‹ Recueil de dissertations sur différens sujets d'antiquité, par m. Quatremére de QuincyChapitre 3 sur 17 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Rechercha sur la Course armée et sur les Ophlodr ornes.

EsT-u u/eessaîrt qu'uni f gare nue, armée Sua bouclier, /une lattet ou d'une épie, it dons une aiiilaJi dt combattant, loil h fgure d'm guerrier proprement dit , eu dl quelque héros aux priiei avec un ennemi ! Telle est la question générale et préliminai.-c O". 1 i 'ai J^v.oin '''élever contre quelques-unesdesexplications de Li statue d'Agusiqj, proposées dans le sens absolu de guerrier par les antiquaires les plus léfebrej,

Dl différentes ispices de Figures npréstniies armées.

k me semble que la fable, l'histoire, les habitudes ci-

ssse! grand nombre de sujets où des personnages dévoient

fession, et peuvent paroitre combattre sans être de vrais

Curètes, des Corybantes. et des personnages mytholo-

mens de l'an. El] effet, les occasions de représenter les sujets de la plus antique mythologie furent beaucoup plus fréquente» qu'on ne l'imagine, même dans les siècles les plus éloignés de l'origine de ces sujets. Les Grecs eurent une manière d'en perpétuer l'idée, d'en tendre les images sensibles, et en quelque sorte vivantes, qui seconda puissamment les intérêts de l'art. Je parle des fêtes religieuses

A:i^i .1 c;t bien vr.-l que le <!k-ii Jïaerhn& r par exemple, rc lori^e . tels qu'on se figurort qu'ils avoiem cxisle en tome réalité, furem [es types originaux de loutes tes figures orgiques repré-e;néei tmu île monumens. Mais le génie des anisles ne faisoit pas seul les frais de ces

naire. Il es! assez vraisemblable que le peintre el le sculpteur prirent aussi pour orlulna! la représenta, in n dramatique qui se renouveloit à chaque période de ta célébration des on^le*. - des espèces de cr>mé-J.-ens se nsuicut en Bacthus, en Silène, en Bacchante*, la même chose avait lieu dans ht «te* de Cjrbile : de jeunet homme;

piessémeni dans 5trabcn. que les Curetés et le* Cor)bjntes Soient des jeunes gens choisis psur reoieteniet la danse armée, irisai °/>X*mi, dans les files de [arrière des Dieux.

Celle danse armte ctoît sculplée sur le soubassement du trône rie Démêler et de Despoina à Acactitum en Ari.i Cïsl iri<l.i[:jl.i!i!uiuvit la r.niiic qu'on voit dans un T*z.iKflH. bas-relief anlique du Afusen Ph-Cltmaûm. Les personnages sonl de jeunes hommes nus, ayant le casque en lèle et le bouclier au bras gauche. Ils dévoient, tenir de la

main droite l'épia avec laquelle ils frappoient en cadence

le marbre, le poing ferme Je ces figures est sons armes : mail H est sensible , au que l'épée rappariée jadis en métal a disparu, ou que s'il n'y en eut point, ce fut là une de ces omissions d'accessoires asse; habituelles sur tout dans les parties saillantes des bas-reliefs.

Une figure tout à- 1 ; il :L-ml>lal>!c . 'm ] js dont la. sculpture a moins de saillie, se voit sur un vase de marbre antique, et sa main droite tient une épie. Elle fait partie d'une céré-

Lucic-n nous apprend; savoir, que les suivans de Bacchus etoient représentas quelquefois aussi avec des armes et avec tous les accessoires qui caractérisent les guerriers de

donner lieu, en sculpture sur-tout et dans des statues^ de prendre pour des hommes de guerre des personnages asseï étrangers toutefois à la profession des armes.

Dl lu Danse armèl.

La danse armée, qui fut si en usage chez les Grecs, dut probablement son origine aux Corybantes. Le nom de :y:nhpc firt ceiui qu'on lui donna le pius ordinairement. Il y avoit plusieurs genres de danse armée, dont il me seroit ici fort inutile de parier : mais ce qu'ii m'importe de faire voir, c'est que si i'origine de cette danse fut religieuse, son eiercice fut mis néanmoins au rang des institutions civiles.

Les législateurs et les philosophes regardèrent cet exercice comme essentiel!™.!! lié à l'apprentissage du méliérde la guerre. Athénée (,) dit expressémenrque.W.™étudt fil tombtr la latmc mlitairr. Pour ne citer qu'un des auteurs qui en ont fait mention . Platon le regardoil comme une pjrtie essentielle de la gymnastique. Par une des conséquences de son système, qui devoir, tendre a assimiler l'éducation d'un sev: .i <cijc du l'autre, il veut qu'on forme

l>:.-.: ,:, L, s > jf pareil que cela se pratiquoit à Sparte. Après avoir di- """" visé la danse imitative en deux genres, c'est-à-dire, celui de la guerre et celui de la paix , il définit ainsi les danses

il mlt/t mwirei.

Puisque la danse armée trouva place et dans les cérémonies religieuses, et dans les leçons de l'art militaire, et dans les jeux du gymnase, il n'y aurolt rien d'étonnant que des sujets qui frappoient si souvent les yeux, qui se liaient à des usages habituels, eussent fourni le motif de plus d'une statue, comme ils l'ont été de plusieurs basreliefs. Athénée nous apprend que cet exercice attiroit surtout faite nt ion des artistes. Selon lui, les sculpteurs les plus WuIUhm: habiles ne croyoïent pas perdre leur temps, en allant étu- Z:.h"r'tTl " ti '" H des-tni-r lits différentes attitudes des dan-

„4: •- Mtm. seurs dans les spectacles publics.

"i^ J> <■ (I) lutnrlnc iH), npOfai -« ~v"' AiW Drlfivr.

lib.xiv.paa. 631, lin. 3.

Dlïti;M D, Cl

La danse aimée, telle qu'on peut se [a figurer d'après les témoignages de Platon, d' A ristote el de Plularqiie, étoit mie serre de pan ro rai me guerrière, de la «aune de celle qu'on appelnit clûmiï.me . cW-s- dire qu'elle cnnsisloit

pressives que dans la légèreté des pieds, les pas el les mouveraens que le danseur eiécutoit en cadence au son des instrumens, étaient une véritable imitation des manœuvres militaires; et cette imiuiiim Jevoit être, selon le faut de ceux qui s'y adonnaient , tantôt positive, tantôt représentative! positive, de la port des jeunes gens qu'on formait aux exercices de la guerre ; représentative ou dramatique, de la part de ceux qui foisoient profession des arts mimiques.

Le goût des Grecs pour les jeux du théâtre, pour ceux du stade et des spectacles publics , avoit pris sa source dans tes institutions les plus sérieuses. Lors mirae que ce pjiii '.■■.;[ dciiùi^iL ^-u n:.i:ir i.uoîtrc une passion frivole, on pouvoit encore le justifier par les souvenirs que rappeioient des exercices qui, au fond, étoient des images et des simulacres de la guerre- Aussi voyons-nous que, dons tous les temps, les mêmes récompenses se décer-

de la guerre, et et II. i .[-.ii h i^i^un m.liiLr, si L'oit peut dire, des travaux athlétiques , devenait une sorte d'acteur public dans les jeux ! car on ne peut regarder que comme des acteurs, ceux d'entre les athlètes qui n'avoiem d'autre profession et d'autre but d'ambition que de disputer et

de remporter [es prix de [a gymnastique, et dont les victoires étolent néanmoins aussi célébrées ijue colles des autres, et récompenses aussi par l'honneur d'une statue.

Pourquoi do ne toutes les espèces de danses armées, mises en spectacle dans tant d'occasions et sur tant de théâtres divers, n'auroient- elles pas eu aussi leurs acteurs distingués! S'il est vrai qu'aucune sorte d'exercice ne dut prêter â l'art de b sculpture de plus heureux développemens , pourquoi ce motif n'entreroit-il pas aussi parmi ceuï dont on peut faire usnçe priar :'t'\pli'ai;i:ii il. 1 ^HN-iiiiiiL^ Juarus rL-|Tï'-scMtr r eî: en p..,i,ire ifr comhaltans? Je ne sais, mais

tique de quoi rendre assez hien compte du il eve jappement extraordinaire e£ presque d'ostentation, ainsi que de certaines contractions , dans la caractère, l'action ou les attitudes de la statue d'Agasias.

Je suppose qu'on voulût lui appliquer ce motif de composition, et je me demande quelle raison valable pourroit donner le démenti a celte hypothèse. La figure représentant quelque acteur célèbre exécutant quelques-uns des mouvemens de la danse armée, ne feroit alors qu'échanger la condition d'un guerrier réel ou historique contre le rûle d'un guerrier de parade, ou d'un combattant dramatique.

Je ne m'arrêterai point cependant A cette idée. Je ne la présente que comme l'Introduction d'un autre motif d'explication plus fécond mi autorités positives, susceptible d'être appliqué avec plus de précision à la statue d'Agasias, et plus capable, ce me semble, de s'accorder avec tr.ul'cs i';s particularises taratt.'iijii'-U';; qu'on y observe.

Dt la Course armer.

On ne peut se dissimuler qu'il ne dérivation immédiate et nécessaire de l'institution religieuse el politique de k danse armée n'ait été cet autre exercice admis et pratiqué dans tous [es jeux publics de la Grèce, ei qu'on appeloit la course armée , ottKv d^ifLtf. U terminoit ordinairement le spectacle des jeux, et en était, comme nous le dirions aujourd'hui, la démine pila. Cela se conclut d'un

doublé (JWAb), ajoute F Abri l'usage n'wirtofl pas encore

dt covnravcc il tlHtUtrà la fi, des jax.Tii Si ai, tj àasiJi p„. i™.

Jjâ/ui ini à.yZ„ An'jîin b ovifÉilii. eîrei nu. lui., tir.

Mais ce genre d'exercice, dont les antiquaires ont fort peu parlé, et que l'abbé Barthélémy a même omis de citer dans sa descrijuiwi dus ivm olympiques, devint général par toute la Grèce ; il lit partie des jeux les plus solennels. Quant a ce qu'il patoit avoir gardé le dernier rang dans l'ordre établi entre les combats du stade, comme Héliodore, ainsi qu'on le verra, le témoigne encore, cela

nière place est souvent la place d^honnour. ^

Les Argiens, dit Pausanias, avoîent institué à Némée des jeux où l'on disputoit le prix de la course armée : Kaf 1 " c "'■ S\ imi Jpi^ùu •sfa-nitApii À-^Ht à*fye.m ts'nb.iifytéitmi Sacra Jovi Nemeo A'givi i.i A ; ™r,.- f,:chnt. ri armalh viris ctirsns enlumina proponsnl in Nemeornm conrenlv.

"""III liiill

De la manière dont les a

un nuire passage de Pausanias. relatif à Dcmarate et ii te**Ln son équipement représenté dans sa statue, on pourrai! conclure que la course armes, ainsi que cela est aime à d'autres exercices gy m n as tiques, auroit été supprimée dans un temps qui nous serait inconnu, et rétablie de merac ensuite. Dcmarate , le premier qui ait remporté le prix de la course armée, avait sa statue dans L'Altîs. Pausanias, en ladc'ciivant, rapporte qu'on lui voyoit un bouclier semblable en tout à ceux de son temps : nsW™, S *'vifM4 imn'JU Si m™ 7= ™i Elle avoit un

iià-rî m^Au lui ■»« W Et il ajoTte :

Tai™ ^, Si «a! Xe j,„ S™ Ti -HM.S, <j tlti TMi,™ T i»Sv i^ffï^it t8 J>o'm» : Hxc nim lemport ah Elrli ca- Urilfa Gratis tirai aitmpta mal. Si par raùm l'on doit entendre tout ce qui est rapporte comme constituant , dans la siaïue de Dftnarste, l'armure des guerriers et aussi des oplitodromes, il faudra dire alors que la course, en tant qu'on l'appeioit armée, aurait cessé d'être en usage: car enlever le boudier au coureur, c'eût été supprimer cequi caractérise!! ce genre d'exercice ; et cependant nous

mens, que, du temps même de Pausanias. il avoil encore lieu.

Je hsisLirderui mon opinion sur la manière d'entendre ce passage, et de le concilier avec les faits. Il se pourroit que les commentateurs l'eussent pris dans un sens trop absolu ou trop général. Peut-être Pausanias, par le mot 7Bj/~tB , /tut t n'a- 1- il piùciK^i \\<A-:ï .j-.i'.- c'l-s deux derniers objets cjm posant l'armure de Démarate; savoir, le casque,

("il

ifj.ioi, et ies bottines , nrt(iAfk< : objets que l'on aurott par lu suite dispensé le coureur de porter, comme trop incommodes Jaui la iniiriL- ; alors l'équipement Je l'opillodromc se seroh trouvé réduit à la lance el ah bouclier. Toujours est-il certain que le bouclier fui l'accessoire nécessaire cl caractéristique de ce genre Je munr. C'est presque toujours et uniquement par le nom Je celle arme que Pausanias la désigne : Iji rourjr au boudin , la raarir avtc le lauctirr.tyvfrM fy^^, fyîfioi aùi aapiA Nous verrons tout-n-i' heure, par un passage de Platon,

qu'elle dut comporter des variétés en plus ou en moins.

ou le bouclier. Ce seul fait, en nous apprenant que l'ab-

de guerre ce caractère militaire qui eûl été une disconvenance dii ni une Icie nliiiicnsi- , peu! iridiifLicr déjà que la mime privation d'armes, et sur-tout du casque, pourroit aussi, dans une statue telle que celle d'Agasias, faire présumer une nuance de caractère qui ne seroit propre ni k un guerrier de profession , ni à un héros.

Si toutefois il falloit conclure du passage de Pausanias, que la course armée aurait élé, à une époque inconnue, supprimée des jeux de la Grèce, il me semble njie celle

époque n'auroit pu être que postérieure à [a cxiy.' olympiade; ce que nous prouvera la statue de l'oplinxlrame Callicrates de Magursie . faite p:ir I .y lippe. Et comme nous verrons aussi ij.i- le p.-i.v Jt- la coi use armée fut remporté dans la ccxxxv.' olympiade . temps où écrivoii Pausanias . on pourroil présumer que celle suppression auroit eu lieu dans cel intervalle de temps qui s'écoula Ji-pui- la compile .ii- l,i Grèce par les Romains, jusqu'à

l;s lin ici le Je ii.u les eiiT.iies i;y:iiiKi<li(pi(> , qui

avoir été l'école el l'apprentissage du métier de la

ici qu'il en soit, ce qu'il nous importe d'avérer, c'est et excivite fur en vigueur dans les temps qui furent ■au* temps des arts Je lu Grèce : or cela résultera notice que je donnerai toul-a-l'hcure des statues todromes faites par les plus célèbres artistes ; mais la r:;L.;'[ i -^-.m Ilcl- li-.o.'i;: ]ïii: i.\- Je l'iiiij'i.:l;:icj ci:? il Platon ù ce genre de course, et du désir qu'il avoil L 1 l.iv..r::.U si'^L i:il .mu 1 :;!, i H lui ■:'i;in:ni 1 1 ;iiic Lais:.'!', mime av-JC i'art r.iiiit.iiri:, dnsi qu':>« va le voir.

Déjà, du temps de ce philosophe, les exercices gvrn :i."ij:i<|in L > ^''oic-u toni hh:ii-l : ri perdre de leur crédit ; e esta-dire qu'il (eut an u oit. comme ?. I.eanioup d'autres iii-.titutîoi», que la partie matérielle ou dramatique prévaloit sur la partie qui en devoit constituer l'esprit et le fond. Déjà les poètes tournoient en ridicule des combats de parade, qui, au lieu de viser à former les citoyens au métier des armes, tendoient à n'être plus que des spectacles dont <|udi|ues llcï [-■: rs (je veuv 1 1 i r c- lui Jllili'tes de profession) faisoient presque setds les frais. Euripide, dans un frag- AA:.r-,: r „ ment rapporte par Athénée (t), fait de cette sorte d'athlète L'iiT"' l'objet de sa satyre : Scra-cr lui, dit-il, qui rtpeosscra V tari imi à coups de Ait qui: i.u ,'..vi: /,■ mrlira-t-il tu fait ta frappant Aei maint sur Ars homlit's!

Mais Platon fait voir quel rang cet exercice devoit tenir parmi ceux de In gymnastique militaire. J'ai cité plus haut son opinion sur la danse armée. A l'égard de la course mn armes, il veut qu'on la su hsti lue i h course ans arma, rtii-ù Us. qu'il trouve trop étrangère au métier Je la guerre. «Lorsque » le héraut (dit -il) appellera , selon l'usage , celui qui .. doit courir la carrière simple, crlui-ei devra s'y présen- ~ ter avec des armes, tyti< , fl il parcourra ainsi

» l'espace d'un stade. Le second parcourra de même le

- Aiauloi, ou le double stade; le troisième, Irphippioa;

- le quatrième , le Aoiiclm; le cinquième, tout armé, ■■ ûi&jojtitaç, dcv.-.i mûrir suix^nte suides jusqu'à un but " marqué ; le sixième, plus pesamment armé, /Safvn&f * iir\lin, courra le même espace, mais par un chemin

(I) OiWji Ivmil II' rimJVi X tf. at-nr. Allitn. Déptai. I. I, Hi.J.lin.46.

courir suis anus. -I-iàS Si iÛAa îî Ain/ta àjavisî: On

dit Ïi&l*. SX 6 " ' ^ e second, i^iB^idyott le dernier, $Afvn£ti g'grXfni4 : j4iw i/rj arum, muf «rme, et plus paom-

11 est donc permis de croire que les mêmes variétés d'équipement, militaire, selon le plus qu le moins de difficultés que l'on prétendoit imposer à la cou,-:c. cu-ont lieu dans les jeux publics de la Grèce, an moins à diffé- :-crnos époques. UViprci plusieurs puisards de Pausanias, il paroît que l'espace à parcourir par l'opiirodromc etoit celui du dkaios, ou stade double ; ce que confirme encore l'opinion du scholtastc d'Aristophane, qui nous apprend A** A.;. !r que ceux qui couroient le diaahs étoient armés, JW\o- fl " ï ' ""■

Mais l'armure essentielle et caractéristique de l'oplilodrome consistoit dans le bouclier d'tiirain e! la lance. Les mots ïtt*oi>, faJu'uK, qui distinguent les armes pesantes, et le mot iaài, qui signifie le hiudier d'airain circulaire, par opposition k la pilla [inAnt], ou au bouclier ("chancré et léger [yiffîi], sont les termes dont tons les

cuirasse ne dut jamais faire partie île l'équipement du coureur; et Pausanias n'en a point fait mention en décrivant, comme on l'a vu plus haut, dans ses détails accessoires, la statue du premier oplitodrome , Démarate d'Hérée, Effectivement , ce complément de l'armure du

guerrier eût été par trop incompatible avec l'cvcrrirc .le ::i

L'objet de l'institution était bien sans doute d'habituer le ;nMat à la rapidité de la marche et des manœuvres; mais, dès qu'il faut aussi considérer cet exercice comme taisant partie des spectacles publics dans lestade, on conçoit sans peine qu'il eut perdu tout son intérêt, si le coureur, opprimé sous le poids d'une armure complète, n'eût pu donner l'essor à la légèreté des pieds, * l'agilité des inouvemens du corps. Le poids et l'embarras d'un bouclier d'airain et d'une lance dévoient imposer a la course dont H s'agit une assez grande difficulté; car on sait que la liberté des bru» e[ leur iialaritïmt- nt contribuent singulièrement a augmenter l'élan du coureur : aussi tous ceui

ils par abandonner et jeier leurs boucliers pour mieux courir. Tout porte dulli A .mire que l'amure de l'oplilodrome

On conservolt. dit Pausariîas. vingt-cinq boucliers

diers étoienl destinés .i tti;. qui disputoient le prix de la course armée; il n'e-t point fait mention <i=s autres par- Aï", a. v. lies [le l'iiruuue ; Kti.riti .."s aiiià tn| ianiSli ^ttAiof m'vTt eiiawi tiii oTjjmuMJn fvfi/tmx (4 t5f fyéfiM : Pusiil ibidem clypti mil t~t$mi\-qiiiiique ami, mm quitus diamant qui armoli in œrriatlcin tlexinjan!. (Vest aussi le bouclier d'airain que chante Pindare dans sa huitième l 'ythique en f«j 1-y.t.f i'boiineur du vainqueur à la tourse armée. 'lïlésiiraic de Cyrène. leMaufj.-ni Kvfmo.r» o?rKraj)j>«» ; tel est le titre de l'ode. Je ras (dit- il], Je toncen avec les Grâces,

( Bj )

proclamer TrUwmtis ,ia iomlicr J.:i::i>i , vainqueur dans les

Dis Statuts et des Figures de Coureurs armés, on Oplitodromes.

Si les victoires A In cours; irm« exercèrent le génie des poètes, on doit bien penser quelles obtinrent, comme toutes (es antres victoires gf mn as tiques , d'être immor-

qn entes 1^1111011^6 statues élevées à des oplitodromes.

La plus ancienne de toutes, comme or, la déjà vu, fut celle de Dcmorale d'Hcree, U tJi in^S-n, J>i>. iiwmt 1. ri, ■OXup.mz.vfSTn. Elle éloit dans le bois sacré d'Olympie.

On y voyoil cciii: Je MiKiit'.ii Jt! Cyiiiie, StA/t*; iï»/, U( i-r. a. laite par Pjthagore de Rhegium; ™*

Celle de Chaiinus Éléen. pour avoir doublé fe stade lit yi..i. et vaincu a la course armée, î ni /la-tlAu . . . mej £ir>iV iliuj: *"'

Celle d'Aristide d'Élidc;son inscription npprenoit qu'il M (ri. ii. avoit remporté le prix du double stade et celui de la course ""' armée à Olympie, ynitSai ui> 'lut-» "iiw . . .-à ini^n/i-

Celle de Meiaïdas pour avoir remporte le prix du stade ii /. y,, a et de la course armée... MtAnflki ptJfw -n à^i/an, uf *"

Celle de Crianius d'Élide, remportant le priï de U xra.

A Athènes, on vr l;i û J.m, [a <ii.;tMlv k, sum» J'Kpicliaiimif s'i-sertnm à lamiiM aniKv, 'i.;n-/iefiv fisi Ivifjnfyo/ori AxcWnic : elle étoit de Crilias.

A Titane, était «ne statue Je Gfrauius de Sicyone, qui avoit remporté |>) usieurs victoires, celle de la course simple et celle de la course au bouclier, inj -///Jik

Sur le grand chemin ilT-ditée, ni, inoii pince" la statue en brome de Mn&ihuN-, «én.V.-il .les F.Iiiiéens . qui avoit remporté, mitre plusit-u ri uuïrc, priï,«-!:ii ('il ili.ialoi, ou douille

piaûe, d'où llitfjultt le ligne d'Hadrien .

éclat, puisqu'un gue

de course, el ceux qui s'y rendirent célèbres, exercèrent l'an des statuaires, mai) Il paroîl aussi que la peinture sa plu! à traiter de semblables sujeu. Parrhasius, selon Pline, avoit peint Jeun oplitodromes, l'un dans l'action de courir, el l'on tnpil Ir voir suer; l'autre menant a bas ses

.k-ii.. p.ii iiii ir,.'i I li-or; ouvrais i'arrfiasiijs. >'

Suul ttdua pksur,: cj::s a-Mhsinx hoplites, i'i uriam'mt itadrcurriniulsud.iri rUiMr. n!irr,i ™. i Jqmurai ut atthtfort iatiaiur.Lemaiioplitn,eu celui d'ioplio'dri, qui conviendrait peut-lire miens, ne sauroit ici faire équivoque. Il ne s'agit certainement point •ïeplila, ou de soldats pesamment armés, courant au combat sur un champ de bataille: in tettdAiine decuirens veut dire autre chose que ad certamep decurrew ; ces mots indiquent, non la course dont on faisoit quelquefois usage en allant au combat, mais bien

philosophes; de quelques autres, qu'ils traitèrent les sujets SalUkts, d'hmmrs armés, de r/matmi arilrtai aalcm a fltmalos cl nnatoru. Je ne pense pas qu'on doive joindre urninKià alhicMs, comme l'ont fait quelques éditions, qui

â iirnwlos. Pour ajouter qaekjuc puids a («.■lit: i :u >:rj> relation , je dors dire qu'au nombre de ceux qui ont Traite ces sujets, Pline met Lyms. on Luioi, que Pausnuiasa cite pour avoir fait h statue Je i'oplitodrome Crianim dtUde.

Quand on prëtcn Jroii . au reste, que par le mot armtttoi Pline a entendu exprimer des guerriers, au lieu de se servir des mots btllatorti , milita , pra/imurti , il faudrait l.'Hiju.irs niœrik'r ; l [:■.■ d^iK: minau :.ri , Irùs^Laiiadrj.

tues durent avoir avec ccJlus des hommes du guerre une

dok résulter de ce quon appelle je caractère athlétique.

on fes composa de la manière la plus simple, sans aucune

ment avec ies arme/- qui lu '.I'a;j i:: ]':!L:r:f:ii:. .M;ik. I r,t-r.riit- J art lIc jri ^.uipture je fui développé et eut pris plus de hardiesse, on tenta d'exprimer et on parvint à rendre sensibles, dans ies diverses statues athlétiques, les diffirens genres de combat où i'aihli-it aveit ai vamm^ar, ci cela par des posilions ou des mouïemens dramatiques , qui présentoient une image, soit de la lune, stntdi: :.: fat, soit de la course.

Ainsi plusieurs des statues d'oplitodromes , dont on a fait connoitre plus haut [es me, nions jlnégées, n'indiquent

composées dans i'attion et dans le mouvement qui appartenoientà celle partie de [a gymnastique. Par exemple, nous avons vu que Criiias ;:voii iV.ii la statue d'Êpicharinus s'enercanl à la course armée, inïJwJ'fitptîi am.'jini(. Quand de même Ciiauïus est représenté par Lysus, remportant le prix de la course armée, ïltM AnCùi f/xnr, on peul croire que la statue éloil composée dans l'atlilutle du mouvement.

Sans doute les figures de ce genre auroient été trismultipliées, si l'on devoit se prévaloir, à la rigueur, d'un passage Je Cornélius Ni- pris. Cet éirivain. i l'occasion de fa statue deChabrias.reprcsenrédans Imposition delà manœuvre qu'il avnrt ■-'< .i piono.h lait éventer et qui valut aux Athéniens la vii:-.j-t , dit ^ne d'/puis l'on fit ainsi les

Èx ptfaam «f a postta atUa* œtaiqu* atifan th m- ^

adtpti. II y auroit, je pense, de l'abus à tirer de ce teste la conséquence que toutes les statues de vainqueurs fussent faites ainsi, depuis celle de Chabrias. Cela doit signifier seulement que l'usage de semblables statues date de cette époque, qui correspond à peu prés à la c. ! olympiade. Il ne faut pas non plus, à mon avis, interpréter trop littéralement les mots .'!..' r; ,;:/:;■■■ i;- . L .vj.;m aient {idepli : peut-être cela ne doit-il désigner que certaines positions

l'alhicte «volt remporté le prix.

Il est Jonc permis de croire qu'en conséquence de tel usage il y cul des statues tfoplitodromes exécutées et commentât l'athlite B d«ni l'action même de courir! soit qu'on tildes dramatiques qui étaient l'accompagnement de la

mouvemcus ei k'j s : ni:'![i:.ru ,[c l':irt de l'escrime. L'artiste, dans les sujets de ce jjenre. devoit se donner la liberté de choisir entre toutes ces attitudes celles par les-

. Tw Popliu mm fan iUiu, mi Utrkafirtl

SECONDE PARTIE

Application des Notions précédentes à une nouvelle manière a~ expliquer la Statue d'Agasias.

tion que j'ai poste ;ll cul"-iïi-LT,icii;e[it de ia première partie de ce Mémoire. S.t:is doute il est permis d'avajicer qu'ime statue «w, armée A'nn bouclier a d'une lance ou d'une e'pée , figurée dans une attitude Je combattant , représentée dans un élan extraordinaire, et perlant plus d'un carac-

[ Pi )

lin atileÏÏaai, peut iirc autre ihosi qu'un gttrrltr (fictif, aux

tends aller plus loin, c'est-à-dire, rendre aussi Traitent hlah.it que toutes ies nuire», lu nouvelle explication par laquelle je vondrob donner un nouveau non, à h statue d'Ag^lvul^remen.appel^fca^torl.ilm'lmpone, i de faire connollre cette «mue, x' Je rendre compte de toutes ies explications dont elle a été jusqu'ici l'objet. Je traiterai ces dt-u\ poilus J'uik- maiiitnr Ion abn'gée.

Du principaux clicii qui doivent diiirm'mir la critique dans l'explication de lu Statue d'Agasiai.

A l'égard du premier point, je me propose beaucoup moins de décrire une statue qui est connue de tout le monde, que de constater ce qui en forme les caractères distinctifs , et ce qui doit contribuer à en faire porter le meilleur jugement.

Il faut d'abord établir que la statue d'Agasias représente un homme uriné. Je le dois d'autant plus, qu'au nombre des explications déjà données de celte statue, il s'en trouve

punie de la courroie attachée au bras gauche est un brassard destine au jeu de ballon : en conséquence, la statue seroit, selon lui, celle d'un atUite sphurhte. Cette hypothèse exige peu de discussion.

seul en fournir :'m.,;= ilL: j-erdu; ci «l.iï T r<>n wdi Ljourd'hui , est moderne. Or l'espèce de plaque atlachée a

« un emploi „<

3," Le Iirns&rirJ eu ^.iu.'h':. ■ ■j;uïd Jrc indépendamment de la plaque, est tnut-à-fait conforme à la grande unse des boucliers, qu'on trouve figurée sur une multitude Je m onu mens.

3. 0 La position, l'arrangement et l'action des doigts de la main gauche, qui est antique, confirment l'opinion que le bras gauche porta un bouclier. Ces doigts, repliés et fermés à demi , laissent entre eux et la paume de la main précisément l'intervalle qui convient à l'épaisseur Je la courroie moins forte, laquelle formoit la seconde ou la

P 4." La plaque de marbre, irrégulièrement taillée et restée brute, n'est antre chose que le point de scellement du

sur celte plaque: l'un de ces trous est vide. Dans' les deux autres, subsistent les restes, usés à la vérité, mais très-reconnoissables, Je Jeux crampons antiques de bronze, que M. Cauova m'a écrit avuir vus dernièrement et maniés

Or. tout ceci éiniu i.t pn^ve qui; le bras gauche porta un bouclier, on peut et ion doit nécessairement conclure que le bras droit, qui est une restauration moderne, porta jadis une lance ou une épée. Ajoutons que le mouvement

■rai de la Bgure, que ce qui reste même d'antique dans -as droit restauré, autoriseraient à placer dans sa main arme offensive quelconque, quand l'eMstcncc bien ée du bouclier ne sufftroit pas pnur rendre ce fait in-

demne l'artiste ; j'entends ce développements! remarquable de tous les membres, et h grande enjambée qu'elle fait.

hr.rdicsse, et dont l'exécution en marbre ait offert amant de difficultés. Peut-être même une composition aussi développée doit-elle faire soupçonner que la statue en marbre qu'on possède, n'est qu'une copie Niiic d'après

position, et il est difficile de penser qu'on ait donné un

être de marbre. M i:\ relie conjecture ci peu de rapport avec les nrincipaui moiik ifui peiivejit déterminer dans

en deux, a peut-être même contribué à l'iucei règlie sur le nom qu'il convient de donner à ci Je veux parler, soit de son entière nudité, K sence totale d'accessoires; et j'entends par-l«, o

militaire, ou ceux que les statuaires ajoutoïent volontiers aux troncs d'arbre servent de tenon et aux- plinthes des ligures, pour ailier à Ils tarac'.iTisLT ci i foire rcconnoilre leur iiijet.

Parmi 1rs points remarquables de fa statue d'Agasias, il en est un sut lequel j'insisterai d'autant plus, que presque

dessin athlétique qui brille au plus haut degré dans son caractère, sa forinq et son exécution. Ce style est sensible encore , soit dans la manière dont les cheveux de la tète sont traités , soit dans les oreifles , soit même dans fa physionomie , où les antiquaires (es plus éclairés ont cru voir un portrait, plutôt qu'un visage héroïque ou du genre idéal.

Enfin ceux qui examinent avec attention la pose et l'ensemble de la composition de la statue sous Je rapport du mouvement, croient y démêler une snrte d'action mixte. Il leur semble qu'il régne une espèce de manque d'accord, pour ne pas dire de contradiction, entre Le point trèsécartc du bouclier et le point de direction de la lance ou de l'épce. Le mouvement très-relevé du bras gauche, l'action trés-retournre de la tete, et le regard dirigé en l'air et presque au-dessus du hras , ont paru difficiles à concilier avec un motif unique et simple de compo-

Ces principaux ira ils ïjrùc-.Jriïtiqucs, iur lesquels j'aurai occasion de revenir, sont ceux qui ont suggéré les diverses explications qu'on a données jusqu'ici de fa statue d'Agasias , et dout je vais faire brièvement l'en umérati on.

Dis principal/s Explications de la Statut d'Agosi

«stable de tous , dans la statue d'Agasia, iJ fa do tout d'abord, ainsi qu'on l'adéjâ vu, le no JValua iiltt $tidi<!ttris ftmosiishiù p:igi,:i:ih ri:,:, dit Manilli. o,. Misson et Sandrart la virent sous le même poinl de vue. JtJ* HavercQmp, d'après Sandran, s'exprime ainsi : Nohilii- ' uni,: sl,::x,i rfnduitorh ::t ]i:iiii,:::i i\r,x':nw imjirtu piirwù, Ce dernier a joint à l'idée de combat celle de course, dont on n'a plus /ail mention depuis.

L'opinion qui . dans l'ordre des temps, vient après celle AMlf.ufSf des antiquaires qu'on vient de citer, est l'opinion du P. Mont- ' p ^'\ t '.' *"* faucon , qui fait de notre statue un pugilaiem du genre de ceu< qu'il appelle pagilcs à pugno.

Une conjecture du même genre, et aussi peu fondée, fui celle du baron de Stosch, qui crut voir dans la figure \t'j«i,us»:

On peut regarder 'comme antérieure à i'Hisloire de l'arl "* de Winckelmann , l'opinion du célèbre Lessing, qui, con- i^m*. ver.iss.nt en guerrier le prétendu gladiateur imagina, -jT^ d après le passage de Cornélius Nepos rapporte plus haut, que ce devoir être la statue historique de Chabrias, général des Athéniens. Mais ce savant critique renonça lui-

Winckelmann, d'après la forme de l'oreille gauche de tuh.jw.

incliné à lui donner le nom d'athlète ppneratiaste : mais c. r<*. l'eiisten ce indubitable du bouclier, et la position non moins douteuse «tout aussi caractéristique du bras droit (quoique

.w„ï Secondant l'Opinion de Winckefmann , M, Hejne voit ■ aussi d"» ™" e un guerrier Grec. La statue, selon

lui, doit cire clii>l : '. l avoir ùé n'oup^ ou mise en rapport éloigné avec une figure n cheval. M. Heyne paroit croire aussi que la tête est portrait.

7™. /«. JWii En conciliant les deux opinions de Winckelmann , ï('. : "-„, M- Carlo Fea pense que le personnage peut cire suppose f .™.i aïo j r ,;„: alliitte pancralùiste et homme de guerre tout ™" '' ensemble, mais qu'il esl représenti: dans sa statut fit guerrier; eu conséquence, If iav;iM éditeur propose comme simples hypothèses îrjii'. sii|..-c-. : ll-Ilji d'Aja* au pied des murs de Troit, parant avec sr;n !>au< fier les pierres qu'on lui lance d'en haut ; celui d'Ajax fis d'OIlée, représenté arme sur les monnoies de Locres;et celui de Léonidas. (r,h. & M. Je Ramdhor. dans son ouvrage mr la sculpture et la

■ ■■■ ■■■ ii-J- il." servir M.r kî Mi; e:: I ]T:-L li .!:- l' I!:' sc::CI.[-,

ne juge pas ans.i i m pic lia li!t- qu'elle Semble l'être devenue, l'opinion que ce fut un gladiateur.

Dans un mémoire Àj gUimain a sur deux stntaes M/m j,rh£ sminnes désignées par ce nom, M Mongei rejette lexplfca-

»,>./£ („ silence ous conjectures peu fondées, il pense qu'il fini se contenter de voir dans la statue qui nous occupe , ou nu cUhlète Grec, ou sa guerrier delà même nnûon.

M.Vjjconti. dans l'explication d'un bas -relief antique représeitlanl un combat d'Amazones, a fait le rapproche-

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