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II. — GREFFES D’UN LAMBEAU EMPRUNTÉ AU PÉRITOINE PARIÉTAL

Ici, pas de pédicule vasculaire pour nourrir la greffe, elle doit se nourrir par imbibition comme les greffes dermo-épidermiques.

Valdo Briggs, dans un travail qui date de 1890, mentionne qudl a recouvert des sutures intestinales avec un lambeau de péritoine pris à un autre animal récemment. tué, d’autres greffes ont été faites par le même

auteur avec des morceaux de péritoine conservés dans l’eau phéniquée à 4 °/o. D’après Yaldo Briggs, par ce procédé, on pourrait surveiller hors du ventre une portion d’intestin suspecte et ne la réintégrer dans l’abdomen qu’en toute sécurité.

Dans nos expériences, le manuel opératoire a été le suivant : après laparotomie médiane, on enlevait sur une anse d’intestin gros ou grêle un lambeau de péritoine viscéral ayant deux cm. de longueur sur six mm. de largeur. Au niveau de l’incision de la paroi, on découpait un fragment de péritoine de dimensions un peu plus grandes que l’on fixait à l’aide de six points de suture sur la plaie faite à l’intestin.

Dix greffes ont été ainsi pratiquées : cinq sur le gros intestin et cinq sur l’intestin grêle; elles n’ont donné qu’un seul insuccès. Un animal est mort de péritonite au bout de deux jours : la greffe paraissait sphacélée, mais notre asepsie n’a peut-être pas été suffisante, et la destruction de la greffe nous semble plutôt secondaire à l’inflammation du péritoine de la région voisine. Dans les neuf autres expériences, les greffes adhéraient intimement à l’anse intestinale ; les chiens ont été sacrifiés au bout d’un délai variant de 18 à 109 jours, et nous avons pu remarquer que les fils de lin qui fixaient la greffe n’étaient éliminés complètement que chez les animaux tués après le 60e jour.

Mais le fait saillant de ces résultats est que dans tous les cas, l’épiploon adhérait solidement à la greffe ; on n’a donc aucun avantage à greffer un lambeau péritonéal au lieu d’employer l’épiploon, et le procédé reste passible de la même objection que les greffes épiploïques : il amène fatalement la formation de brides qui peuvent devenir la cause d’un étranglement interne. Comme la greffe épiploïque, la greffe d’un lam-

beau de péritoine pariétal ne peut s’appliquer qu’à des

parties fixes du trajet intestinal, et en particulier à la région du cæcum.

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