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ment d'un des combattans Je ce bus-relief avec le pré- ■ tendu gladiateur; et , selon lui , c'est dans un motifà peu * près semblable que pourtc.it 5e réaliser l'hypothèse de "/ 6, M. Heyne; savoir , celle d'un combattant à pied contre un ™' ** *' combattant à cheval.
M. Gibelin . frappé des formes et du caractère nthlc-
marbre du bras antique subsistant servoit à repousser le
ballon, et que le bras perdu devoit avoir un autre genre
de brassard propre a le lancer. On a déjà réfuté cette ex- P<%. yi.
plication.
M. Millin a repoussé aussi cette hypothèse; et à l'ap- M~..~,i«pui de celle qui fait de U statue un combattant à pied contre un combattant à cheval, il a présenté une figure d'un vase antique peîm (appelé étrusque), qui a quelques points de ressemblance dans son attitude avec la statue d'Agasias, et combat contre une Amazone à cheval.
M. Gibelin a de nouveau réfuté l'opinion qui tend à
un héros combattant, et aussi l'hypothèse qui, à cet effet,
cla plus plausible. Il reçonnoit cependant qu'on ni Jétiiiiiif au p.-, : nii::ii gladiateur.
Je ne prétends point faire l'examen de [ouïes ces conjectures. Quelc] ues -unes d'entre elles n'ont pas soutenu l'épreuve du temps : telles sont celles du pugilateur ei du discobole. Mais une chose me parnit assez remarquable ([un- ,vtri- >,:.!,• J'hvnrnLL-si-, :i.iveisives, c'est la continuelle alternative d'en pli cation s, rantÛt par le motif du sujet de guerrier, et tantôt par celui du sujet d'athlète. L'opinion semble avoir toujours flotté entre l'un et l'autre
Le sujet d'oplitodrome ou de coureur armé ne seroil-il pas de nature a s'accorder avec tous les caraclJres de la statue dont il s'agit, caractères dont les diversités ont entrai né jusqu'à présent tous les avis, sr.it ilans un sens, soit dans un autre! S'il en étoit ainsi, il ne meresteroit, comme on le verra , d'autre hypothèse à combattre cjue celle du lujet guerrier. Ce sera aussi véritablement avec ce sujet, en y réunissant toutes les explications qui, n'importe sous quel nom, font de la statue d'Agasias un héros aux prises
thèse que je présente.
Ayant donc écarté toutes les antres interprétations, e£ reprenant avec plus de détail l'analyse des principaux points caractéristiques de notre statue, je vais tâcher de montrer que chacun de ces caractères a un rapport toujours plus naturel et toujours plus spécial avec (e sujet qui serait celui d'un guerrier fictif ou d'un héros de stade, qu'avec le sujet d'un guerrier effectif ou d'un hcros histo-
Ce que j'ai rappo.-ic dans la prtiniLre partis Je te Me-
dcmontre surabondamment que 1« statues foires en l'honneur des athlètes vainqueur) à ces sortes de jeux dévoient très-peu différer, dans (fur apparence, si elles Soient sans
remarquable.
Ainsi le fait d'être arme est, pour une statue, un caractère sujet à plus d'une interprétai ion , et i'on ne saurait en déduire fort son >!h? i:i.uit:. : i|i:L'iitt c;: laveur J'l. :i genre de sujet, plutôt qu'en faveur d'un autre. Le bouclier et la lance ou i'épee de la statue d'Agasias ne i.n.re>ifii: , d'après cela, nous la désigner comme étant exclusivement celle d'un guerrier ou d'un héros aux prises avec un ennemi.
Dès qu'il est constant qu'entre les jeux du stade il y en avoil qui comportoient, dans l'imitation des mouvemens et des évolutions militaires, la plus entière ressemblance avec le métier des srmes, et dès qu'il est prouvé qu'on éleva des statues à ces combattons dramatiques, il faut d'.crtiicr a se décider ici , pour l'un ou pour l'autre sujet, par d'autres sottes Lanci.ies. ,r\\ ar.:^ <t.l de la composition de la figure, soit ceux qui appartiennent
que le combattant, Je quelque genre qu'il soit, s'élance
enjambée, forcent de le regarder comme cm. mur.
Parmi des milliers de figures de combaltans uue les bas-
drr- :ii-< i i'ii [;i LÏruiï . <-[ d.- p[iipi>rl]i-ns lî-iju i-irs pi:ur
exprimer l'agilité propre à [a course. Or. peut affirmer que tout ariiste ayant à représenter un coureur prendrai! celte figure antique pour type du caractère de naltire appli-
Sî cela est, on conviendra que le motif d'opilimln.w, ou de coureur armé, satisfidt pleinement aux deux caractère' qc'rm il dcjii passés cji revue.
Miiisil y .idem nlijemoni conlre celle hypothèse: l'une s'a Jre-«c à l'idée mOine Je crairse , ou au motif de coureur; l'autre, à la réunion que je fais de ce mmif ou de ce caractère à celui d'homme armé , pour en composer un oplilodrome. On peut donc, d'après la première objection, nier que la figure soit représentée Jms i'nclton même de la course. On peul , selon la seconde , eu admettant l'idée
feutre, que ie pied posât seulement sur la pointe. Cependant il faut dire que ces deux conditions ne peuvent guère être remplies qu'en peinture et en bas-relief, ou bien dans (ic; figure, on rende- bosse d'iLiie pcii'.o jiroponion, comme celle qu'on appelle fAtalimU; mais les statues isolées, en marbre sur-tout, ne comportent pas de semblables légèretés. Si la sculpture de ronde-bosse admet de ces tours do forcé, ils n'y ont que le vain mérite d'une difficulté vaincue. Il n'est pas vrai encore qu'en bas-relief les sculpteurs antiques, ou les peintres dans leurs dessins, aient toujours représent* les figures courantes avec une jambe
tées à la fin de ce Mémoire [vcyci la planche), qui sont indubitablement dans i'actionde courir. Il est i remarquer que ces ligures, quoique courantes, et l'on peut dire la même chose d'une multitude d'autres semblables, ne posent pas sur la pointe du pied : or ce qui ne fut fait ni en dessin ni eu bas-relief, dut l'être bien moins encore dans une
Je dis ensuite crue le motif de coureur armé n'exige pas que la statue représente l'athlète dans l'action de courir, d'une manière tellement absolue, tellement eiclusive, que tout soit subordonne à ce motif dominant, comme si l'athlile n'eût été que coureur. Puisque ces sortes de slalues
tlej vniri']<ie;trà lu course armée purent cire compostes sans mouvement, et selon la simple définition du mot aaKr, par son éiymologie in», ne, pourquoi ne supposeroit-on pas que, depuis l'usage des statues athlétiques en action, un opiitodrome tiuroit été représenté dans un de ces mouvemens de pantomime guerrière et dans le développement de quelqu'une de ces attitudes qui, comme on le verra plus bas, neco m pag noient l'exercice de la course armée; enfin dans une position de parade, si l'on veut, .%,iemcnt propre h désigner et l'action de la course, et l'emploi simule' des armes, dont cette sorte d'athlètes devoit contrefaire le maniement '. Or la statue d'Agasius me paroit parfaitement d'accord avec ce double motif.
Je réponds à le seconde objection , que si l'action de la course et le développement des attitudes qui lui sont analogues, conviennent aussi au motif d'un guerrier combattant, cependant il de>.iit y a voir loin, dans la réalité comme dans l'imitation de la chose, d'une course réglée par l'art militaire, k riiulqicridrtiut des mouvemens d'un coureur en liberté et de profession. Le maniement des armes ou l'escrime, soit dans les rangs, soit dans un combat singulier, donnoit lieu sans doute A des positions plus ou moins pittoresques, c'est-à-dire, propres A (ire copiées par les
metto'it de ce p i i i itiiu les si Ion peut dire, de tomposilîon, particulières à ce genre d'exercice. Or, si l'on aperçoit dans la statue d'Agasias un développement d'attitude plus prononcé que ne l'eût comporté la course parement militaire, peut-être trouvera-t-on là une raison
de plus contre l'hypothèse du guerrier , et aussi un moyen de rendre compte de quelques contradictions qu'on a cm remarquer dans l'ensemble Je ses attitudes, sous le rapport de combattant effectif.
Il me semble donc que, l'idée de course admise, fa présomption est plus forte en faveur du coureur arme qu'en faveur du guerrier courant.
Ceux qui font de celte statue un guerrier combattant, sont obliges de Eui supposer un adversaire avec lequel elfe o.: un i;:|y:i:', il .ii tio:i . ; ■. <:>.■ r. 1 - ]'p:T. rn-Mirioï: Lrr? J<;:rx genres; intentionnel, en supposant la figure faire pourres-
Il faut, j'en conviens, écartericiMéefbrmelfe dégroupe, selon le vrai sens de ce mot, Ceuiqui l'ont employée dans Hi r «. r&a l'explication de notre statue , ne se sont rendit compte, ™"*™ ni 'II- l'idu' précise de l'expression, ni de fa conformation matérielle de la statue. Sa plinthe quadrangulalre seule empîcheroit d'imaginer qu'elle ait pu être réunie effectivement A une autre statue. Reste le rapport d'intention, rapport selon lequel une statue, sans être matériellement unie i une autre, peut dépendre, dans son action et dans son expression, d'une figure plus ou moins distante , et qui lui fait pendant. Ainsi, sur les deux cotés d'un soubassement circulaire, à Olympie, étoient placées en face l'une de l'antre, et dans l'action de se combattre, les statues de quatre héros Grecs et de fjuatre héros Troyens.
Mais, dans l'hypothèse d'un adversaire ou d'un ptadaia éloigné, comme serait, iiijiti qu'un l'a supposé, une Amazone à cheval, en présumant que la figure seroit celle d'un Thésée, il y a encore plus d'une difficile a réaliser cette combinaison, sur-Kit lit i'ai: se plate, pour s'en faire ["idée, en présence de la statue elle-même. Telle est en effet sa composition, qu'on ne sait dire où et comment pourroit être silué l'adversaire présumé , peur lire en rapport d'action aveu son pendant- Comme, an lieu de porter s»n bouclier en avant je son corps, notre statue l 'écarte en l'air du coté gauche, et comme naturellement on doit supposer i'adversaîre du coté où se porte le bouclier, voici l'embarras; c'est qu'alors le mouvement en avant de la figure, et l'action du bras droit ou de la lance, sont dans une autre direction, et se portent là où l'adversaire n'est pas. Même embarras dans la position inverse; car, si l'on place ïad-
nemi. L'ensemble des mouvemens et de la composition p.'L-.'.im:^ , comme m le montrera eiie..rc par L suite. t|-i?lque chose de vague et d'ambigu, qui permet difficilement d'attribuer à cette statue le motif simple d'une action prédéterminé.
Dans ce cas, on peut, je le sais, se retrancher à dire que le sculpteur n'a eu l'intention ni de grouper sa figure, ni de lui donner un pendant, même en idée, ni delà mettre en rapport d'action ou de motif avec une autre figure combattante ; qu'il n'a simplement en en vue que de montrer, dans un beau développement, le corps humain sans
Or tel éloit l'oplilodrome ; el l'on voil que. si l'on appliquoit ce sujet à noire statue, dès- lors tomberaient d'ellesmêmes toutes les objections que fait naître son explication par le motif du sujet guerrier.
La nullité absolue .de la statue d'Agasias ne présente
manière d'être comme plus d'accord avec un sujet athlétique: mais j'entends retnir ici au caractère de nudité le tiirauiî-re négatif, si l'on veut, qui consiste dans l'omission de toutes les parties ou détails d'équipement militaire,
liefs et des camées, il faut dire
semblable dtuûment d'accessoires militaires. Lorsque les Grecs re présent oie ni des guerriers nus. ils leur laissoieiit, soit quelques masses de plis des chlaroydes ou des draperies accompagnâmes, scit le baudrier, soit le casque, soit (es verea, soit des cuirasses servant de tenons d'appui
i la statue et servant encore à désigner le sujet. Il suffira de citer les groupes de Monte-Cavallo , celui d'Ajax et Palroele, les guerriers Grecs sculptés autour du vase 'd'Iphigénie , et ce grar.d nnulirt [le crises antiques peints où tant de guerriers sont figurés. Par-tout on voit que le casque et le baudrier son! les attributs ordinaires, on diroit même nécessaires du guerrier, lorsqu'il est sans cui-
Quelque chose qu'on puisse prétendre, le casque et le baudrier manqueroie ut dans la statue d'Agasias, si elle devait être un Thésée combattant tontre une Amazone. Le casque et le baudrier manquent à un guerrier dans uni attitude ttituhtina militaire . à un A)ax mm les murs dt Troie, à™ Léoaidas, &c, ou à tout autre héros, si la statue peut se considérer comme héroïque. Non que je veuille soutenir qu'il soit impossible de justifier cette omission : toutefois il importe à mon parallèle de faire voir que ce denûment d'armes et d'accessoires n'a pas besoin de justification , s'il s'agit d'un coûtent armé. On avouera. Je pense, que cette téte sans casque, que ce corps sans beudrieret sans accompagnement de cliiamjde, que ces jambes et ces pieds sans chaussure, apparik-uiieiii mieux ai! sujet gymnastique qu'au sujet guerrier, et que ce qui ne seroît pas, dans l'usage de l'art, entièrement disconvenant pour un soldat, est, dans l'usage du stade, d'une convenance absolue pour un
y.'CAltACTÈHE. Stfeit tamatlhlfÊt, H Sgti kmljaa/Afunr^t.
Je réunis dans un seul article ces deux diagnostiques, dont l'un a rapport au dessin et au style d'exécution de
J'ai déjà fait remarquer, et ion peut s'en convaincre par i'énumératïon des explication! données jusqu'ici de la
jours été vers les sujets athlétiques. Parmi les critiques mêmes qui se sont décidés pour les sujets guerriers, il en est qui ne i'onr fait qu'en supposant la réunion des deux caractères dans le même personnage, c'est-à-dire que, le guerrier, quel qu'il ioii, iiyanl été .ulilke aussi, l'artiste avoil, dans l'exécution de sa statue, mêlé et combiné les deux genres de goût ou de nature.
Les caractères de nature athlétique sont de deux sortes: il y a ceux qui tiennent à ce qu'on appelle le style de des-
d'une statue; il en est qui résultent de certains détails analogues * cette manière ditre. Les caractères de la première
de l'artiste ou du connaisseur ne saurait s'y tromper. Le goût, juge peut-être plus sûr en ces matières que le savoir,
à quel ordre de personnages elle appartient. Ce discernement est d'autant plus facile pour ce qui regarde ('antiquité, que jadis l'art avoit assigné a chaque genre de personnages, des caractères de nature divers et soumis à une sorte de graduation ï rotative.
En conséquence de ce système, limitation suïvriit une échelle de progression dans la fixation du caractère de dessin, de proportions et de nature, applicable aus différens ordres de sujets, depuis le style vulgaire jusqu'au style
idéal. On sait que le style idéal étok consacré aux dieux; le style héroïque venoit ensuite; puis le style historique et le style athlétique. Dans le style de nature athlétique, l'artiste, au lieu d'agrandir ou de généraliser les formes du
nergie et de vivacité, eu sorte que ce style, sans tomber dans le genre ïnljj.iire, (Vu it[>t'inliirit compatible avec le genre iconique. avec le goût des têtes portraits, auxquelles il devoit souvent se trouver associé ; et tel est le caractère de conformation et de dessin de la statue d'Agasias. Bcli: ...L.I;.'. /rjjp nasunili , a dit Winckelmanu , in un ita pcrfitta smyi ™ pl " "™* du «alla r'aUia dggïttnta Ail sur* thungum/nt.
Les caractères athlétiques de la seconde sorte tiennent, comme je l'aï dit, à de certains détails. On peut ici, par exemple, en découvrir quelques-uns dans la manière dont
oreille», qui. selon l'idée de Winckelmann.som celles d'un
La particularité de l'oreille, en y donnant toute la valeur que quelques antiquaires se sont plu à y trouver, ajouterai: d'abord à la présomption que la ligure est athlétique ;
On sait que les statues érigées aux athlètes n'en donnoient pas ordinairement la ressemblance ; les figures icor!:i t. mu. niques étoientune sorte d'exceptrmi . ci un privilège accordé 'i",'U. S îll à ceux qui avoient remporté trois victoires : Eorum qui tir
r..r--n:: /s;.':.'.'. ,\v.':.r. r ^r'. ■-.ï.t: s/.-ri/.ï.'.J'.vr,- < \rnï::.i ./.■.■.:>
konkas votant. Les Grecs appelaient tes statues ci»!*« iVtyiiiÇjTVi. Ainsi il y avoit de ces statues faites et des-
modélc donné. Jusqu'au pouvait et devait aller cette ressemblance dans la représentation du corps • On sent bien qu'elle étoit soumise à plus d'une modification de la paît " de l'artiste : aussi seroit-il fort difficile de prononcer sur le corps seul d'une statue, qu'elle fin iconique. Mais la chose est bien plus facile à l'égard des têtes; et il y a, en ce genre, des vérité! de détail et de physionomie , qui font distinguer au premier coup-d'ceil une téte faite dans l'intention du portrait , d'avec celle que l'artiste s'est plu A Gir? J'imjnm;.:ir>i:. '■
Or il est constant que la téte de la statue d'Agasias ne fient pas plus que le reste de son corps au style idéal ou héroïque. Il est encore assez visible que le visage et la physionomie ne sont pas un ouvrage d'imagination, et que si ce n'est pas un pur portrait, comme le pensent Wi ne kelmann, MM. Heyne et C. Fea, c'est tout au moins une [/te faite dans le système et l'esprit du portrait.
faveur de la thise que je soutiens ; savoir , que ce qui n'est
11 résulte, en effet, des caractères athlétiques de notre slatue, à quelque nombre et à quelque genre qu'on les restreigne, et il résulte du style de la tîlc, qu'il faut renoncer a lui: tei .cl t-*plk;!lioT:u Je suj=; [iJrojq-JC, tel que '/tc'jiv-, Ajisx, LtcmJas; que dès-lors le choix des explications se
de dire que c'est un guerrier qui étoit athlète, je dis, moi, que c'est un de ces athlètes qui jouoient lerâle de guerrier.
S] la statue es! l'imitation d'un guerrier effectif, représente 1 dans l'action d'un comhat réel avec un adversaire donné ou présumé, j'ai déjà fait voir la difficulté qu'il y avoit à meure cet adversaire ou a le supposer en rapport positif avec notre combattant. J'ai fait voir que l'indécision
el le mouvement général de la figure se portent en avant.
laiete.el le regard, et le corps, et la démarche, tendraient
Maïs la fleiion du cou si fortement prononcée, el la direction de la tite ainsi que des yeux du côté gauche et en l'air, Forment encore quelques objections contre le sujet guerrier; car on a été jusqu'à dire que le bouclier, si on l'ajoutoit au bras, empêcherait le combattant de voir son adversaire.
Le regard élevé et de coté a fait imaginer une agrès-
motif à l'hypothèse du sphicrisle mirant un ballon en i'air.
Je pense que la mienne peu! mieux qu'aucune autre expliquer ce que ces mouvemens semblent offrir d'indécis il de contradictoire.
J'imagineque le sculpteur composant lastatued'un oplitodrome, non dans l'action exclusive de la course simple, mais dans quelqu'une des altitudes analogues au double exercice ci au double objet de la course armée, a pu avoir l'intention de placer son personnage dans un de ces mouvcmens préparatoires dont j'ai parlé, ou de le monlrerdans un moment d'arrêt, et peut-être celui de l'arrivée & la barrière, moment que l'athlète devoit prolonger pour mieux
Or, qu'un pareil moment ait été favorable a l'art qui est ie moins propre à exprimer le mouvement proprement dit, c'est ce qu'il est facile de comprendre. Que dans cê moment encore l'artiste suppose son athlète regardant en irrière de combien il dépasse ses rivaux , cette idée toute naturelle fournira à la composition un contraste heureux;
tradiciion , expliqueroil et la flexion de la lèle de la statue d'Agasias, et l'élévation comme l'obliquité de son regard.
Cette supposition acquerra peut-être plus de vraisemblance par l'examen du dernier caractère, et par l'application que je ferai à la statue entière, d'une description qu'Héliodore nous a laissée de la course armée.
Dis qu'on n tondu qu'une figure, pour être celle d'un homme arme , devoit iae celle d'un guerrier combattant,
tif effectif de faction. II a donc ét^ nécessaire d'expliquer cette élévation du bras gauche et du bouclier ; et iî me paroit en effet que l'idée d'une agression venant d'en haut
explication , de quelque genre que soit cette agression supposée.
t:i fk!:ritl[aril mou lr,|-o(lièsc , H'iu «la !^\pli(|i:c bien plus facilement, pair? qu'un nmii d;.im.-nic;.i; ad me: mutsorte de positions et d'attitudes d'escrime , sons qu'il faille nécessairement leur trouver un rapport direct avec un objet positif. Cest ainsi que celui qui ferait aujourd'hui la figure d'un maître d'escrime , pourrait le représenter
appartiennent moins à l'art de se battre qu'au jeu des
II' paroit que les athlètes oplilodromes avoient l'usage
dérivoient des pratiques de la danse armée. Un passage de Pindare donne lieu de nuire qu'ils frappuient aussi sur leurs boucliers, de manière à rendre cet exercice bruyant. Il n'j a pas, te me semble, d'autre manière d'interpréter
Wminv que ce poi
'£r 71 sojfiii IflWi t' im,Jttim,i» "
Si, comme on le voil, les oplitodromes frnppoienl en courant, sur leurs boucliers, avec la lance on l'épée, il dut y avoir en ce genre des mouvemens de pantomime guerrière a»tt semblables a ceux de la pyrrhique ou danse militaire. Je n'ai par eonitquent besoin, dans mon explication, d'aucun motif particulier pour rendre compte d'une attitude qui autoît pu n'être que de simple parade; qui, trfs-
anssi très d'accord avec le port et le maniement d'armes
quelque autorité reposaot sur quelque monument oit sur quelque fait, et qui soit propre à justifier dans le coureur armé ce port d'armes . cette élévation du bouclier , l'attitude de h léte et le regard des yeux.
Je ne crois pas qu'il soit impossible de satisfaire làdessus un juge désintéressé , en rapprochant de tout ce qui a déjà été allégué, la description qu'on trouve de
C^MiOa%. Qui S ah même si l'Anglois Spence n'auroit pas été jusqu'à prétendre que cetie description fut faite d'après notre statue ! car, selon son lyslime, les poètes anciens auroient toujours décrit sur la vue et en conséquence des impressions des ouvrages de l'ait, et l'aitiste n'auroil presque rien exécuté que sur la dictée du poète. En ôtant à ce système
quelques descriptions, aussi bien et d'une manière peutêtre plus précise que la nature même. Dans ce cas, je ne trouveroii pas impossible que notre statue eût servi de modèle à l'écrivain que je vais citer; tant il me semble qu'il y a de conformité entre la composition du statuaire Agasias et celte dont je ferai remarquer les particularités dans la description d'Héliodore.
Qu'importe, au reste T il est encore plus dans l'intérêt de mon opinion que cet écrivain ait tracé d'après nature le portrait de son oplitodrome.
Description di ia Course armée par fiiliodert.
Héliodore, liv. iv de ses ^thioptqnes, nous a laissé le tableau le plus complet de la course armée: soit qu'à l'époque où il écrivoit, cette sorte d'exercice fût encore en usage, soit qu'il en ait recueilli les notions dans une tradition alors récente, sa peinture a tous les traits de la vérité, et ne peut que compléter tous les genres de renseignemens que j'ai cherché à réunir ici sur une partie de fa
gymnastique ancienne, qu'ont négligée fa plupart des cri-
Le lieu de la stine. est à Delphes, elles jeux dont il s'agit son. les jeux Pythiques.
-La Grèce, d il notre auteur, étoit assemblé; les juges
- d? corn bu, ceux delà course, de [afutta, du cesfe. En
- hommes amis s'avancent, 'À>J)ai4 iuKhat mttirmt. A .. l'extrémité du stade étoit Chariclée, tenant d'une main » un flambeau allumé, et de l'autre une palme. . .Sur la
- proclamation du héraut . s'avance un personnage élé-
- gamment armé. Il sembloit dire qu'il étoit déjà sorti » vainqueur d'un grand nombre de combats. Personne ici » ne se présentolt pour être son rival. Sa présence seule » intimïdoit les concurrens. Déjà les amphictyons se pré- » paroîent à le congédier, la loi ne permettant point d'ad- » juger le pris sans qu'il y ait eu de concours. If demande » alors, et les juges y consentent, que le héraut réitère
- l'appel. Uvoi*duhérautarelentluneseconde fois dans
- le stade. Théagine ne peut plus se retenir. C'est moi,
- dit-il, qu'on appelle; oui , c'est mot. Celtes personne sous mes yeux ne recevra des mainsde Charicïée le prix de la
- victoire. Qui pourrai! me devancerdans une course dont
" des ailes A l'Amour, n'est-ce pas pour exprimer l'agilité » des amans! Qui devra donc ki voler, si ce n'est moi! ■■ Il dit, s'élance, et le voilà au milieu de farine; il
» du déport, i! attend impatiemment que la trompette en '• donne le signai.
■ : li.in : "ri nii:yu:l voir .\ctiLLic Ici i^i'Homère Je préci-
■ ■ pi In an v .-'m!iLU '.^i:trL ! l ^i-aimii'Jro.'I V.iu; I:; yi:n\ ad*. 1 !;: .. fixés sut Theagène; tous les vieux étoient pour lui. tant
la beauté a de force pour gagner les eccurs de la multi ■> tude. Dès que le heraut eut fait connoitr'j 1er: nom:; île: .. concurrens, Ormenus d'Arcadie etThéagÈne de Thes-
salie, la barrière s'ouvre. In course commence, et déjà ■. les yeux ont perdu de vue les deux rivaux,
- Théagcne avoit parcouru la moitié du stade ; il u « rewnrne un peu, el il /elle en arriére un regard lar ma rhu/r
■■ i ■ ■ ■■ i ■ 1 i' ■■■ :■ tri':: I:
ïers un but. Ormenus est de plusieurs orgyies derrière lui.
J'ai traduit ce passage un peu librement, mais sans nrtcarter essentiellement de la fidélité an texte, que je rapporte ici en entier. ( Voyr/ à la mire du Mémoire.}
Je vais maintenant me permettre de ramener l'atten-
ceptible d'établir quelques points de parallèle avec la composition de la statue d'Agasias.
On ne doit pas oublier, quand il s'agit de semblables parallèles, que le pnète représente dans sa description les momens divers ou les parties successives d'une action , c'est à-dire , une suite d'images qui passent rapidement devant l=s yeux de l'imagination, tandis que les images du
et particulière dans Fart du dessin : mais cela esi sur-lout remarquable à tY^rc : i:i;iiivi ir.i.-ru , ■;ric i:i
poésie multiplia à son gré dans le même récit, tandis que ia peinture, « encore pins la sculpture, sont obligées de se borner et de se fixer à une seule position. C'est beaucoup quand â un motif principal l'artiste peu! en joindre un accessoire, qui ne fasse pas trop diversion au premier.
Il y a donc dans k description d'Htliodore (a matière de plus d'une composition pour un peintre. A n'y considérer même que les divers aspects sons lesquels son opliiodrnme peut se présenter an sculpteur, il y auroit
Mais 11 est, dans k série des irr description d'Hcïiodore. un antre i supposer avoir clé inspire par la s
^■!ui .j.'i I'li|v:1:.lJ i';]]T:' l.i i:t i
retournant un peu la téte pour voir de comt son rival. On ne sauroit nier que k statue s pression de ce motif. Si ce fut l'intention du s intention fut beureuse. Rien de plus propre à la varMnS dans l'action et de l'intérêt dans la cor
tite 01 du regard.
Je dois faire remarquer aussi dans l'oplitodrome d'Hé- Iiodore cette autre position qu'on a eu tant de peine â interpréter dans [a statue d'Agasias, en la supposant celle d'un combattant guerrier : ;e parle de l'écartement du bras gauche, et de l'élévation du bouclier. Cette élévation, qui force d'admettre une agression d'en haut, si difficile â motiver, est, tomme on le voit, un des actes décrits dans la course de Théagène; et i on comprend que le coureur armé
je prie le lecteur d'en comparer les détails avec les mouvement de La statue d'Agasias. 'Oa/tpi tottç?t\tt,paalalin
r.'if-il indiqué il;ui' hi statue par l'obliquité même de la ligne pectorale ! X«i inrefoi^Ln ii» "0(>«tio., Otmtnam mrri huilai, il regarde obliquement son rival : uj lit *û%iia. Aiycl^i, ci irigtns lothm, le cou élevé; ou si on lit Jlo.ytlf^i, au lieu de Jisjllg^i, collecte tolh, ™ ianîJi util l'4o4, ollmil scMaai in aham, il élevé en
Le reste ou la fin de la description eût été le motif d'une autre statue.
Quelle que soit la valeur de ces rapproche m eus, il sem-
coureur armé puisse flrc confrontée, avec autant de précision et sous autant de rapports , à la description d'une statue armée d'un bouclier et d'une lance ou d'une épée, composée dans une attitude analogues la course, figurée
nue « San » accessoire aucun (« qui convient « bien à unoplitodrome). reconnue par tous lesartisres pour être conformée dans ft tlvlealhlélitiiii-, présentant dans sa tcte physionomie le caractère iconique (ou de porlrait],
et la direction comme l'élévation de son bouclier, l'idée d'une action équiv'jjé er diii^Jeiutiu ij j5 L I k. ti I îj -'- -.m vrai combattant, soir qu'on suppose à ia statue un rapport matériel avec une autre statue, soit qu'on se contente d'imaginer dans sa composition un simple rapport d'intention avec un pendant imaginaire.
Si tous les caractères que j'ai analyses, se concilient sans
dans l'exercice d'un combat athlétique, pourquoi hésiterais je de proposer mon explication, et de la faire constate d'Agasias, appelée vulgairement It Gladiataa combattant ! Pourquoi ne conciurois-je pas que cette statue peut représenter un vainqueur a la course armée, ou un oplitodrome!