Voy. notre tome I, n° XXXIII. — 2. T, I, n° XXXVII
COCCXXX
Mandement d’Edouard prince d'Aquitaine au sénéchal dé Poitou pour contraindre les habitants de Poitiers et d’autres lieux du voisinage à rebâtir l’église et plusieurs bâtiments de l’abbaye de Fontaine-le-Comte, qu'ils avaient incendiés dans la crainte que les Anglais ne s’en emparassent pour s’y fortifier.
11 mars 1364 n. st.
A. Original (à demi effacé), Arch, de la Vienne, Fontaine-le-Comte 1 1. — B. Vidimus de Guillaume de Felton, du 27 août.1364, 1bid.
Edwart, aisné filz au noble roy d’Angleterre, prince d’Aquitainne et de Gales, duc de Cornoailhe et conte de Cestre, à nostre seneschal de Poictou et de Limosin ou à son lieutenant, salut. Supplié nous ont humblement l’abbé et couvent de la Fontaynne le Comte, fondez par noz predecesseurs”, que, comme la dicte iglise et pluseurs maisons appartenans à icelle ayent esté fondues, minées, arses et rasées par les genz et habitanz de la ville de Poictiers et d’autres lieux circumwvicins, pour doubte qu’elles fussent emparées des genz de nostre partie ou d’autre et pour eschiver le dommage du païs et des ha-
1. L'abbaye de Fontaine-le-Comte avait été fondée par Guillaume VIII, comte de Poitou, duc d’Aquitaine (1126-1137). Voy, Rédet, Mém. Soc. Ant. de l'Ouest, 1837, p. 226.
bitanz en iceluy, la quelle chouse est et a esté en grant grief, prejudice et dommage des diz supplianz et en amenusement du divin office, car le dit lieu est en tel estat que par les diz religieux aucunement ne pourroit estre reparé, si comme il disent, que il nous pleust sur ce leur pourvoir de remede convenable. Pour ce est il que nous, voulanz garder et soustenir le droit de l’Iglise et tout autre à nostre pooir, et mesmement comme les dictes chouses ont esté faictes pour eschiver le dommage du païs, vous mandons et commectons, si mestier est, et à chescun de vous, que, de et sur le fait de la dicte demolicion et autres chouses dessusdictes, vous informés diligentement et bien ; si vous trouvez les dictes chouses estre vraies par la dicte informacion, contraignez et faites contraindre les personnes et les habitanz de la dicte ville de Poictiers et du païs voisin et autres, quex vous semblera estre tenuz de raison à la reparacion et edifiement de la dicte iglise et pluseurs maisons surdictes, aians regart aus chouses dessus dictes, eux et chescun d’eux contraignez par taillées ou autrement, bien et loyalment, si comme bon vous semblera, à reparer et refaire la dicte iglise et mesons du dit lieu viguereusement par prinse et distraction de leurs biens et par toutes voies raisonnables, en gardant les lois et coustumes du païs. Et ce faites en telle maniere qu'ils, en defaute de vous, n’aient cause de retourner plaintif devers nous. Tesmoing nous meismes à Poictiers, le onziesme jour de mars l’an de grace mil trois cenz soixante et troys.
COCCCXXXI
Robin Aubourc, procureur de la Commune de Poitiers, afferme à Jean Massé pour une redevance annuelle de trente sous, une maison renfermant le four de la commune, près du portail de la Tranchée. |
12 mars 1364 n. st.
Original, Arch. mun. F 40.
À touz ceulx qui ces presentes lettres verront et orront, Jehan de la Barre’, clerc, portanz le seel aus contraiz establi à
1. Sur Jean de la Barre, garde du sceau royal en 1360, puis en 1363, 1364, procureur de la commune depuis 1351, voy. ci-dessus n° CCCLXXIX, p. 1.
Poictiers pour monseigneur le prince d'Aquitaine, salut en Dieu Nostre Seigneur. Sachent touz que, en droit en la court du dit seel personnelment establiz, Robin Aubourc, procureur de honnorables hommes le maire et commun de Poictiers, d’une part, et Jehan Massé, d'autre part, le dit procureur pour nom de procureur confessa avoir baillé et affermé et encores baïlhet et affermet perpetuelment pour les diz honnorables et pour leurs successeurs au dit Jehan Mfascé, present, prenent et acceptant à perpetuité pour soy, ses hoirs et successeurs et pour ceulx qui de luy ont et auront cause, à annuelle et perpetuelle cense ou ferme de trente soulz monnoie courant, à paier par moitié chascun an à Noel et à la Saint Jehan Babtiste, une maïson des diz honnorables aveques ses appartenances, en la quelle est le four des diz honnorables, au plus près du portal de la Tranchée, que souloit tenir feu Jehan Garnier et depuis l’a tenu feue la Luce, deguerpie du dit feu Jean Garnier et fame du dit Mascé, la quelle maison et appartenances le dit procureur pour nom de procureur promist pour les diz honnorables et pour leurs successeurs, par la foy de son corps, en leurs ames et sur l’obligacion de touz et chescuns ‘leurs biens meubles, inmeubles, presens et avenir, deffendre et garir perpetuelment au dit Jehan Mascé et aus siens vers touz et contre touz, de touz et chescuns empoichemens quiexcomques, aus devoirs et charges anciens pour tout devoir et à la ferme dessusdicte, et sur ce garder ledit Jehan Mascé et les siens de tout dommage. Et le dit Jehan Mascé a promis pour soy et les siens par la foy et serement de son corps, et sur l’obligacion de touz et chescuns ses biens meubles et inmeubles, presens et avenir, rendre et paier perpetuelment deci en avant aus diz honnorables et à leurs successeurs ou à leur procureur ladicte cense ou ferme perpetuelle chescun an par moitié ès termes dessusdiz, et sur ce les garder de tout dommage. En tesmoing de laquelle chouse, nous, Jehan de la Barre dessusdit portanz le dit seel, à la requeste des dictes parties, ad ces presentes de leur consentement originalment doubles, avons mis et apposé. Donné et fait le XITI° jour du mois de mars l’an mil trois cens soixante et troys. — A. de Fren.
QCCCXXXII
Etat des rentes et des domaines de la commune de Poitiers. [mars] 1364 n. st, Original, tahier in-4° de 8 feuilles de parchemin, Arch. mun. F 39.
En cetuÿ livre sunt escriptes les rendes, domaines, heritages et establimens de honourables homes le maire et la comruñe de Poytérs, et qu’il devont et que dehu leur est chescun an et les nons de tous les jurés de la dicte commune * en l’an mil CCC sexante et trois”, maire sire Aymeri d’Airon, et procuroutf Johan de la Barre, lors portant le seel aus contraiz à Poîters establi pour nostre seignout le prince d’Acquitaine.
(A). Rentes en deners dehues en la ville de Poyters, paiés par moitié à Noel et à la Saint Johan.
1. Johan Mascé, pour cause de la meson, en la quelle est le four touchant au portal de la Transchée et du vergier et appartenances d’icelle, à li baillés nouvelement, XXX s.
2. Les heriters feu Johan Blondeau du Marché Viel, pour cause de leur vigne assise sur ou davant la dove de daÿant les murs de la Trenschée devers l’estang, X s. |
3. Raymonde de la Crois, pour cause de sa meson du Noer, assise en la parroïisse de la Cele*, XII s. |
4. Penot Myllea, pour cause de sa meson, qui fut feu Per: rot de Plesance, assise à la Barre‘, VIII s.
5. Johan de Limors, pour cause de sa meson assise en la Guyllerie® davant la meson Johan Ganter, XXX s.
6. Les hers Philipon de Tiffauges, pour cause d’une place, qui fut feu Perrotin Chevalier, assise au quarrefour de la Regraterie‘, XXX s.
1. Cette liste de tous les jurés de la commune fait actuellement défaut. — 2. L’article 1 montre aœue cet état n été rédigé peu après le 12 mars 1364 n. st. Cf. ci-dessus n° CCCCXXXI. Ce document atteste qu’Aimeri d’Ayron fut élu maire en 1363, comme ïil l'avait été déjà en 1362 (n° CCCCXXVII). — 3. L’église de Saïint-Hilaire-de-la- Celle, qui subsiste près du plan Ge la Celle et constitue la chapelle des Carmélites de Poitiers, était communément appelée église de la Celle. Voy. notre tome I°', n°° XVIII et LVIII. — 4. La rue de l’Arceau s’appelait rue de la Barre avant 1501. — 5. L’Aguillcrie est l'ancien nom de la ruc Gambetta actuelle. V.si-dessus n° CCCLXXXIV, n. 9. — 6, Ce carrefour était situé au croisement des rues de la Regratte-
7. Johan Odonnet sur tous ses biens, dont il a retrait juques à l’an sexante et VI, X s.
8. Guillaume Convers, pour cause d’une autre place touchant à l’autre devant dicte place, laquelle il a aquis desd. heriters du dit Philipon de Tiffauges, XXX s.
9. Pierre Larcher, pour sa meson, la quelle fu feu Guillaume Crolleboys’, assize à la porte le Comte”, V s
10. Les heriters feu Johan Savin, pour cause de leurs mesons assises (près du four Nostre Dame, les quelles furent Robert de Londres”), Ls.
11. Maistre Johan de Londres, pour cause de son herbergement et no du Vergnay ”, en la chastellenie de Genssay, X I.
12. Jamet Guichart, pour cause de sa meson et verger qui fut feu Guillaume du Mouter Neuf, Css.
13. Jeuffrion Le Gainneur, pour cause de sa meson assise près du quayrefour Saint Poul *, XXX s.
14. Johan Garineau, pour cause de sa meson, qui fut Johan Pointre, assise devant la meson du dit Joffrion, V s.
15. Guiot de Cerzé, pour cause de sa meson touchant à la meson Johan Lanbert en la parroisse Saint Liger *, XX s.
16. La deguerpie Regnaut Maleton, pour cause de sa meson assise devant la meson du dit Guiot, XX s.
17. Les heriters Johan Brunea, pour cause de la meson où est la forge davant l’iglise Saint Michea “, XXX s.
18. Li heriters Johan Richart, pour cause de leur meson, assise en la parroïisse Saint Michea, XX s.°
19. Guillaume Renaudea, pour cause de sa meson touchant à la meson des diz heriters Johan Richart, XX s.
rie, du Moulin-à-Vent et des Vieilles-Boucherics. — 7. Guillaume Crol: Ilcboys était échevin en 1333 (n° CCXCIX) et en 1335 (n° CCCV). — 8. Porte de l'ancienne enceinte gallo-romaine, située sur la paroisse Saint-Didicr près du palais des comtes de Poitou. Voy. notre tome T,
p. 70 n. 3 — 9. Les mots entre parenthèses ont été ajoutés de 2° main sur un grattage, Sur Robert de Londres, voy. notre tome I, p. 304, n. 9. — 10, Le domaine du Vergnay avait été acquis le 20
Janvier 1287 par la commune de Poitiers, qui l’avait baïllé à cens à Robert de Londres le 27 janvier 1318, moyennant 30 livres par an. Voy. notre tome I, n°* CXXIX, CCL. Après la mort de Rohert de Londres en 1311, son fils aîné Jean de Lonéres lui avait succédé au Vergnay, pour lequel il ne payait plus à Ja commune qu’une rente de dix livres. Ses héritiers figurent sur le registre des comptes de 1387 à 1391 pour cette rente de 10 livres, à cause de cet hébergement du Vergnay (Arch. mun. K 1), — 11. Saint Paul. — 12. Saint Léger. Cette église était située dans une rue à laauelle elle avait jadis dorré son nom cet qui s'appelle aujourd’hui rüe Montgautier. Cf. ci-dessous n° CCCCLXXXIT, 4, n° 19, note. — 13. L'église Saint- Michel était située à l’angle de la Grand’Ruc et de la rue des Feuil-
20. Estene Minaut, pour cause de sa meson où est la forge assise à la Cuille Blanche *, X s.
21. Penot Rivaut, pour cause de sa meson assise au pont Enjobert *, qui fut Johan Billet, XX s.
22. Philipon Jaques, pour cause de la tannerie qui fut Guillaume Rocigneo ”, assize au Pré l’Abasse, XV s.
23. Le dit Philipon Jaquez, pour cause de ses bans assis en la Boucherie de Poiters, III EL”.
24. Les heriters Pierre de la Saunerie, pour cause de leur meson assise en la Saunerie, V s
25. Johan Maledenrrée, pour cause d’une petite meson et voste touchant à sa meson, IIII s.
26. Les heriters feu Joffrion Bonet”, pour cause de leur meson assise en quarrefour de l’Estang ”, la quelle fu feu Dangui du Monter Neuf, XX s.
27. Estene Huaut; pour cause de sa meson et verger touchant au moulin de l’estang, V s. et I chapon.
28. Robinet le Guereneur, pour cause de si meson assise sur la chaucée desd. moulins, IX s.
29. Les heriters feu Johan Rivau, pour cause de leur tanarie assise sus la dicte chausée, XVI s.
(B) Rentes en deners dehuees en jour de la Tous Saïns en la ville de Poiters.
30. Johan de Pontaise, pour cause de sa meson assise en la Nonerie’', XXX s.
31. Johan Menager et Macé de la Crois, pour cause de leur vignes de Parrigné’, XX s.
32. Le chapitre de Manigoste, Dour cause de leur here demere du Bruyl de Chenay”’, LI s
lants. — 14, La Cucille Blanche, partie haute du faubourg de Montbernage à Poitiers. — 15. Aujourd’hui le pont Joubert. — 16. Voy. ci-dessus n°* CCCLXXXIX, CCCXC.— 17. Voy. ci-dessus n° CCCLXXXIV. — 18. Joffroy Bonet était cn 1337 collecteur de la paroisse de Saint- Germain (ci-dessus n° CCCXXIII, art. 7). — 19. Le carrefour de l’Etang de Montierneuf était au bas de la rue de la Chaîne. Cf. n° CCCCXXXV n. 1.
1. Rue de l’Annoncrie, aujourd’hui rue de la Regratterie. — 2. Parigny, ancien village, commune de Saint-Benoît. — 3, Le chapitre de Ménigoute, seigneur de Chenay, avait conclu en 1339 un accord avec la rommune de Poitiers et s’était porté garant d’une rente de 52 sou: ass nice jadis à la commune sur l'aire dîimière du Breuil de Chenay, au devoir de 12 deniers de franc service (ci-dessus n° CCCXXXVI).
33. (Pierre Pain le jeune du Bruil‘) et Johan Ferré, pour cause des choses qui furent Guillaume Ferré, X s. I d. |
34. Huguet Prevost, pour cause des chouses qui furent Renaud Macon, assises au Bruyl de Chenay, à li novellement affermées, XX 5°.