LE FEUTRE
Voici le printemps, le moment est venu d'échanger les casques de fourrure contre les chapeaux de feutre, plus légers et plus solides,
Les chapeaux de feutre sont portés par tout le monde ; par les hommes et par les dames, par les petits garcons et par les petites filles. Ils sont l’objet d’un commerce considérable, dont le chiffre esc ‘ls éjavé. Mais c’est que ces chapeaux ne coûtent pas cher, e. qu'ils sont un objet de première nécessité. Ces obje!3-là sont ceux qui se vendent le plus et qui produ.sent davantage.
Je devine que vous avez bien envie de savoir ce que c'est que le Feutre et avec quoi on le fabrique.
Dans l’origine on le faisait avec de la laine d'agneau. Vous savez, de-ces jolis petits agneaux qui gambadent sur l'herbe à côté de leur mère la brebis. Ils ont une
laine bien douce et bien propre à faire des chapeaux oelleux.
Ensuite on prit le poil du castor, plus doux encore que la laine de l'agneau.
Peut-être n’avez-vous jamais vu de castor, cet animal qui habite de préférence le nord de l'Europe et de Amérique. Les castors du Canada, comme je vous
l'ai dit quand je vous ai parlé de ces animaux, font des digues, et se eonstruisent des demeures sur pilotis; les castors d'Europe creusent des terriers, et y vivent pour la plupart du temps au bord des eaux, réunis en société. ils sont doux et industrieux, Mais revenons au feutre:
Plus tard on mêla à la laine de l'agneau le poil du chevreau et du veau, que vous connaissez bien tous deux,
dont l’un est le petit de la chèvre et l’autre celui de la vache,
Plus tard encore on se contenta de mélanger ensemble des poils de chèvre, de lapin, de loutre, de rat, en y ajoutant un peu de laine, car la laine a la propriété d’amalgamer, d’entrectoiser, de retenir ensemble les différentes matières qui, employées seules, ne pourraient constituer ce que l’on nomme le feutre.
En outre, pour leur communiquer la consistance nécessaire, on les imprègne d'une certaine dissolution de mercure qui sert à les consolider.—-Je vous expliquerai plus tard, en vous parlant du thermomètre, ce que c’est que le mercure.—Avant d'employer ces différents poils, on les divise en lots et on les place sur une toile mouillée que lon presse avec les mains, la pliant et la repliant en tous sens pour opérer l’amalgame,
Ceci fait, on porte le tout au Joulage, c'est-à-dire qu'on le met tremper dans une chaudière d’eau acidulée au moyen de l'acide sulfurique.
Voilà encore un mot dont nous remettrons l'explication
pren vaill chap tance un et qu faites à tan être.
chap U égou l'arro conti
comir
ux, font des " pilotis ; les vivent pour is en société, s au feutre;
| le poil du n tous deux, celui de la
er ensemble , en ÿ ajouété d’amaldifférentes t constituer
istance néolution de xpliquerai e que c’est rents poils, le mouillée la repliant
’est-à-dire u acidulée
xplication
à plus tard, mes chers enfants, car elle serait bien trop compliquée pour vous en ce moment. Sachez seulement que c'est un liquide d’une transparence parfaite, quand il est pur, et qui n’exhale aucune odeur. Comme il à une apparence huileuse, on le désigne, dans le commerce, sous le nom d'huile de vitriol. Mais prenez-y garde, c'est un poison extrêmement violent, et s’il vous arrivait par hasard de trouver une bouteille qui en contînt, gardez-vous d’y toucher, comme d'ailleurs de toucher à tout ce que vous ne connaissez pas, car vous vous eXposeriez ainsi aux plus grands dangers.
Par ce que je viens de vous dire, vous pouvez comprendre facilement que l'air dans les ateliers où l’on travaille le feutre n’est pas sans quelque danger, et que vos chapeaux, auxquels vous n’attachez pas grande importance, exigent, de la part des ouvriers qui les préparent un certain courage. Pensez-y quelquefois, mes enfants, et quand vous serez grands, quel que soit votre métier, faites-le bravement et consciencieusement, en songeant à tant d’autres plus pénibles et plus dangereux peutêtre.
Maintenant, hâtons-nous d'achever l’histoire de nos chapeaux.
Une fois sorti de la chaudière, le feutre est laissé à égoutter ; puis on le presse avec un rouleau de bois, on l’arrose d’eau froide, et pendant vingt-quatre heures on continue à le fouler en tous sens, C'est un rude labeur, comme vous voyez, mais ce n’est pas tout,
Vous avez bien remarqué que tous les chapeaux de feutre n’ont pas la même couleur: les uns sont noirs, les autres gris, et d’autres encore sont bruns. Pour obtenir toutes ces variétés de couleurs, il faut avoir recours à une autre catégorie d'ouvriers; il faut s’adrésser au teinturier, lequel se met en devoir de teindre votre chapeau selon votre goût et à La dernière mode, comme on dit. Mais, avant qu’il soit posé sur votre tête, il doit subir encore d'autres préparations.
D'abord on le porte à l’étuve pour qu’il sèche, et la chaleur de l’étuve peut s'élever à un très haut degré. Puisil passe entre les mains de l'appréteur, lequel, pour le fagonner, le place sur une forme dont il lui fait prendre les contours avec la main, et pour lui communiquer la fermeté voulue, le trempe dans une dissolution de gomme. laque.
Cette fois, je répondrai à votre interrogation muette,
La gomme-laque provient du sue d’un arbre des Indes, Les Chinois en confectionent un vernis dont ils recouvrent leurs meubles, et qui est connu sour le nom de laque de Chine.
Fait à la main, la confection d’un chapeau dans ses différentes phases demande un temps qui ne permet guère au plus habile ouvrier d'établir plus de trois chapeaux dans sa journée, Mais la substitution du travail mécanique au travail manuel a produit une véritable révolution dans la chapellerie, Elle a augmenté la production en abaissant le prix de revient : elle a mis le
1apeaux de sont noirs,
Pour obfaut avoir ut s’adrésde teindre ère mode, votre tête,
, et la charé. Puisil our le fuit prendre niquer la ution de
1 muette.
les Indes.
Îs recounom de
dans ses e permet rois chau travail Véritable 6 la proa mis le
chapeau de feutre À la portée de toutes les bourses, et donné un développement important à cette industrie.
Du reste, ce n’est pas le seul usage auquel le feutre soit employé. Il sert encore à confectionner des chaus-
sures chaudes pour l'hiver, des tapis pour les appartements, etc., etc.
Le feutre n’est pas tissé comme la toile, le drap et autres étoffes ; il est foulé, comme nous venons de le voir; on ne peut donc pas dire que ce soit un tissu,
QUESTIONNAIRE. — Pourquoi Poiw-t-on des chapeaux de feutre le printemps et quelquefois l'été ?—Qui est-ce qui en porte ?—Le feutre est-il l’objet d’un grand commerce ?— Pourquoi ?—A vec quoi fait-on le feutre ?— Quelles préparations subit le feutre î— Pourquoi ne fautil pas toucher à l'huile de vitriol ?— Pourquoi les ouvriers qui travaillent le feutre ont-ils besoin d’un certain courage ? — A quoi faut-il songer en faisant un métier pénible ΗQu'appelle-t-on fouler le feutre ?— Comment tous les chapeaux de feutre n’ont-ils pas la même couleur ?—-Comment s'appelle celui qui les teint ? — Celui qui les appréte ?— Qu'est-ce que la gommelaque ?—Où la trouve-t-on Η Qu'est-ce qui a produit une révolution dans la chapellerie ?— Quels sont les
autres usages du feutre ?— Le feutre est-il un tissu ?— Pourquoi ?