XXI. — Cobaye : 495 gr. 6 mars. Ligature de l’intestin
A partir du 7 mars, injection sous-cutanée de 4 cc. d’extrait par jour. Mort dans la nuit du 9 au 10 mars (4e jour).
XXII. — Cobaye : 385 gr. 6 mars. Ligature de l'intestin. A partir du 7 mars, injection de 4 cc. d’extrait, chaque jour. Mort dans la nuit du 10 au 11 (5e jour).
Si l’on compare aux expériences X à XV, après lesquelles les cobayes non traités succombaient en 12 à 36 heures, ces quatre expériences où les animaux ont survécu 4, 5, 6 et .même 8 jours, on pourrait être tenté d’attribuer le résultat à l’action de l’extrait entérique. Mais il faut remarquer que nos quatre cobayes n’ont reçu la première injection que 24 heures après la ligature intestinale. Or, nous avions pris, pour cette série d’expériences, neuf cobaves, avec l’intention de ne commencer les injections d’extrait entérique que 24 heures après la ligature. Ou’est-il arrivé?
Cinq cobayes ont succombé dans les premières heures; les animaux qui ont pu 'être mis en expérience se trouvent être ainsi des sujets particulièrement résistants, ce qui explique leur survie relativement longue.
Dans la série suivante, où les animaux ont été injectés dès le premier jour, les 'résultats sont beaucoup moins bons, par suite de l’absence de la sélection que procurait l’attente de 24 heures.
XXIII. — Cobaye : 680 gr. 12 avril. Ligature de l’intestin. Aussitôt après, injection de 2 cc. d’extrait glycériné. Mort le 13 aVril au matin.
XXIV. — Cobaye : 690 gr. 12 avril. Ligature de l’intestin. Injection de 2 cc. d’extrait. Nouvelle injection de 2 cc. le 13 avril. Mort, le 14 au matin.
XXV. — Cobaye : 590 gr. 12 avril. Ligature de l’intesün et injection de 2 cc. d’extrait. Nouvelle injection de 2 cc. le 13 avril. Mort 'dans la nuit du 13 au 14.
XXV I. — Cobaye : 565 gr. 12 avril. Ligature de l'intes-
lin et injection de 2 ce. d’extrait. Mort dans la nuit du 12 au 13.
XXVII. — Cobaye : 740 gr. 12 avril. Ligature de l’intestin et injection de 2 cc. d'extrait. Nouvelle injection
de 2 cc. le 13 et le 14. Mort dans la nuit du 14 au 15 (3e jour).
XXVIII. — Cobaye : 610 gr. 12 avril. Ligature de l’intestin et injection de 2 cc. d’extrait. Injection de 2 cc, le 13 avril. Mort dans la nuit du 13 au 14 avril.
XXIX. Cobaye : 470 gr. 15 mai. Ligature de l’intestin, injection de 21 cc. d’extrait (correspondant à 1 gr. de muqueuse). Le 16 et le 17 mai, injection de 42 cc. Mort le 18 mai (3e jour).
XXX. — Cobaye : 540 gr. 15 mai. Ligature de l’intestin. Inlec 11 de 21 cc. d’extrait. Le 16 mai, injection de 42 cc. Mort dans la nuit du 16 au 17,
XXXI. — Cobaye : 375 gr. 15 Liai. Ligature de l’intestin M injection de 21 cc. d’extrait. Mort dans la nuit du 15
au 16.
XXXII. — Cobaye : 605 gr. 15 mai. Ligature de l’intesiin et injection de 21 cc. d’extrait. Nouvelle injection de 21 ce, ie 16 et le 17. Mort le 18 mai (3e jour).
XXXIII. — Cobaye: 390 gr. 15 mai. Ligature de l’intestin. Injection de 21 cc. d’extrait. Nouvelle injection de 21 cc, le 16 mai. Mort le 17 au matin.
XXXIV. — Cobaye 350 gr. 15 mai. Ligature de l’intestin. Injection de 21 ce. d’extrait. Nouvelle injection de 21 ce. le 16 et 17 mai. Mort le 18 mai (3e jour).
Comme on peut le constater, dans cette série, la plupart des cobayes (8 sur 12) ont succombé en 24 à 36 heures, de même que les cobayes non traités. L’emploi de doses
élevées d’extrait semble donner des résultats un peu meilleurs : 3 cobayes sur 6 ont vécu jusqu’au troisième jour. Mais cela suffit-il pour attribuer une réelle valeur à l'opothérapie entérique ?
Nous avons vu plus haut que les trois lapins qui avaient subi la ligature de l’intestin étaient morts au bout de 2, 4 et 5 jours. 12 lapins ont subi la même opération; mais on leur a injecté, chaque jour, sous la peau, des quantités d’extrait glycériné correspondant à des poids de muqueuse intestinale variant entre 0 gr. 50 et 5 gr. Les résultats n’ont guère été brillants, puisque 7 animaux sont morts au bout de 36 heures, 2 le second jour, 2 le troisième jour, et enfin, 1 le quatrième jour.
XXXV. — Lapin : 1,780 gr. 12 mars .Ligature d’une anse grêle; immédiatement après, injection sous-cutanée de 21 cc. d’extrait glycériné; nouvelle injection de 21 ce. dans J soirée du 12 mars et le 13 mars. Mort dans la nuit de 13 au 14 mars. '
XXXVI. — Lapin : 2,200 gr. 12 mars. Ligature intesti nale. Injection de 21 cc. d’extrait aussitôt après; nouvelle injection de 21 cc. dans la soirée du 12 et le 13 mars. Mort dans la nuit du 13 au 14.
XXXVII. — Lapin : 1,820 gr. 18 mars. Ligature intestinale. Immédiatement après, injection de 10 cc. 5 d’extrait. Injection de la même quantité le lendemain. Mort dans la nuit du 19 au 20.
XXXVIII. — Lapin : 1,950 gr. 17 avril. Ligature intestinale. Injection de 42 cc. d’extrait. Nouvelle injection de 42 cc. le 18 avril. Mort dans la nuit du 19 au 20.
XXXIX. — Lapin : 1,840 gr. 17 avril. Ligature intestinale. Injection de 42 cc. d’extrait. Nouvelle injection de 42 cc. le 18 avril. Mort dans la nuit du 18 au 19.
( . — Lapin : 1,800 gr. 17 avril. Ligature intestinale.
Injection de 40 ce. d’extrait. Nouvelle injection de 40 ce. le 18 avril. Mort dans la nuit du 18 au 19.
Xkl- Lapin. 26 avril. Ligature intestinale. Injection de 14 ce. d extrait plus concentré correspondant à 5 gr. cle muqueuse intestinale. Nouvelle injection d’une même" dose le 27 avril. Mort dans la nuit du 27 au 28.
^II- Lapin : 2,230 gr. 18 mars. Ligature intestinale. Injection de 21 cc. d’extrait glycériné (correspondant à 1 gr.) Nouvelle injection de 21 cc. le 19 mars. Mort le 20 mars après-midi (2e jour).
XLHL Lapin : 2,150 gr. 18 mars. Ligature intestinale. Injection de 21 cc. d extrait. Injection de la même dose Je 19 mars. Mort dans la matinée du 20 mars (2e jour).
NL1\ . Lapin : 2,120 gr. 18 mars. Ligature intestinale. Injection de 10 cc. 5 d’extrait (correspondant à 0,50 de muqueuse). Nouvelles injections de la même dose le 19 et le 20 mars. Mort dans la nuit du 20 au 21 (3e jour).
NL\ . — Lapin : 26 avril. Ligature intestinale. Injection de 14 cc. d’extrait concentré correspondant à 4 gr. de muqueuse. Nouvelles injections de la même dose les 27, 28 et 29 avril. Mort le 29 avril au soir (3e jour).
XLVI. — Lapin : 26 avril. Ligature intestinale. Injection d extrait concentré correspondant à 5 gr. de muqueuse. Injections de la même dose les 27, 28 et 29 avril. Mort dans la nuit du 29 au 30 (4e jour) (1).
Si nous récapitulons maintenant nos expériences, nous voyons que les injections d’extrait entérique sont restées sans action, alors qu’il s’agissait de neutraliser des quan-
1. Trois expériences de contrôle nous avaient montré que cette dose 4e 5 gr. de muqueuse, sous forme d’extrait glycériné concentré, ne détermine pas d’accidents toxiques, par la voie sous-cutanée.
tités de matières fécales plus petites que la quantité de muqueuse injectée; avec l’extrait de 2 gr. de muqueuse, on n’empêche pas la mort immédiate, sous l’action de 1 gr. 50 et même 1 gr. de matières fécales.
L’extrait entérique se montre-t-il plus efficace contre l’intoxication stercorémique consécutive à la ligature de l’intestin? Il ne le semble pas, d’après les expériences suivantes :
Six cobayes auxquels on avait posé un lien au niveau de l’iléon et qui n’avaient subi aucun traitement opothérapique sont morts : 2 en 12 heures, 3 en 24 heures et un en 36 heures. 9 cobayes devaient être traités par l’extrait entérique, dès le lendemain de la ligature ; 4 seulement survivaient au bout de 24 heures et ont résisté 4, 5, 6 et 8 jours (mais ce dernier avait un anus contre-nature spontané). Sur les 12 cobayes traités immédiatement après la ligature, 8 sont morts dans les 36 premières heures ; les 4 autres ont survécu jusqu’au troisième jour; un seul a survécu 4 jours, alors que sur trois lapins non traités, un a vécu 4 jours et un autre 5 jours.
L’efficacité de l’extrait de muqueuse intestinale contre les toxines d’origine fécale nous semble donc nulle.
De plus, ces extraits employés à haute dose sont toxiques. En les utilisant, on ne fait donc qu’ajouter une nouvelle intoxication à la stercorémie. Les occlusions intestinales resteront tributaires de la chirurgie et, dans les moyens médicaux adjuvants à employer, bien préférables sont les toniques cardiaques et les excitants de la sécrétion urinaire, au nombre desquels les injections de sérum artificiel peuvent être mises au premier rang, pour leur efficacité et leur innocuité.
Recherches expérimentales sur les greffes intestinales (1)