‹ Recueil de Monuments antiques la plupart inédits et découverts dans l'ancienne GauleChapitre 22 sur 65 · PLANCHE VIII · texte numérisé non relu

PLANCHE VIII

I ET IL

Nous* regrettons que la partie inférieure de cette figurine de bronze ait été détruite: l'ajustementde la chlamyde et du vêtement qui couvre le bas du corps est particulier \ la couronne de laurier qui orne la téte nous fait penser que cette figure représente un sacrificateur ou un prêtre d'Apollon ; elle a été trbuvée dans les environs d'Amiens.

(i) On a trouvé h SUtcron l'os d'un bras gauche dans lequel étoient enfiles cinquante armilles de bronze argenté, retenus entre deux gros anneaux de

trait. Ces denx anneaux et trente des armilles sont dans le cabiuet de M. l'abbé deTersau, À Paris.

^dmnte.hôus, àttON»iis-ià décrire #hslëitèë> àntm ttiofitimens împortans , recùèillis dàniï ^««''Villé' 'Ofctkn* les environs, nous jremetlpns , à / en, parler avec quelque détail lorsque nous en serons à ces descriptions.

Hat de bronze dévorant un gâtraU appelé ^/tfc<fMtf , qufr l'on voit souvent comme offrande dans ïès mains des prêtres "Romains. La queue de cé petit aniikal a été mutilée, mais la forme des oreilles su/fit pour indiquer que cest un rat et non pas un lapin quon a représente. On en trouve fréquemment de différentes dimensions. Càylus en â publiç un " !de même grandeur que le nôtre , mais'' dans une attitude diftereuie' fi); il dît qu'il' ï^ùorèf Iqûeïïè idée les Romaius attachoient à cet animal. Mbntfaûcon rapporte une urne cinéraire ornée de sculptures dans lesquelles on voit ûd rai dévorant *lés fruits qui forment une guirlande autour de ce monument (a). Le savant Bénédictin ne regarde cet animal que comme un accessoire de puxe fantaisie , de même que les fièvres , les mouches, les papillons et tes lézards que Ton v*it fréquemment «tir les amès cinéraires irt les autres raonumens funèbres. Nous so*nn**s4om d'adopter le sentiment de ces deux céièbreâ antiquaires ; nous pensons, au contraire, que chacun de oê*> animaux a Voit une signification allégorique, d'après laquelle ils étoient employés dans les ouvrages de l'art. Le lièvre étoit consacré à Vénus et à Cupidon ; le léaard a Apollon et à Mercure j les mouches et les papillons

(i) ftecueil d'anlii). Torti. TV , p.

(a) Aniiq. expl Suppl. Tom. V, p*g. 83.

étaient le symbole de làme, que l'on coiwldéroU somme

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aux vents les plus légers , par levibus ventis. Le lièvre , ainsi que le rat dévorant sur une urne cinéraire des fleurs deg fruits, pouvoient être l'emblème de la.morj qui moissonne au hasard, et «cuvent avant que l'âge aif piuv mis au corps de prendre son accroissement , et à l'esprit de parvenir à sa maturité et d'acquérir de 1 1 us tr action . dn voit aussi des rats et «les lic\res sur i< s lampes sépulcrales (i) et sur les pierres gravées ; il fallait donc que les anciens attachassent un sens figuré au petit animal rongeur et nuisible dont nous rapportons une »<*:« ■ Hérodote raconte que Sennachérib J i <> i d'Assyrie i étant vntré avec une nombreuse armée dan«l'É$y^,!alQn8> vernée par Sethon , qui ne se trou voit pas en état de J ni résister , celui*i implora le secours de Vuleain , dont il é toit le prêtre. Ce Dieu lui apparut pendant son sommeil , et lui ordonna de combattre ses- ennemis , quoique bien supérieurs en nombre, lui promettant cnfil remporterojf la victoire* jSethon , plein de confiance dans cet te apparition^ s'approcha de l'armée ennemie dans la ferme résolution de livrer le combat \ mais pendant la nuit une quantité prodigieuse d[e rats s'étant jetés dans le camp des Assyriens 9 a y oient m^s en pièces les vétemens , les armures et les harnois, ce qui les mit dans l'impossibilité de résister aux Égyptiens. Ils furent forcés de prendre la fuite , en abandonnant leurs Jïagages et leurs trésors. Sethon, en reconnoissance de ce bienfait, fit élever dans le temple de

Yulcain une nouvelle statue de ce Dieu , tenant une souris

(i) Antiq. eipl SuppUm. Tom. V, p»g. »5i.

dans la main droite : depuis ce temps , cet animal fut consacré au malencontreux époux de Cypris, et les traditions mythologiques de l'Egypte ayant passé chez les* Romains, ceux-ci consacrèrent sans doute le rat a Vulcain , en multiplièrent les représentations , et le firent entrer allé*goriquement dans la composition de leurs mon umens.

Vlchneumon ou rat de l'Inde, aussi appelé rat de :Pharaon , étoit en grande vénération dans l'Egypte, parce "ïra'il détruisoit les œufe de crocodile. Hérodote nous apprend encore que le rat étoit adoré par les jjtrebites ", peuple de l'Egypte. Il étoit consacré à Apollon, surnommé Sminthas , de Sminthos , nom que les Cretois donnoient à cet animal. /Elien dit qu'il étoit en honneur parmi les habitans de la Troade (i) ; eti selon Héraolides de Pont, les rats étoient nombreux dans la Crète aux environs du temple, on lès y regardait cômme sacrés (a). .

i . -, * IV.

Parmi les monumens antiques échappés aux ravages du temps, les patères ont fixé particulièrement l'attention des savans ; mais ïes epinions sont encore partagées sur les usages auxquels on les empîoyoit. Cependant le sentiment le plus général est que ces sortes d'ustensiles' ont servi 'dans les sacrifices. II y en a de rondes comme un disque , beaucoup ont des manches de différentes formes , presque toutes sont plates ou très-peu profondes: celles d'argent sont très-rares; on en trouve plus communément en bronze,

(i) De animal.

(a) Bonaai Mus. Kircher , pag. 36 , dit qu'on porloit le rat comme ose latte prcservatîve , ei qu'on le suspendoit an cou des eofau».

et quelquefois en* terre cuite. Le plus souvent elles sont ornées de sujets mythologiques et héroïques, gravés au trait, et presque toujours en creux; les orneifiens qui bordent le disque et couvrent les manches sont au contraire toujours en relief.

Celle que nous publions représente en relief le premier des travaux d'Hercule ; elle n'a jamais eu de manche. Le fils d'Alcmène étouffe dans ses bras le redoutable lion de la forêt de Némée ; le lieu de l'action est indiqué par un arbre : le héros est nu; il a déposé ses armes à terre, et il n'emploie contre son terrible adversaire que la seule force dont il est doué : derrière lui est un cippe surmonté d'un oiseau posé sur un globe. Ce cippe est incliné , et le terrain montucux et inégal , pour indiquer sans doute que l'action se passe sur le mont CUhœron. C'étoit là que se tenoit le lion qui dévoroit les troupeaux d'Amphytrion et de Thespius. Le cippe, placé derrière Hercule , a-t-il rapport à la victoire qu'il est sur le point de remporter , ou présage-t-il les exploits qui doivent illustrer son nom et remplir un jour le monde de sa glwre ? L'oiseau posé sur un globe est peut-être l'aigle de Jupiter, Roi du ciel et maître de l'univers , auquel Hercule devoit la naissance.

Les travaux d'Alcide ont été fréquemment retracés sur les monuraens antiques de tous les genres. Les poètes les plus anciens en ont fait mention sans en indiquer le nombre; il a été fixé à douze , sans doute dans des temps postérieurs à Alexandre. A l'époque où l'on vouloit tout expliquer par l'astronomie , système que nous avons vu renouveler de nos jours , on fit d'Hercule l'emblème du Soleil , et ses travaux indiquèrent la marche de cet astre dans chacun des signes du Zodiaque. On a aussi attribué à Tom. il. 10

eet Hercule Thébain les difFérens exploits par lesquels des hommes vigoureux et entreprenans se sont illustrés dans différentes contrées. Ces traditions, jointes aux fables astronomiques , ont formé ÏHéraolée , ou l'histoire mythologique dont le fonds appartient aux fables Thébaines (i). Elles ont été rendues célèbres par les jeux olympiques dont ou croyoit Hercule le fondateur, et par la vénération que les peuples de la Grèce conservèrent pour les Héraclides descendans de ce héros. On connoit vingt- trois villes qui ont porté son nom, et beaucoup de peuples se glorifioient de descendre de lui.

lia patère que nous publions a 6 pouces 8 lignes de diamètre ; 1 ornement à petites palmettes qui borde le disque , est d'un meilleur style que le sujet gravé dans le milieu. Une base de 6 lignes de hauteur et de a pouces de diamètre , servoit à poser celte patère, qui a été trouvée dans les environs de Strasbourg.

Argcntoratum , Strasbourg, ville des Triboci , dans laquelle il y avoit, du temps des Romains , un atelier considérable d'armes de toute espèce. Le célèbre professeur Schœpflin a publié l'histoire de l'Alsace (a) en deux volumes ; il rapporte dans le premier un grand nombre de monuraens antiques recueillis dans cette province, et parmi lesquels on en remarque plusieurs de style égyptien.

V bt VI.

Buste Africain en bronze, avec les cheveux frisés et

(i) M. MiUin , Gâterie mjlhotog. Tom. a. (»> AluUim iUu»inU. In-feL C«kir, »;5i.

bouclé», ayam beaucoup de ressemblance, pour le style , avec une petite figure trouvée k Chalon-sur-Saône , et qué Caylus a feit connoître (t). On voit souvent ces têtes Africaines sur les monumens ; nous en avons une très-belle en forme de lampe } composée d'un métal assez semblable au potin.

Petite tête d'Atys en bronze, coiffée du bonnet Phrygien 5 on connoit l'infortune de ce jeune berger du Mont Ida : épris des charmes de la fille du fleuve Sangarus , la jalouse Cybèle fit périr cette aimable nymphe , afin d'obliger son amant de répondre à la passion quelle avoi| conçue pour lui ) mais Atys, inconsolable de la perte de, Sangaris, se priva lui-même des moyens de la satisfaire^ Quelques écrivains y tels que Macrobe et Lucie» , disent que ce fut la déesse elle-même qui le fit eunuque. Catulle lui donne les deux sexes : Geminam naturefm.

On représente souvent Atys accompagnant Cybple , et d'autres fois seul; il porte le bonnet Phrygien ; on lui laisse le veutre à découvert ; ses jambes sont couvertes des Anaxyrides , cû&Çvpiç ; il tient le pedwn , la S/riruc , une branche ou une pomme de pin y arbre consacré à Cybèle. Les prêtres de cette déesse ne pouvoient exercer leur ministère qu'autant qu'ils avoient subi la même opération qu'Atys. Plusieurs auteurs ont rapporté des figures de ce berger ; Montfaucon en a donné quelques-unes d'après Boissard et La Chausse (2).

(1) Recueil d'antiq. Ton». VII, pl. 81 , N 3 , 4 el 5. (a) Antiq. expliq. Tom. I , part. I, pag. 17.

Tous les monumens de cette planche sortent de notre cabinet , et sont gravés dans leur grandeur naturelle , excepté la patère qui est réduite à la moitié de sa dimension.

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