvrages de l'an des
tireuses de ces deniers temps et au* parallèles qui en ont clé le résultat, il seroil difficile de ne pas adopter, au moins en partit . l'opinion île l'illustre savant qu'on
Nul doute que si, pour l'explication de [a statue d'Agasias, il fallait se renfermer dans l'alternative de l'idée de gladiateur, ou de celle de guerrier, la derniire ne dût l'emporter sur l'autre. La nudité de la ligure ne seroil pas, comme on le sait, objection niable contre l'bypo-
attestent que ce fin un usage, ou, si l'on veut, un privilège Jl ['.an en Circcc, de représenter les guerriers nus, même dans le moment et dans l'action du combat. Ainsi le sentiment de ceux l'.ii ™i?nî un guerrier combattant dans U statue d'Agasias . n'a rien qui puisse, en thèse générale, être contredit par les usages des Grecs , et sur-tout pat les habitudes de leurs ans.
qu'on l'examine avec plus d'attention -sous quelques-uns qu'offre l'objet a expliquer. Si In figure présente |i m s; am:-
écnrter l'unité de molif, il arrivera qu'une explication reposanl sur une seule idée, ou sur un aspect absolu el exclusif, dira tout' à- la- loi s trop CI trop peu. Cette interprétation, ne conciliait: prcinl Lcn Jivcroitii t]r:i doivent tésulter d'un motif mixte et compose, laissera toujours ia question indécise, et de nouveaux doutes appelleront de nouvelles explications.
Nous verrons que tel a été À peu pris le sort des tentatives fartes pour donner un nom fixe à la statue du
prJtt-tîJu slailineiir. Il émit («r; nainrel que l'esprit Je ceux qui ont expliqué cette figure , se portât d'abord vers les idées simples ou absolues. Si elles sont insuffisantes ,
statue, la critique devra essayer des motifs .l'explication qui comportent un mélange Je caractère et d'idée.
statues nues et armées qui nous sont testées dg l'antiquité, il doit s'en trouver plus d'une qui présente un tout autre motif que celui de guerrier; et il m'a semblé nii:;i qu'on n'avoit point encore aperçu, soit dans les testes des auteurs, soit dans les usages anciens, certains sujets de statues ar-
dès-Iors pourraient offrit de ces mélanges de caractères,
statue , il ne sera pas lout-s-fait inutile de les tirer de
k' s ;uii-:s mi les inoiif; J'cvoliiniion plus r»[>.i:n:q.
J'ai cru m'apercevoir que les usages de l'antiquité nous foumissoient plusieurs de ces sujets tout-à-la- foi s applicables . et non encore appliques , à plus d'une sorte de statues antiques nues et armées ; et entre ces sujets , il m'a semblé qu'il y en avoit un Jont l'application à la statue du prétendu gladiateur pourroil au moins soutenir le parallèle avec toutes les explications qu'on en a jusqu'ici
La suite de ce lté discussion montrera, je l'espère, qu'une figure nue , armée , et dans l'action de combattre , peut s'expliquer par plus d'un motif étranger, non dans l'apparence , mais dans le fond , h la représentation d'un guerrier de profession on d'un héros combattant. Si entre les
guerrières, furent l'occasion de combau et de victoires récompensés pardes statues, seroit-il improbable qu'il nous fût parvenu f|ueii|Li'-.in.' dp (].;Lii ^:i ! et, dans cette hy-
On connoît trop , par les monument et par les recherches des savans, ie plus grand nombre des exercices du stade, du cirque et de l'amphithéâtre, pour que je m'atrfie à en parier : mais les antiquaires n'ont presque fait aucune mention, et plusieurs même, en traitant de la gymnastique, ont négligé de parler d'un de ces exercices, qui pourtant faîsoit partie des jeux solennels de Pise. de Delphes, de Nérnée et de Platée, et qui. après avoir été cultivé comme apprentissage du métier des armes, le fut encore comme simulacre de l'an de combattre. Je veux parler de la ctHHII armée, et. à son occasion, de quelques autres sortes d'exercices du même genre, qui donnèrent lieu à plus d'une victoire athlétique, el h plusieurs statues de combattuus nus et armés ; statues qui , si elles nous étuiem parvenues , s'interpréteroient fort mal par le motifde combal-