‹ Recueil de faits cliniques et expérimentauxChapitre 4 sur 27 · Vidal. Revue de Chirurgie , 1900, t. XXII, p · texte numérisé non relu

Vidal. Revue de Chirurgie , 1900, t. XXII, p

-Vous avons repris ces expériences, et nos résultats nous

permettent d'affirmer que de pareilles conclusions sont prématurées.

Bien que, depuis 1900, aucun auteur n’ait appliqué l’opotherapie enterique à la pratique chirurgicale, nous croyons utile de publier ici le résultat de notre expérimentation.

On peut, tout d’abord, étudier l’action neutralisante de l’extrait entérique, en injectant, dans les veines d’un animal, des matières fécales, puis l’extrait de muqueuse.

M. Vidal injecte à un lapin 2 cc. de dilution de fèces de porc filtrée sur papier : la mort survient en quelques secondes. Au contraire, chez un autre lapin qui avait reçu, au préalable, 5 cc. de macération correspondant à ° §rammes de muqueuse intestinale, la mort fut retardée jusqu’au lendemain soir. Et M. Vidal conclut :

« L extrait entérique a donc complètement neutralisé reflet toxique des poisons intestinaux injectés, et son action préventive semble bien établie; la mort tardive de l’animal ne fut que l’inévitable résultat de la pénétration, dans le sang, d’un liquide riche en bactéries. »

Pouj M. \ idal, la mort du second animal est due aux bactéries injectées dans le sang. Il est regrettable que la quantité de matières intestinales ne soit pas mentionnée. Quant a nous, nous avons pu nous convaincre que les animaux supportent l’introduction, dans les veines, de quantités assez notables de matières fécales, sans que les bactéiies déterminent la mort, même tardivement.

Voici le résultat de nos expériences à ce sujet :

h Lapin : 1,820 gr. 14 décembre 1901. Injection intraveineuse de 2 cc. d’une dilution à 1 pour 50 de matières fécales de -chien dans du sérum artificiel et filtrée sur papier. (Soit 0 gr. 04 de matières fécales). Survie.

IL — Lapin : 2,150 gr. 14 décembre 1901. Injection intraveineuse de 3 cc. du meme liquide. (Soit 0 gr. 06 de matières.) Quelques convulsions, trois quarts d’heure après l’injection. Survie.

III. — Lapin : 2,220 gr. 14 mars 1902. Injection intraveineuse de 0 gr. 50 de matières fécales de chien diluées dans 10 ce. de sérum. Dyspnée qui va s’accentuant pendant l’heure qui suit l’injection. Survie.

IV. — Lapin : 2,000 gr. 12 avril 1903. Injection intraveineuse de 2 gr. de matières fécales diluées dans 10 cc. de sérum artificiel. Quelques convulsions. L’animal reste abattu et meurt dans la nuit du 13 au 14.

V. — Lapin : 2,475 gr. 13 avril 1902. Injection intraveineuse de 1 gr. 50 de matières fécales diluées dans 15 cc. de sérum. Dyspnée, convulsions; mort, quelques minutes après l’injection.

Donc, les trois premiers lapins ont survécu à des injections de 4, 6 et 50 centigrammes de matières fécales. Avec un gramme de matières, l’animal échappe encore aux accidents immédiats et survit 36 heures. Il faut atteindre la dose de 1 gr. 50 pour obtenir la mort rapide.

A l’encontre de M. Vidal, qui a employé 5 cc. de macération correspondant à 5 gr. de muqueuse intestinale, nous avons montré dans nos recherches sur la toxicité des extraits entériques (1), que des doses moins considérables et moins concentrées amènent, le plus souvent, la mort de l’animal par coagulations intravasculaires. L’expérience suivante en est un nouvel exemple :

VI. — Lapin : 2,110 gr. Injection de 10 cc. de liquide correspondant à 5 gr. de muqueuse macérée dans du sérum

1. Drucbert et Dehon. Toxicité des extraits de muqueuse intestinale Echo méd. du Nord , 1902, p. 137.

aitihciel et filtrée sur papier. Dix minutes après, injec-

<Z a nu d’lme dÜUti0n d0 ^tières fécales à 1/50 (,S°‘t ° gr- 06 cellflgr-> d°se insuffisante à causer des accidents mortels, comme le montrent les expériences II et III) animal reste couché; convulsions violentes, dyspnée de plus en plus marquée, mort neuf heures après l’injection.

ous avons cherché à éviter les accidents dus à l’action des toxines fecales en injectant préventivement de l’extrait glycerme de muqueuse intestinale de chien (1) et nous avons échoué, comme le montrent les expériences suivantes.

,, ' M' 7” Lapm : 1,440 'T- Injection intraveineuse de 42 ce d extrait glycérmé correspondant à 2 gr. de muqueuse intestinale. Un quart d’heure après, injection de 10 c. de liquide correspondant à 1 gr. de matières fécales. Convulsions, dyspnee, mort au bout de cinq minutes (2).

\1II. — Lapin : 2,040 gr., reçoit 42 cc. du même extrait glycerme, et dix minutes après 15 cc, de liquide correspon-

cant a 1 gr. 50 de matières fécales. Mort aussitôt après la seconde injection.

IX. — Lapin : 1,750 gr., reçoit 42 cc, d’extrait glycériné et, un quart d’heure après, 15 cc. de liquide correspondant

1 gr. 50 da matières fécales. Mort aussitôt après la deuxième injection.

^ Ces expériences montrent donc le peu d’efficacité de 1 extrait entérique vis-à-vis des toxines contenues dans les matières fecales. Mais la pénétration de çes toxines dans le sang est, dans de telles conditions, massive et brutale; en déterminant une occlusion expérimentale par ligature

tra1' o°Ur'le V10cle de PréParation de cet extrait glycériné, voir le travail précédemment cité. ’

2 On a vu (expér. IV) qu’un lapin injecté avec deux grammes de

npïv7ecnnSt m0lt aU bjUt de deux Jours seulement ; il est vrai qu’il pesait 600 grammes de plus que celui-ci. En tout cas, nous nous

toxiqu? aSSUreS qWe la dose de 42 cc- d’extrait glycériné n’était pas

d’une anse d’intestin^ comme l’avait fait M. A idal, on obtient une intoxication plus lente, contre laquelle une action neutralisante aurait plus de chance de se montrer efficace.

M. Vidal lie l’intestin d’un lapin; le lendemain, l’animal est abattu, ne mange pas, présente un mvosis presque punctiforme; il ‘meurt la nuit suivante. Un autre lapin reçoit, le lendemain de la ligature, 5 ce. d’extrait : il meurt dans la nuit, soit 24 heures plus tard que le lapin témoin; mais il a paru à l’expérimentateur plus vigoureux que le premier; sa pupille était presque normale; il a uriné davantage. Tout cela suffit-il pour conclure à une action salutaire de l’extrait entérique?

Vos expériences nous ont montré que des lapins non traités pouvaient survivre 4 et 5 jours à la ligature de l'intestin, et celui de M. Vidal, qui avait reçu de l’extrait entérique, a succombé avant la fin du troisième jour.

Vous avons pratiqué, dans les expériences suivantes, des ligatures de l’intestin grêle, près du gros intestin et sans faire subir aucun traitement ultérieur aux animaux.

V. — Cobaye : 740 gr. Ligature de l'intestin le 5 mars. Mort dans la nuit suivante.

XI. — Cobaye : 500 gr. Ligature le 5 mars. Mort dans la nuit suivante.

XII. — Cobaye : 490 gr. Ligature le 5 mars. Mort dans la nuit du 6 au 7 mars.

XIII. — Cobaye : 560 gr. Ligature le 5 mars. Mort au bout de 24 heures.

XIV. Cobaye : 555 gr. Ligature le 6 mars. Mort dans la matinée du 7 mars.

XV. Cobaye : 500 gr. Ligature le 6 mars. Mort clans la matinée du 7 mars.

X^ Lapin : 1,980 gr. Ligature de l’intestin le 12 mars. 13 mars, l’animal continue à s’alimenter et paraît bien p oi tant. 14 mars, abattement qui s’accroît progressivement, Mort dans la nuit du 16 au 17 mars (5e jour).

XVII. Lapin : 1,930 gr. Ligature de l’intestin le 12 mais. L animal paraît en lion état dans la journée du 13. Mort dans la nuit du 13 au 14 mars.

XVIII. Lapin : 1,490 gr. Ligature le 12 mars. Mort dans la nuit du 15 au 16 (59 jour).

Donc, les cobayes, après ligature de l’intestin, n'ont jamais dépassé 36 heures de survie; les lapins ont succombé dans un délai variable de 36 heures à 5 jours.

A oici maintenant le compte rendu d’expériences où les animaux, apiès avoir subi la ligature de lintestin, ont leçu des injections cl extrait glycériné de muqueuse intestinale.

XIX. Cobaye : 620 gr. 5 mars. Ligature de l'intestin. A partir du lendemain, injection, chaque jour, de 2. puis 3 et 4 ce. d extrait glycériné dont 21 cc. correspondent

à 1 gr. de muqueuse. Mort dans la nuit du 10 au 11 mars (6e jour).

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