‹ Recueil de leçons de choses [microforme]Chapitre 49 sur 101 · LE LION · texte numérisé non relu

LE LION

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M.—-Mes enfants que représente cette figure ?

E.—Un lion.

M.—Qu'est-ce qu’un lion ?

E.— C’est le premier et le plus fort des animaux carnassiers,

M.— Vous venez d'employer un mot qui a besoin d’être expliqué. Quelle différence y at-il, entre les mots carnassier et carnivore ?

(Point de réponse),

M.—Ces deux mots, mes enfants, viennent de la * même source, ont la même racine : caro, carnis, mot latin qui veut dire chair. Curnivore veut dire, qui se nourrit de chair, l’homme est carnivore; carnassier

se dit des animaux qui se repaissent de chair crue, qui en sont avides, comme le lion, le loup, etc.

M.—Quels sont les animaux qu'on nomme carnassiers ?

E.—Ce sont ceux qui se nourrissent de chair crue et et qui en sont avides.

M.—Nommez-moi d’autres animaux carnassiers ?

E.— Le tigre, la panthère, le léopard, le jaguar.

M.—A quel ordre appartiennent les animaux dont on vient de parler ?

E,—A l’ordre des carnassiers, M.—Que dit-on du lion, du tigre, ete, ?

E.—On dit qu'ils sont /-roces,

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M.—Que veut dire le mot féroce ?

E.— Farouche, cruel.

M.— Le mot féroce s'applique bien à tous les animaux que vous venez de nommer. Le lion, c’est le plus fort le plus courageux, le plus redoutable de tous les animaux, mais il est moins féroce que le tigre. Il ne tue les autres bêtes que pour s’en nourrir, et lorsqu'il est ras. sasié, il ne fait mal à aucune, s’il n’est provoqué. Mais si on l'attaque, oh ! il devient terrible! Ses yeux et. sa gueule semblent lancer des flammes ardentes, sa voix éclate comme le tonnerre et rien ne résiste À sa fureur.

M.—Qu'y a-t-il de plus remarquable chez le lion ?

E.—$Sa crinière, ses yeux, sa queue.

M.—C'est cela, mes enfants; son épaisse crinière lui donne un air de fierté fort remarquable : ses yeux, dans l'obscurité, brillent comme des tisons ardents ; SA queue est très longue, elle égale presque le corps qui, du museau à l'extrémité de la croupe ne mesure pas moins de cinq pieds ; d’un coup de queue, le lion peut terrasser l'homme le plus robuste.

N'y a-t-il pas autre chose ? regardez à l'extrémité des doigts ?

E.—Des griffes.

M.—Eh bien ! le lion peut, comme le chat, faire patte de velours, Que veut dire patte de velours ?

E,— On dit d’un chat qu’il fait patte de velours, quand il retire ses griffes pour nous flatter, et au moment où

ous nous y attendons le moins, il nous égratigne du mieux qu’il peut.

M.-—Comment le chat peut-il faire patte de velours ?

E.— Parce qu'il peut retirer ses griffes, les faire disparaître complètement.

M.—Oui, mes enfants, et c’est pour cela qu’on dit que les griffes du chat sont rétractiles.

Ainsi, le lion peut faire patte de velours, car il a des ongles rétractiles.

Mes enfants, il y;a dans le monde beaucoup de gens qui sont chats ou lions sous ce rapport; ainsi, vous voyez des personnes qui vous accueillent on ne peut mieux, elles vous flattent autant qu'elles le peuvent, mais, s’il se présente une occasion favorable de faire grandir leur réputation aux dépens de la vôtre, elles vous calomnieront sans pitié et autant qu'elles le pourront : méfiez-vous des gens qui savent, comme le lion et le chat, faire patte de velours. |

—Savez-vous quel nom on donne au lion ?

E.—Le roi des animaux ! | |

M.—Très bien ! mes enfants. C’est avec raison qu’on l'appelle ainsi. A part son apparence tout à fait royale, son courage et sa fierté, il est d’une force extraordinaire : d’un coup de patte il brise les reins d’un cheval ; il peut traîner un bœuf à une grande distance et franchir d’un seul bond: un espace de trente pieds,

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E.— En Asie et en Afrique.

M.— Oui, et surtout dans cette dernière contrée, dans les monts Atlas qui traversent la Barbarie,

Joseph, montrez-moi donc l'Asie.

Joseph, armé de la baguette, montre les bornes de l'Asie, puis il ajoute: C’est la plus grande des cinq parties du monde.

M.— Et vous, Charles, montrez-moi l'Afrique, la Barbarie et les Monts Atlas ?

Charles prend la baguette, montre la Barbarie et parcourt les monts Atlas.

M.—A votre tour François, dites-moi, si un jour, l'envie d'aller faire la chasse aux lions vous prenait,

quelle route suivriez-vous pour vous rendre aux monts Atlas ?

François. — Je m'embarquerais à Québec, à bord d’un bateau à vapeur océanique, puis, je descendrais le fleuve Saint-Laurent jusqu'à l'Atlantique, je le traverserais du Nord-Ouest au Sud-Est ; je passerais le détroit de Gibraltar pour entrer.dans la Méditerranée, je cinglerais ve”s le sud et j'aborderais À la :côte africaine, soit à Alger, Bougie, Tunis ou Tripoli, villes de la Parbarie,

M.— Bien, vous voilà à Alger, je suppose. Avant de Vous mettre en route pour les monts Atlas, je vais vous donner un conseil : supposez que vous êtes en présence d’un lion, vous n’avez qu'une balle, celle que porte votre

fusil : si vous n'êtes pas certain de votre coup, qu’allezvous faire ?

François.—Je tirerais quand même.

M.— Vous auriez grand tort, mon ami; car si vous manquiez votre coup, c'en serait fait de vous ; le lion, au lieu de s’effrayer, comme les autres animaux, du bruit des armes à feu, entre dans une grande colère, et s’élance vers le malheureux qui a eu l'audace de le braver. Figurez-vous ce roi de la forêt s’élançant vers vous d’un pas ferme, faisant battre sa longue queue et sécouant son épaisse crinière qui flotte largement sur ses épaules ; pensez à ses mugissements qui font trembler tous les animaux de la forêt, à ses yeux étincelants qui jettent une vive lumière dans l'obscurité; il s’avance lentement, mais fermement vers la proie qu’il va bientôt saisir, En un instant, il l’aura dévorée... Si au contraire vous ne faites aucun bruit, le lion ne vous fera pas de mal, s’il n’est pas affamé, car comme je vous l'ai dit tout à l'heure, il ne tue pas pour le plaisir de tuer.

Mes enfants, si le lion est redoutable et dangereux, il y a des occasions où il fait preuve d’une grande noblesse. Un lion fut envoyé à Paris et mis dans une cage à la ménagerie du Jardin des Plantes. |

Un élève.— Dans une cage ! le roi du désert ? Ah! il dut s'ennuyer !

M.— Beaucoup, en effet, si bien qu’on imagina de lui donner un petit chien pour lui tenir compagnie,

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Un élève.—Et il le dévora ?

M.—Non seulement il ne lui fit aucun mal, mais il se mit à l'aimer tellement, qu’il ne touchait jamais à la chair qu’on lui donnait à manger avant que son petit compagnon en fût rassasié, Après quelques années, ce petit chien mourut, et le lion s’ennuya tellement qu'il se mit à dépérir et mourut quelques mois après.

—C’est étonnant, reprit Joseph, ceux qui sont méchants disent toujours que c’est le malheur qui leur a aigri le caractère.

M.—Le malheur n’aigrit que les caractères faibles et bas. Les caractères forts et nobles savent au contraire s'élever au-dessus de l’adversité, et opposer à ses coups la dignité, le courage, et quelquefois une admirable douceur. Le lion en est la preuve, et je vous engage, mes chers enfants, à ne jamais l'oublier.

— Les élèves de la première classe m’écriront pour demain, le résumé de la leçon qu’ils viennent d’entendre, et je leur raconterai une anecdote très amusante et fort touchante à propos d’un lion et d’un esclave.

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TRENTE-STYIÈME LEÇON

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