‹ Recueil de farces, soties et moralités du quinzième siècleChapitre 2 sur 53 · H AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

H AVERTISSEMENT

tique bibliothèque tous les livres relatifs au théâtre, ne possédait, outre la farce de Pathelin souvent réimprimée, comme le modèle du genre, qu'une très-petite quantité de farces, de soties et de moralités; encore, la plupart étaient-elles manuscrites. Quant aux mystères et aux grandes moralités , ils avaient été sauvés et protégés , en quelque sorte, par leur importance même : chacun de ces ouvrages remplissant d'ordinaire un volume in-folio ou inquarto, on en avait du moins quelques exemplaires échappés , par hasard au naufrage général de notre ancien théâtre.

Aujourd'hui le répertoire de la Basoche et des Enfantssans-Souci est mieux connu : Antoine Caron n'avait réimprimé que le Jeu du prince des sotn, de Gringore, et le Recueil d^ plusieurs farces, recueillies déjà en 1612 par Nicolas Roussel; MM. Leroux de Lincy et Francisque Michel ont mis au jour les soixante-quatorze farces, moralités, monologues et sermons joyeux, inédits, que contient le manu^ scrit du duc de LaYallière; M. de Montaiglon.a publié les soixante-quatre farces, et pièces de même genre, qui sont comprises dans l'exemplaire unique du British Muséum de Londres; M. de Montarau a continué li collection de Caron^ en y ajoutant plusieurs farces et n:oralilcs dont les éditions primitives n'existent plus; les bibliophiles les plus distingues se sont fait à l'envi les éditeurs des livrets de la mêmefamille,-qu'ils ont pu arracher à l'oubli; MM. Durand de Lançon, le premier de tous, Pontier d' Aix , de Monmerqiié, Silvestre, le prince d'Essling, Duplessis, Veinant, Gustave Brunct, etc., ont accru successivement ce trésor de découvertes bibliographiques qui nous permettent maintenant d'apprécier, en pleine connaissance de cause, ce qu'était la comédie, chez nos ancêtres, cent vingt ans avant Molière. Voilà comment, on a ressuscité, pour ainsi dire, le répertoire théâtral des clercs de la Basoche et des Ën£ants-sans- Souci.

Nous nous proposons de réunir, dans un seul recueil classé chronologiquement,en profitant des recherches et des travaux de nos devanciers, toutes ces publications .isolées, .qui ont entre elles un lien commun d'origine et d'analogie, puisqu'elles représentent l'ancien théâtre trançais et qu'elles eu forment la base historique. JKous nous abstiendrons cepen-

DE l'Éditeur. m

dant de reproduire dans ce recueil aucune des pièces qui se trouvent déjà dans Tune ou l'autre collection de farces et de momlitfîs, publiées d'après le manuscrit de La Vallière et d'après l'imprimé du Brttish Muséum.

S'oirft recueil ne fera pas double emploi avec ces deux recueils du même içenrc, qui ont paru en 1831 chez Techener, et en 1854 chez P. Jannet.

Le premier vohime; que nous présentons aujourd'hui aux amateurs comme un spécimen de notre plan et de notre travail, est consacré aux farces du quinzième siècle: il devait renfermer naturellement la farce de Maistre Pierre Pathelin. ainsi que les deux petites farces qui f^mt suite â cette farce célèbre et qui ne sauraient en être séparées.

En effet, les trois farces de Pathelin forment une espèce de trilogie dramatique et sont par cela même inséparables, quoiqu'elles n'aient été imprimées ensemble que dans deux édtlions gothiques à peine citées par les bibliographes et à peu près inconnues.

Il est certain que la farce de Maiêtre Pierre Pathelin^ qui eut une vogue si populaire dans la seconde moitié du quinzième siècle, sous le règne de Louis XI, avait fait naître un grand nombre de farces, dans lesquelles figurait aussi le personnage de Pathelin, qu'on peut regarder comme la création personnelle d'un acteur célèbre de la troupe des Enfants-sans-Souci ou de celle delà Mère-Sotte. Deux de ces farces, outre la grande farce primitive, ont seules survécu à toutes les autres; on doit donc les conserver comme de précieux monuments de notre ancien théâtre comique et comme les annexes inséparables du chef-d'œuvre attribué tour à ttfur à Pierre Blanchet, à François Villon, à Antoine de La Sale.

Peu de temps avant sa mort, Génin a publié une édition de la farce de Maistre Pierre Pathelin; ceiie édition, à laquelle il avait travaillé toute sa vie, ne se recommande que par le luxe typographique dont elle brille : le texte, quoique plus correct que celui de l'édition de Goustclicr, est loin d'être irréprochable; le commentaire est farci d'inntililés grammaticales et très -pauvre dexplicatjons nécossaires ; la notice littéraire, oii Génin s'efforce de prouver qu'Antoine de La Sale est le véritable auteur du PatheliUf

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