‹ Recueil de documents sur l'Asie centraleChapitre 9 sur 26 · TURKESTAN EN · texte numérisé non relu

TURKESTAN EN

Le treize du deuxième mois de la quatrième année ^ ^ kouang siu (mars 1878), il a été promulgé un décret conçu en ces termes :

Aujourd'hui a été reçu un rapport de ^fe ^ ^ Tso Tsong t'ang, de ^ )|g Tçinn Chouenn et de ^ ^ Léou Tienn, apporté par un exprès, annonçant la reprise des quatre villes de louest^ et la pacification complète du Turkestan.

L'année passée, lorsque les troupes chinoises eurent repris les quatre villes de l'est, $|| ^ ^ Léou Tçinn t'ang, fonctionnaire assistant du troisième rang, présenta un plan de campagne pour reprendre les quatre villes de l'ouest. En conséquence on envoya d'abord le général ^ J^ J^ Yu 'Hou-enn qui, passant par Aksou, prit la route de Bartchouk et de Manarbach et forma le corps d'armée principal; puis ^ ^ P| 'Houang Ouann- hong,

^ Kachgar, Yenghi-Hissar, Yarkand et K'oten. Voyez page 19.

HI8T0IKE DE L'INSURRECTION DES TOUNtiANEB.

qui, prenant par Onché, forma an corjw d'éclaireiirs. On décida que l'on commencerait par s'emparer de Kachgar et que Léou Tçinn t'ang résiderait à Bartchouk et à Manarbach pour occuper solidement la route du centre.

Incontinent aprèe, le 15 du onzième mois {décembre 1877) les troupes marchèrent rapidement en avant; le 17 elles s'emparèrent de Yarkand, puis doublant leur marche, arrivèrent le 20 à Yenghi Hissar, recouvrant ainsi le territoire des Mahoniétans porteurs de turbans'. Se portant de nouveau en avant, elles arrivèrent le 22 à Kachgar, sous les murs de laquelle Vu 'Hou-enn était déjà parvenu le 23. Les généraux attaquèrent la ville, et dès l'abord ils massacrèrent jusqu'au dernier le corps de rebelles commandé par le général rebelle ^ tc 'H' Ouang yuann linn; puis, comme une troupe de trois à quatre mille insurgés s'avançait pour secourir la ville, Yu 'Houenn l'attaqua avec vigueur : les assiégés ouvrirent les portes de la ville et s'enfuirent.

Tso Tsong-t'ang et 'Houang Ouann-'liong, divisant leurs troupes, se lancèrent à leur poursuite, puis, prenant des chemins de traverse, les délirent complètement, s'emparèrent du chef rebelle ^ yj^ ^ Yu siao'Iiou, et firent décapiter l'insurgé ^ ^ ^ T-ann to t(;hiii : les bandes insurgées furent totalement détruites. D'autre part le général |f tc ?^ Sou yuann'heng, ayant réuni son infanterie aux troupes de Houang Ouann-'hong, livra

[l 'houeï ; c'est pftur |^ ^ [n| ...., i™..~,..a de turbane. On ap " ■ ■ ■ HaboraétaDs qui ne sont iaaus ni do L'hiaoU m de Mongols.

■ Il y a dans le teste jg|| [e] tchann houeï : c est prtur ^ i^, ,, Tch'uin t'éou "houeï, Hahométaiw porteurs de turbane. On appelle ainsi les

bataille à un autre corps de rebelles, s'empara vivant du général en chef J| jq Ma yuann, et massacra son lieutenant Ô ^ Ifl ^^ eyenn long : cette bande fut donc aussi détruite.

Léou Tçinn T'ang ordonna de décapiter les rebelles ^ >lfi fn Tçinn siang ynn, père et fils, Yu siao 'hou et Ma yuann, et d'exposer leurs têtes pour servir d'exemple. Outre que onze cents insurgés, faisant partie des troupes de Kachgar, furent condamnés à la peine capitale. Les autres, terrifiés par l'exemple, restèrent tranquilles.

Le général |£ ^ ^ Tong Fou-siang marcha rapidement sur K'oten à la tête de ses troupes; du 29 du onzième mois (décembre) au 2 du douzième (janvier 1878), il put tout ensemble et détruire les insurgés et pacifier la contrée : la tranquillité régna alors à K'oten.

En reportant les yeux sur le passé nous voyons que plus de dix années se sont écoulées depuis la troisième année ^ */j§ T'ong tché (1862), époque à laquelle les chefs révoltés des tribus Bouroute* excitèrent des troubles, le Mahométan Tçinn siang ynn attaqua Kachgar et s'en empara, occupa. peu à peu le territoire des huit villes du T'ienn chann nann lou* et vit tomber successivement entre ses mains Tourfan et Ouroumtsi. L'empereur, voulant recouvrer cette partie de ses Etats, ordonna à Tso Tsong-t'ang de prendre en main les affaires militaires des Nouvelles frontières, en qualité de commissaire im-

' Sur les Bourouts voyez page 11.

2 Ce sont les quatre villes de l'est : Pidchan, Kou tché, Aksou, Ouché, et les quatre villes de l'ouest : Kachgar, Yenghi-Hissar, Yarkand et K'oten.

pénal. Le dit commissaire impérial s'occupa tout ensemble et de châtier et d'apaiser les populations; dans le T'ienn chann peï lou il reprit d'abord Ouroumtsi, puis s'empara de Manas, s'avança par plusieurs routes et reprit Tourfan; il disputa avec vigueur les défilés importants qui conduisent dans le T'ienn chann nann lou; se dirigeant ensuite vers l'ouest il trouva la tâche tout aussi aisée, et maintenant voilà que les huit villes reconnaissent de nouveau nos lois.

C'est évidemment là un bienfait du Ciel auguste que grâce à la faveur qu'ont auprès de lui les anciens souverains nous avons obtenu. Les deux impératrices^ qui, durant des nuits entières, ont souffert au delà de toute expression, ont su ce que valait Tso Tsong-t'ang et su l'employer avec succès : à la cour comme à l'armée il n'y eut qu'une seule pensée, et les officiers, se conformant aux ordres de leurs chefs, ont partout accompli de grands exploits. En haut, ce succès a suffi pour consoler l'âme de l'empereur ^ ^ ^ Mou tsong y * qui réside à présent au ciel; en bas, il a suffi pour donner corps aux espérances du peuple tout entier. C'est là en vérité un événement heureux et fortuné!

Comme ceux qui étaient à la tête des troupes se sont donnés corps et âme au service de l'Etat ^ et ont souffert

* Veuves de Fempercur Tong tchô.

2 ^p ^^ ^K^ &^ w* Mou tsong y 'houang ti, l'empereur brave qui

vénère ses ancêtres, est le ^S ^^ Miao *hao on nom de temple, titre honorifique qui a été décerné à Tempereur T'ong tché après sa mort.

3 On nous permettra de relever et d'expliquer ici l'élégante expression dont nous ne donnons que le sens. On lit dans le texte itt JS |^ ^

toutes sortes de fatigues, il convient de les récompenser de leurs bons et loyaux services par des grâces abondantes et toutes spéciales. En conséquence Tso Tsong f ang, commissaire impérial, ministre d'Etat, vice-roi du Chftnn kann , qui a supporté des fatigues de toutes sortes, s'est distingué dans le soin qu'il a apporté aux subsistances de l'armée, et dont les plans ont eu un succès complet, passe, par une faveur spéciale, du rang de comte de première classe, au rang de marquis de seconde

classe^ etc

(Le reste du décret ne renferme que la liste des récompenses accordées aux officiers qui se sont distingués durant la guerre.)

dont le mot à mot est peigner — vent — laver — pluie : il faut traduire ici, contrairement à la règle posée par les sinologues suivant laquelle les mots que Ton veut mettre au cas instrumental se placent avant le verbe, par peigné par le vent, lavé par la pluie, ce qui signifie que celui qui voyage au loin n*a pas le temps de se débarbouiller ni de se peigner et laisse ce soin à la pluie et au vent. Le mot j^ est expliqué en chinois par ^^q SS

se débarbouiller, et itt par j^ ^^ se peigner. Cette expression est empruntée au ^ gR Ché tçi ou Mémoires historiques du célèbre Sseu ma Tç 'ienn, Histoire de la dynastie des W Chia, voici le passage : ^ itt

M,i^m^^MJ&A^tk^^ »«>»p««»^ Yu fut

peigné par le vent et lavé par la pluie (supporta toutes sortes de fatigue), fatigua sa personne et sécha sa pensée, pendant les huit années qu'il passa à rétranger.

> Sur les titres nobiliaires voyez page 46.

Notice sur le Si yu t'ou tché ou Description du Si yu accompagnée de cartes ^

Le titre complet de Touvrage est ^ ^ ^ |^ jS ^ H >Ê Tç'mn ting 'houangyu Siyu {ou tchê, description du Si yu avec cartes, composée et publiée sur ordre impérial. On trouve en tête une préface due au pinceau de Tempereur Tç'ienn long, et les décrets relatifs à la composition et à la révision de Touvrage ; puis viennent le ^ 1^ plan de Touvrage et la liste des trente -six savants et lettrés qui ont coopéré à la rédaction : nous y voyons les ministres d'État ^ jg Ton 'Heng, ^ ^ Akoueï, le héros de la guerre des Miao tseu, ^jj ]^ Tchao 'Houeï, à qui fut due la conquête du Turkestan en 1759, etc.

Le ^ "^ livre formant introduction renferme les ^ j^ productions impériales, c'est-à-dire les pièces de vers ou

> La description de TAsie centrale continue dans la seconde édition et les éditions subséquentes du Ta U*ing y €<mS tché n*est qn*un résumé du 8% yu Cou tché : quelquefois, mais rarement, Ton y ti'ouve des détails nouveaux.

de littérature relatives aux aifaires de l'ouest composées par l'empereur ; il est divisé en quatre sections. Voici le résumé des matières contenues dans les quarante-huit livres suivants :

Livre I. @ :% T' oit le ao, examen des cartes : Carte générale de l'empire chinois ; carte générale du Si yu ; cartes du An si nann lou, du An si peï lou, d'Ouroumtsi et ses environs, du T'ienn chann peï lou (trois cartes), duT'ienn chann nann lou (six cartes : Pidchan; K' arachar et Koutché ; Saïrim et Aksou; Ouché et Kachgar ; Yarkand; K'oten.

Livre II. Suite du T'oit k'ao. Cartes orographique et hydrographique du Si yu ; cartes du pays des K' assaks, des Bourouts, du K'anat de Kokand, du Badak'chan et de l'Afghanistan.

Livre III. ^ "f^ S ^ @ ^^' tm Siyit { ou, atlas historique du Si yu : Cartes du Si yu sous les "Hann antérieurs (206 av. J.-C. — 25 ap. J.-C); sous les 'Hann postérieurs (25 ap. J.-C. — 220); sous les Sann kouo ou trois États (220 — 265); les Tsinn (265 — 419); les peï oueï ou Toba (386 — 535) ; les Tchéou (557 — 589); les Soueï (589 — 618); les Tang (618 — 907); les cinq dynasties (907 — 960) ; les Song (960 — 1206) ; les Yuann (1206 — 1368); les Ming (1368 — 1628).

Livres IV, V. ^J ^ lié piao, tableaux historiques des dénominations données aux villes et pays du Si yu sous les différentes dynasties depuis celle des 'Hann jusqu'à celle des Ming inclusivement.

Livres VI, Vil. ^ )^ Kouéi tou, des distances mesurées à l'aide du gnomon.

Livres Vin à XIX. ^ J^ Tçia7ig yu, description des frontières.

Livres XX à XXIII. |lj Chanuy description des montagnes.

Livres XXIV à XXVIII. ;jc Cliouéî, description des rivières et cours d'eau.

Livres XXIX et XXX. ^ ^ Kouann tché, administration civile et militaire.

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