‹ Recueil de leçons de choses [microforme]Chapitre 71 sur 101 · LE SAVON ET LA LESSIVE · texte numérisé non relu

LE SAVON ET LA LESSIVE

M.—La maman de Jules lui a donné un sou ce matin, Vite, il a acheté un sucre d'orge, et voilà main. tenant sa figure et ses mains toutes barbouillées. Per. sonné ne voudrait l’embrasser en cet état. George n’est guère plus propre. Il a promené sa tartine de beurre sur ses joues, avant de la manger. Pour cette fois, cependant, je ne les gronderai pas, s'ils me promettent d’être plus soigneux à l'avenir. Venez, enfants, répa. rons le mal. Vous, d’abord, Jules, agitez un peu vos petites mains dans l’eau de cette cuvette. C'est fait, La figure maintenant. Nous voilà redevenu propre; eSSUYOns-nous, et que tout soit dit. A votre tour, George. Faites de même; mais quoi! vos mains restent grasses et votre visage luisant, Pour

vous nettoyer, l’eau ne suffit pas,

Comment allons-nous nous yprendre ?

Un élève. —Il faut qu’il se lave au Savon.

M.—C'est juste. Et pendant ce temps, demandonsnous pourquoi le savon est nécessaire pour Georges sans l'être pour Jules. Deux verres, un morceau de sucre, un peu de graisse et une pierre, que je vous montrerai bientôt, si vous m’écoutez attentivement,

vont nous rendre de grands services dans cette occasion.

lui qu nvisit soluble E.— M. l'eau.

ire 10

ÿ UN SOU ce Voilà mainillées. Per.

George n’est e de beurre ette fois, ce-

promettent fants, répa.

un peu vos . C'est fait, nu propre :

votre tour, ains restent S nettoyer, s yprendre ?

lemandonsar Georges 1orceau de 1e je vous ntivement, e occasion.

verre. La graisse est insoluble dans l’eau ; le beurra

Je verse de l’eau dans les deux verres, Je mets le

| sucre dans l’un, la graisse dans l'autre, j'agite et j'at-

tends. Que s'est-il passé ?

E.— Le sucre est fondu.

M.—Et la graisse ?

E.— Elle est restée.

M.— En effet, le sucre a disparu ; et si je vous avais apporté le verre tel qu'il est en ce moment, vous ne pourriez voir si l'eau est sucrée ou non, Quand une chose disparaît ainsi dans l’eau, on dit qu'elle est soluble, Retenez bien ce mot, car vous ne l’entendrez pas prononcer tous les jours.—Qui me citera des substances solubles dans l’eau ?

E.— Le sucre..…...le sel...

M.—]] y en a bien d’autres encore, mais vous n'êtes guère en état de les connaître maintenant. Ecoutez-moi bien ! Un enfant qui n’est pas capable est incapable, ce-

| lui qui n’est pas poli est impoli, ce qui n’est pas visible

invisible.

soluble ?

E.—Nous l’appellerons insoluble.

Comment appellerons-nous ce qui n’est pas

M. — Qui connaît des substances insolubles dans l'eau.

E.—Le bois..…...le fer... le papier ….….lardoise …....le cuivre...

M.— Vous oubliez la graisse, qui flotte toujours dans

l'est aussi, les corps gras le sont. C’est pourquoi l’eau n'a pu tout à l’heure enlever le beurre comme elle avait enlevé le sucre. Mais l’eau chaude serait peut-être plus efficace. ŒÆssayons. Le résultat est médiocre ; le morceau de graisse est devenu une goutte huileuse, que l'eau pourrait entraîner en partie, mais qui est toujours insoluble, Heureusement j'ai ma pierre, qui saura bien opérer le changement que nous désirons ; rendre la graisse soluble, La voici. Ah! vous la connaissez ?

E.— C’est de la carbonade.

M.—Deux fautes pour un mot, mon cher enfant.

Dites carbonate et laissez le mot au masculin. Pour parler exactement, il faudrait même dire du carbonate de soude. Je dirai plus simplement de la soude, pour

Vous rappeler le mot que vous connaissez meins. Je mets donc la soude dans le verre. Voyez...

E.--La soude fond...

M.— Comme le sucre, Cette pierre est-elle soluble ou insoluble ?

E.—Elle est soluble... La graisse a disparu.....On dirait qu’il y a de l’eau de savon dans le verre.

M.—C’en est aussi. La soude et la graisse ont changé de nature pour former du savon, qui est soluble, La soude nous sera donc utile toutes les fois que nous vou-

drons rendre un Corps gras soluble. Or, savez-vous À quoi sert la soude ?

E—A laver le linge quand on le met à la lessive,

rquoi l’eau e elle avait it-être plus re; le morleuse, que st toujours saura bien e la graisse

er enfant.

in, Pour carbonate ude, pour meins. Je

le soluble

Us Où

se

nt changé ble, La LOUS vou- 2Z-VOUS à

essive.

M.—Le linge est donc toujours gras ?

«—Non, monsieur.

M.— En cela vous vous trompez, toute saison, nous sSuons de la graisse, et notre linge en est toujours imprégné, L'usage de la soude dans la lessive ne doit donc Pas Vous surprendre, Quel est son rôle ?

A toute heure, à

E, — Elle rend soluble Ja

M.--N'emploie.t.

sive ?

graisse du linge,

on pas les cendres pour faire la les-

E.— Oui, parce que les cendres contiennent de la po-

tasse, substance qui ressemble beaucoup à la soude, dont elle peut tenir la place,

M.— Devineriez-vous maintenant Pourquoi il nous fallait du savon pour débarbouiller Georges ? E.— Parce que le savon contient de la soude, avez fait de l’eau de savon avec de la soude. M.—Et Pourquoi vous recommande laver tous les jours à l'eau de savon ?

E.— Parce que nous su et que l’eau ne peut pas l'enlever,

M.—-Voilà qui est bien.

Vous

-ton de vous

N'oubliez Jamais cela ; si on emploie le savon plutôt » Je vous dirai simplement de

viennent de lessiver, Les avez-

violet pâle, contractées, endolories, gercées, parfois sai.

D ren rt pr

gnantes ? C’est que la soude et la potasse ne respectent pas plus les mains que les taches : elles rongent tout sans pitié. Il faut un grand amour de la propreté pour s'exposer volontairement à leur action brutale. Mais les mamans aiment tant leurs enfants qu'elles ne reculent pas devant la souffrance pour les voir beaux et

propres. Elles leur laissent le doux savon qui nettoie, À et gardent pour elles la soude ou la potasse qui brûle. les plu:

Page 1