‹ Recueil de documents relatifs à la convocation des Etats généraux de 1789Chapitre 170 sur 255 · LE COURS DE LA LOIRE · texte numérisé non relu

LE COURS DE LA LOIRE

ET LES PROVINCES DE L'INT<RIEUR NON COMPRISES DANS LES SUSDITS COMMANDEMENTS.

Commandant en chef: Pierre-Victor-Joseph, baron deBbsenval, lieutenant général des armées du Roi, inspecteur général des Suisses et des Grisons.

Signature : Le B. De Bemivai

[Si Ton s'en rapportait uniquement à ï État militaire de 178g, le ressort de ee commandement ne se fàt étendu qu'aux gouvernements généraux suivants : Orléanais, Berry, Touraine, Bourbonnais, Nivernais , prévôté et vicomte de Paris. U y a lieu d'observer cependant que les lettres et notes ministérielles conservées aux Archives nationales (B*, 1) indiquent comme étant du ressort du baron de Besenval, non seulement les bailliages enclavés dans ces gouvernements, mais encore les suivants : le gouvernement de rfle-de-France et les treize bailliages en dépendant, le gouvernement de Champagne et Brie et les onze bailliages en dépendant (Arch. nat,B', 3i^').)

0) Le baron de Beseaval est qualifie de lëanaÎB» dans le BêetuU de tou$ ki membre$

«commandant en chef k Paris et dans les e<nnposantl*ordr$deSaint'Loui$dtpuii tôgS,

prorinces de Champagne , de Brie , de Bour- par le comte d*Horier. ( Paris, 1818, a voll

honnais, de Berry, de Touraine et d'Or- in-8*, Bibl. nat.. Le i5/i6.)

L'Auvergne, qaî, d*apnèt rordoooanoe de lySS.neformailpas Qoeomiiiaiidement distiod et eût dû , par suite , Mre da reMOrt de Beaeoval , présente one situation particulière. Au procès-veri>al de rassemblée des noIaUes (novembre 1788), figure au nombre des comparant^ : Philippe-Claude de Montboissier, lieutenant gëoëral des armées du roi, chevalier de ses ordres, eommmdant m ekrf dans la Haute et Basse-Auveigne; TÉuu mititair9 de 1789 et les lettres minisÂ-ieHes conservëes aux Archives nationales (B*, 16) indiquent le comte de Montboissier comme commandant en chef en Auvei^pae; il figure encore avec ce titre, au procès-verbal de son ëieclion, comme député de la noblesse de Qermont-Ferrand aux États généraux. On voit, en efiet, aux Archives de la Guerre, qn*il avait été nommé en 1776 commandant en chef de cette province aras irailemeiU. Comme* aux termes de iordonnanoe de 1788, il fallait une commission spéciale pour remplir effectivement les fonctions de commandant en chef, il y a lieu de croire que pour Montboissier en Auvergne, comme pour le duc de Harcourt en Normandie, le titre de commandant en chef était seulement honorifique , comme survivant à un anden étal de choses.

Dans le Lyonnais , Tttat militaire indique comme commandant en chef le comte de Scepeaux ; le prévAt des marchands de Lyon , Tolozan de Montfort , jouissait , d*autre |Nirt, de droits particuliers attachés à sa charge; il y a lieu, en conséquence, de faire des réserves en ce qui concerne Félendue du commandement de Besenval eo celte province.

I il y a lieu enfin de rattacher au commandement de Tintérieur du royaume ks

ressorts des gouvernements généraux de : Limousin, Haute et Basse-Mardhe, Saumurois, Anjou, qui ne sont indiqués ni à YÉua militaire de 1789, ni k la oorr^pondanoe minislérielie , comme se rattachant à un commandement spécial, mais qui semblent, aux termes mêmes de Fordonnance de 1788, être du ressort de Besenval. — Avant Fordonnance de 1788, Besenval jouissait d*ttn traitement de 3o,ooo livres.

Le commandement de Besenval était, plus que tout autre, exposé aux modifications imposées par les circonstances pditiques ; nous ne pouvons les indiquer toutes ici; citons seulement les deux ordres du roi suivants :

1* L'ordre du roi, daté du 37 aodt 1788, qui réunit le commandement en chef de toutes les troupes qui se trouvent en sa bonne ville de Paris en la personne du sieur maréchal de Biron, et celui qui, le mtoe jour, commet le sieur comte d'Afiry, lieutenant général de ses gardes suisses, pour commander en second. Le premier de ces ordres est signé du roi (Arch. nat , 0\ 61 &) ;

9* L'ordre du roi du 1*' juillet 1789, désignant le maréchal de Broglie pour le commandement des troupes réunies à Paris et à Versailles. Nous croyons* en raison de son importance, devoir le rapporter eo entier :

4rVersailles, 1*' juillet 1789. De par le Roi. Se Majesté étant informée des moavements populaires qui troublent la tranquillité de sa bonne ville de Paris et de celle de Versailles, a jugé que le moyen le plus efficace d'y établir le bon ordre était que le commandement des troupes, qui se trouvent actuellement dans lesdites villes, fut réuni dans une même personne, et Sa Majesté, bien assurée de Faffection à son service du maréchal duc de Broglie, chevalier de ses ordres, gouverneur et

commandant en chef dans les Évéchés, ainsi que [de] son expérience dans h conduite désarmées, dont il a donné des preuves édatantes, a jugé que le commandement ne peat être en de meilleures mains que les siennes ; à cet effet , Sa Majesté Ta commis et commet pour commander toutes les troupes actuellement dans les villes de Paris et de Versailles, ou qui pourront y entrer, ainsi que celles de sa garde, et leur ordonner tout ce qu'il jugera à propos pour le bien du service de Sa Majesté; laquelle mande et ordonne à tous les commandants des divers corps qui composent sa garde et à ceux de toutes autres troupes étant dans lesdites lolles, de reconnaître ledit maréchal duc de Broglie en quidité de commandant en chef et de lui obéir et entendre en tout ce qu'il ordonnera pour le bien de son service et ce jusqu'à nouvel ordre de la part de Sa Majesté. Fait k Versailles, le 1** juillet 1789. [Signé de la main du roi :] LOUIS ^^^n (Arch. nat, 0\ 161, P- «97-)]

Commandant en second : François-Antoine-Ladislas, comte db Bbr* CHJNY, seigneur de Luzancy et autres lieux , maréchal des camps et armées du Roi, premier gentilhomme de la chambre du roi de Pologne.

Signature : Berchény.

[ffNé le 17 janvier 17&&, maréchal de camp en i78ii, commandant en second de l'intérieur du royaume le ai juillet 178^^. (Arch. de la Guerre.) Il mourut en Angleterre pendant l'émigration.» (Anselme, op, cit. ) — Le traitement du comte (le Berchény, qui était de 18,000 livres, ne fut pas modiflé par Tordonnance de 1788. (Arch, de la Guerre, 1776, 1.)]

COLONIES

Les pouvoirs des gouverneurs dans les colonies se rapprochaient bien plus, en réalité, de ceux des commandants en chef dans les provinces de France, que de ceux des gouverneurs généraux, mais l'ordonnance du 17 mars 1788, concernant uniquement les officiers relevant du département de la guerre, n'avait rien prescrit à leur ^ard; nous avons cru, pour ce motif, devoir réunir tout ce qui concernait ces fonctions au chapitre de cette partie consacrée aux gouverneurs généraux. (Voir ci-dessus, chap. III, p. &a6.)

(*) La signature du roî sur ce document qui contient de nombreuses ratures semble révéler la hâte qui présida à son exécution.

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