‹ Recueil de leçons de choses [microforme]Chapitre 48 sur 101 · LE CASTOR · texte numérisé non relu

LE CASTOR

M.—Comme je vous l'ai promis dernièrement, je vais vous parler aujourd’hui, mes enfants, d’un animal bien intéressant pour nous : le Castor.

C’est un quadrupède, c’est-à-dire qu’il a quatre pattes ; mais les deux de derrière ont les doigts réunis par une membrane, comme les volailles d’eau, afin de pouvoir s’en servir pour nager,

—Comment appelle-t-on ces animaux ?

E.-- Palmipèdes.

M.—C'est cela.

— Savez-vous ce qui distingue un pied d’une main ? : Voyons, pensez-y bien. |

E.— Dans la main, le pouce peut toucher à tous les autres doigts.

M.—Précisément, C’est pour cela qu’on dit que le pouce est opposable. Il y a des animaux dont le pouce du pied, comme celui de la main est opposable, tels que le singe ; c’est pourquoi on les appelle quadru Mmanes, mot qui veut dire quatre mains,

Le castor est un peu écrasé sur lui-même : il vit sur terre et dans l’eau, Pouvez-vous dire comment on appelle ces sortes d'animaux ?

E.— Des amphibiès, monsieur.

: M.—Oui, mais le castor ne mérite pas absolument ce nom, parce qu'il ne peut pas vivre longtemps sous l’eau : il est obligé de venir souvent à la surface pour respirer,

Si vous en avez Jamais vu, vous avez dû remarquer qu'il a une fourrure épaisse de couleur brune. Cette fourrure est plus belle et plus épaisse en hiver qu’en été; on dit alors qu’elle est de Saison.

E.— N'est-ce pas pour qu'il ait plus chaud ?

M.—Oui, mon enfant, et vous avez encore ici occasion d'admirer la sagesse et la bonté de la Providence. Connaissez-Vous ce que l’on fait avec la peau de castor ?

E.—De beaux capots d'hiver,

M.— Et quoi aussi ?

E.— Des chapeaux de castor !

M.—Oui, c’est-à-dire avec le poil. On dit qu’une peau est piquée quand on lui a ôté le long poil. Mais

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‘ajourd’hui la plupart de ces chapeaux sont seulement ‘en soie.

Le castor a les yeux petits, mais bien vifs. Sa chair est bonne à manger, particulièrement celle de la queue ; cette queue est ovale, plate, horizontale, et couverte d'écailles : l'animal s’en sert comme de truelle,

E.— Est-ce qu’il est maçon, monsieur ?

M.— Oui, mon enfant, et son mortier est fait de terre glaise. Mais le castor a plusieurs métiers : il est aussi charpentier,

E. riant.—Où prend-il son bois de charpente ?

M.—Dans la forêt même, eu bord des rivières. Ils s'assemblent par bandes, et chacun se met à scier son arbre.

E, incrédule. — Mais, monsieur, où trouvent-ils des scies ?

M.—J'allais vous le dire, mon enfant, Le bon Dieu leur a donné certaines dents ex près, des dents bien fortes etcoupantes, qu’on appelle incisives. Tous les animaux qui se distinguent par cette sorte de dents, se nomment rongeurs. Pouvez-vous m'en indiquer quelques autres ?

E.—Les rats et les souris, peut-être ?

M.— Oui, avec les écureuils, les lapins, les lièvres, et beaucoup d’autres. Nous aussi, nous avons des incisives, mais plus faibles : ce sont les dents de devant,

Celles que l’on äppeille œillères, parce qu'elles se

Wrouvent vis-à-vis les yeux, ressemblent à des dents de

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chien : c’est pour cela qu’elles portent le nom de canines, celles du fond de la bouche s'appellent molaires : ce sont des espèces de petites meules, pour broyer la nourriture, Les rongeurs n’ont point de canines, mais seulement des incisives et des molaires.

E.—Mais, une fois qu’ils ont abattu leur bois, que font vos charpentiers, monsieur ?

M.—Mes charpentiers sont de fins bûcherons en même temps : après avoir ébauché les arbres, ils les livrent au courant, et, quand le bois est rendu à la place qu’ils ont choisie, quelques castors plongent pour creuser des trous, dans lesquels les autres enfoncent solidement des pieux ; puis, ils placent d’autres troncs d'arbres en travers du courant, et ils lient toute cette charpente au moyen de glaise, qu’ils préparent et façconnent avec leur queue, comme je vous l'ai déjà dit,

E, — Pourquoi, digues ?

monsieur, les castors font-ils ces

M.—Ils construisent des chaussées pour maintenir l'eau à peu près toujours à la même hauteur. Leur terrier se trouve auprès de la rive, et une partie, où ils déposent leurs provisions, est alors au-dessous du niveau des eaux. Les digues sont ordinairement courbées suivant le courant, afin de lui présenter une plus grande résistance.

E.—Monsieur, cet animal est-il bien gros ?

M.—I]l a de trois à quatre pieds de longueur, y com:|

pris la queue, qui lui sert aussi de gouvernail en nageant,

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Lorsqu'il marche sur la terre, il rapproche ses pattes de derrière de celles de devant, et il a alors le dos arqué,.

E.—EKst-il bien méchant, monsieur ?

M.—Non, mon enfant ; quoiqu'il ait de si fortes incisives, il ne s’en sert pas pour attaquer, et a un naturel plutôt doux et timide, Mais en voilà assez pour au- (fl jourd’hui sur le castor, Vous ferez un résumé de ce qui “fl en a été dit pour la prochaine leçon.

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