IJ
■s h àca aigles , l« ailes déployées, regardant en bas; et a leur -.m; infi-rit-jn- , il.". (Ir.igi.n. . I- r>j;;.ri! dirige vers les aigles, i r.-:-i:nii: r.< , ''Il .■-■'Al ^<.:i |0 dcL. <.:,ïy.r, d'LijLi-
. voyoii, dans [e quatrième étage, figuras en Qi, les combats
r£ni|wen>D croît orné de taureaux et de lions plasés dans un
lani par des Sriius creuses, dont [i cavité Libre en l'honneur du mort. La hauteur de
Avant de chercher à prendre on A donner l'idée de tous (es sujets contenus dans cette description, et surtout avant de pretendre (es replacer dans un ensemble vraisemblable, il y a» comme je l'ai déjà fâit pressentir, une première question à résoudre. Ces objets d'ornement, qui composent à peu prés route la description de Diodora de Sicile, formoienl-ils à eux seuls la totalité de l'élévation du monument, ou n'en étoient-i<s que des parties, et de la manière, par exemple, dont les frises, les bas-reliefs, les peintures, qu'on emploie dans les ordonnances de l'architecture, sont des accessoires de ces mimes ordonnances!
Pour expliquer pSvi.s daire:rle::l il mieux poser le point de la diversité qui existe entre la manière dont M. de Caylus a vu el restitue" le bûcher d'Hépheslion, et celle qui m'a conduit dans le nouveau dessin que je propose, je demande si ce bûcher, qui, selon Diodore , consistait en cinq lones ou étages, n'offroit, dans chacun de ces étages, rien autre chose que des frises de figures seul plies ou peintes l'une au-dessus de l'autre, comme l'a imaginé M. de Caylus; ou bien si, chaque lone étant, non pas
construction ou une ordonnance d'arc liilecture, les frises ou les sujets décrits par l'écrivain Grec doivent se considérer, au contraire, comme des omemens diversement
ordonnance. 16 1
L'inspection des deux dessins mis en parallèle rendra tout-à-fait sensible la différence de système dont je parle. Dans celui de M. de Caylus, on voit un ensemble de cinq à six bandes ornées de figures el mises en retraite l'une an-dessus de l'autre, de manière à présenter une réunion de degrés plus ou moins élevés. Le dessin que je propose donne l'iiv.iijje- il'-.iue tom[jn.it;nn d'ordonnances d'architecture décorées de tous les sujets de ia description, et allant en diminuant de largeur à mesure quelles s'élèvent, c'est-à-dire, disposées pvramidalement.
Mou but est de prouver que le bûcher d'Hépheslion
11 faut avouer , d'abord , que rien de positif à cet égard ne me paraît résulter du texte de la description, puisqu'il est certain, comme on Ta vu, que Diodore a
rite ne devoir nous éclairer dans la recherche et le choix des formes que l'architecture donnoit à un bûcher du genre de celui-ci, il y auroit quelque prudence à rester dans le doute, entre le silence de l'écrivain el les objections qui s'élèvent [a nv.in:iK>n littérale de M. de Cavlus.
J'espère montrer que nous n'en sommes pas réduits, sur ce point, a de simples conjectures ; qu'au contraire la forme el la construction des bûchers d'apparat nous Sont suffisamment attestées, et par le lém(^nna|;e des écrivains, el par celui des monumens, C'est pourquoi je demande qu'avant d'arriver a ces preuves, on me permette de me prévaloir des argumens indirects, des simples motifs de vraisemblance, et de quelque! raisons de goût que me fournissent son I,- J^c-in'ici; [I,: Dhrlore et sa manière de décrire, soit 1« torisénueiKe:. :ialur!dles qui résultent de l'espèce même du monument, soit les invraisemblances attachées au système que je me propose de combattre.
Je dois, avant tum, dcmiirc la prévention qui pourroit naître, contre mon opinion, du silence que Diodore a gardé sur ce qui constitua, selon moi, les formes, la cujii position et !''ir.lL.];.i.n-.L.e Liril-.ll'jcturafc du bûcher d'Héphestion.Jepose.enellêt, comme certain, qu'au lieu de prendre pour complète la description de ce monument, on doit la regarder comme un extrait convenable
à l'esprit el au plnn fji.t- l't'tri v;iin à: proposé de suivre. Soit que DioJ'ire .lit trouve ninsi jImcjc le motif Je sa description dans l'historien Ephippus d'Olynilie, dont il l'aura tird(i): soit qu'abrégeant lu i-mf me son prédcVcsscur. il ait cru devoir, plusii-urs sii-tlas après, supprimer des JcUils étrangers à son but, je dirai qu'une semblable suppiession, quoique fâcheuse pour l'histoire de l'art, etoit peut-être indispensable iiuns l'ensemble d'un corps dliisloirc universelle.
histoire, si fidèle qu'on veuille la supposer, dès qu'elle
duite, par la nécessité même, à n'être qu'un choix de certains aspects principaux dans les faits et les circonstances. De toutes les manières de peindre et d'offrir à l'imagination un grand ensemble de choses, la manière qui manquera le plus certainement son tut, sera celle qui, se traînant sur les détails, ne se permettra d'en rien atrèger : el ce serait, pour un historien, se faire une idée bien fausse de ses obligations, que d'imaginer qu'il doit se proposer, en écrivant, non cette utilité g'Jnérale qui est commune à la société enliite, mais l'instruction
(i) F.pliippuid'Olyn.hcivokfcitun oawtfi mr Union d'Altimdrc il lui «Utd'HrpbtiliLm.
pnklt
partielle que chaque condition , chaque art , pourroient trouver dans des récits où l'on n'aurait en vue qu'une classe particulière de lecteurs.
ces deuils précis j i .iiirnirr.' , ■ ji 4 1 . ■ v âges suivans
ne fut pas d'écrire pnur les artistes, ils ue poliraient Otre tenus de cette exactitude de détails qui appartient aux
ouvrages technique, :m Lom-.:.^:> i^'l^ 1111 point Je Vue spécial. Les plaintes qu'on élève souvent à ce sujet, man-
perdu les ouvrages qui traitaient des arts cl des monumens, tels, -par exemple, que les descriptions du navire d'Hiéron par Moschion, du candélabre de Persée pat Mmt.lr. Pofyclète, du bûcher de Denys le tyran par Timée. F ° 1 "'
Diodore auroit fait une histoire hors de mesure et de proportion . s'il eût renfermé dans son pian des détails qui n'appartiennent qu'au 11 écrits qui traitent, (irwvli. 1, J'i.ne
cet égard, autrement que les anciens, et ils ont raison. Lorsqu'un monument porte avec soi un caractère d'intérêt général, lorsque son exécution se trouve liée à des circonstances qui peuvent faire juger des mœurs ou des opinions d'un siècle ou d'un peuple, l'historien , sans doute, en devra faire mention ; il devra même le décrire : mais sa description ne fera que parcourir les points principaux de l'ouvrage.
Ce que Diodore de Sicile a dû faire, il me semble qu'il l'a fait en traitant du bûcher d'Héphcstion. La folie
( MB )
qu'eut Alexandre Je déifier son ftvori, est un de ces irait, que fhlilolre Joli recueillir; et le monument qui servi à. celle coiisi'cr.iiinn in-i-méL- avant tic un prodige di profusion , ii cnnveiioil d'en donner l'idée, lie fût-ce que pifiir miriiv faire ciini[iienJre à quel point étalent portés alors l'orgueil du vainqueur de l'Asie cl la bassesse dt ses adulateurs. La description du bûcher d'Héphestion telle qu'elle est, contient sans doulc ce qu'il faut pour faire naître ces réfleiions; et comme elle présente à-lafois les dimensions do la masse totale et une relation
us, ni d'entrer dans des détails descriptifs, que alors suppléott de lui-même, à la vérité" pli <ju'un ne peut le faire aujourd'hui.
le du silence de Diodore sur les masses arch
ces masses, tl l'uliliii-j: loit .1 •I ln iiirincui Jéuils 11 semble que inmiishii dcni j
lecture? On renom Iran dt.à à cciie ijui niioii par une multitude d'e.veraples do dc.icripii.ji^ s-.'inbl ailles, dans lesquelles les écrivains ont fail mention de lias-reliefs ou
d'ornemens , sans dire un moi des corps ou membres d'arc li i le cime dons lesquels ces objets se trouvoient té-
nièmes qui* d'aptes I;: ii.li de Iv.t, L^rils, auroient pu s'imposer l'obligat ion de décrire le pjiis mùl.o.L.|i:i'i:.i-i:î les ouvrages de L'art : a plus forge raison doit-on, je ne dis pas excuser, mais approuver celte rélicence die; un historien pour qui de tels deuils ne son! que des horsdocuvre.
11 me semble aussi fort naturel que le plus grand nombre des hommes, à la vue d'un monument mêlé d'architecture et de sculpture, soit beaucoup plus frappé de ce qui fait la décoration des membres et des parties de l'architecture, que de ces parties en elles-mêmes. Les personnages, les actions, les emblèmes dont se compose la décoration, patient à l'imagination, 4 l'esprit, aux yeux
|-'ii:[i:i.'^'rij : ^oih'i n:i; r rj nr: i ! L'L' écri 1 . 3Îii 5 doivent répugner à s'engager dans les descriptions techniques de bà-
Au conttaire, les sujets d'ornement, les figures sculptées
ou peintes . soit en action , soit en emblème , sont pour l'écrivain d'heureux et faciles motifs Je description : ce» sujets, d'ailleurs, servent non-seulement a l'agrément de l'édifice, mais à s: m «jilk-alhn . les décrire, c'esi faire comprendre 11 destination de tout l'ouvrage, les vues dans lesquelles 11 fut exécute , les sensations qu'on prétendit exciter, les effets qu'il dut produire.
l'idée des sujets d'ornement qu'Alexandre nvoït fait représenter sur toutes les loncsdu bûcher d'Héphestion, choisit
histoire, et à l'esprit de l'historien , ec à ses moyens de
J'ajoute* cela que le monument dont il s'a B it, n'étolt
tinéaétre livré aux flammes ; que, par conséquent, son architecture, quoique iris- probablement composée selon les rigles de l'art , ainsi que nous le voyons pratiquer dans les décorations éphémère di-s f.-its publiques, ne fut cependant qu'une architecture feinte ou même postiche. Des toiles peintes, des châssis de rapport, des étoffes
fait les frais d'un tel monument : d Ès - lorf f " "eroî r'fo« naturel qu'en ie décrivant, l'auteur, contemporain lui-
dite que si l'ouvrage eût éié de pierre ou de marbre.
Il y a une autre considération, tirée de la nature même de la chose et des paroles de Diodore, qui doit nous porter encore à conclure <jue le bûcher d'Héphestion n'étoit pas un simple composé défrises peintes ou sculptées, pla;Jes
En effet, quoique j'aie dit que l'architecture de ce morte faudrait pas induire de là que l'ouvrage fui au-dessous des talens d'un architecte, et n'exigea point l'invention d'un artiste très-habile ; il faut encore se garder de croire que le genre même de matériaux et Te mode de construction auraient exclu un emploi splendide ei dispendieux de toutes les ressources de l'architecture. '
J'avoue que, selon le dessin de M. de Caylus, le bûcher d'Ht'rihi.-stion n'auroit pas été, à proprement parler, un ouvrage d'architecture. Une simple bâtisse de charpeu sensibles de quelques degrés ^au roi t formé tome la
position. Des superficies par-tout uniformes et lisses du haut en bas n'auraient demandé ni le travail de l'art, ni le goût d'un artiste ; et quant à la décoration, de simples toiles peintes, h n tîntes , s: l'on •'cui , de quelques ornemens en bas-relief, auraient forme tout le coup-d'ccil et toute la dépense de cet ensemble.
Or il me semble que, quelle qu'ait été l'étendue de cette masse, selon le sjstcme qui vient d'être exposé, le résultat, sous quelque point de vue de construction, de composition ou de décoration, cru'on l'envisage, eût été
trop simple pour n'etre pas Iris -économique. Avec de scmliUile. Jimnù's, il n'y a moyen d'admettre ni luxe ni magnificence d'an , ni difficulté ni longueur de Iravail, ni invention ni goût de la pari Je l'artilte ; il n'eût pas miW été besoin d'architecte.
Cependant Diodorc JeSidJedit famr-llemcmtTu'AIexan-
aBf.Ws. Quand on prrllcndroit que ce mot peul signifier autre chose encore nue ce que nous comprenons aujourd'hui sous le nom A'arebltttU: qu'il Cuit aussi entendre , sous celle dénomination, des conducteur! d'où-
mot, loin d'exclure, force au contraire d'admettre dans le nombre de ceu\ r|L:'i: pnu^'ii ;;ner, «les hi[f-c it-s propremenr ditii Pourquoi, en effet, ce choix et ceite reunion pour exécuter ce qui auroii pu elre (ait par un
Les paroles de Diodore autorisent donc à penser que, puisqu'il lut fait un choix d'architectes pour l'eïeclîon de. ce moniraienl , l'muTiiiip d..it iln; leJardé comme ayant été du ressort de l'auhilci turc ; que dn-lurs. et] le restituant, on doit reproduire un ensemble qui fasse supposer par sa composition et ses détails la nécessite de l'Inter-
Et véritablement cette manière de voir est la seule qui puisse l'^jdjijuif Itar.pk.i ii",inc srii'iniL- de douze mille I;di.u-. et la i:. i-: [n ration :i ■jrLinJ :i:':tilirc d - Lirl:sîc
Si l'on admet, en effet, que le bûcher d'Hépheslion fut une Immense composition de cinq ou sis ordonnances d'architecture, non pas sans doulc en plaie peinture.
cet ensemble et dans la combinaison de ses masses, toules les richesses el mute la pompe de L'art, Je me persuade que, pour se composer Je bc-ji c: Je madères combuslihles, cette i'âtiss: n'eu e.si^.'a p;:s moins de liés- ^i-ij: il-.-s .impenses, de savantes combinaisons, et le talent des hommes les plus c\CK::- .bas ce li la 1 . sr.il les procédés de
la construction, soit les secrets de l'architecture.
Ainsi le rc'eit de Diodore n'exclut point la diversité" Jes
îabîes , tels que les mausolées et les septizones, dont le bûcher d'Htpheslion nous pareil être (du moins selon les
Dans le nombre des cunsidiviilions préliminaires que
aussi quelques raisons de goût propres à favoriser le système de restitution que je propose, et à détruire celui que je combats : or tes raisons s'oifreiit fi'elies-iiicmcs à ['esprit, sur le vu du dessin de M. de Giylus.
Je conviens qu'en se relusajit à distribuer les sujets décrits par Di.jJn.-e sur des rrirps ::u île-. ordonnances d'architecture, et en se renfermant rigoureusement dans
les entraves ils la description , il est assez difficile, quant i
que j'attaque; il me semble même que ce programme ne jiri : SLTile rien p;v.ir i'Lii. ^.'ifion : c'c't précisément cette mil [fie .i'iiivcmion qui me parnit t'ire ici le vice principal. An fond , rien n'eût été plus insipide ni plus monotone qu'un tel monument ; il n'eût offert dans ses quatre faces, et sur une circonférence de quatre stades, qu'une muraille peinte et ornée par bandes uniformes : certes , c'eût été là un objet peu digne d'Jlre varilé cornue une merveille de luxe et de magnificence.
En viiin diru-L-nn que M. de Cuvlus a mis ces bandes
que la masse donnée par M. de Caylus est on ne peut :;in:n.; [ivi-amiiLk'. puisque, sur une superficie de si* cents pieds en plan et.de cent quatre-vingts pieds en hauteur, elle diminue à peine de trente pieds par le re^ traite des degrés ; encore faut-il dire que M. de Caylus a introduit dans son élévation deux bandes ou périphéries de trop , comme j'espire le montrer : d'où il résulte qu'a la lente, son monument, par le peu de diminution qu'il lui a donné, n'a d'autre aspect que celai d'une muraille ornée, par bandes paialliles, de peintures et de sculptures.
f *ij )
Si l'on Objecte qu'il faut argumen.tr moins rigoureuse-
dc degrés, et par mile une forme plus pyramidale, je répondrai que celle officieuse supposition n'est guère pes-
autres augmentant en proportion de la retraite, les bandes
et masquées; ce qui, sans doute, est cause que M. de C r, k> u L'u reçu;:: .". '■■w cj i - 1 - j o : .l'uj:i .mi y:-.:-, m : .■ [ : 1 :".
pyramidale.
Maïs, si la forme essentiellement pyramidale est celle qu'il convient de donner an monument, ii doit passer pour à peu près dementre qu'il ;.v.u I;' chercher dans un autre système et par d'autres motifs de composition : tels sont , par exemple , ceux dont les Grecs et les Romains nom ont laissé des modèles ; nous verrons enfin que l'application de ces modèles au bûcher d'Hcpliestion remplira toutes [« conditions requi-en , soit pour l'ajustement des détails décrits , soit pour i'ensemble de la masse
Après ces cnniidéritioti:, préliminaires, dont l'objet a (U de faire sentir ce que ne dut pas être le bûcher d'Héphestion , je passe à quelques notions plus positives, qui pourront nous Jjjire présumer ce que dut cire la véritable masse de ce moruiliiciit. comment les sujets d'ornement décrits par DiuJore purent y trouver place, quelle fut la forme du tout cuiemblc ujiv.tinc avec ses détails.
et qui justifieront, à ce que j'espère, la manière dont [e dessin que je présente interprète le texte de Diodore. de Sicile.
Ce n'est d'abord ni la forme ni la pratique des bûchers ordinaires ou d'usage a l'égard des particuliers, qu'il faut interroger (comme je soupçonne que lafiût M. de Caylus) . pour se rendre compte de ce qui lut pratiqué à l'égard de ce qu'on appelle le bûcher d'Héphestion. Il n'en eut effectivement que le nom, jyra, nom générique, qui, dérivé de nvfifeu, se donna aux bûchers, et par suite, en Grèce, fir le mot pyramide, soit i.f pyramide, dans sa
forme, imite la flamme qui se termine en pointe, soit parce que l'analogie d'usage funéraire fît associer l'idée de pyramide à celle des monumens que les Grecs appe-
Les bûchers ordinaires sur lesquels on brûlait les corps des particuliers, n'éloient autre chose qu'un assemblage de bûches disposées en rond-point, et qu'on enlreméloït de diverses sortes de combustibles ; chacun, k ce qu'il paroit (du moins à Rome) . placoit son bûchet où il lut convenoit, cl d,'.j'i::Mi À ■ <;]■. j;rc les apprcls de sa com- .Ai**L busLion- Ainsi nous voyons, sous Claude, Valérius Asiaticus ordonner, avant de se faire mourir, les préparatifs de son bûcher dans son jardin, et recommander qu'on le ptacàlde manière que la fumée n'endommageât point la verdure de ses arbres.
L'Unrinam, qui étoit le lieu public oû l'on brûloit les corps, ne nous luurnit ïï L-..-i qui puisse nous conduire à connoitre la forme et l'ordonnance du bûcher dont il s'agit ; c'étoit simplement une enceinte formée par un
mut, au milieu de laquelle se faisoit h combustion. Rien ne prouve qu'on ait jamais cherché à embellir ce local; el celui Je Pompéii, conservé jusqu'à nos jours, n'offre tien au-delà de ce qui e:iii" , :i:iii -<nx !i-:oins de ce service.
Nous trouvons, àli vérité, des passages qui déposent du lune que quelques particuliers de Rome se perrnettoienr jusque dans leurs bûchers ; car, où le luxe et [a manie de se distinguer ne partent-ils pas leurs raffinement; On dir^sirioit <M-i'!i[Lir : t1>K 'i^ :>;il'. i*::.:'. 1 i ^ et rares à devenir la proie des flammes. Il parc.it aussi, a en croire Pline, que
formoit le bûcher. M fils mritor rl rogos pingi; car Pline
lalion publique érigeoit dans les funérailles des empereurs ■uxqneil 'm décemoït les honneurs de la consécration ou de l'apothéose.
Toutefois ce luxe des particuliers dans leurs bûchers nous explique comment, pour honorer la mémoire des princes et de quelques hommes qu'on voulut déifier, il rut naturel que la maÉ;iiilu-?;:cr di ■ l'ai:. Irandii.^.ir. b:. L -jn-> d'une vanité vulgaire, érigeât des bûchers qui fussent des
Grèce que les Romains auraient trouvé des modèles en
blesser i'envie ou I égalité par un étalage dispendieux de La pompe des bûcher; , a.; rime u.-lk- .les grands tombeaux.
lût.
Si la Grèce, comme cela est indubitable, fournil aussi à Rome les modèles de la magnificence cjue celle-ci mil en œuvre dans les bûchers de consécration, nous trouvons que ces modèles appartienne ut A des monarchies, ei tant des ouvrages de princes ou de souverains.
Le premier de ces murages Juin If souvenir nous ait été transmis, est le bûcher de Denys l'ancien, tyran de Syracuse, construit par son fils, l'an t." de la cl n, 'olympiade, c'est-à-dire, quarante-quatre ans avant celui qu'Alexandre érigea a Hépheslion. Quoique ce bûcher décoratif soit le 1
;c J'All'.tULT dans le sens que lui a donn.
. l'historien 'i i:tiée se scruit plu â décrir. scion Thcon dans ses PrapYminsifqiies end livre de son Histoire de Denys, et
racontant In funérailles de ce prince, avoit fait une menii,>ri pinitulicre du même édifice.
Mais, au dire de Diodore, les funérailles d'Hépheslion
moyen "d'aller plus loin ; ^
Diodore de Sicile c'en voit sous Auguste, et alors l'usage des apothéoses cl des bûchers de consécration n ctoit pas encore établi : ne Relire d'adulation, en effet, n'eut pas lieu a l'égard de Jules-César, dont le corps fut brûlé, au Champ de Mars, sur un bûcher ordinaire , et sans autres
Pline le jeune nous apprend que Tibère fut le premier
honneurs de l'apoihéose; l'usage n'en fut interrompu que pour Nérnn , Galba, O.hon ei Vitellius , dont la succession ne fut qu'une suite d'assassinats. Depuis, selon Pline, Titus avoii déifié Vespasieu , ei le (in par Dumitien ; T.ajan déifia Nerva. Hérodten , qui, à l'occasion de l'apothéose et du bûcbec de Sepmiie-.Séitic, élevé par se- l'd. Camcidldi et Gela, va nous deuïre le i;enre <ie cniiilriuiieu uppliudiic au mon union ld'Heplit-,1 ion. nwLire que. dis-/ [«Humains, les honneurs de la consécration ne se rendaient qu'aux
Un reste, il est certain que Les dentiers H un empereur avoienl un intérêt de plus à consacrer ainsi lu mémoire de leur père, puisque l'honneur en demi! rejaillir sur sa postérité, et ijue, d'ailleurs, leur autorité ne pouvoit manquer de trouver dans ces illusions un nouvel appui.
La description de l'apothéose dus empereurs Romains par Hérodien est trop connue pour que je la rapporte
Alexandre 4 la déification de son favori. Cerf pourquoi je bornerai (a citation d'Hérodien a l'objet qui me con-
pect différent de celui qu'a présenté Diodore, nous prouvera d'abord la plus grande similitude dans les usages,
trera ensuite que ce qui manque à l'une des deux doit se suppléer par l'autre, et nous forcera enfin de reconnoître, par les signes d'identité les plus clairs, que, nonobstant le silence de Diodore sur la forme architecturale du hùcher d'Héphesiion , cette forme n'est que sous-entendue, et doit y être restituée dans la manière que présente le dessin ci-joint.
/MMir. Apirs 'omis as cirrmomes , y.tià Si tsÙtt. (3 letton f?((, ™'' dit Hérodien, Tiir njjmt , ç^um- ïfa tî{ m'Afai tk tJ
eAf^ar-moiç tï à-yiA.'/flii : ?a.:< t: t:3[xiAji« itïiïflffunîaf.
"IV'iulVa ÏKÇfi, i7^«u*Tl fi' »=( mojj» jmfjtTX'ieloi, p,«e}Tlfo( ÉmWoi, ntiAÏSiu, l^pl uni Jt/qic k.iuiyj[ai.
Tci'nr it «ai iiTnpin iti toû ■Onttii/jinv /iiïo. « •rtAeumiiv &&yy?*m-, m{l.â-a,.
'ATna&or&t tli eu ii ff^ï^ft -ns TyfnaMsriig^a.TDC (ppwtnvflaïf, 1 ™i Aj^iijir éîriHfnfva., iikmip Jia! t5 mjys i*
te Afaui&n tdntptiit, ubl. quàm talltilm! campus palcl, ragg/tlut quidam Iprcir quad'algalS falrritwj j^ii'l 'jrj/.ij [\\irj'.,-jj./i
Pin WvJ :u%H a/rrtm iftnadt W ' minmmhn,
pharo* cpptttûKI. '
Toute* ce* cérémonies achetées , on pori* le fit hors da la ville, (fini fe Champ de Mars.
A l'endroit le plus spacieux de ce champ, on élève, sur un plan
forme d'édifice , une ctajpenlc qui
selon les circonstances des temps et des personnages: Hcrodien s'est uniquement. un iiiL.i donner Line idéefort claire et de la masse de i'éilihce cnissidériï dans le genre, et des formes de sa composition.
Non cornent d'avoir fait connoître, on parlant de h diminution de ses étages, que sa forme était essentielle ment pyramidale, il emploie une comparaison propre a lever tonte incertitude, s'il poiLvriit enteue en ït.iilli-r qui- [qu'une des mots /Jiiejisjjï , ittàt et ^^timlo., qui, signifiant plutptlit. moimiri. Il pks am, peurrotenl s'entendre aussi bien delà hauteur que de la largeur (en pian) des différent
itrvcat Jt fanal, et quoi: appelle phares. m&. mifjwtii étoit le nom qu'on leur duiun.it. Si le Mener resserablolt au* fanaux ou à ces tours appelées phares, sa forme nous est attestée de la façon la plus sensible.
Strabon appeloit le phare d'Alexandrie -roAuiy de Sm.l.inr, memequ'Hérodotedisoit des maisons de Babj Ion ç, quelles "^i, . , , éloicnE ■tÇrtigjîoi ou -nTÇiitîÇji. Or k> mot qui signifie à I- ifs. plusieurs combles ou planchers, indique parfaitement que le phare se composait de plusieurs étages qui avaient chacun
toit occupant ia reirai-.e de l'étage supérieur. Cette démonstration peut s'abréger encore par l'inspection de quelques médailles antiquei ci", -«ru représentés des phares, et qu'on peut voir dans Monlfaucon. n. i. r.
Puisque les bûchers de consécration é[ oie ni bâtis dans la ,..?', y '.y' ' ''" forme des phares, ils éloient, comme ceux-ci , mXuiff pti, et leurs étages alloient par conséquent en diminuant de largeur ; ils étoient donc, comme ceux-ci, composés de G 6
coips ou d'ordonnances d'architecture, et lion simplement lit massifs jik-Ens, en manière de bandeau ou faisant frise
Mais tout cela nous est encore plus clairement démontré par les médailles, où l'on trouve assez fréquemment fa représentation di-s con. châtions impériales ,et ia forme des bûchers trii:i : s diins tes cérémonies : rien ne justifie et ne confirme mieux [a description d'HJrodien. Quoique le bûcher représenté sur ces tvpes le soit d'une manière assez incomplète, et comme le sont sur les mon noies tous Ils grands édifices , ii ne laisse pas d'offrir une conformité entière avec le récit d'Hérodiundans toutes ies parties principales.
Le bûcher, sut le:, uuid.-.ihes . a quelquefois quatre et quelquefois cînr| étages, en comptant le couronnement :
retraite progressive deihacm:, donnent à l 'édifice (a forme pyran.iikdc , ou .elle d'une tour dont le diamètre se res-
I ;; ['ctilc-sse du < nii ■on! L/ravcn ces monumens,
n'a pas permis au graveur de soumettre un aussi vaste ensemble à des proportions exactes, ni d'en exprimer rigoureusement les détails : cependant il n'y a point de médaille où l'on ne distingue avec beaucoup de netteté l'ordonnance des divers étages. Celui d'en bas, ou le soubassement, y es: toujours iii^u.-é oi-nt de draperies; les clairs supérieurs s'y composent , soit de colonnades, soit de portiques: dans les unes, on découvre les entre-coionnemens ornés de statues; les antres font voir des niches: mais ïl n'y a aucune de ces élévations qui, avec des
variétés de disposition ou de .décoration, ne se montre
blir, savoir, comme diminuant i chaque 'étage de labeur « de hauteur, et comme formée de corps d'architecture,
avec leurs profils et leurs enrablemrns. On y observe que
omé Je Jr.i pur les , cl Miriur>]iii. ; p.ir ,1 L-t. quadriges ou des liurne.3 il-: c'jtlJri'iii |iriiri:>, q.ii hCive-jH J'jimL>i"[ i^-^î:j:iï::(
Je pmJujs, a l'iifijnii .:l <c qi:i: i'.lv:ni.o. lu; KiiLl.iiiie; des planches 18, io, 14, aj et )g du Rauril Je la nine Ciriiliar, par Fietro Santé Bartolï.
Personne, sans doute, ne contestera que le l'.nher eus médailles que je viens de produire, ne soit identiquement, pour le genre, le même bûcher qu'a décrit Hétodien ; les médailles sont, à cet égard, des témoins irrécusables : mais
étages , des puniques et dis colonnades dont Hérodien n'a
bûcher d'Héphestion pa^Diodore de Sicile. P
On est forcé d'annuler qu'il ; n:l parité d'usage, en fait déliai lier d'apothème, du-;, les Grecs et chei les Romains. On se rappelle que nous avons trouve parfaitement conformes les traits genérau* des deux descriptions de Diodore et d'Hérodien, Mais de même que le silence d'Héro- C S *
dien sur les ordres d'art h i lecture dans la Otages du bûcher
étages, dans le bûcher d'Héphestion , est dû à une [out autre cause que l'absence de ces corps et de ces ordres d'.ircbhrtuire.
Quand l'analogie est certaine en ce genre, elle produit
■ j'.i" l j ■ ■ 1 1- ' ;■ [-;;[■;■. lU-le . -!:■! |i:ir-u: en^'r? plus impérieuse à l'égard du bûcher d'Héphesllon. sur-tout lorsqu'on pense, indépendamment de toutes les considérations déjà parcourues, que In hauteur de sa masse fut de cent quatre-vingts pieds.
. Cette hauteur, dans la vérité, n'a rien d'extraordinaire
beau de Mausole, bâti en marbre, eut cent quarante pieds d'élévation , et que i'on donne au mausolée d'Hadrien une proportion plus liauk- l'ii^ou-. Mais si ces monumens funéraires, qui, comme je me propose de le faire voir ailleurs, i ;:. ;:;;[ <:.■■ i:ii:::![i jr: .:'is Ijm.Ih.ïj, jL'iiipurtLrcnt, dans leur structure solide et dispendieuse, plusieurs corps et ordres
plus difficile d'admettre le bûcher d'Héphestion sans archi-
différentes et des ordonnances variées les cent quatrevingts pieds dont se forme [a hauteur de sa masse,
Jo no déveinpoo!^! p:^ dnvr.nni;.' lin :n:.til< .711 i mVi^it éloigné de la manière de voir de M. de Cajlus , dans la
restitution du bûcher d'Héphestion : Je crois avoir produit assez de témoignages , d'autorités, d'inductions ci d'analogies en faveur du système que j'ai adopté. Maintenant i! me reste à faire l'application de ce système à chacune des parties de la description de Diodore, tjue je vais confronter au dessin dort je dois justifier les détails. Je ne suivrai , dans cette discussion , d'autre ordre que ceiui de la description mtine , que je vais reprendre phtase par phrase.
■ Alexandre» dit Diodore, après avoir rassemblé » des architectes et on grand nombre d'artistes habiles,
- tourîvpjSi nfiÏTis, fit démolir, sur une longueur de dis » stades, une partie des murs de Babyloue, en recueillit la » brique cuite, et ayant aplani iïipuc où devoit s'élever
- ie bûcher , il lui donna une forme carrée d'un stade » de longueur en tout sens. >.
On a demandé(i) pourquoi Alexandre, an lieu Je choisir quelque endroit dans la plaine de Babylone , avoit abattu
placement produit par celte démolition. Ce choix fut peut-être conseillé ;>.!" plus .['lia nia,!f religieux, dont le motif ne sera point parvenu îli-:ih",l ,i:>uv Alexandre ensuite ne voulut-il pas sali-faire a-la-fuis aux usages de la Grèce qui placoient L-. ton:[>e;un in les huiliers Ilots des villes , et au tlcsir de ne pas trop éloigner de Babylone le théâtre principal Je la tiiiénn niri .Mai, lutique nous lisons que, dans l'excès de sa douleur, et pour donner à son deuil (i) M. de Siin.e-C.oH.
Eam.*t.M le pli» grand éclat . il fil raser les murs d'Ecbatane , et Î71 f ordonna ;i Imilfs les ailles ciru>uvoi,iiies d'il lia lire les ai-
Ama, fo. neaux di- li.nr-, murailU-s . il imiis piroii c|ne, ce genre de vui. ,1.1. démoli iimi t [ :j 1 1 1 v.n sii>ue cl": 1 F M i t ; i j 1 jn publique, la ville OÙ se céltriroitrii 1rs funérailles d'Héplnsiion . devoilce tribut au deuil du prince, ci que la destruction d'une partie de ses murs pul bien n'être qu'une chose d'étiquette.
Au reste, ou [illjI . n ifî- qn'.Lpies la cérémonie la brèche
lexandre fil recueillir toutes les briques cuites qui enV°venoient. Je ne saurois partager l'opinionde plus d'un interprète , savoir, qu'on eût pris un tel soin de ces matériaux p.r II- !.:n r l.i;-tr;i «ui i!:u ■- r i ■ : 1 n iv.cme di: hii.her, m.i
que.lesmursdeBabvdonese composant, du ns leur massif,
sées.on dut recueillir avec attention ces dernières, pour les replacer lors de la reconstruction du pan de mur abattu.
Le bûcher fut bit] sur un plan régulièrement carré, comme il résulte et des paroles de Djodore, et du nombre
trera pourquoi j'ai dû faire choix du stade olympique et de la plus longue coudée. ) Celte grande étendue de plan , comparée à la hauteur, qui étoit de 1 Ho pieds , me porte à croire qu'il ne doit cire question dans cette mesure que de la partie de l 'édifice appelée par Diodore xfnmi. Dans (t) M. l'abbé iî Tenin 1 une ie cet bfiqui.
tout l'ensemble : vue partie des marches , des jeun « des «rémonics , tlcvok avoir lieu sur cet» plaie-forme.
La phrase suivante de Diodore présente peu d'observation* ii faire ?,uï la .ii:ri.-:.i[ioii l ure du monument;
moi de ce passage, et d'en concevoir le sens, m'engagent i m'y arrêter.
Diodole continue : Ay,:«: dniir t espace en l'/fle maisens, on y établit des planchers Je charpente, formés Je troncs
Znltite 'm 'plaça k* wmeu la», ,oA polrcour. * Ce le«e a paru ,i ol w „r a M. de Cajlus, qu'il a cru
i^dclul':;
i'f[ doit
:iqur
te persuader qu'il y ait su du maisons dans les quatre côtés de la place (d'nutant que le nombre trente donne un partage Inégal). Il a donc fini par supposer que des maisons , au nombre de quinze, masquoient do chaque .ôté l une et l'autre extrémité de la muraille démolie. Jl peine aussi quêtes maisons noient dû cire également consumées pur le feu; coque, dit-il, leurs toits, firmes île troncs Je palmier , filil suijisainwcnt
f.Tiv.-i/.-L'. Du rcite , 11 croit qui: ces nuisons faisoie ni là im clr.Lsc r.s sel iataile.
Je suis, d cet égard, de son avis, et je comprends envisiblement, par le moi nira, n'a entendu parler que du lieu occupe par le bûcher , et d'une distribution de cet espace in Irightta demi. Aussi , et la nature de la chose mime, et la minière dont l'auteur s'exprime , me persuadent-elles qu'il n'est ici nullement question de maisons, comme l'entend M. de Cajlus; que le mot Grec ne signifie
dans le tente, il pouvoit y avoir eu le mot n/uiij, drisims, qui ferait sans doute un fort bon sens. Ou aurait distribué
croitc qu'il n'y a lieu à aucun changement, mais qu'il suffit d'interpréter le mot en question selon un des sens qu'il présente, et qui.' ï.u-.;i.TC iïnldliy.t'uce de la construction dont il s'agit.
En effet, de quoi parle Diodoreî D'une bâtisse en charpente formant la |i!ati- forme ilu soubassement [icp™^a] sur lequel nous allons voir s'élever le reste de l'édifice.
Or je me demande comment s'y p m-, droit auj<mrd'!iui un constructeur qui auroil A bâtir en bois de charpente une estrade ou plaie-forme de 600 pieds carrés. Il cïablitokà terre des piieesde bois horiîontales, et il éleveroit
Diïtizod b, Go
■fessât Jeî pièces de bois perpendiculaires: mais, ayant à
lions et subdivision!, lesquelles formeroient de loin cet espace un assemblage de cloisons el de murs de durpente, éloignés l'un de 1 autre, selon la proportion des solives propres à faire les plafonds ou les planchers de chaque division.
Voilà ce qui fut fait indubitablement dans le plan et l'élévation du soubassement servant de reï-de-c haussée ai) bûcher d'Héphcstion. On dut y pratiquer sept grandes cloisons decharpente traversées par si* autres semblables, qui, en plan, formèrent une sorte d'échiquier. De là résulta le nombre de trente divisions , lesquelles formoient
vrir. et qui forent couvertes par des poutres de bois de
charpente dut produire un assemblage des plus solides.
ZI me paroit donc très -probable que.Diodo.-L 1 :m::.l i.k.n ii-J te nom de Sipev, a ces trente divisions de charpente , soit parce que chacune ressemblait aux espaces formes par les murs des maisons , soit parce que le mot Jh^uas signifie aussi amaurti . tompages.
Dès-lors rien de plus naturel que ce qu'il ajoure, Kaj
p,:!ni,iram nrmrjj. J'avoue que quand par le mot tî/iMf on s'est figuré des maisons proprement dites, on peut être induit à traduire iy^ par loir, pris aussi dans l'acception commune ; mais ILL - 'o' -il 1 ' - J- "-il d'une maison £|ue
par suite Je son sens élémentaire, qui est coatimai, de ifï<pu,trga. La charpente don! on a parlé devoit supporter une couverture, celle oui faisoit le plala-fltd du soubassement: et c'est cette forai) qui se eomposoit de troncs de
Il n'y a Jonc, selon moi, aucune obscurité dans le passage de Diodore de Sicile, et il n'y a lieu a aucune supposition étrangère à la nature de la chose, pour interpréter ces mai MfliilMM et leuis couvertures en bois de palmier. Cela (ait , ajoute Diodore, on assigna la place de chaque décoration Jans le pourtour.
Voici celle Ju soubassement : Ou rit it.ii xfitrôftj,. . .
Elle se eomposoit d'un nombre de deux cent quarante proues de rjuiriquirèrnes en or. Ces proues avoient .sur leurs flancs deuir archers, [e genou en terre, de quatre coudée* de proportion i elle* ér<,ip:il surnn>iii-?r= j'rr d.< Mi'iues ilïio 1 1 . 1 1 n s armes, hautes de
M. Je Caylus, et d'autres écrivains, d'après lui, ont l'.TiJï'"- ""'"é ' 1VK l'p'itcnup de mépris la décoration du bûcher iMa,i.»!i. d'Hépbeslion. On s'est plu à regarder cet ouvrage comme an tllltmilage diiiveu'.ii-ui ili'rr^icn : mais peut-être, avant Je le juger ainsi, eût-il convenu de s'assurer que ce qu'on crilkjuoil, étoit bien véritablement a: qui avoit été.
Je doute, parevemple, qu'on ait bien compris le motif et bien rendu la position des proues de vaisseau qui orno ietit le soubassement.
Quant au motif de rte.'.' Jc'airaiion , il me paroît aussi
clair que naturel. Héphestion avait eu le commandement des hoplites, lorsqu'Àlcv.-idrc rttsffndit. par le fleuve Eulée, jusqu'à rOeéan, après la défaite des Perses et l'ox-
expédition. Ou voulu! rappeler fe* «nrices el les exploits de cette navigation, et les décorateurs employèrent comme symbole, des proues de vaisseau , de la façon dont les Romains en usèrent dans la suite, soit pour leurs colonnes rostrales. soit pour l'ornement de leur forum. ][ n'est pas liu'im- [ii^-i>i'< l'Mjire -iv si'i'p'^L-.- 'pu: ici ornement anroir eu exclusivement [;ippn:[ ai.\ i fLt: i:v^ navales d'Hèphestion.LemonumentdonlAlexandredirigenitla décoration, BuroiC fort bien pu être composé dans une intention plus générale et sous le point de vue le plus capable de flatter k-.M:Liéd<i[iieiis. Or, à l'époque de la mort d'Hqilie-liiMi , Néarque étoil déjà de retour deson expédition, et il avait ramené la floue de l'Indus jusqu'au fond du golfe Persique : Alexandre lui *iv,;ii Ji/lltik' une couronne, ainsi qu'à Ojiésk-i i(e , son premier pilote.
Je ne saurais donc voir, avec certains critiques, ce que l'ornement des proues de vaisseau, quant à l'intention, pouvoit avoir de bigarre dans [a décoration de notre soubassement.
Quant à leur eflet , je ne pense pas, il est vrai, comme M. de Cayius , que ces proues soutenoient la base de l'édifice; la description ne le dit point : les proues d'or, r, s ! . 1 1 1 m:ji, étoien: appuvii;.-. ni: ;JrjïMCS au montant du soubassement, et cl dévoient li^urcr comme des espèces de piédestaux surmontés d'autant de statues.
Je me persuade encore que, pour s'en faire une juste
l'-.'ul cVc aur.si ïjuc if ci sortes de mannequins; et , sans doute, ces hoplites s'clevoicnt à la pointe de fa proue , A.,:,. B/fij. comme on en voit sur les médailles d'Hadrien de la ville de Cyiique et autres.
En donnant 600 pieds à [a dimension du soubassement en longueur, la proportion des proues aura pu être de •) pieds de large. Les soixante proues faisant ainsi J^o pieds, il restoit entre i-!i;ic;ue proue un intervalle d'à-peu- >>r.\ ,in |>j.'<! , <;nYcciipoin'iit :i-r. Lie pourpre,
que le racine objet y aurait été singulièrement multiplié.
piédestaux, on conviendra encore que ces sortes de ré-
aussi ridicule qu'cll- l'.i h-u:!.Il: à ,M. de Caylus , qui a porté le même jugement sur celle de l'étage placé en retraite, immédiatement au-dessus du soubassement, cl dont voici la description:
'Tm^iio Si ti'toi ni» htm^i, &c.
Au-deisus s'élevait I; second Otage, dont lu décoration se com-
posait de flambeaux de quinze ourlées. Ces flambeaux, a l'fiidrati par lequel on lis tient (c'est a-dire, le milieu de la [luigr.™}, avaient des couronnes d'or; au-dessus de leurs mèches, dei aij:l;s. 'r-j ailes déployées, regardant en bis; ci i leur ciiréiniié intérieure, des serpens, le regard dirigé vers les aigles.
Ce molir Je décoration a clé l'objet de deux sortes de censure : M. de; Caylus le blâme , comme présentant de la maigreur dans l'ajustement, et il le reprouve encore comme insignifiant, il trouve , ce sont ses expressions, qirc ,ùi ,!t:ri!>:::; T <ic ,Jr,;j;P.'j; ;<■:>! j'---: wn-nui'jks
A robjit Je tau ikoraliim.
J'espire ftiire voir ton t-à-1' heure comment, sur le premier point, la critique de M. de Caylus s'adresse uniqueînent a sa propre hypothèse, c'est -A- dire , à un parti Je décoration nécessairement monotone et sans effet : mais je dois, avant tout, une repense à fa seconde critique , ou à celle qui porte sur l'idée générale et l'ensemble de
Esi-il donc bien vrai que ces objets d'ornement, que ces attributs de flambeaux . d'aigles, Je serpens, &c. , sqjent peu d'accord avec le monument?
Pour prononcer d'une manière aussi décisive sur des choses en rapport av. 1 '. .:[MÎi:r.:i r.::,:uL-; o.i L-irliuiMi^ ;. de ces temps, il fauJroit que nous pussions nous flatter d'avoir une connoissanec entière des usages et Jes idées mystiques de l'antiquité. Si, dans un monument de la nature de celui-ci , nous apercevions des symbnies et des attributs dont la corrélation avec la destination de l'ou-
plus raisonnable Je supposer le sens de ces objets perdu
giné ici une décoration sons motif. Une telle réserve, à la
oî'le bûcher d'Héphestion , quoiqu'il ne fit nue d'arcliiie.Lure feinte, n'en joua pas moins les apparences d'un Ino n amen t soi ide i-l dun-.ble. J'ai doui- beaucoup de peine à croire que les architectes aient aussi complètement négligé de mettre la déicraii.-iii de leur édifice en rapport avec sa destination.
Il me semble ensuite qu'il n'est pas très difficile, sinon de démontrer, au moi M. de faire jnésuwr l.i liaison morale du 'sens de ces attributs avec le monument funéraire dont ils étoient les ornemens allégoriques.
Et d'abord . s'il s'agit de ces torches Ou de ces grands flambeaux de quinte coudées de haut , leur analogie positive avec un bûcher me semble trop naturelle pour n'eue pas facilement entendue de tout le monde. Le flambeau.
l'effigie de l'impératrice. Le flambeau se trouve ainsi , sur les médailles, très -souvent joint aux représentai ion s d'apothéose et de consécration. Au haut d'une pym, sut une médaille de Périma*, on voit des flambeau* places pu saillie et debout dans le sommet de l'édifice.
Le flambeau eyprima encore plusieurs autres idées relatives aux cérémonie l"iiiiT;:iri-s : il :.i-jnifia quelquefois la lumière des initiés; et, selon sa position, il étoit l'emblème de la ïie on de la mort : il fut aussi un signe d'imninr- rbi::,,:.
quand on pense au but que s'était proposé Alexandre
manie avoitéié faite p - Jaikr Hepliotioii , il me semble
symbole. P P
Il doit en ître de même de celui de l'aigle; les usages
caiie.il ; l"..i-:t cœil ï;,hei:i <k la a™kT.u:r:n. C«r sur un aigle que sont portés les empereurs déifiés ; on sait que, dans la cérémonie de l'apothéose , on faisoit partir du haui du bûcher un aigle, qui éioii censé porter au ciel l'une du défunt. En faut-il davantage pour expliquer cet aigle, les ailes étendues au-dessus du flambeau ! et ne conclurons-nous pas de là que ces emblèmes de consécration lurent, chez les Romains, des emprunts faits aux Grecs!
Les figures mythologiques des anciens n'avoient pas toujours, même pour eus, un sens unique et exclusif:
cela vient de te qu'elle émii-pu Ji- pure, allégories, Je-
i o!'juL p.-. j'.njp^] , ou ce qu'on appelle lu devinai ion ii'u;; monument, nous est nien connu , on peut, sans grande [émérhé. inféra- de «ne dr-siinaiion le sens probable des signes emblématiques dont il fut orn*.
Or, si l'objet Je ia cérémonie qu'on Jésigne pat les mol- J'^JiJf/diîjv ou Je fin.n,mrij. , étok Je faire croire ipji'i'a rut. dégagée, par ii' feu, Je son enveloppe matérielle, abandonnait le séjour Je U terre pour se réunir, dans les Jemeures Ju ciel, A l;u<ini[iiu;nie des. dieux, ii me semble
que [es signes hiéroglyphiques Je telle opinion. ^ Nous avons vu que le flambeau tloir. naturellement
jours symbole Je la terre , comme faigle le fut Ju ciel ou
bûcher Je consécration , ne disent-ils pas sur-tout , par
pnur Ili faire parvenir au ciel, l'aine d'Héphcstion l Diodore nous dit que les serpeus Avalent le regard
fc inin-.c i - . 1 1 1? T r;: l'-'pLiiClHi ivei. oc: ridiJzin.^L-:-. il J-^r.
trouve toujours quelqu'un figuré roi-ardai»
comme suivant des yeu* l'enlùvL'in^-ii. ki !
cela lui dans le langage de l'ornement.
mens , et de quelque manière qu'on itobliss
contre la première des de in critiques du savant antiquaire, que ce moiir d'ornement, sons le rapport de l'art, du goût et de l'effet, pouvoit jouer un beaucoup meilleur rôle
C'est ici que le nouveau sysliroc de restitution me paroit mériter la préférence : d',i!>ord, parce que l'étage dont il s'agit, offre un parti d'architecture aussi riche que varié; ensuite, parce que, les ornemens dont on vient de
portions de cette architecture, la répétition du même
tant sans cesse sur un fond uniforme dans tout le pourtour de l'édifice. Bien n'eût eu moins d'effet, parce que le manque de saillie et la froideur d'une superficie sans architecture n'auraient pu qu'ajouter & l'ennui de cette répétition. Le sentiment de cette redite fastidieuse eût été encore plus pénible dans l'hypothèse de M. de Caylus, qui , donnant à toutes les zones , à peu de chose près , la même étendue qu'au soubassement, c'est-à-dire , de quatre à cinq cents pieds, augmente, outre mesure, le vice de ia répétition. ^ ^ ^ ^
dtofcm\ comme le sont tous ceux des édifices antiques du même genre, formés d'ordonnances d'architecture, ii
la porter, eit'tB 5 pledi : mais , s'il falloit donner a chacun des étages une largeur égale à celle du soubassement . ou de peu de chose moindre, à raison des retraiies, il conviendrok de porter leur élévation a une hauteur qui fût en proportion avec cette largeur : ce qui , à moins de blesser toutes lei convenances, sortiroit par trop de la dimension générale <jne porte le telle de Diodore.
Si, au contraire, distribuant les 185. pieds de haut entre tous les étages, on donne seulement une quarantaine de pieiti à l'étage orné de flambeaux , il sera très-
probable qu'une largeur de ioo pieds aura m ; suffisante.
sition . comme la masse pyramidale de l'édifice exifie
regarder le soubassement comme seul susceptible de recevoir la dimension des 600 pieds. Restreignant en tonsé-
en portiques ouverts, et ces ouvertures auraient été ornées par les statues décrites. Quant lui pieds-droits de tes arcades, c'est sur leurs montans que je dispose, ainsi que je vais l'expliquer, les flambeau* dont il il été fait mention.
L'usage est , tomme l'on sait , de remplir par des colonnes , par des demi -colonnes ou des pilastres, les montans des pieds-droits. Ici le décorateur auroit substitué à la colonne le flambeau de quinze coudées: les aigles, avec leurs ailes déployées, en s'éievant au-dessus de fa
auroiem fait l'ornement courant de la frise; les couronnes d'or auraient, sans aucune difficulté, occupé le milieu de la
chacune, ei'siir le socle continu des arcades, se seraient trouvés très-naturellement dans le rapport indique! avec chaque aigle.
les apparences de [a colonne dans un ordre régulier, doit être regardé sans doute comme une de ces libertés que le génie de la décoration autorise et justifie, à l'égard d'un monument du genre de ceux qui , ne devant briller qu'un
moment par les itjjiilikcj cl'lj.-": i.:>.c précaire, semblent affranchis de la léïéritt des règles. L'effet de cette composition devoit ctre fort riche ; et comme les arcades des portiques , ain^i <]iic lc< mt-mlin; ilt- l'architecture, en interrompaient la continuité , le vice d'uniformité ne sauroit raisonnablement entrer dans les reproches qu'on
il-: iifni piiï. ru i:ri^ ii'iililijil ^rhinairc : Diodore a pris M'in <!c i^iij npiirtiuW .p.io fiii'ni ■ i scmhle étoit décoré des statues les plus précieuses. Cette notion est encore une de celles qui concourent à rendre probable le parti de
e- colon ne mens! On et
Je passe a la troisième zone. La disci clic .Ituinera lieu, stra rutil Ils longue.
Ram Si iji T(i-nir TnSKpig^i , &c.
Pau' b it.ji:icir.r |. L ripi:t]ie. 01: .ivcii i?[u iTinimauide tout piyi.
raîme à chaque tia;;t. Il lie iiiuiili de répéter que Diodorc ne» prescrit par ses paroles, el n'exclut par son silence , aucune manière de se figurer la forme de celle troisième périphérie : ainsi les peintures ou les bas-reliefs continus de cet étage purent simplement on foire partie, de la manière dont nous voyons des bas-reliefs cir-, culer amour d'un édifice , fous les colonnades de ses P«£yl«. é té I f
plus ou moins arbitraire. Jé ne donne pour constant que Je système de la disposition ; du reste, chacun est le maître de modifier à son gré les ordonnances, et, arec elles, l'ajustement des frises et des sujets d'ornement : ainsi voyons-nous, sur cinq ou six types de consécration, revenir la mfme sorte de bûcher, toujours semblable quant au genre et quant au système de composition architecturale , et toujours variée quant à l'emploi des corps et des masses d'architecture. Cela nous fait connoitre que ces édifices temporaires admettoient la même variété de
disposer l'élévation du bûcher d'Hépheslion^vec d'autres masses d'architecture, sans infirmer en rien le résultat de cette discussion.
Je dirai peu de chose du sujet de cette frise , qui représentât des chasses: ce sujet, très -favorable à l'art et à la sculpture, a paru à M deCaylus offrir peu de raison,
('Si)
et n'avoir Je rapport ni avec le bûcher, ni avec Hé- II me semble qu'il faut considérer ce monument, non aussisous ie point de vii historique et honorifique'. Il ne
dans un cercle d'idées analogues & leur principale desli-
qui se sont conservées jusqu'à nos jours, sont décorées de teult-s Ici lorics de :i::jrn ircyliinjocirpei, allégoriques et historiques : on y voil très- &équem ment représentées
Mais l'expression de ce genre de sujets semble avoir été plus particulièrement en rapport avec le personnage inhumé qu'avec le monument. L'exercice de ia chassa étoit, dansl'antiquiu. uns ■ o:u>.i';ii>nre[i lissage des travaux de la guerre, et l'intrépidité dans les combats contre les animaux féroces étoit le présage de [a bravoure et du courage contre l'ennemi. Durant les temps héroïques, on confondit dans la même illustration les deux sortes d'exploits, et l'on trouveroit dans l'histoire même d'Alexandre de quoi prouver que , de son temps encore, la chasse passait pour un des exercices les plus nobles et les plus dignes d'un héros. Rien d'étonnant par conséquent qu'on ait représenté sur les monumens, des combats de chasse comme signes .les dispositions yn-mires et des qualités belliqueuses. Ainsi , sur les bas-reliefs de l'arc de Trajan , adaptés depuis à l'arc de Constantin , l'empereur est représenté combattant contre des bétes fauves. Poutquoï,
siil II- LudlLT ij.ii Jcvoli Likbrcr L'u les goûts ou les qualités d'Héphestion , Alexandre ou ses décorateurs n'auroiem-ils pas fait exécuter des chasses de toule espèce d'animaux!
Le sujet du qurit.-Mr.i: l'ingc L'ioit ;>■.'■ ceuMtirw.xj.ir
"Ehiitï n Tvà*pT» ittTTd^fj^tt^jn» ^ue*>
Mêmes réflexions à l'égard de la disposition de celle Aise que pour la précédente. J'ai cru devoir varier la forme de chaque ordonnance, ou de l'architecture de chaque étage, de façon que les diverses iones d'ornement
Mimes censures aussi de la pan de M. de Caylus sur le manque de rapport entre le sujet de la cenlauromachie et le bûcher d'Héphr-.tion. J'jvmt-rui qu'ici la corrélation de motif est moins sensible , et que les connoissances <jue nous avons de l'antiquité , ne nous permettent guère autre chose que des conjectures sur l'emploi de ce sujet. Au reire , il faut en dire autant de beaucoup d'autres nonumens antiques et des plus célèbres. Pourquoi y avoit-it une cenlauromachie sur ie bouclier de Minerve au Parllienon, sur les métopes de la frise de ce temple, sur le fronton postérieur du temple Je Jupiter A Olympieî Les antiquaires ne restent point sans réponse à ces questions. Il y a , dans la région des sujets héroïques et mythologiques, des analogies sans nombre; et, si l'on ne peut affirmer que celln i[li'<ii> i;iio.;;:ut aujourd'hui, soitjii
précisément le! mîmes que celles qui entrèrent jadis dans l'intention des artistes, il est permis de croire que les raisons d'autrefois furent souvent aussi détournée! que celles qu'on donne de nos jours: et plus d'une explication ancienne le prouve. Il résulte de là qu'il vaut encore mieux s'en tenir à soupçonner quelques-uns de ces motifs
cable au' monument, au hé™ ou i Incircouslance.'o.ui nous dira si, la centauromachie étant une fable Thessalienne, ce sujet n'aura pas été choisi pour indiquer qu'Hcpliestion tirnit son origine de la Thessalie ! Qui nous dira qu'il ne descendoït pas de quelques-uns des héros qui s'illustrèrent dam ec( le "juiTrc! Mais je ni'iilislltiis J'auliJM plus volontiers de toute conjecture à cet égard, que l'objet principal de ma discussion est étranger à cette sorte de critique.
'H Si m>!r)it A^tm; u| «uîgui sr*»i| yjmCf.
Le système dans lequel je propose de restituer le bûcher d'Héphesiion, est fécond en variétés, comme celui de M. deCavIus serahle condamnés l'uniformité. Dès que les ornemens décrits par Diodore peuvent trouver place dans une véritable architecture , ils peuvent s'incorporer si di-
etnbarras qu'on éprouve, est celui du choix. Ainsi nous
précis d'objets allégoriques , cnpuhles d'eïprimer un grand nombre d'idées diverses!
Le motif de décoration qui vienl après celui-ci, n'of- Jri.-ii j'L'lin les mêmes incertitudes.
La partie supérieure (ou la plate-forme du haut) èrcit rempli* par les trophée* des armes des Micedonrefll d Je celles des Barbares, mais disputés de façoji a désigner Ea bravoure des uns
comme on l'a dit, étoit à-la-fnis funéraire et honorifique, et par conséquent admetloit des emblèmes de plus d'un genre, il est facile aussi d'eïprimer par ia seule disposi-
II JeM.deCayfns, pou sensible qu'il ne l'a h e pas tju'on en fasse ur
frise régnante , et une sixième zone amour Je laquelle les armure! seraient placées en bas-relief, ou en groupes adossés. J'ai imagine, au contraire, de les disposer en groupes isoles, et de supprimer par-la le sixième étage
et insignifiantes superficies; je ne dirai pas que. dans te système-là même, il conviendrait au moins de lie rien
de ne pas multiplier outre mesure les innés dWemens; mais je lire ma principale raison des paroles de Dïodore, qui, sur ce puiitt, me semblent contenir l'indication formelle du parti qu'on doit prendre.
On a pu observer que l'écrivain Grec , s'éievant d'étage en étage dans sa description, à partir du soubassement, au t*ï ^tÉH *^n7nJk, les a tous décrits numériquement. Ainsi Je soubassement doit compter pour le premier étage, puisqu'après en avoir parcouru Les ornemens il dit, Au- Jtiim iilrwt U ireend rang (celui des flambeaux), <xrcf Si t^tui tJi Wf^ï X"tJ" JSJi!. &c.
el enfin à la dèrniire désignée par le nombre <ïnq. \ Si vt/vifit . Il est visible qu'il ■ compté cinq étages et cinq sujets d'ornement.
Maintenant, si Diodore cesse de nombrer, ne sera-t-il pas très-probable qu'il n'y avoit pas de sixième étage, et que l'ornement décrit sans ordre numérique existoit sans
être appliqué à aucun étage! Mais la vraisemblance de celle opinion augmente encore , lorsqu'on 5e figure l'effet du genre d'ornement doni il .'agit. Sans doute , s'il falloit admettre, en venu des termes du texte, que cet ornement devoit se détacher sur un fond, rien n'empicheroit d'imaginer des trophées de bas-relief qui y seraient adosses. Toutefois n'esl-il [ras plus naturel, puisque rien ne prescrit ici cet ajustement , .ii' préférer h--. Imphées isolés, ou de tonde-bosse ! Puisque c'est- là leur meilleure manière d'être composts pour faire de l'effet, cela seul indique qu'il faut s'abstenir de leur donner le fond d'architecture que les paroles mêmes de Diodore paroisseiu leur refuser.
Observons en effet que les mots dont s'est servi Diodore de Sicile, en même temps qu'ils ne désignent point de unième juge, peignent on ne peut pas mieu* l'emplacement occupé, selon moi , par les trophée*. Où se rapporte-t-il! précisément à la partie supérieure. Diodore n'a pas dit l'étage ou la région, mais ii aiû-rtyi ntgji. Cette partie effectivement étoit la plus élevée de l'édifice: c'étoit la plate-forme du cinquième et dernier étage; ce qui prouve , comme tendra toul-à-l'heure à le confirmer la notion de l'amortissement , que le bûcher o'avoit que cinq étages , en comprenant le soubassement , et que le couronnement dont il va être question , ne se consideroil pas comme faisant corps avec In mnwe architecturale, mais comme une sorte de supplément.
Si nous cousu Itoriï au;:.: Lina]oi;ic ijiic n.ius offrent ici représentations de bûchers sur les médailles impériale», nous voyons qu'ils sont onlin.-.ircinctu à trois et à quatre étages, sans y comprendre le massif de leur couronne-
pont planche 10 des Médailles de la reine Cluislltis , nous montre îles indications d'armes ou de boucliers à l'endroit
par les trophées a» liûi li' .[ion
Ce ijiie Diodore va nous dire du septième objet de décoration, et la manière dont il en indiquera (a place, pourront confirmer de plus en plus mon opinion.
'E*i Ji c^frci'ujjtti EflfïlEî JWxuAH, «ai 1 JW-
u-ira) A(A«5iîiai( Ji&ioeaf tous, &c.
Sur le rour s'il..voi,T,i cVs Jijfnfi LTtesei, dontb civil* «toit
plus étroite et beaucoup plus haute que celle de chacun des étage* inférieurs, S( ■nXflmTw ^^pîmlor. Cette masse,
posée d'architecture; mais elle est ornée de draperies. C'est sur ce massif <jne s'élèvent les sculptures colossales qui terminent l'ensemble, et oui, le plus souvent, sont des quadriges. Ainsi le tombeau de Mausole, que je prouverai
en ligures colossales de Sirènes: je dis colossales, ce qu'Indique suffisamment leur destination , qui éloit de contenir (i de cacher les musiciens, L'a-nalocje veut par cons(. qutm oue «couronnement ait fit place* auu! f; nMunint Ée^iya'--'. Cest pourquoi je l'ai (levé sur le massif d jmomssemer.i dont les médailles nn„s offrent lemndelt
Maintenant comparons à cette position la manière doni seiprime D.odnre . im iÔVi Si içt.*i.,im- Stifïttt . sur Ir un l'ânalm des Slihu. Il n'est plus question fesiumcretlun de jone oj dïiage . ni d'aucune lotuilon qui
cheede toutes les autres, doit empêcher de regarder comme un septième liage proprement dit, le massif des Sirinei.
une ic-nen peu près^aussi élendue que tomes les autres;
dam une fiihe .le [il-.ihir-ij:* il- iiir", i!r pieds en longueur ,
les ,Sir::nci qui dévoient recevoir les musiciens.
Je ne dirai pas que M. de Caylus , pour adapter les Sirènes A son sjslème de décoration , a fait choiï d'un mélange de femme et de poisson très-peu conforme au lieu qu'elles occupent; mais je ne dois pas omettre une considération tirée de la nature même des choses, et qui me semble devoir combattre à-la-fois et la forme et la
disposition de ces Sirènes, et surtout l'étage ou la frise continue qu'elles occupent. L'intention des décorateurs et des machinistes avoit été sans doute d'opérer une sorte
semble de L'exécution que pour l'effet même du son. Si l'on suppose au contraire que les Sirènes, selon la disposition de M. de Caylus , auroienl été , ainsi que leurs musiciens , placées autour d'une circonférence de plus de 1100 pieds, on ne comprend pas comment les instrumens auroient pu exécuter d'accord , ni comment ils auroient fait de l'effet , ni comment il seroit résulté de là la moindre illusion.
D'où je conclus que M. de Caylus , ayant imaginé pour les trophées un sixième étage , que Diodore n'accorde point, et que la vraisemblance exige encore moins , a, par suite de son système , ajouté au bûcher un septième étage que la nature seule dés choses repousse, quand toutes les inductions qu'on a tirées des monumens et des autorités antiques , ne concourroient pas à le faire rejeter.
lions que j'ai données à cette composition, c'est-à-dire, à montrer, d'après quelques-unes des conditions prescrites
par la description même de Diodore de Sicile, quelle en la valeur des mesures dont cet écrivain s'est servi. On trouve dans son texte renoncé de deux sortes de- ïnesures;
raie du plan, et celle de iamudee. pour ia h auteur Iota le de l'édifice : il avoit 1 30 coudées ; la grandeur des flam- ]>cau\ éioii Je 1 y Les hommes aimés sur Ici prou-:, :i voient ; cnuJirs; le, archers agenouillés, 4 coudées.
De quel stade et de quelle coudée Diodore s'est-il servi dans ces mesures!
Si pour évaluer ces mesures on se sert du stade olym-
bûcher occupé dans son pourtour par les 140 proues de quinquirémes, une longueur d'environ (ioo pieds i et si l'on évalue la coudée qui dérive de ce stade, à un pied et demi, on trouveraque les 1 30 coudées feraient 185 de
Comme Diodore n'a dit ni de quel stade ri de quelle coudée il a entendu parler, on peut réduire ces. mesures, en supposant que le stade qui lui sert d'échelle est d'une moindre dimension que le stade olympique. Or il y a deux sortes de stades qui naroissent avoir été bien connus des Babyloniens et des Grecs qui avoient accompagné Alexandre, et l'on pnurroit prétendre que c'est avec l'un de ces deux stades qu'il faut évaluer les mesures du bûcher d'Héphestion.
Le plus petit de ces stades est celui dont parle Aristote, et qui étoit de 400.000 à la circonférence de la terre, ou de int au degré du méridien, c'est- à-dire , de î 1 toises Y/?"." - C'est avec ce stude que La marche
d'Alexandre avolt été mesures dans l'Inde pendant le cour» de son expédition ; t'est celui Joui Hérodote s'est servi pour donner les mesures de la mer Caspienne, qui lui a été cennue ; c'est aussi celui que Mégasthène et Deïrnsque avoient employé pour donner les grande? mesures de l'Inde.
SI l'on évalue avec ce stade les mesures du bûcher d'Héphestion, on trouvera pour la longueur (prise au soubassement) }oB pieds, et 100 pieds pour sa hauteur. La coudée de ce stade ne sera que de p pouces i lignes;
roi! donner l'espace exigé par les objets de la description.
Le second stade dont on veut parler, étoit plus grand: son module, selon Archimède, étoit de 300,000 a la circonférence de la terre, ou de 833 7 au degré, c'està-dire, de 68 toises i^rr; et la coudée qui en dérive, est de 1 1 pouces 3 ligues. C'est avec ce stade qu'avaient été prises les grandes mesures du système géographique que les Grecs priruifseui nveir puisé dans la Babylonie au temps d'Alexandre.
Selon les mesures données parce stade et par sacoudée, lalongueurdu bùtiicrd'Ht |>:i;;[io:i (prise an soubassement) aurait été de 410 pieds; et sa hauteur.de 133 pieds. Les statues d'archers agenouillés auroient eu 4 pieds 1 pouce
3 lignes ; les statues d'hommes armés, 5 pieds 1 pouce 7 lignes; et la hauteur des torches a uroit été de 1 ; pieds
4 pouces.
Comme rien ne peut nous indiquer quel système de mesures Diodore de Sicile a employé, et si, écrivant plusieurs ^dc: ;i];i\s Alexandre . i! avok nusL : da;:s les é<.ri;s
à 6oo pieds environ , selon l'évaluation ordinaire du stade olympique, c'est le nombre des 340 proues de quinquirèmes formant la décoration de ce soubassement: il yen
ment. Le dessin que nous donnons de cet ensemble, est fait sur une échelle de Éoo pieds, et déjà l'on peut y remarquer combien deviennent petites, en proportion du tout ensemble, er les praues de vaisseau, auxquelles nous donnons p pieds de large, et les ligures des hommes armés, auxquelles nous donnons 7 pieds de bailleur. Dans
d'architecture, comme [-arti: clinique étage, ei
que l'a imagine M. de Caylus; I
Que lout ie bûcher formoit un ensemble pyramidal, composé de cinq étages seulement, et d'un amortissement
Que ces rinqétagcs, allant en retraite graduelle al trèsprononcée les uns sur les autres, se composaient du plainpied ou soubassement, long en rouf sens de 600 pieds, et haut de 25; que le deuxième étage n'avait que 200 pieds de large, et avoit <|o pieds de hnun que le troisième avoit 1 ;o pieds de large, et en hauteur 36; que le quatrième put avoir 100 pieds de large , sur 30 d'élévation ; le. cinquième, 70 pieds de largeur, sur 15 de haut; et enfin, l'amortissement ou le piédestal du couronnement, .)o pieds en largeur, sur =4 d'élévation ; total, lU plais.
Vlaii conforme au 1 dctiilidîMimeiurM.
MÉMOIRE