‹ Recueil de documents sur l'Asie centraleChapitre 20 sur 26 · IV. Namangan · texte numérisé non relu

IV. Namangan

Description géiiérale.

Namangan est à quatre-vingts li au nord-ouest de la ville de Marghinân, à égale distance au nord-est de la ville de Kokand. Son territoire est baigné au sud par

la rivière Naryn; dans sa partie orientale et dans sa partie occidentale coulent des rivières qui prennent leurs sources dans les monts septentrionaux, poursuivent leurs cours dans la direction du sud et vont se jeter dans la rivière Naryn. La partie nord-est est enclavée dans le territoire des hordes Bourouts.

Histoire contemporaine.

Le beg de Namangân fit sa soumission en même temps que ceux de Kokand et d'Andidchan.

Le territoire de Namangân est situé par le 41® 38' latitude nord, et le 45® 40' longitude ouest de la capitale (Péking). Lorsqu'on a fait cinquante li dans la direction de l'est et traversé la rivière, on trouve Tarkan.

Observations.

Les villes de Kokand, d'Andidchan, de Margliinân et de Namangân, qui sont situées de chaque côté de la rivière Naryn, doivent être les soixante-dix villes dont parlent les Annales des 'Ilann, et les six grandes villes et cent petites villes du royaume de Ning yuann dont les Annales des T'ang font mention. On peut voir dans la notice précédente sur Kokand ce qui en a été dit.

A la frontière sud-ouest du royaume de Ning yuann ou de P'o lo na étaient les divers états de Ts'ao, de Ché, de K'ang, de Mi, ou les cinq petits états dépendant du K'ang tçiu (Sogdiane), qui furent conquis par les Chiong nou et les T'ou tçué, à l'époque des T'ang: ces divers états devaient se trouver à l'ouest des villes

(rAiididcliaii et autres dont nous venons de parler. On trouve des détails sur eux dans les Annales des Oueï septentrionaux, des Soueï, des T'ang, desquelles nous avons tiré les exti'aits suivants.

Extraits des Annales.

I. Extrait du Peï clié. Description du Si yu. Les habitants du royaume de K'ang sont les descendants de ceux du royaume de K'ang tçiu (Sogdiane) : ils sont nomades, et, n'ayant pas de demeures fixes, ne sont pas toujours sur le territoire qu'ils habitaient autrefois; ils ont ainsi existé depuis Tépoque de la dynastie des llann jusqu'à nos jours.

Leur roi s'appelait à l'origine Ouenn; il était de la race des Yué ti (G êtes) : il résidait autrefois dans la ville de Teliao von, au nord des monts Tyi lienn, mais, battu par les Chiong nou (Huns) il traversa les Ts'ong ling à l'ouest et fonda un état qui se composa de plusiem-s royaumes feudataires. Voilà pourquoi tous les souverains des états situés à droite et à gauche du royaume de K'ang avaient tous le nom de famille de Tchao vou pour rappeler leur originel

Le roi, qui a le surnom do Ché fou pi, a pour femme la fille du roi des T'ou tçué (Turcs) Tatou. Sa capitale est la ville d'Alouti, située sur les bords de la rivière Sa pao. Cet état est réputé puissant : la plupart des autres royaumes du Si yu reconnaissent sa suzeraineté.

J BQ iSC ^*'^'"<^ *'<*" sifii^nifie Guerrier illustre. C'est Téquivalent du persan pehlvân : ees souverains étaient de la famille des Arsacides.

Ce ne fut que durant les années Ta yé (605 — 617) qu'il envoya un ambassadeur offrir en tribut des productions du pays.

La capitale de Tétut de Mi est située sur l'ancien territoire de K'ang tçiu, à l'ouest de la rivière de Na mi. Cet état n'a pas de roi : son chef, vassal du royaume de K'ang, porte le nom de famille de Tchao vou, et le surnom de Pi tcliouo.

La capitale a deux li carrés; elle est à cinq cents li (lu royaume de Sou toueï clia na qui en est au nordoue.st, k deux cents li du royaume de Ché qui en est au sud-ouest; du côté de l'est il est à six mille quatre (»cnts li de Koua tchèou. Cet état envoya en tribut des productions du pays durant les années Ta yé.

La capitale du royaume de Ché est située au sud de la rivière Ton ts'ao, sur l'ancien territoire de K'ang tçiu; le roi de ce pays est de la famille de Tchao vou et porte le surnom de Ti tchou : il est aussi vassal du royaume de K'ang.

La capitale a deux li carrés : elle est à deux cent quarante li du royaume de K'ang qui s'en trouve au nord ; à deux cents li de T ' ou ' houo lo ^ qui en est au sud; du côté de l'ouest elle est à deux cents li du royaume de Na cho po; du côté du nord elle est à deux cents li du royaume de Mi; enfin du côté du nord -est elle est à égale distance du même état. Elle est éloignée de six mille cinq cents li de Koua tchéou. Durant les

' T'oii 'hoiio lo; ce sont les Tok'ari des anciens géographes dans le Tok'arestan, an sud de TOxus supérieur, au nord de Tlndoukouh.

années Ta yè (605 — 617) ce pays envoya un ambassadeur offrir en tribut des productions du pays.

La capitale du royaume de Ts'ao est à quelques li de la rivière Na mi, sur Tancien territoire de K'ang tçiu : cet état n'a pas de chef, il est gouverné par Vou tçienn, fils du roi de K'ang, qui l'a délégué à cet effet.

La capitale a trois li carrés : du côté du sud -est elle est à cent li du royaume de K'ang; du côté de l'ouest elle se trouve à cent cinquante li du royaume de 'Ho; enfin elle est à six mille six cents li de Koua tchéou qui en est à l'est. Durant les années Ta yè (G05 — 617) ce pays envoya un ambassadeur offrir en tribut des productions du pays.

La capitale du royaume de 'Ho est sur l'ancien territoire de K'ang tçiu, à quelques li de la rivière Na mi. Son roi porte le nom de Tcliao vou et est aussi de la race des rois de K'ang.

La capitale a deux li carrés : elle est à cent cinquante li du royaume de Ts'ao qui en est à l'est; du côté de l'ouest elle est à trois cents li du royaume de Siao niu\ Enfin elle est à six mille sept cent cinquante li de Koua tchéou. Ce pays envoya un ambassadeur offrir en tribut des productions du pays durant les années Ta yè (605—617).

n. Extrait des Annales des T'ang. Description des Si jong. Le royaume de K'ang est aussi appelé Sa mou

1 yj\ -t^ Q Siao niu Kouo, le royaume des petites femmes.

tçienii, et Sa mo tçîenn^, c'est le Si oiiami tçinn- des Oiieï. II est à cent ciiuiuaiite li du royaume de Ché qui en est au sud, à environ cent li du Ts'ao oriental qui s'en trouve au nord-ouest; du côté du sud-est il est à cent li du royaume de Mi; du côté du nord il est à cinquante li du Ts'ao central.

Cet état est situé au sud de la rivière Na mi : il comprend trente grandes villes, et trois cents petits bourgs. Le nom de famille du roi est Ouenn : il est de la race des Yuè ti (Gétes). Ce roi résidait autrefois dans la ville de Tcliao vou, au nord des monts Tçi lienn, mais, battu par les T'ou tçué (Turcs) il se retira un peu au sud vers les Ts'ong ling où il fonda le royaume de K'ang. Il a neuf vassaux qui portent tous le nom de famille de Tcliao vou : leurs états sont : Ann, Ts'ao, Clié, Mi, 'Ho, 'IIouo, Siunn, Vou ti, Che.

A réi)oque des Soueï, Tçiu mou tclié, roi de ce pays, épousa une fille des T'ou tçué (Turcs) occidentaux : dans la suite il soumit ces; derniers.

La dixième année Vou to (627) cet état envoya un ambassadeur à la cour; durant les années Yong 'lioueï de l'empereur Kao tsong (GoO — G5G) il fut érigé en gouvernement de K'ang tçiu.

Le Ts'ao oriental porte aussi les noms de Chouaï tou clia na. Sou toueï clia na, Tçié pou tsié na. Sou tou ché t'o. II est au nord des monts P'o si : c'est le ter-

^ ^1 TIC ^lÈ ^*^ '"^^ tçicnn (kieiinX i)^ ïjt t0 Sa mo tçicnn (kieuii) = Samarkand.

Fp Si ouanii tçinn (kiim).

ritoire où était située la ville de Eul clié de l'époque des 'Haim, Il est à deux cents li de Tçiu tchanii t'i qui eu est au uord-est; les états de Ché au nord, de K'ang à l'ouest, de Ning yuann au nord-est, en sont tous à quatre cents li environ. Le royaume de T'ou 'liouo lo qui est au sud du Ts'ao oriental en est à cinq cents li. Durant les années Vou to (G 18— 027) il envoya un ambassadeur à la coiu', en même temps que le royaume de K'ang.

Le Ts'ao occidental est le Ts'ao de l'époque des Soueï. Il touche au sud au royaume de Clié et à celui de P'o lann : la capitale est la ville de CIio ti lienn. Un ambassadeiu- de ce pays vint à la cour dans les années Vou to (G18 — G27). La première année T'ienn pao (742) le Ts'ao envoya en tribut des productions du pays.

Le Ts'ao central est à l'est du Ts'ao occidental, au nord du K'ang; son souverain réside dans la ville de Tçia ti tchenn.

Le pays de Mi, qu'on appelle aussi Mi mo ou Mi mo 'ho, est à cent li de K'ang; son souverain réside dans la ville de Po si to. Durant les années Yong 'houeï (G50 — G56), il fut battu par les Ta ché; la ti-oisieme année Chîenn tç/ing (658) son pays fut érigé en Nann y tchéou, et dés lors il ne cessa d'envoyer tribut.

Le pays de 'Ho, que l'on appelle aussi Tçiu siang ni tçia ou Koueï siang t'o : c'est l'ancien territoire oîi se trouvaient les frontières de Fou mo du K'ang tçiu.

Le pays de Ché, appelé aussi Tçiu cha ou Tçié siang na, est situé au sud de la rivière Ton mo; c'est l'ancien

territoire de la ville de Sou chié du K'ang tçiu. D est situé à cent cinquante li de Na clio p'o, qui en est à Touest; du côté du nord il est à deux cents li de Mî, et du côté du sud à quatre cents li de T'ou 'houo lo.

Observations.

Le royaume de T'ou 'houo lo, qui, selon les Annales des 'Hann, était situé à Touest des Ts'ong ling, au sud de la rivière Ou 'hou, est l'ancien territoire de Ta chia (Bactrianc). Le pays de Na clio p'o, que Ton appelle aussi Siao ché, était situé sur le territoire de T'o Miouo lo : il s'appuie à Test aux Ts'ong ling et correspond au royaume de Ché. Au sud il est limitrophe du royaume de T'ou 'houo lo : aussi lisons-nous dans le Péi ché que le royaume de Ché est à cinq cents li de T'ou 'houo lo; ce royaume de Ché était donc au nord-ouest des Ts'ong ling.

Le royaume de Mi, dont parle le Péi ché^ était à deux cents li du royaume de Ché qui s'en trouvait au sudouest, et le royaume de Ché était à deux cents li du royaume de Mi, dans la direction du nord et du nordest. D'après les Annales des T'ang k royaume de Mi était à deux cents li au nord de celui de Ché, et par suite au nord des Ts'ong ling.

Le royaume de K'ang des Annales des T'ang était à cent cinquante li du royaume de Ché, du côté du sud, et à cent li du royaume de Mi, dans la direction du sud-est: K'ang était donc à cent li environ au nord de Ché et au nord-ouest de Mi, juste au nord-ouest des Ts'ong ling.

Le Ts'ao oriental des Annales des T'ang était le Sou toueï cha na : touchant à Touest au royaume de K'ang, il se trouvait donc à Test de ce dernier. Il est dit de plus qu'il était à cinq cents li de T'ou 'liouo lo, dans la direction du sud : il devait se trouver par conséquent au nord-ouest des Ts'ong ling. Le royaume de Mi étant à deux cents li de celui de Ché qui en était au sudouest, il se trouvait à cinq cents li du Sou toueï cha na qui en était au nord-ouest. Alors le Ts'ao oriental devait donc être situé au nord du royaume de Ché; aussi, de même que ce dernier état, devait-il être à cinq cents li de T'ou 'houo lo.

A l'ouest du Ts'ao oriental était le Ts'ao central qui touchait au royaume de K'ang au sud; à l'ouest de ce Ts'ao central était le Ts'ao occidental, contigu au royaume de Ché au sud; la frontière méridionale du K'ang touchait aussi au royaume de Ché, mais celle de ce royaume s'étendait plus loin qu'elle à l'est et à l'ouest.

Les Annales des T'ang disent que le Ts'ao oriental touchait à l'ouest au K'ang, tandis que le Péi ché dit que le Ts'ao s'étendait au sud-est jusqu'au K'ang : la raison de cette différence vient de ce que l'un parle du Ts'ao oriental seulement, tandis que l'autre parle du Ts'ao central, du Ts'ao oriental et du Ts'ao occidental tout à la fois.

Enfin le royaume de 'Ho, qui, selon le Péi ché, était, du côté de l'est, à cent cinquante li du Ts'ao, devait se trouver par conséquent à l'ouest des autres états dont nous venons de parler.

En somme, les cinq états de Clié, de Mi, de Ts'ao, de K'ang et de 'Ho, qui s'étendaient au nord des Ts'ong ling dans la dii-ectîon de Fouest, devaient avoir une superficie d'environ quatre cents li du sud au nord, et d'environ six cents de l'est à l'ouest. C'est évidemment le territoire qui s'étend aujourd'hui au sud-ouest de Kokand, d'Andidclian et autres villes.

Andidchan est, comme nous l'avons vu dans la notice précédente, le Ning yuann de l'époque des T'ang. D'Andidclian, en allant vers le sud-ouest, on trouvait les états de Ts'ao, de Mi, etc. C'est ce que disent les Annales des T'ang : «Au nord-est du Ts'ao oriental était situé le royaume de Ning yuann.»

C'est là que vinrent s'établir les souverains de Tchao vou qui «battus par les Cliiong nou (Huns) et les T'ou tçué (Turcs), se retirèrent vers les Ts'ong ling, dans la direction du sud-ouest.» Après avoir émigré, ils se trouvèrent au sud-ouest du Ta yuann, proche des Ts'ong ling, tandis qu'avant d'avoir émigré, ils résidaient au nord-ouest du Ta yuann, sur le versant des monts Tçi lienn. Us étaient autrefois vassaux des souverains de

K'ang.

Selon les Annales des 'Hann, le pays de Ta yuann était contigu au nord-ouest avec celui de K'ang tçiu, et par conséquent la route septentrionale qui traversait à l'ouest la chaîne des Ts'ong ling devait déboucher dans les deux pays de Ta yuann et de K-ang tçiu.

Les Annales des T'ang disent «que le Ts'ao oriental est le territoire de la ville d'Eul ché des 'Hann» : il se

trouvait donc en deçà des frontières du Ta yuann. Ces mêmes Annales disent : «Le Ts'ao occidental est le Ts'ao de l'époque des Soueï.» Le royaume de Ts'ao des Annales des Soueï était . autrefois territoire du K'ang tçiu : c'est h\ une preuve encore bien plus évidente que le Ts'ao oriental et occidental de l'époque des T ang était situé sur les frontières des états de Ta yuann et de K'ang tçiu du temps des 'Hann.

NOTICE SUE TACHKEND

Description générale.

Tachkend^ est limitrophe, au nord-est, du territoire de la horde K'azak de gauche, à l'est, de celui des Bourouts, au sud-est, de celui de Namangân. Elle est à raille trois cents li de la ville de Kachgar : elle était située, à l'époque des 'Hann, sur la frontière du Ta yuann et du K'ang tçiu. Sous les T'ang elle fit partie intégrante ^u royaume de Ché.

Le pays de Tachkend est plat; il s'y trouve des villes. Trois K'odjas régissent les Mahométans : l'un s'appelle Mordo Saraouch; l'autre, Chad; le troisième, Dourdjan.

Tachkend fut longtemps sous la domination des K'azaks qui chaque année y envoyaient des gouverneurs. Mordo Samouch, établi K'odja par les K'azaks, fut chassé par Dourdjan : les K'azaks vinrent en armes demander raison de cette expulsion à Dourdjan, sans pouvoir l'obtenir.

Histoire contemporaine.

Le tsann tsann Fou To, poursuivant le K'azak Sira, la vingt-troisième année Tç'ienn long (1758), arriva sur

> Suivant rancienne orthographe on écrivait i^ -4^ *-}-*•, on écrit maintenant ;Wl -/-j* 2S. La première se trouve dans les Annalejt des Mhig, livre 332. i

le territoire de Tachkend : il envoya Mongourdaï et 'Ho chann pour soumettre le pays. Ceux-ci enjoignirent aux K'azaks de se soumettre pour éviter aux populations mahométanes les horreurs de la guerre : ils voulurent faire venir Dourdjan, mais celui-ci ne se rendit pas àson invitation; ils se remirent alors à la poursuite des K'azaks auxquels ils livrèrent bataille sur les bords de la rivière; puis, pour pacifier le pays, ils vantèrent la puissance de l'empereur et les bienfaits de la concorde: les K'azaks se repentirent et Moniyaz, vassal de Tachkend, adressa à l'empereur une pétition, demandant à faire sa soumission; sa pétition était conçue en ces tenues:

«Moi, Mordo Samouch, j'adresse humblement cette pétition à l'empereur très saint et très puissant. Je n'ai pu surmonter ma joie quand l'envoyé de l'empereur est arrivé sur mon territoire, et c'est avec le plus profond respect que j'ai reçu le décret impérial qui a déchiré le voile obscur dont nous étions entourés. Nous autres, petit peuple situé à l'extrémité de vos frontières, nous n'aurons plus quune seule pensée : celle de vous livrer chem djapou, ce rebelle Dzongar. Nous espérons que vous voudrez bien nous éclairer d^ votre lumière brillante : nous avons les yeux tournés avec respect vers vous et nous nous soumettons à vos instructions excellentes. Je vais retourner dans les lieux où vivent les miens, et je leur dirai qu'ils vont jouir désormais d'un bonheur et d'une félicité éternelles.»

Moniyaz vint à la cour pendant le neuvième mois. Il fut invité aux festins impériaux à la villa de P'ann

chann tsing tçi, il vit le Naiin yuann et assista à des feux d'artifice.

Cet chem djapou dont il vient d'être question était le fils du frère aîné d'Amoursana : il avait suivi la cause de ce dernier et quand tout espoir eut été perdu il avait cherché son salut dans la fuite. Saisi par les troupes de Tachkend, il fut à ce moment livré à notre année.

Le territoire de Tachkend est situé par le 30*^ 5' latitude nord et le AT 33' longitude ouest de la capitale (Péking). Lorsque de Tachkend on fait sept cents li environ dans la direction du sud-ouest, on traverse la rivière Sir, puis la rivière Naryn et on trouve la ville de Samarkand. Au sud-ouest est la ville de K'arakots, à Fouest celle de Ourkendsi : plus loin encore, dans la direction de l'ouest, on approche du Darigangga qui est la fin de la frontière occidentale.

Extrait des Annales sur Tachkend.

Extrait des Annales des Ming, Description du Si yu. Tachkend est à sept cents li environ de Samarkand qui en est à l'ouest. La ville, qui a deux li de circonférence, est située dans une^laine ; elle est entourée de jardins et de bosquets. La contrée abonde en arbres fruitiers de toutes sortes; le sol convient aux cinq espèces de grains. La population en est très nombreuse.

Observations.

Les cinq rois du K'ang tçiu, divisés en neuf familles, qui émigrèrent vers le sud-ouest et s'établirent au sud-

ouest du Ta yuann, sont évidemment les rois de Tchao vou dont parle le Pëi ché, lesquels résidaient autrefois au nord des monts Tçi lienn, mais qui, battus par les Chiong nou (Huns), émigrèrent vers l'ouest et traversèrent les Ts'ong ling; c'est ce à quoi font allusion les Annales des T ' ang en disant : « Us habitaient autrefois au nord des monts Tçi lienn, mais, défaits par les T'ou tçué (Turcs) ils se retirèrent vers les Ts'ong ling.»

La ville de Tachkend, située entre les territoires des anciens royaumes de K'ang tçiu et de Ta yuann, à quatre cents li environ au nord des Ts'ong ling, doit être la ville où résidaient les rois de Tchao vou : c'est pourquoi les rois de Tchao vou, émigrant vers le sud, se retirèrent vers les Ts'ong ling, et, émigrant vers l'ouest, traversèrent ces dernières montagnes.

La position actuelle du territoire de Tachkend ne diffère pas de celle du Tachkend des Ming : le nom est resté le même; nous lisons dans les Annales des Ming que «Tachkend est à sept cents li environ de Samarkand : en effet, aujourd'hui, lorsque de la ville de Tachkend on se dirige vers le sud-ouest, on arrive, après avoir traversé les deux rivières Sir et Naryn, à la ville de Samarkand.

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