En collaboration avec le docteur E. Brunei
vaux de Senn en 1887, pour voir l’utilisation systématique des greffes épiploïques.
Pour garantir ses sutures, Senn découpe dans l’épiploon un lambeau dont la nutrition est assurée par un gros vaisseau laissé intact. Il fixe ensuite ce lambeau à l’aide de quelques points sur la région intestinale qu’il veut recouvrir. Terrier, en 1887 et en 1889, employa un procédé analogue.
Ces chirurgiens ne faisaient en cela que favoriser un processus naturel de défense. On sait en effet que l’épiploon tendu comme un voile devant l’intestin contracte facilement des adhérences aux points où le péritoine a été détruit ou simplement enflammé.
Chaput, en 1891, utilise également l’épiploon pour combler les pertes de substance intestinale. La perforation est obturée par des rondelles de gaze et sur le tout, il suture l’épiploon. Celui-ci adhère rapidement au point d’implantation ; et pendant le temps nécessaire à l’élimination des gazes dans la cavité intestinale, les adhérences épiploïques ont obturé solidement la perte de substance.
Nous trouvons encore mentionnées les greffes épiploïques dans une communication de Senn à la Société de Chirurgie de Chicago. Senn insiste sur la facilité avec laquelle on peut recouvrir, à l’aide d’un bandeau d’épiploon, les portions d’intestin manquant de revêtement péritonéal. Les expériences faites par Beunet, Braun, Tietze et Enderlen, n’ont pas donné en général de résultats très favorables ; mais il faut tenir compte de ce fait que chez le chien l’épiploon est très mince comparé à l’épiploon de l’homme; il est moins riche eu vaisseaux et en tissu adipeux, aussi se prêtet-il beaucoup moins aux autoplasties que l’épiploon humain. Lès conclusions de Senn peuvent se résu-
mer ainsi : La transplantation de l’épi-ploon sur l’estomac est. une technique adoptée en raison des succès qu’elle donne; la transplantation sur l’intestin est très recommandable, mais n’a pas encore fait, toutes ses preuves. Senn recommande de ne fixer l’épiploon sur les pertes de substance de l’intestin grêle, qu’après avoir fixé cette portion de l’intestin; c’est surtout la
région cæcale qui est la plus propice pour cette opération.
^Nou^ avons fixé nn lambeau d’épiploon sur une anse intestinale (6 fois sur le grêle et 4 fois sur le gros) privée de péritoine sur une étendue de 3 cm. de long et, 8 mm. de larg. Les dix greffes ont tenu parfaitement : 3 animaux sont morts de péritonite au troisième jour faute d’asepsie suffisante. Les 7 animaux guéris ont été tués au bout de 18 à 86 jours; on constatait une adhérence large de l’épiploon sur l’anse d’intestin. Nous n’avons pas observé d’étranglement interne par brides, mais le fait peut se présenter; aussi verrons-nous ;au chapitre des indications opératoires que la greffe épiploïque ne doit pas être utilisée indifféremment sur tous les points de l’intestin.