AVE
mandie en Poitou, Saintonge et Limousin. Puis, c’est Jacques de Bourbon (déc. 1346-avril 1347), le futur connétable, pourvu de la même charge en Poitou, Saintonge, Touraine et lieux voisins. Il a comme successeur son beau-frère Guy VIIL, comte de Forez, futur connétable de France (juilletnovembre 1347), remplacé lui-même par Guy de Nesle, maréchal de France (janvier 1351), dont le mandat s’étend, non seulement au Poitou et à la Saintonge mais encore au Limousin, à l’Angoumois et au Périgord « par deça Dordogne ». Un grand seigneur d’origine castillane, Charles d’Espagne ou de la Crda, cousin germain de Philippe VI devenu, par la faveur de Jean le Bon, comie d’Angoulême et connétable, est pourvu ensuite de la lieutenance générale en Poitou de 1351 au commencement de 1352. Après lui, c’est un maréchal de France, le célèbre Arnoul d’Audrehem, qui se voit attribuer la lieutenance du roi entre Loire et Garonne (1353-juin 1353). A son tour, un autre maréchal, Jean de Clermont, seigneur de Chantilly, l’une des futures victimes de la bataille de Maupertuis, exerce la lieutenance générale « ès pays entre Loire et Dordogne, Poitou, Saintonge, Limousin, Auvergne » (8 août 1354-octobre 1355). En juin 1356, c’est le fils lui-même du roi, Jean, futur duc de Berry, qui joint à son titre de comte de Poitou, celui de lieutenant général en Poitou, Saintonge, Limousin et Berry. La lieutenance du roi est peu après partagée, probablement sous les ordres du comte, entre le fameux Boucicaut, maréchal de France, depuis la bataille de septembre 1356, pourvu aussi de la charge de capitaine de Lusignan (1351), et Guillaume VII l'Archevêque, seigneur de Parthenay (22 mai 1358), dont le ressort s'étend sur le Poitou, la Saintonge et la Touraine. Boucicaut, demeuré seul, remet comme commissaire reyal les places du Poitou à Jean Chandos, qui à son tour est pourvu des fonctions de capitaine général du roi d'Angleterre en France et de commissaire d'Edouard III en Poitou (1‘ juillet 1361).
Ces grands personnages sont investis des attributions les plus variées, surtout d’ordre administratif et militaire. Aïidés de « leur conseil », que mentionne un document de 1347, ils sont chargés, comme en 1344, de recevoir le serment de fidélité prêté au roi et à son fils, le comte de Poitiers, par le maire et les échevins de Poitiers. Ils donnent au besoin à ces derniers des lettres de vidimus pour leur tenir lieu de loriginal perdu de leurs privilèges (7 janvier 1353). Ils commandent les troupes royales et donnent des ordres au sénéchal de Poitou, au maire et aux bourgeois de Poitiers, pour orga-
niser la défense de la ville, régler le guet et la garde des remparts, former la milice (1347), lever les deniers des péages et barrages destinés à assurer la réfection des fortifications (1347, 1352, 1353). Ils mettent en réquisition les maîtres des forêts pour aider la commune (1353). Ils interviennent pour faire payer à la ville par le Receveur du roi les subsides institués pour cet objet, aides et sols pour livre (1353, 1355). Ils ordonnent de réquisitionner les matériaux et les moyens de transport requis pour les murs de Poitiers (1355). Leur autorité s’étend non seulement sur les sénéchaux de Poitou, d'Anjou, de Saintonge, de Limousin, sur le bailli de Touraine et sur leurs lieutenants, mais encore sur les divers agents royaux, maîtres des forêts, receveurs, prévôt de Poitiers, sergents, aussi bien que sur les bourgeoïs et habitants de la commune et de la châtellenie (1).
Les capitaines-généraux du roi ont des fonctions plus limitées, de caractère surtout militaire, qui leur permettent d'exercer un certain pouvoir sur la commune (2). Ils portent le titre de souverains capitaines ou capitaines souverains pour le Roi en Poitou et Saintonge. Parmi eux, on voit figurer, en mai 1338, Jean de Mauquenchy, seigneur de Blainville en Normandie, chevalier du roi (3), ancien sénéchal d’Agenais : puis un Saintongeais, Savary III ,de Vivonne, seigneur de Thors {juillet-août 1338) ; ensuite, un Dauphinois, Aubert de Sassenage (janvier 1339). En novembre 1340, c’est un Poitevin, Jean [°° Larchevêque, seigneur de Parthenay, pourvu en outre de la défense spéciale des côtes du Bas-Poitou, vers Talmont. De 1349 à 1391, la fonction est exercée par Guy de Nesle, seigneur de Melle, à la fois capitaine général en Saintonge et lieutenant du roi en Poitou, de même que par Pierre Flote, dit Floton de Revel. Celui-ci, nommé capitaine général seulement en Poitou (10 juin 1348), exerce sa charge jusqu’en 1350, de concert avec un autre capitaine général, qualifié aussi lieutenant du roi, Jean de Lisle Ogier (1349 et partie de 1350), qui semble pour la gestion financière subordonné à Floton. Enfin, après la bataille de Poitiers, c’est à un Picard, Jean de Hangest, qu'est dévolue un moment la capitainerie générale en Poitou et Saintonge.
Les capitaines généraux convoquent le maire et les bourgeois de Poitiers à l’armée pour le service du ban et de l’ar-
(1) Rec. n°° 357, 364, 366, 372, 375, 385, 386, 387, 392, 399, 401, 402, 403, pp. 108 n. 1, 117 n.1, 119 n. 2, 127 n. 1, 141 n. 1, 149 n. 1, 156 n. 1, 156, 179 n. 1, 183 n. 2.
(2) GuÉRIN, liste de ces capitaines, Arch. hist. Poitou, NIIT, p. xvi.
(3) Omis par Guénix, Rec. n° 328, p. 67, n. 1.