SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DE LA MAISON DU ROI
Pierre-Charles Laurent de Villedeuil.
Signature : Laurent de Villedeuil. — Adresse : place Royale.
[On trouve, à la daté du 26 juillet 1788, les provisions «rde la charge de secrétaire d'Etat , ayant le département de la maison du Roi , dont était pourvu notre cher et bien amé Louis-Auguste Le Tonnelier, baron de Breteùil, ministre d'Etat, chevalier de nos ordies, étant vacante par la démission qu'il en a faite entre nos
^'5 La Chronologie minigtéfielle de trois 1 8 septembre an i" octobre i79i,etBer-
siècles (op. cit.) indique que Delessart fut trand de Molcvilte à dater du a oclochargé du portefeuille de la marine du bre 1791.
mains et qu'il nous a supplié d'aj^^rëer, nous avons fait choix pour la remplir de noire amë et féal Pierre-Charles Laurent de Villedeuil, conseiller on noire Conseil d'État, et ordinaire en notre Conseil royal des finances et de commerccfl ^''. (Arch. nat, 0\ 198.) Des lettres patentes du même jour lui permettaient de signer les expéditions en commandement. (Idem.) 11 ne lui fut pas expe'dië de lettres de conseiller d'État, rattenduqu il était conseiller d'État swnes<re».(/<iem.) Le mêmejour encore il était délivré à Laurent de Villedeuil un brevet d'assurance de ioo,ooo livres , ([u'il dut payer au baron de Breteiiii. Les Arohives nationales conservent les lettres patentes, datées de mars 1789, portant ^érection en marquisat de la terre de Villemenon [près Brie-Comtc-RobertJ en faveur du sieur Laurent de Villedeuil, ayant rempli depuis virfgt-cinq ans, avec la plus grande distinction et un zèle infatigable, les places les plus importantes de la magistrature et de l'administration, et ayant mérité notre choix pour une des charges de secrétaire d'Etat, qu'il remplit auprès de notre personne avec le même zèle et la même distinction t». (Arch. nat., X'°, 9088, lettres enregistrées au Parlement, le 6 avril 1789.)
Laurent de Villedeuil avait rempli les fonctions de contrôleur général des finances du 3 mai 1787 h la fin du mois d'août de la même année. Les lettres de Villedeuil portant démission de cette place sont datées des 98-99 août 1787. Le roi le nomma, à la même date, conseiller d'État au Conseil des finances. (Arch. nat., K, i63, n°' 19 et 19', autographes.) En 1788, il avait 901,000 livres de traitement comme secrétaire d'Etat, plus 3,3oo livres comme conseiller d'Etat semestre. (Arch. nat., Dx, 1.)
Le prédécesseur immédiat de Laurent de Villedeuil était i» Louis-Auguste, baron de Breteiiii, maréchal des camps et armées du Roi, chevalier de ses ordres n, qui occupait cette place depuis 1783 ^*^ Ija démission de Laurent de Villedeuil est datée du 19 juillet 1789. Il ne paraît pas que le secrétaire d'Etat pour ce dépar-
^" Ces provisions ont élé enregistrées en la Gourdes comptes le 10 octobre 1788 et on les trouve classées à nouveau dans le m^me volume, à celte date du 10 octobre.
M M. Robert et Cougny ont consacré , dans leur Dictionnaire de» parlementaire», les lignes suivantes à L-iurent de Villedeuil : «Il était maître des requêtes ordinaire de l'hôtel du Roi lorsqu'il fut appelé par Louis XVI, le 37 juillet ij88, aux fonctions 'de contrôleur général, à peu près équivalentes à celles de ministre des finances» (I. III, p. 63'j). Laurent de Villedeuil avait reçu la commission de contrôleur {général à la date du 3 mai 1787 (cf. le texte de cette commission , Arch. nat. , 0', 1 27 ) ; ses fonctions à ce titre prirent fin le 3i août 1787, par suite de la nomination à ce poste de Claude-Guillaume Lambert de Cbemorolles , qui, d'après ces mêmes auteurs {op. cit..
I. III , p. 1 59), ff fut nommé la même année (1787) contrôleur général des financesn et «exerça ces fonctions sous la direction de l'archevêque de Toulouse, Loménie de Bricnne, ministre, ju»qn'au rappel de Necker en août tjSSn.
'*' Signature : Le baron de Breteûil.
Un brevet du roi, du 20 juillet 1788, accorda au baron de Brcteùil, «dans la salle de son Académie royale de musique, la jouissance d'une loge , dite timbale , au niveau de l'orchestre du côté de la Reine». (Arch. nat,, 0', ia8.) Une pièce curieuse concernant ce ministre est conservée aux Archives nationales, sous ce litre : «rSituation active et passive des alîaires du baron de Breteiiii. n 11 compte en parliculier «trois années à 6,000 livres pour la dépense de sa maison. J'ai, dit-il, à mon service: un valet de chambre, sa femme,
MINISTRES ET SECRÉTAIRES D'ÉTAT
temeal ait dlé désigné pour être adjoint, à celte date, au ministère Breteùil- Broglie ^'>. Le successeur réel de Laurent de Villedeiiil fut François- Emmanuel de Guignard, comte de Saint-Priest ^*\ nommé le 19 juillet 1789; antérieurement à cette date , il avait entrée au Conseil d'État et par suite le titre de ministre d'État,
D'après la Chronologie ministérielle, le comte de Saint-Priest aurait administré le département de la guerre du 1 li juillet au 4 août 1789 '''.
Les provisions de la charge de secrétaire d'État au département de la maison du roi, pour le comte de Saint-Priest, ff ministre d'État, maréchal de nos camps et armées, chevalier de Saint-Louis, de l'ordre impérial de Sainl-André de Russie, et honoraire de celui de Saint-Jean de Jérusalem , le Roi lui octroyant l'état et la charge de conseiller en tous nos Conseils, secrétaire d'État et de nos commandements , vacants par la démission du sieur Pierre-Charles Laurent de Villedeuil » , sont conservées aux Archives nationales (0', 128). A la même date, on trouve, dans le même registre . les lettres de conseiller d'I^tat pour le sieur de Saint-Priest et un brevet d'assurance de 4oo,ooo livres pour le même^*\ Des lettres patentes du 97 juillet 1789 l'autorisèrent wà ne signer que du seul nom de Sainl- PriestT).
Saint-Priest prit, le 7 août 1790, le titre de ministre de l'intérieur; il quitta le ministère le 34 décembre 1790. L'intérim du a/» décembre 1790 au 26 janvier 1791 fut confié à M. de Montmorin, ministre des aflau-es étrangères.
Une lettre du roi, datée du 9 5 janvier 1791, annonce à l'Assemblée nationale wqu'il avait remis à M. Delessart le département de l'intérieur dont avait été chargé par intérim M. de Montmorin n. (Arch. nat., C, 54, dossier 53 1.)
Delessart était à celte date ministre des finances depuis le 3o novembre 1790; il quitta le ministère de l'intérieur le 20 novembre 1791 pour passer aux Affaires étrangères.
Le département de la maison du roi comprenait, d'après YAlmanach royal pour lySg (p. 23o):
A. La maison du Roi. Le clei^é. Les affaires générales de la rehgion prétendue réformée. L'expédition de la feuille des bénéfices. Les économats. Les dons et brevets, autres que des officiers de guerre ou des étrangers, pour les provinces de son département.
B. Provinces et généralités. S I. La ville et la généralité de Paris. Le Languedoc, haut et bas, et la généralité de Montauban. Provence, Bourgogne, Bresse,
deux laquais, deux servantes, dont l'une est iileuse, et m'a donné l'anuée passée 1 ao aulaes de très bonne toile , deux chevaux et trois voitures,» etc. (Arch. nat. , 0',
^•J Cf. La journée du tù juillet ijSq, par M. Jules Flammerniont. Cet auteur a donné, p. clxsui de Y Introduction, les détails les plus complets sur la formation de ce ministère.
'*' Signatures : Saint-Priest; le comte de Saint-Priest; et après le ao juin 1790 : Guignard.
(3) Voir ci -après la note 1 de la page 36o.
'*' Le décret du 6 fémeri79i ordomia le remboursement des /i 00,000 livres, montant de ce brevet de retenue, rtà François-Emmanuel Guignard, ci-devant secrétaire d'État».
Bugey, Valroniey et Gex ^'', Bretagne, le comté de Foix, Navarre. Béarn, Bigorre et Nébouzan. Picardie et Boulonnois. La g(^néralité de Tours. L'Auvergne, qui comprend la généralité de Riom. La généralité de Moulins, qui comprend le Bouibonnais, le Nivernais et la Haute-Marche. Soissons, Orléans, avec la partie du Perche qui en dépend. Le Poitou, la Rochelle, qui comprend la Saintonge, le pays d'Aunis, Brouage, les îles de Ré et d'Oléron.
S IL La Guyenne, haute et basse, ce qui comprend les intendances de Bordeaux, Auch et Bayonne. La Normandie, qui comprend les généralités de Rouen, Caen et Alençon, et la partie de la province du Perche qui dépend de la généralité d'Alençon. La Champagne et la partie de la Brie qui dépend de la généralité de Châlons. La principauté de Dombes. Le Berry.]