‹ Recueil de documents diplomatiques relatifs à la SerbieChapitre 3 sur 18 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

herzégovinieDDe, et la guerre serbe, et la défense tarqae apparaissent aux yeux de TEurope, et malgré le gouvernement du Sallan, comme Qr>e guerre de race et de religion : voilà Toeuvre de la diplomatie voyant les choses par le petit côté de Tégoïsme, vivotant au jour le jour, et prétendant néanmoins diriger les hommes et les événements sur la voie commode des ex* pédients routiniers.

Dans cette catégorie, nous voudrions placer le projet de médiation dont des journaux ordinairement sérieux entretiennent leurs lecteurs sur un ton serienx ; on parait convaincu que la médiation rétablira promptement la paix dans la presqu'île des Balkans, tout comme la non-intervention a préservé l'Europe de la guerre générale. Entre les deux, la différence est grande cependant, immense : ne scrutons pas les considérations intimes, les secrètes espérances ou les vaines craintes, qui ont pu concilier à la politique de non-intervention l'adhésion des cabinets respectifs. Âpplaudissous-y plutôt, car elle est un instrument passif de la paix européenne ; c'est une politique muette, elle réserve tout et elfe ne compromet rien. Il n'en est pas de même de la politique de médiation. Qu'on essaie de venir à la chose, au fait ; qu'on nous montre l'entente effectuée parmi les Puissances sur les

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cooditioDs prineipales et accessoires, médiates et immédiates, directes et indireetes, d'oDe médiation entre la Tarqaie et la Serbie, poar que dous cessions de voir la guerre générale sortir des cooféreoces destinées toat d'abord à rétablir la paix entre le suzerain et le vassal . Et quand cet accord entre les défenseurs à outrance de Tinlégrité du territoire ottoman et les protecteurs quand même de la Principauté serbe serait réalisé et nous serait démontré, quand il nous serait ainsi défendu de rien craindre pour la paix générale, qui nous garantirait la soumission serbe, rassentiment turc? Et quand môme les cabinets de Turquie et de Serbie seraient eux aussi gagnés à la politique de médiation comment ne voit on pas tout ce qu'il resterait à redouter de la part des irrégulters de toute sorte, soit chrétiens, soit musulmans, qui tienneot la campagne et qu'aucune injonction des gouvernements ne serait capable de réintégrer subitement dans leurs domiciles respectifs et aux travaux de ta paix ? Le cabinet anglais a regimbé, il y a trois mois, contre le Mémorandum de Berlin ; il se préoccupait de la nature des résolutions réservées pour la cas où l'armistice proposé ne réussirait pas à apaiser l'insurrection. Depuis lors^ celle-ci s'est doublée d'une armée régulière serbe, et d'une masse

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d'irrégoliers, circassieDs, arnaoutes et aotrea ; avee ces élémoDts Doaveaax, elle s'est pénétrée d'idées DMTelles, mille fois p!os daagereases, et plas difficiles à maîtriser que tootes les forces matérielles : qae pourrait désormais la médiation, même avec le conconrs on sons Tégide de l'Angleterre, même avec Tassentiment de la Sublime Porte, sinon sorexciter les passions et aggraver l'anarchie qui désole les provinces torques ?

Non, l'Europe, impuissante naguère à rien prévenir, à rien empêcher, si résignée qu'elle puisse être une fois à violenter ses traditions et à s'entendre avec elle-même, l'Europe, disons-nous, ne peut rien actuellement pour tirer la Turquie et la Serbie de la crise où sa politique de défiance réciproque les a précipitées.' A cette politique si enracinée dans ses traditions, la non-intervention seule convient ; heureusement, la marche des événements supplée ce qui y manque de résultat positif.

Heureusement, disons-nous, la Serbie a mal calculé en comptant sur une levée générale des chrétiens de la Turquie d Europe ; les incidents préparés ou pour le moins espérés par elle àins les autres provinces turques ne s'accomplissent pas ; la Roumanie, la Macédoine, la Thessaiie, l'Epire, ni la

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Grèce voisine n'ont pas répondu à l'appel du prince Milan et de ses généraux. Heureusement aussi, la direction imprimée aux mouvements de Tarmée turque a dissipé toute incertitude sur Tissue de la guerre ; de Toffensive, l'armée serbe est réduite à la défensive. Il serait plus que téméraire de s'attendre désormais à la victoire de la Principauté sur l'Empire ; la moindre comparaison entre les ressources possibles en hommes et en matériel de guerre pour les deux parties en présence force un chacun de conclure en dernier ressort à la défaite

serbe. Nous sommes donc délivrés de l'une des difficultés attachées à ces événements : l'intégrité

de 1 Empire n'aura pas à souffrir de la part de la Principauté vaincue ; de ce côté aucune complication n'est à craindre pour les relations des grandes Puissances.

Il reste à nous demander où s'arrêtera la volonté vindicative de la Turquie victorieuse en Serbie? Déjà nous entendons soutenir autour de nous, dans la société turque et parmi les chrétiens slavophobes, que la Ssrbie subira les conséquences de sa félonie, les lois de la guerre qu'elle a provoquée ; certains journaux turcs vont dans leur ardeur jusqu'à plaider la conversion de la Serbie en vilayet. Il est, nous 1ère-

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coûoaissous volontiers, danschacoD des Actes et des Halti-chèrif qui ont créé la Serbie, des danses cooditioDoelles de loyauté et de fidélité qai pourraient, en toute justice, être iovoquées contre elle et sou priûce. Cela est évident, mais nous n'avons , pas oublié, et notre présente publication pourra l'apprendre ou le rappeler à ces fougueux pa* triotes turcs, que ces Actes et ces Hatti-cbérifs ont un caractère international incontestable, et que la Turquie ne saurait les modifier sans l'assentiment des autres parfies contractantes. Ira-t-elle convoquer laréopage européen, un coogrès, pour juger et condamner la Serbie à perdre ses privilèges et immunités? En d'autres termes, ira- l-elle chercher chez elles et mettre en présence ces rivalités qui ont peur de se reocontrer, et dont elle sera la première i souffrir ?

La Serbie, d'ailleurs, si aisée à vaincre, est moins aisée à soumettre ; la configuration de son sol et le caractère de ses habitants la disposent à la guerre de partisans ; qu'on se rappelle son histoire des vingt premières années de notre siècle. Ne résisteral-elle pas à outrance devant la rigueur du châtiment qu'on lui prépare, conservant dans son orbite insurrectionnelle les provinces limitrophes, et espérant

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arracher sod salut à la fatigae de TEarope, peat-ôtre marne à iod adaairatioo ?

Non, la aolatioD des diffiealtés ne ae troave pas plus dans la médiation imposée qne dans la médiation provoquée. Les journanx étrangers qui préconisent la première, et les joarnaax de Stamboul qui, sans y penser autrement, préparent la deuxième, méconnaissent également la situation dans sa réalité. Heureusement, Tune et Tautre pourront être évi* tées, et la Serbie pourra être châtiée sans qu'il soit porté la moindre atteinte aux stipufations internationales, sans encourir le risque de mettre l'Europe en feu. Là, dans cette politique ainsi entendue et pratiquée, se trouve la solution de la crise actuelle, et c'est afin d'en présenter les éléments à la facile disposition des hommes d'Etat et des publicistes que nous avons réuni ci-après les Hatts Impériaux qui dépassent les limites des immunités coq:tractuelies, et les priodipaux actes législatifs princiers qui méconnaissent ou qui violent les prérogatives suzeraines. Si la Sublime Porte dédarait à la Serbie vaincue que son autonomie et son gouver^ nement national loi sont conservés sous la garantie des Puissances, celle-ci ne tard^ait pas à être nonseulement vaincue, mais encore soumise, peut-être

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mèiM recoûMissaots ; U Prince eetMnit de eteiiidn pear loi-méiae) et serait toat-poissaot pour s'arraeher eyec son peuple m radicalisme rtvolatiMaaiie de rOmladina. Ao temps do premier Milosch, la Serbie était oODstamment exposée aax agitations des partis ; le Saltao Mahmoad y remédiait par ses të« moigDsges de bieûveilIaDce : antécédent historique précieoi à rappeler dans les circonstances actneHes, où la Serbie est devenoe le siège d'agitateors étrangers.

Nom ne nous cachons pas qoe cette politiqoe de conoUiation à oatrance ne parait pas primer jusqu'à piéeent dus \n ewMeiis de la Sublime Porte, où il m manque pas de partisans fougueux d'un patrio^ tisme exagéré ; ils oublient que la Turquie expie actuellenent ses péchés accumnléspendant des années. Ami insistODS-Mus, parce qie, tout bien consid^ ré, d les textes et les faits, nous ne voyons que dans la seule politique de cMcilîatioft, respectueuse pour les traités et ménagère de la dignité princière, le moyen d'écarter définitivement l'immixtion étrangère, de prévenir les complications européennes, de mettre un terme à la gjaerre civile. Nous osons croire que cette politique serait universellement applaudie en Europe ; il est certain dt moins, le dernier

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