‹ Recueil de Monuments antiques la plupart inédits et découverts dans l'ancienne GauleChapitre 24 sur 65 · C.O Intcoduct.ii Ujciencede» médaille*. Pl · texte numérisé non relu

C.O Intcoduct.ii Ujciencede» médaille*. Pl

(i) De lad. et Osirid..

(3) jEneid. , Lib. Vllt, f. 698.

Anubis avoit une tète de chien , parce qu'il étoit le gardien d'Isis et dOsiris (i). Il y avoit en Egypte un nome ou province des Cjrnopolttes , et une ville du nom de C^no* polis, dans laquelle on rendoit un culte pa^UcuMer à Anubis (a),J Apulée appelle ce Dieu l'interprète et le messager des Dieux du ciel et des enfers : IUe superum commenter et inferum ; nunc atrd, nunc aured ' Jacie suhlimis ûttollens canis cervices arduas Aiyubis, lesyd caduceunï gerens dextrâ palmam virejilem gnatiens, Tertullien «et Saint Augustin ont donné à Anubis le nora\de Cynocéphale,f qui signifie bien téte de chien, mais. qui' appartenpit plutôt à une espèce de singe ou d'animal farouche, dont parle Hérodote, et'qui y< selon cet auteur ^ a voit les yeux sur la poitqne.

Montfaucon a fait graver un cippe de marbre découvert à Rome en 17 19, sur l'une des faces duquel on voit un Herxnanubis , qui ne diffère du nôtre que par le vase qu'il porte dans son bras gauche (3) j c'est aussi la seule différence qui existe entre la figure de bronae rapportée par Je, Père Mangeart et la notre. Montfaucon donne , avec plusieurs autres images d Anubis, un beau monument sur lequel ce dieu est représenté avec différens symboles , et avec le nom de 0£oi J^fôjçot , les Dieux Jrères ,*! ©e qui s'applique à la réunion d' Anubis avec Serapis et Apis, doubles bustes sont placés à ses côtés (4). Le savant Bénédictin s'étonne avec raison de trouver , sur une médaille, qu'il a fait graver

(1) Lib. I.

Çi) Strab. Geôg., Lib. XVII.

(3) Aotiq.. explicj. Supplém. Tom. H, p. 54»

(4) lbid. Tom. I , pWl. H, p»g. 5ia.

d'après le Père Albert , une figure d'Anubis au revers de l'empereur Constance , second fila du Grand Constantin* et qt^étoit chrétien. Il n a pas remarqué que cette médaille étoitune restitution de Julien l'Apostat, successeur de-Cons» tance. Ce Prince fit rouvrir , en 36i , première année de son règne , les temples des payons, et rendit lui-même un culte particulier aux idoles Egyptiennes. On -trouva en 36a > en Egypte, un bœuf semblable à ceux qu'on y recherehoit pour les adorer sous lé nom d'Apis. Julien le fit représenter sur une de ses monnoies frappée à Constantioople ave© la légende ; Sccuritas Rtipublicœ. Il fit mettre aussi Sur d'autres pièces différentes idoles de TEgypte , entrautres Anubîs, avec là légende : Vota publica , comme sur celle que rapporte Montfaucon ; et s'y fit représenter lin-mémo ainsi que sa femme Hélène , sous les figures1 de Serapts et dlsis -Fana, (f ) Il est donc évident que la médaille du Père Albert est une restitution de Julien à son prédécesseur , ou simplement peut-être une erreur du Monétaire qtri a hSt employer danslemonnoyage un coin avec la tète de Constance au lieu de celle du Prince régnant.

Quoi qu'il en soit , la figure de bronse que nous publions date certainement de la même époque; le travail en est R ornai» , ainsi que le vêtement ; et le style grossier prouve que eest uri ouvrage du Bas-Empire. Julien l'Apostat fit un long séjour dans les Gaules, et s'y fit aimer des habilans. L'attrait de k nouveauté, ou la flatterie «Juî caresse les idées et les passions des Erjnces^ disposèrent sans doute les Gaulois à adopter les pratiques superstitieuses

(1) Bauduri. Numism. imper. Ton», tl , pag. a55. — Mangefrt , latrodact. k la icience des m éd. Pl. 7. ' :

de Julien et ses idoles favorites ; ils durent niéme accorder la préférence à l'Hermanubis qui représentait avec quelques différences , leur Teutates ou Mercure qui étoit en si grande vénération parmi eux..

Caylus a fait graver une figure d'Anub&s qui date* sans doute comme la nôtre, du quatrième siècle de l'Eglise , où son cidte étoit répandu dans tout l'Empire. Il est vêtu de la toge Romaine, et tient un rouleau 5 le savant acadéf micien a pensé que c'étoit une caricature dirigée contre quelque Sénateur qu'on avoit voulu tourner en ridicule (r). M. Millin a aussi publié une peinture à fresque d'Herculanum très-curieuse; on y voit Enée enlevant son père Ancliise , et conduisant le jeune Ascagne par la main. Ces trois personnages ont des têtes de chien , et non pas de singe; car nous n'adopterons pas le sentiment dû savant que nous citons, et qui n'a vu qu'une caricature dans ce sujet traité dans le style Egyptien (a). Nous y trouvons, au contraire , une allégorie ingénieuse de l'origine Xroyenne attribuée aux habitans du JLaUum. La figure d'Anubis convenoit à Enée et à Ancliise, comme gardiens des Pénates qu ils avoient sauvés de l'embrasement de Troyes. Le bonnet Plirygien et le pedum du jeune Ascagne,, en rappelant l'origine des trois fugitifs , semblent encore indiquer que c'est dans ce dernier rejeton que réside lespéraùce de ressusciter ou de venger leur première patrie.

Buste de Neptune en bronze, d'une belle conservation,

(1) Recueil d'antiq. Tom. IH, p. a8o.

(a) Galerie wyih#l. Ton. H , p. $5.

trouvé dans les" environs de Sedan. L'idéal de ce Dieu a été imité de celui de Jupiter, avec lequel on lui trouve une grande ressemblance. L'arrangement des cheveux *»t la forme de la barbe sont à-peu-près les mêmes ; cependant on ne voit pas, dans la figure du Souverain des mers, cette expression de puissance et de majesté qui brille dans les traits du maître de l'Olympe. Onreconnoît dans notre buste le caractère de mollesse qui distingue Neptune; et le roseau qui ceint la tète en forme de diadème , ne laisse d'ailleurs aucun doute sur le nom qui appartient à ce joli monument;

• Un Dieu qui présidoit à la navigation devoit avoir un culte très-étendu, les dangers des courses maritimes rendant la protection divine plus nécessaire à ceux qui s'e*posoient sur ce terrible élément; aussi les images de «Neptune sont-elles très-multipliées, On le trouve principalement sur un grand nombre de médailles Grecques et Romaines. On le voit aussi sur les pierres gravées et sur les monumens de sculpture* 11 est représenté tenant un trident d'une main et un dauphin de l'autre; appuyant le pied droit sur une proue ou sur un globe ; quelquefois il est dans un char traîné par des chevaux ordinaires ou ailés,' et par des chevaux marins. Sur les monnoyes de fïêmëtriuï-Polyocertes , des Possidoniens pt d'autres Peuples, Neptune est debout , la ohlamyde sur le bras , et lançant son trident.

IVetV.

Les anciens étoient dans l'usage de tout personnifier , les vertus , les vices , les évéuemens , les provinces , les villes , les fleuves et beaucoup d'autres d'objets inanimés.

Cest principalement sur les médailles que l'on retrouve des exemples de ce culte particulier. On y voit , sous différentes figures et avec di fierons symboles, la Modération, la Clémence, la Justice, la Fortune avec -des épithètes qui indiquoient l'augmentation ou le retour de ses faveurs : comme Fortuna ohsequcns , Fortuna redux , Fortuna perpétua; VAbondance, la Fécondité, la Concorde, le Repos, etc. Ces différens types des médailles ont été souvent d'un grand secodrspour l'explication des monumens.

La figure que nous avons fait graver ici sous deux faces différentes, représente Y Abondance , compagne de la Fortune, et que les Grecs nommoient EVA»«t. Elle a la téte ornée d'un diadème; sa chevelure est courte et arrangée sans art. Son vêtement bien ajusté se compose d'une longue tunique , dont les manches serrées tombent jusqu'au poignet; c'est peut-être ce qu'on appeloit pal la. De la droite elle s appuyé sur un dicta, urne à deux anses, et porte sur le bras gauche une corne d'abondance remplie de fruits. Par-dessus la tunique elle a aussi un large peplusy ou manteau léger que les dames Romaines s'appliquoient à draper avec grâce.

Montfaucon a publié, d'après La Chausse (x) , une figure de bronze à-peu-près semblable à la nôtre ; elle porte une couronne de feuilles qui paroissent être celles du laurier ; elle a également la corne d'abondance et le diota , mais dans une position inverse; ce que nous considérons comme une faute du graveur, qui aura négligé de se servir du miroir. Dans tous les monumens sur lesquels on voit des figures avec la corne d'abondance , elle est toujours placée

(i) Àntiq. expliq. T. I , part. U, p. 3i4.— Grand cabinet Romain, pag. 5a.

Tom. II. II

sur le bras gàuche , et c'est le symbole ordinaire de la Fortune , de l'Abondance, et de la Monnoye ou delà Richesse. La Chausse a pensé que le diota place près de la figure qu'il a publiée , signifie que l'eau est le principe de toute génération, comme le croyoient les Egyptiens, Ils adoroicnt cet élément sous la forme d'un vase surmonté d'une téte humaine , et donnoîent à ce Dieu le nom de Canope. Ne pourroit-on pas conjecturer aussi que le diota avoit rapport à l'abondance des vins que* l'on conservoit prin* cipalement dans cette espèce d'urne.

Depuis Trajan jusqu'à Maximien-Hercule inclusivement, on trouve un grand nombre de médailles ou monnoyes avec le type de l'Abondance ; elles éteient destinées à perpétuer le souvenir des largesses que les Empereurs avoient faites au peuple , ou à rappeler les sacrifices qu'ils s etoient imposés , et les dépenses qu'ils avoient faites pour entretenir l'abondance des grains, dont la disette donna souvent *de grandes inquiétudes aux Romains.

Notre figure de bronze a été trouvée près de Sedan j elle est, ainsi que les deux précédentes, gravée dans la moitié de sa grandeur : toutes trois font parties de nos collections.

Brique de seize pouces de longueur sur sept de largeur , découverte en 1771 à Agen, près de la Chapelle-Renaud , sur la route d'Auch. Elle porte une inscription funéraire qui indique la sépulture de deux soldats Romains , AETIV8 PAVLVS, et DECIVS TÏTINÏVS. Ces noms appartiennent à deux familles citées dans les inscriptions anciennes. On trouve dans les fastes consulaires un Flavius- Aetius ,

Commandant des deux milices (i). Grufter cite l epitaphe à Aetia-Helice (a). La famille Titinia , dont un grand nombre d'auteurs anciens ont fait mention, avoit fourni des brandies Patriciennes et des branches Plébéiennes,

Autre brique noirâtre , 'd'environ six pouces carrés , trouvée au même endroit, et à la même époque que la précédente. On y voit une faucille entre les deux lettres D. M. Dis Manibus. Elle étoit gravée de manière à être employée d'échantillage.

Avant l'arrivée des Romains dans les Gaules , on n'y connoissoit point l'art de la briqueterie et de la tuilerie ; les toits des maisons étoient couverts en chaume : si les Gaulois pétrissoient l'argile pour en faire des vases et des ustensiles , leurs procédés dans cette fabrication étoient très-imparfaits, et ils en durent une connoissance plus étendue à leurs vainqueurs. 11 y avoit dans les légions Romaines des ouvriers de tous les genres; les tuiliers et les potiers surtout trouvoient partout à exercer leur industrie j les nombreux débris d'ouvrages en terre cuite , que l'on découvre dans les Gaules partout où les Romains ont habité, prouvent que leur premier soin étoit de bâtir, à leur manière, des édifices d'utilité et de luxe dans les villes où ils séjournoient. Ce fut principalement du temps d'Auguste , et par les soins d'Agrippa son gendre, que les arts se répandirent dans les Gaules. Les tuileries et les autres

(i) Onuph, Pmutùu efymp. 5oi. Sui Placid. ValenUman.

fabriques du même genre qui s'y établirent, doivent dater

de cette époque.

Les briques Romaines , lateres cocti, celles dont on se servoit habituellement, avoient, selon Vitruve , un pied de long sur un demi-pied de large, mesure Romaine, c'est-à-dire, un peu plus de dix pouces sur cinq de notre pied de Roi. On faisoit aussi des demi-briques ; les unes et les autres étoient employées dans la construction des édifices, et avoient une telle solidité quelles ont résisté à une longue suite de siècles.

On trouve souvent sur les tuiles, sur les briques et sur les carreaux, des inscriptions qui font mention des noms de ceux aux dépens de qui ces ouvrages étoient fabriqués, ou des chefs d'ateliers; on en a trouvé aussi avec le nom des légions dont les soldats étoient employés à cette fabrication. 11 est peu de collections d'antiquités où Ton ne voye des cachets en cuivre qui servoient à former ces'empreintes sur les ouvrages en terre cuite : nous en avons fait graver plusieurs aux planches 29 et 36 de ce recueil (1).

Jgînum, Agen, où nos briques ont été découvertes, étoit, selon Ptolemée, la capitale des JSitiobriges. L'Itinéraire d'Antoniu, la Carte de Peutinger, et d'autres ouvrages anciens font aussi mention de cette ville.

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