‹ Recueil de leçons de choses [microforme]Chapitre 70 sur 101 · CINQUANTE-UNIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

CINQUANTE-UNIÈME LEÇON

LE CUIR (Suite)

Nous allons aujourd’hui continuer notre entretien sur le cuir. Louis, fermez les yeux et je vais tenir ce mor. ceau de cuir près de votre visage sans que vous le voyiez, ni le touchiez, (Le mattre approche le morceau de cuir près du nez de Louis.) Que Pouvez-vous m'en dire maintenant,

Louis. —Il a une forte odeur.

M. Comment appelez-vous les objets qui ont une odeur ?

a. — 286 — E.—Odoriférants, M.—Et ceux qui n’ont aucune senteur ? ‘ E.— Inodores.

M.—Eh bien! qu'est le cuir sous ce rapport ?

E.—Le cuir est odoriférant, |

M.—Par quel sens avez-vous découvert cette qualité du cuir ?

E.—Par le nez, en le sentant,

M.— Dites maintenant quelles sont, dans le cuir, les

qualités que vous avez Téconnues par vos différents sens, Amable ?

Amable.— Par les yeux, j'ai trouvé que le cuir est noir ou rouge, lisant en dessus, et de couleur sombre en dessous, qu’il est 0Paque ; par les mains, qu'il est flexible, coriace et léger ; par le nez, qu'il est odorifée.

M.—Portez-

vous quelque chose qui soit fait avec du cuir ?

E.— Oui, monsieur, mes souliers, la visière de ma casquette, mes mitaines, les extrémités de mes bretelles, M:— Pourquoi fait-on les souliers avec du cuir ?

E.— Päïce qu'il est fort et durable, | M.— Pourquoi, dans les temps pluvieux, votre mère vous fait-elle mettre. vos meille urs souliers E.—Pour que je ne me mouille pas les pieds, M,— L'eau ne passe donc pas à travers le cuir ?

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M.-— Comment appelez-vous cette qualité ?

E.—Je ne lé sais pas.

M.—Les corps à travers lesquels l'eau ne peut passer sont dits imperméables, Le cuir est donc ?

E.— Imperméable.

M.—Vous avez déjà nommé quelques qualités qui

rendent le cuir propre à faire des chaussures, Vous n'aime” > pas, je suppose, à porter des souliers de fer, et po... ,uoi ?

E.— Parce qu’ils seraient trop lourds.

M. —Et s'ils étaient de bois ?

E.— Ils me blesseraient les pieds.

M.— Pourquoi le cuir ne vous blesse.t-il pas ?

E.— Parce que, par sa flexibilité, il se plie facilement à la forme et à tous les mouvements du pied.

M.—Nous allons encore examiner une autre chose dans le cuir. (Le maître met dans le feu un morceau de cuir et un morceau de papier). Quellé différence le feu produit-il sur ces deux objets ?

E.—Le papier brûle en un instant et change à peine de forme, et:le cuir se contracte et s’enroule sur luimême ; il donne aussi une très mauvaise odeur,

M.—Bien, mes enfants ; il en est ainsi de toutes les substances animales lorsqu'elles brûlent,

—Comment nomme-t-ôn les personnes qui travail-

lent, soit à la préparation du cuir, soitià-la- fabrication liers d'objets faits avec ce produit, …: pou

E.— On les nomme tanneurs, corroyeurs, mégissiers, soul cordonniers, bourreliers, selliers, etc., etc. dans

Résumez ce qui a été dit du cuir.— Les élèves écrivent on sur leurs ardoises : .

Le cuir est fait avec la peau des animaux.—Par les beau Yeux, ou le sens de la vue, nous avons trouvé qu'il est à la noir, luisant en dessus et de couleur sombre en dessous quel et qu'il est opaque ; par les mains, qu’il est mince, co- Ave riace, flexible et mou ; par le nez ou l’odorat, qu'il est presc odoriferant ; lorsqu'il brûle, qu’il s’enroule et produit COITo une odeur désagréable. prom

M.— Disons quelques mots de la cordonnerie, cette en cu industrie qui a pris tant de développement, surtout dans Mais notre ville, depuis quelques années, et qui fournit jour. M ducti nellement de l'ouvrage à plusieurs milliers de personnes. la cor

Autrefois, mes enfants, nos pères se chaussaient d’une le tra manière plus simple et plus économique que nous. Ils | em portaient des souliers plats, qu’ils confectionnaient eux- ra

mêmes avec du cuir rouge (peau de vache ou de

k. bœuf), et c'est avec cette chaussure légère qu’ils défiaient les rigueurs de notre climat, qu’ils parcouraient en raquettes nos forêts, soit à la recherche des bêtes sauvages, ou à celle beaucoup plus dangereuse des Iroquois.

Ceux qui en avaient les moyens achetaient une pire de souliers français, c'est ainsi qu'on appelait les sou-

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liers en cuir noir, parce qu’ils étaient importés de France, pour les distinguer des souliers du pays, qu'on appelait souliers sauvages. On les désigne encore par ce nom dans plusieurs de nos campagnes. Mais celui qui se donnait le luxe d’une paire de souliers français en usait avec la plus grande économie. Il ne les mettait que dans les grandes fètes, et les dimanches, quand il faisait beau, il n’était pas rare de voir des personnes s’en aller à la messe, leurs souliers sous le bras, ne les mettre qu’à quelques arpents de l’église et les ôter pour s’en revenir, Avec ces précautions, une bonne paire de souliers durait presque la vie d’un homme. Plus tard, on se mit à corroyer le cuir dans le pays, et alors la cordonnerie pr promptement de l'extension. Le prix de la chaussure en cuir noir devint bientôt à la portée de tout le monde, Mais ce n’est que depuis quelques années que l’introduction des manvfactures de chaussures a fait subir À la cordonnerie une révolution complète. Aujourd’hui, le travail à la main a presque complètement disparu pour faire place à celui de la machine, (C'est avec plaisir que nous voyons plusieurs de nos entreprenants Canadiens à la tête de cette industrie florissante.

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