‹ Recueil de Monuments antiques la plupart inédits et découverts dans l'ancienne GauleChapitre 25 sur 65 · PLANCHE X · texte numérisé non relu

PLANCHE X

Nous avons eu quelque peine à nous décider à la publi-

cation des monumens qui composent cette planche , parce que dans nos habitudes et nos usages , ils entraînent une idée d'obscénité que nous sommes bien éloignés de désapprouver. Cependant ils sont importons par la place qu'ils occupent dans l'histoire des temps anciens. On en trouve un assez grand nombre dans les recueils d'antiquités,. Comme d'ailleurs tout dépend de la manière dont les, choses sont présentées et dont les idées sont exprimées , nous avons pris le parti d'écarter nos scrupules, et de publier ces amulettes qui sont toutes de bronze, ainsi que la figure Priapique.

Aucun culte n'a été aussi généralement répandu que celui du Phallus, parce que l'opération la plus importante de la nature est sans contredit celle de la reproduction des êtres et des substances qui couvrent la surface du globe. Aussi les anciens n'attachoient-ils aucune idée d'obscénité aux innombrables représentations qu'ils avoient du PAal/uj. C'étoit pour eux le symbole de la fécondité, de l'abondance, et l'un des objets les plus sacrés de leur culte. On a pensé qu'il avoit commencé à être adoré chez les Egyptiens , comme l'emblème du bouc et du taureau célestes, «lotit les signes réunis dans la même division zodiacale avoient annoncé à ces peuples le retour du printemps , il y a environ 4-5oo ans. Ce culte se répandit ensuite généralement , et passa dans la Syrie , la Perse , dans toute l'Asie, dans la Grèce et dans l'Italie. Les Espagnols le trouvèrent établi dans le Mexique , lorsqu'ils en firent la conquête ; il existe encore , et de temps immémorial, dans l'Inde ; enfin il s'est propagé en Europe jusqu'à des temps trèsmodernes, et en France jusqu'au seizième siècle. On en retrouve encore des traces dans plusieurs parties de l'Ita-

lie, cïii le prbgrès des lumière» lia pas encore pu faire cUsparottre entièrement ces tracés de barbarie, " Nous ne nouS* étendrons pas longuement sur un sujet qui a été traité peut-être même avec trop de détail dans ces derniers temps. Nous renverrons ceux qui voudraient approfondir davantage cette partie de la mythologie à un ouvrage dans lequel on a réuni toutes les recherches que l'on peut désirer Sur ce sujet (i).

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