‹ Recueil de documents relatifs à la convocation des États Géneéraux de 1789Chapitre 46 sur 299 · ARRÊT DU CONSEIL D'ETAT DU ROI CONCERNANT LA VILLE DE SENS · texte numérisé non relu

ARRÊT DU CONSEIL D'ETAT DU ROI CONCERNANT LA VILLE DE SENS

Le Roi étant informé qu'à l'occasion d'un discours prononcé dans une assemblée de la ville de Sens, le 1" février dernier, et rendu public par la voie de l'impression, il y a eu des protestations déposées au greffe du bailliage et imprimées, ce qui a donné lieu à des procèsverbaux respectifs, et que ces différents actes pourraient faire naître entre les citoyens d'une même ville un esprit de dissension, dont Sa Majesté veut prévenir les suites, surtout dans un temps où un intérêt commun et d'un ordre supérieur à tous les intérêts privés doit réunir tous les esprits et tous les cœurs;

Ouï le rapport; le Roi, étant en son Conseil, a imposé et impose silence sur les causes qui ont donné lieu auxdits actes, lesquels seront regardés comme non avenus.

Ordonne que, conformément au règlement du 9/1 janvier dernier, l'assemblée du tiers état de la ville de Sens sera tenue par les officiers

GENERALITE D'AMIENS. 119

municipaux, pour y procéder tant à la rédaction du cahier du tiers état de ladite ville qu'à la nomination des six députés qu'elle doit envoyer à l'assemblée générale du bailliage; fait défenses Sa Majesté de rappeler dans lesdites assemblées les discussions qu'Elle veut éteindre. Ordonne tant au lieutenant général du bailliage qu'aux maire et échevins de ladite ville d'y tenir la main ; ordonne que le présent arrêt sera imprimé.

Fait au Conseil d'Etat du Roi, Sa Majesté y étant, le h mars 1789. Signé : Laurent de Villedeuil.

[Arch. naL, B m, i43, p. 698. — BibL nal., F 344/», F' 200, Imp. roy., 1789, in-4°.]

LU

ai mars 1789.

RÈGLEMENT POUR L'ExicUTION DE CELUI DU 9 4 JANVIER DERNIER CONCERNANT LA CONTESTATION ELEVEE ENTRE LES TRENTE-SIX DEPUTES DU TIERS ETAT D'AMIENS ET LES OFFICIERS MUNICIPAUX.

Le Roi est informé que, dans l'assemblée du tiers état convoquée à l'hôtel de ville d'Amiens pour élire, conformément au tableau annexé au règlement du a/i janvier dernier, les députés dudit ordre à l'assemblée baillivale au nombre de trente-six, il s'est élevé des questions sur la manière de procéder à cette élection; que, inalgré la grande pluralité des suffrages de l'assemblée pour la forme qu'elle trouvait la plus simple, les officiers municipaux se sont crus autorisés à se retirer et à rendre des ordonnances tendantes à la séparer, faute par elle de n'avoir pas admis les formes qu'ils eussent préférées et qu'ils avaient prescrites, et qu'en leur absence l'ordre du tiers s'est nommé un président par devant lequel il a procédé à l'élection de ses députés. L'intention de Sa Majesté ayant été de s'en remettre à la délibération même des assemblées sur le choix des moyens les plus prompts pour parvenir aux réductions et élections ordonnées par le règlement, et l'élection qui a été faite de trente -six députés du tiers état d'Amiens , hors de la présence des officiers municipaux , ayant été

d'ailleurs parfaitement régulière, entièrement libre, dirigée par de bons principes et heureuse dans ses choix, suivant le témoignage qui en est rendu à Sa Majesté, Elle s'est portée . d'autant plus volontiers à vahder en tant que de besoin ladite élection qu'elle ne pourrait être recommencée sans épuiser des délais très fâcheux pour les députés actuellement rassemblés des autres parties du bailliage, et que d'ailleurs le tiers état d'Amiens, avant de procéder à ladite élection et depuis qu'elle est faite, s'est porté comme il le devait à marquer à ses officiers municipaux les égards dus à leurs personnes et au rang qu'ils tiennent à la tête d'une ville également recommandable par l'importance de son commerce et par le bon esprit qui distingue ses habitants. En conséquence, Sa Majesté a ordonné et ordonne que l'élection faite par l'ordre du tiers état de la ville d'Amiens dans son assemblée du 2 0 du présent mois, à la salle d'audience de l'hôtel de ville, des trente-six députés qui doivent porter le cahier de ses doléances à l'assemblée du bailliage, tiendra en faveur des trente -six personnes ainsi élues. Sa Majesté validant en tant que de besoin ladite élection nonobstant la retraite des officiers municipaux et les ordonnances par eux rendues, soit pour prescrire une forme d'élection différente, soit pour dissoudre ladite assemblée avant qu'elle y ait procédé, lesquelles ordonnances seront regardées comme non avenues.

[Inédit. — Arch. nat., Bm, h, p. SSy, copie, et B*, la, minute signée : Barentin.]

GÉNÉRALITÉ DE SOISSOJNS.

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