Tome h. i
PLANCHE I. v
Buste de Silène couronné de pampres et de corymbes j sa figure exprime, par un léger abandon, l'instant où Hyresse va' faire succéder le sommeil à la gaité. Les ornemens dont le bras droit est couvert , ^ttmi étoient relevés parme incrustation en argent, dont une partie est eneefre conservée , indiquent que le vieux nourricier dé Baeèhus n'étoit pas seulement vêtu du Tribonion oti du Patliurn (i) qui couvre Fepaule et le côté gauche du corps. Il arvoit encore sous ce vêtement une tunique , dont les manches vénoient se terminer au poignet; Cayltts a fait graver deux bustes de Silène qui ont quelques rapports avec le nôtre - Tun (?) est vétu seulement d'une tunique, l'autre (3) a , comme celui que nous décrivons , une cou- Tonne composée des mêmes fleurs et des mêmes fruits; la uëbride qui le couvre et le reste du corps étoient ornés aussi d'une incrustation eu argent, et les yeux du même métal avoient une prunelle de verre ou de pierre précieuse. Ce savant a pensé que les petits bustes en bronae, dont on connoit un assez grand nombre avec une behère au sommet de lal tête , étoient des expoto ,* on peut les regarder aussi comme des poids de la balance que nous appelons Romaine. Nous aurons occasion de revenir ailleurs sur' cette opinion.
(i) Espèce 'de maniera que poTtoicntte» philosophes , et que l'on donne a Silène comme précepteur de Bacchus. On le voit aussi sur les statues de Jupiter , dTsculape et de quelques autres divinité».
(a) Recueil d'antiq. Tom. III, p. 175.
(5) 2*rf.Tom.IV, p. a 17.
Les images de Silène sont très-inultipUées;onen trouve dans presque tous les recueils de monuniens antiques (i)- Lucien tr ace ainsi son porinafr ;: Siatuà brevu+ oerpore obesus et wmtriéulàsus , senejt^ amuS ) auribna^ue ma* gm's prœditus. Pausani as. dit que JeU plus âgés et les pluà remarquables des Satyres se noiunioient Silènes -(>)* Mais celui que les mythologues déaiguentoomine le aourricier, le précepteur du jeune Bacchud, et que l'on voit sur les moaumens /.est celui > que Piodare et Pausacnas! font naître à Maie a (3)û il fait toujours partie du .cortège de Bacchus ; cependant il étoit lui-mètne au rang des Dieux, il avoit un culte et dès autels. Les Eléens lui avoient fait .bâtir un temple,, dans lequel il étoit représenté k côté de Methé ou l'ivresse qui remplissoit -de vin sa coupe* Il est ordinairement nu , ou légèrement couvert d'un manteau , ou d'une peau de bouc. Souvent il est monté sur un âne; d'autres fois il est soutenu ou porté par des enfansr dont la gaité plaît au, joyeu» vieillard qu'eUc amuse. Virgile a fait la description d'une scène de ce genre (4).
Le buste que nous publions est de 'bronze , d'une belle conservation y et du meilleur style. La main droite, dans laquelle est une. coupe, a été restituée parfau M. Morice „ habite sculpteur ^ qui nous a cède ce monument, dont la hauteur est de quatre pouces neuf , lignes ; il a été découvert à Lyon dans la montagne de Saint- Sébastien, derrière le séminaire de Saœt-Iréuée.
(i) Aniiquît.etpliq. — Cajltu, Becaeil d'antiq. — Begcr, etc. (p)Lib. I, p. 4i. ^
(4) Silenum pueri somno > videre jacentem , etc. Eclog. VI. \
' Vil."
Nous passons de suite à la description d'un autre baste trouvé clans la même ville, et dans le Rhône, vis-à-vis le Chemin-de-la-Boucle : ce chemin borde le côté de la montagne opposé à celui ou le Sirène qui précède a été recueilli. Ce buste est également de • bronze ; son séjour dans les eaux du fleuve où il a été roulé, a usé les parties saillantes de la figure, sans nuire beaucoup1 à son caractère et à sa conservation ; on y reconnoît le jeune Bacchus, dont la téte est couronnée de lierre ; deux branches de cette plante chargées de feuilles et de fruits, descendent des épaules sur la poitrine 5 le corps est nu et sans aucune trace de vêtement; les yeux sont creux pour recevoir desprunelles de métal, d'émail ou de pierre précieuse (i). Le sommet de la tète est percé d'un trou qui reteuoit sans doute une belière ; la partie postérieure du corps est creuse comme dans le buste du n.° I , ce qui nous confirme dans l'opinion que ces montimens ont servi de poids de Romaine ; on couloit <du plomb dans ce vuide pour en augmenter la pesanteur, on employoit le même moyen pour porter les poids dont le volume étoit fixé à une valeur déterminée , au degré juste du nombre de livres ou fractions-de livres qu'ils représentaient.
Les mythologues ont distingué deux Bacchus différens , le Bacchus Indien et le Bacchus Thébain; l'histoire du premier a été confondue avec celle du second qui est le plus connu, et qu'on a fait naître de Jupiter et de Sémélé;
(1) Histoire de l'art par Wiiic^jfl&tan , tona. II , p. 93. — Caylka, ton». I , pa£.3o, i54etaw.
Uigitize
la naissance, l'éducation et les mystères de ce Dieu, ont fourni le sujet d'un grand nombre de monuraens. Son culte venu de llnde se répandit dans l'Asie mineure et dans la Thrace, d'où il passa dans toute la Grèce , et ensuite chez les Romains. Les mystères Dyonisiaques étaient célébrés avec une grande pompe ; on y. apportait un si ^ grand empressement que peu à peu ils se trouvèrent mêlés avec ceux de plusieurs autres Divinités* telles que Rhéa, Proserpine, Cérès , Vénus et Cupidon. L'initiation à ces mystères était accompagnée de plusieurs cérémonies , dont on retrouve une grande partie dans les peintures des vases Campaniens. Les antiquaires ont pensé que ces beaux vases sur lesquels on a retracé les bacchanales et les autres cérémonies du culte de Bacchus , avoient été déposés, par un acte de religion, dans les tombeaux de ceux qui étaient initiés aux mystères de ce Dieu.
Les statues de Bacchus le représentent le plus souvent nu, mais toujours dans l'adolescence et impubère. Les formes de son corps tiennent de la mollesse féminine, sans doute par allusion à la foiblesse et à l'abandon qui accompagnent l'ivresse. Il tient ordinairement un canthare ou un rython et une grappe de raisin. Quelquefois il a le bras sur la téte et les jambes croisées , signes du repos et du sommeil ; souvent la panthère qui lui était consacrée est à ses pieds. On le voit aussi sur un char traîné par des panthères, des Aléphans, des chevaux ou des centaures; le plus souvent il est entouré d'un cortège nombreux de suivans des deux sexes dans l'attitude de l'abandon et de la joye.
L'ancien Bacchus , appelé Bacchus Indien , était fils de Jupiter et de Proserpine; on le voit fréquemment sur les
monumens de l'ancien style , et sur les vases Grecs peints. La plus belle statue antique du Bacchus Indien , étoit celle du Musée de Paris, dans laquelle ou avoit cru reconnoilre le fameux Roi deNinive, Sardanapale , dont on avoit tracé le nom sur cette statue en caractères Grecs.
Notre buste a .trois pouces neuf lignes de hauteur.
Lyon , Lugdunum, ou selon quelques auteurs Lugudununi y fut fondé Tan 43 avant Jésus-Chris*, par Munarius Plancus , peu après la mort de César , et avant rétablissement du Triumvirat; ses premiers habitans furent des Viennois chassés de leur ville par les Allobroges , et que Plancus y rassembla par ordre du Sénat; celte ville fut construite sur le territoire des Ségusiens , près du confluent du Rhône et de la Saône; elle s'étendoit sur le coteau qui domine la rive droite de cette rivière, et qui a conservé le nom de Fourvières, Forum Veneris , ou. Forum Fétus (i). Ce fut bientôt une colonie puissante qui , sous Auguste et sous Tibère , étoit déjà aussi peuplée que Narbonne \ elle étoit la résidence du Gouverneur de la Gaule, et on y frappoit des monnoies d'or et d'argent (a). Après l'avènement à l'Empire, de Claude qui y étoit né, Lyon prit lè nom de Colonia Copia Claudia Augusta. Mais cette ville , devenue en peu de temps si florissante, fut brûlée dans une seule nuit, la quatrième - année du règne de Néron , et la centième ou la cent unième après sa fondation. Sénèque a peint en peu de mots cet événement désastreux dans sa lettre à son
(i) Dio. Cass. lib. XLVI.—Plin. lib. IV, c. 18. — Paradin, Hist.de Ljon. — Bist. d« Lyon , par le Père Colonia, etc. (i) Notice de la Gaule par Dwmlle , peg. 4*3.
ami Lu ci li us (i). Néron donna une somme considérable pour aider à la rétablir.
Dans tous les temps on a recueilli à Lyon et dans ses environs, des monumens antiques en tous genres ; la quantité d'inscriptions qui y ont été découvertes , est prodigieuse. M. Artaud, que nous citons toujours avec un nouveau plaisir, comme le savant le plus modeste et le plus zélé, en a rassemblé une suite précieuse dans le bâtiment de Saint-Pierre, et les a publiées. On lui doit aussi la eomnoissanoe du véritable emplacement de ce temple fameux, dédié à Rame et a Auguste par soixante nations de la Gaule; nous sommes persuadés que des fouilles bien dirigées dans les parties de la montagne de Fourvières , où elles pourroient être faites , prodiûroieni encore une abondante récolte de monumens.
Figurine de Bronze, ayant deux pouces dix lignes de hauteur; elle représente un personnage .consulaire, vêtu d une tunique à larges manches, relevée et ceinte au un-? lieu du corps. Ce vêtement paroit être celui du tems dé Constantin ; on le retrouve dans les monumens de son règne, principalement dans les sculptures de son arc de triomphe; cette petite figure tient un rouleau dans la main droite ; sa chaussure est remarquable. Elle a été trouvée L Arles, dans une urne cinéraire.
Arelate , Arles, ville située à l'embouchure du Rhône, étoit d'abord du pays des Salyes. César est le premier qui
(i) JEpist. 91. ÏMgdiuium quad t'a Galliâ ostendcbalur, çwrritur.... unaque no* inUrfuit inter urbem maaimam et mdlam.
en ait fait mention (1); il dit qu'il y fit construire des vaisseaux pour combattre les Marseillois, qui, seuls de toute la Gaule, avoient refusé d^mbrasser son parti contre Pompée. Strabon en parle comme d'un entrepôt considérable pour le commerce (2); Mêla la range parmi les villes de la Narbonnoise (3); Pline, Suétone, et Ptolomée, lui donnent le titre de Colonie; elle prit le nom de Constantin qui y fit un long séjour, et, sous Honorius, elle devint la résidence du Préfet du Prétoire , qui auparavant se tenoit à Trêves (4). La Notice de l'Empire fait mention d'un trésor qui y *étoit déposé, et de son hôtel des monnoies. Cette ville fut, dans le dixième siècle, la capitale d'un Royaume formé d'un démembrement de celui de Bourgogne.
Arles est une mine riche et féconde pour les amateurs de l'antiquité; le nombre des inscriptions, des bas-reliefs, et des autres monumens qui y ont été découverts , est immense. Le Musée de Paris possède une belle Vénus en marbre, qui y fut trouvée en i65i , dans l'emplacement de l'ancien théâtre. En 1684, les habitans en firent présent à Louis XIV; elle fut restaurée par Girardon, et placée dans la galerie de Versailles , où elle demeura jusqu'à l'époque de la révolution. M. Millin a publié (5) beaucoup d'inscriptions inédites, recueillies dans cette ville, où dans l'ancien cimetière qui en est voisin , et qui a conservé le
(1) De Bell. Civil, lib. I , c. 56.
(*)Strab.lih. IV.
(3) Pomp. Mêla , lib. II, c. *>.
(4) On a dit aussi que ce[ changement fat opère par le Grand Constantin j nous avoos sniri l'opinion de Danville , dans sa notice de la Gaule, pag. 93.
(5) Voyages dans les départemens do midi de la France , ton». III.
nom de Champs-Éfysées , dans celui SAUscamps qu'il porte aujourd'hui ; une portion de ce terrain funèbre, s'appelle aussi Champ -des- Mânes.
Petite figure athlétique de bronze, gravée dans sa grandeur naturelle ; elle a été découverte à Carpentras , Carpentoracte Meminorum , dont Pline a seul parlé sous ce nom (i). Mais on pense généralement que cette ville faisoit partie de celles des Cavares, plutôt que des Memini 9 dont la capitale paroît avoir été Forcalquier, . Forum JYeronis de Ptolémée , dans le diocèse de Sisteron. Caylus a rapporté "une lampe de terre , trouvée à Carpentras (a),
Camée, sur une agate onix à deux couches; le fond est d'une calcédoine saphirine presqu opaque , et la figure d'un blanc jaunâtre. Le menton est un peu mutilé, la pierre est gravée dans sa grandeur naturelle : on l'a découverte à Boulogne sur mer, en 1804, en faisant les préparatifs de ce camp fameux qui rappelle l'expédition dérisoire, de Calicul a contre les Bretons insulaires. On trouva avec ce camée quelques médailles du Bas-Empire , des fragmens de bronze, et des poteries antiques. Nous pensons qu'il représente Julien l'Apostat dans sa jeunesse,
Ce Prinoo fut fait César à Milan par l'Empereur Constance II, en Vannée 355, et envoyé dans les Gaules en
(■)£■». HZ, c.<.
(a) Recueil d'antiq. Tom. VU , p. a55.