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M.—Dans notre dernière leçon, mes enfants, je vous ed
ai parlé d’une manière fort simple d'une allumette, Ÿ tn
Aujourd’hui, je m'élèverai un peu plus haut, mais avec avant
de l'attention et de la bonne volonté, y vous pourrez facile.
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| “defm'interroger chaque fois. que j'emploierai-une.expres-
‘sion qui vous’sera inéounue, :. |
© Lés provétbès sont parfois singuliers, .Si vous voulez parler d’uñe ehosesans valeur, vous dites : cela ne vaut pâs un"clôu ;=d’ün objet’auquel vous ne tenez nulle- “mént, Vous'ne-donneriéz pas une épingle ; —économiser des bouts d'allwmettes, c'ést bien le comble de l’avarice,
* Ainsi, ‘ñous Grofessons: trop ‘souvent un injuste dédain
pour tout ce qui est chétif d'apparence, tout ce qui est ‘d'usagé courant, tout ce qui coûte peu, J’ai dit : injuste dédain ; et en effet, qui entreprendrait d'écrire l’histoire d’un clou pourrait remplir plusieurs volumes sans épuiser la matière ; les plus hautes lecons de l’économie politique sont renfermées dans l’histoire d’une épingle ; lälumette nous ‘enseignera, si nous le voulons, plus d'un chapitre de chimie, Tenez, puisque nous parlons
: de‘Palluïmette, essayons d’esquisser son petit cours d’une
manière usuelle,
Oroiriez-vous qu'il a fallu des siècles et des siècles pour inveñttèr ce méchant fétu de bois qui ne vaut pas un centième de son ?. Rien que pour diviser le pin en
fes ‘baguettes, la mécanique a dû faire des progrès
énormes. : Et.ce.n’était pas là le plus difficile —Peu de
chose ‘encore que: d'apprendre à purifier le soufre, que de le transporter au loin ‘sans trop élever son prix.— Mais,
“avant. de..déeouvrir le phosphore, combien d'essais infructueux, de :travaux stériles! Car ls phosphore ne se Li ca th
trouve pas, comme le bois ou le soufre, à l'état naturel : et rien, absolument rien, ne laissait goupçonner sa présence dans les os où dans les urines, qui en contiennent pourtant une notable quantité. —Du jour eù l'on a su que le phosphore prend feu avec une extrême facilité, que le soufre brûle assez lentement pour permettre au bois de s'enflammer à son tour, les allumettes ont été sans doute inventées ?— Point. Il a falla longtemps encore pour que l'idée d'associer ces trois corps vint À l'esprit d'un chercheur, resté inconnu.
Voilà comment la première allumette chimique date de cinquante ans à peine.
Rien n’est simple, en principe, corame la fabrication des allumettes : la chaleur fait fondre le phosphore et le soufre tout comme du beurre. On trempe donc l’extrémité des baguettes de bois dans un bain de soufre li. quide, puis dans une mince nappe pâteuse de phosphore, et c'est fini. Si vous me demandez maintenant papbanel le phosphore est tantôt rouge, tantôt bleu, ete. j'ajouterai que ces couleurs ne sont pas la sienne, et qu'elles sont dnes à certaines matières, telles que le minium, le bleu de Prusse, qu’on mélange à la pâte.
Voici une allumette, Nous allons la regarder brûler. Vous riez ? — Regarder brûler une allumette ! Peut-on passer le temps à de pareilles futilités ?-— Attendez un moment; vous allez changer d'avis.
Je frotte. Je vois d’abord une flamme très claire, ver. dâtre, d'où pat uné petite coionne de famée ; puis l'ex-
lat naturel ; nner sa précontiennent où l’on a su ême facilité, ermettre au ttes ont été agtemps enorps vint à
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— 228 ir:
trémité de l'allumette se gonfle en une masse noire, d'aprence spongieuse : c'est le matière colorante incombustible, souillée de quelques corps étrangers.— Voici maintenant le soufre qui fond, qui brünit, qui devient noir, qui bout ; une flamme À peine éclairante en jaillit, et darde des langues bleues dans toutes les directions. L’odeur suffocante que vous percevez en ce moment, et qui fait tousser plusieurs d’entre vous, est due à l'acide sulfureux, produit de la combustion du soufre, — Regardez : tout se calme, le soufre a disparu. C’est le tour du bois : il se carbonise, puis brûle avec flamme, flamme triangulaire et éclairante, d’un bleu superbe à la base, sombre au centre, bordée d’une zone pâle. Cette flamme s'avance vers la partie intacte de l'allumette, suivie d'une ligne incandescente, qui se courbe, se tord et disparatt peu à peu, ne laissant À sa place que de délicats filaments blancs de cendre. Je me brûle les doigts, aussi me permettrez-vous d'arrêter l'expérience,
Eh bien! est-ce là un phénomène simple, indigne de fixer notre attention ? Essayez un peu de décrire la combustion d’une allumette sans rien omettre d’important…
Vous n’y pouvez parvenir. Recommençons l’expérience….
N'attendez pas que je vous explique par le menu tout ce que peut nous apprendre une 2Humette qui brûle: une leçon n’y saurait suffire. Je me bornerai À comparer les flammes du phosphore, du soufre et du bois,
La première s’agite en tous sens : il doit en être ainsi,
car elle part d’un liquide en’ ébullition. — Vous me regar-
dez étoninés. Vous allez mieux comprendre en voyant qui brûler cette grosse écaille de ‘phosphore. N’approchez un pas trop, les brûlures du phosphore sont dangereuses, son Voyez : le phosphore fond d’abord, puis il bout, et le tou tumulte de l’ébullition lance au loin des parcelles en- doi flammées : la même chose se passait tout à l’heure À con l'extrémité de l’allumette.— D'autre part, la flamme du. ] phosphore est éclairante et il s’en échappe une fumée été blanche, deux faits qui ont entre eux un étroit rapport. ont En effet, qui dit fumée, dit fine poussière solide ou li- que quide. Or, la poussière solide produite par la combus- peu tion du phosphore, devient éclairante lorsqu'elle est Al portée à une température très élevée, de même qu’un épai morceau de fer suffisamment chauffé devient. rouge, cou c'est-à-dire lumineux. rien La flamme du soufre est agitée pour la même raison ro! que la flamme du phosphore. Voici l'expérience, C Mais cette flamme est peu éclairante, parce qu'ici le pro- tuer duit de la combustion est un gaz, que j'ai déjà nommi. ha c Vous remarquez cependant une légère fumée, due à ce com que l’acide sulfureux étant avide d’eau, la vapeur de E l'air $e condense à son contact sous forme de brouillard. Ù La flamme du bois est tranquille, éclairante, mais plus ce 8 complexe que les précédentes. . En examinant celles-ci labs très attentivement, nous aurions pu constater que leur D partie extérieure est plus brillaänte.que leur:partie-cen- Æ âcre trale; voilä;tout. » Mais :nous avons . distingué jusquà D
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quatre régions dans le flamme du bois. A quoi tient une telle différence? C'est que le soufre, le phosphore, sont des corps simples, dont les molécules se combinent tout d’une pièce à l'oxygène de l'air, tandis que le bois doit se décomposer avant de brûler : le bois est un corps composé,
Dans notre précédente expérience, où la combustion a été rapide, plusieurs circoustances du phénomène nous ont échappé. Faisons maintenant brûler aussi lentement que possible une autre allumette, en l'enfonçant peu à peu dans le manche creux de ce porte-plume métallique. A l'entrée du tube, vous remarquez une fumée assez épaisse, d’un blanc jaunâtre : le bord du porte-plume se couvre d’une matière brune, visqueuse, Voici l’expérience terminée: à la place de l'allumette, il reste un morceau de charbon,
C’est la distillation du bois que nous venons d’effec-
tuer. Elle nous a appris que le bois se décompose par
la chaleur, et que les principaux produits de cette décomposition sont :
E.— Un gaz, qui brûle.
M.—Je vous montrerai, dans une autre leçon, que ce gaz est précisément celui qu’on utilise dans les villes pour l'éclairage et le chauffage:
De la fumée, dont vous pouvez sentir encore l’odeur âcre dans le tube où elle s’est produite ;
Du goudron, qui provient de la condensation partielle de cette fumée :
Du charbon de bois.
Et tous.ces corps sont composés. — ia Fe gaz contient du carbone et de l'hydrogène : dans la flamme, cette lame de couteau devient humide et noircit. C’est même la poussière incandescente de carbone qui rend la flamme éciairante.—Je renonce à vous dire tout ce qu'il y a dans la fumée et le goudron: notez-y seulement encore la présence de l'hydrogène et du carbone. — Quant au charbon de bois, c’est bien un corps composé, puisqu'il laisse des cendres. Et ces cendres aussi sont des corps composés, dans lesquels entre la potasse, qui est elle-même un corps composé,
Je tiens à vous prouver l'existence de la potasse dans
les cendres d’allumettes: on sait que les sels de potasse
corps solides et incombustibles, rendent les flammes
éclairantes et les colorent en violet pourpré. Eh bien,
j'approche tout contre la flamme de cette bougie des filaments de cendre, dont l'extrémité brille aussitôt )
comme une petite étoile, tandis que {la flamme elle-
même s’entoure d’une zone violâtre. J'aurai à revenir un
jour sur ce fait, Je suis loin d’avoir terminé, et cependant je m’arrûte. J'ai assez fatigué votre attention, et je crains même de
voir se glisser plus d’une grosse erreur dans le résumé que vous ferez de notre causerie. J’ai pourtant atteint le but que je me proposais ; si la peine que vous avez eue à me suivre a pu faire naître en vous cette conviction, que dans une allumette on peut trouver tout un
ne
sujet d’études, et que, d’une manière, pour un . esprit attentif,
de st
gaz contient flamme, cette
C’est même qui rend la dire tout ce 1otez-y seule.
lu carbone, — Tps COMPOSÉ, ‘es aussi sont potasse, qui
Ii n est pas de petites choses.