LE PAPIER
Le maître prend dans sa main une feuille de papier, et la montrant à ses écoliers, dit :
| —Mes enfants, qu'est-ce que je tiens dans ma main? | \} | E.—Du papier.
h M.—Quelle est la couleur de ce papier ?
D cp Hi. M
—Ïl y a-t-il du papier d’une autre couleur ?
A .. E—Oui il y en a du gris, du bleu, du vert, du rose, e Mi de toutes les couleurs.
ji M.—A quoi sert le papier ?
E. — A écrire dessus. c M.—Ne sert-il Pas encore à autre chose ? C E.—Oui, Il sert encore à imprimer des livres, € M.—N'a-t-il Pas encore d’autres usages ? :
— Cette gravure qui est accrochée au mur, ces ima- | ges coloriées qui représentent des animaux, ces cartes : q où l’on a tracé les grandes lignes de notre pays, sur le quoi sont-elles faites ? 5 E.—Sur du papier. vi M.—Le papier sert donc à écrire, à imprimer, à des- nk siner, à graver ?
Vous voyez combien il est utile, et
de papier,
Ma main?
eur ?
4, du rose,
Tres,
ces imaces cartes DAYS, sur
Tr, à desutile, et
combien, avant son invention, les peuples devaient être gènés pour communiquer entre eux.
—Dites-moi, mes enfants, savez-vous avec quoi on fait le papier ?
Silence,
M.—On fait le papier avec du coton, du lin, du chanvre, du bois, etc. e
—Pouvez-vous me dire comment on s'y prend pour transformer ces choses en papier ?
E.—N\on, monsieur,
M.—Eh bien, écoutez. Vous savez tous que la toile, le calicot en veillissant s’usent, se déchirent, tombent en morceaux. Ces morceaux on les appelle ?
E.—Des chiffons, monsieur.
M.—Fort bien. Dans les villes où rien ne se' perd, ces chiffons sont ramassés par des gens qui vivent de ce métier et qu’on appelle des chiffonniers. Quand ils en ont amassé un gros tas, ils le vendent à des mar- Chands de chiffons qui les leur payent à raison de deux ou trois centins la livre. Vous voyez bien qu’il est utile de ne rien laisser traîner, que tout peut servir, et que même les chiffons les plus déchirés, les plus usés, les plus sales, produisent de l'argent à quiconque est soigneux de les ramasser, Maintenant que nous savons avec quoi lon fait le papier, pouvez-vous imaginer comment on le fait ?
E.— Non, monsieur,
M.—Quand les chiffons arrivent à la fabrique, on les trie avec soin, mettant à part ceux de lin et de coton, seuls propres à faire de bon papier, et les classant ensuite en chiffons neufs ou vieux, blancs ou colorés, ’ Ce triage fait, on coupe les coutures, les ourlets, les agrafes, les
boutons 2t on régularise la dimension des chiffons qui doivent être tous à peu près de la même grandeur, Ce travail terminé, — et vous devez penser qu’il occupe beaucoup d’ouvrières, —on lessive les chiffons à la soude, et on les lave ensuite à l’eau. Ici commence la préparation proprement dite du papier. Le premier lavage a enlevé les plus grosses taches, effacé certaines couleurs, il faut maintenant nettoyer entièrement, séparer, diviser, détruire tous ces tissus et les réduire en une sorte de pâte. Pour cela, on les met dans une machine, inventée à cet effet, et qui défile les chiffons au moyen d’un cylindre et d’une plaque métallique armée de dents entre lesquelles ils passent et repassent jusqu’à ce que,
portés dans une cuve pleine d’eau, une autre machine
appelée raffineuse, les divise de nouveau et achève de
les transformer en une véritable pâte. Mes enfants, Savez-vous ce que c’est qu’une machine ?
E.— Oui, monsieur, c’est un instrument inventé pour aïder l’homme dans son travail, et qui fait beaucoup plus d'ouvrage que lui et beaucoup plus vite.
M.—Fort bien. Iln’ya pas bien des années qu’on a inventé les machines à faire du papier. Autrefois on le faisait à la main, et cette opération était bien plus
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ue, on les de coton, nt ensuite Ce triage rafes, les iffons qui leur. Ce il occupe la soude, la prépaer lavage nes couséparer, en une nachine, a moyen de dents | ce que, machine hève de enfants,
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longue. Mais continuons. Une fois les chiffons réduits en pâte, on achève de les décolorer au moyen d’une préparation chimique qu’on nomme chlore gazeux.—Je vous apprendrai plus tard ce qu'on entend par préparation chimique.—Après quoi on conduit cette pâte à l'aide d’une pompe dans un bassin, et là elle subit l'action d’une nouvelle machine ou cylindre tournant recouvert d'une étoffe de flanelle; ce cylindre s'empare de la pâte, l'enroule successivement autour de larges rouleaux creux, chauffés à la vapeur, et par ce moyen la sèche, la durcit, et lui donne peu à peu ‘a conxi1tance d’une feuille de papier humide. Prolongé e: baz:le par la machine, ce papier est découpé ensuite 1: ::1 couteau mécanique en feuilles de dimensions voulues, lesquelles, placées entre des plaques de zinc qui enlèvent le reste de l’humidité, et séchées définitivement dans une étuve, sont enfin livrées au commerce pour servir aux différents usages que nous avons indiqués.
— Voilà, mes enfants, avec quoi et comment on fait le papier. Vous voyez combien ces petites feuilles que vous déchirez, que vous tachez d'encre, que vous semez partout, ont coûté de soins, de peine avant d'arriver à former vos cahiers et vos livres,
Pensez qu'il a fallu des hommes de génie pour inventer les machines dont on se sert maintenant dans la fabrication de ce papier, et qu'il faut chaque jour le travail d’un grand nombre d'ouvriers, pour arriver à le mettre entre vos mains, Maintenant que vous savez
— DS — ces choses, vous comprendrez, je l'espère, ce que les objets—les plus simples en apparence, — demandent d'application, de réflexion, à ceux qui les inventent ou seulement qui les appliquent, et avant de les briser, de les déchirer, de les jeter avec dédain; vous songerez à la peine qu’ils ont coûtée, et À tous les avantages qu'ils Procurent. Mais dites-moi, mes enfants, y a-til plusieurs espèces de papier ?
E.—Oui, monsieur, il ÿ à le papier À lettre, le papier à écolier, il y a du papier très fort et du papier très mince, du papier commun, et du beau papier.
M.—Croyez-vous que tous ce soient faits de la même manière ?
E.— Oui, monsieur.
S différents papiers
M. — Sans doute, seulement avec différents chiffons, les uns très-fins, comme les chiffons de batiste, très gros, comme les chiffons de grosses toiles,
— Outre ces papiers dont Vous parlez, il y en a encore
de beaucoup plus communs, de beaucoup plus épais, À quoi servent-ils ?. |
les autres
E.—TI servent à emballer des étoffes de toute espèce, des marchandises de toute nature, le sucre, le café, le thé, etc., etc.
M.—Très bien, mes enfants, quand ils ont servi, que croyez
E.—On les brûle. :
M Non pas,
mais tous ces papiers-là, -VOus qu'on en fasse: ?
Béaucoup de ces vieux papiers sont