‹ Recueil de Monuments antiques la plupart inédits et découverts dans l'ancienne GauleChapitre 30 sur 65 · PLANCHE XIII · texte numérisé non relu

PLANCHE XIII

I ET II

DAU6 tous les temps la cupidité a porté quelques hommes à transgresser les lois , et à employer leur adresse et leur industrie pour tromper les autres. Les faussaires , surtout, se sont exercés à l'imitation des monnoyes dont la valeur a toujours été fixée au-dessus de celle réelle du métal dont «lies étoient composées. Les faux inonnoyeurs 9 en altérant cette matière , avoient un gain sûr \ et la peine capitale, prononcée contre cet attentat, a presque toujours été insuffisante pour arrêter, et même pour balancer cet appât dangereux.

Chez les Romains , du temps même des Consuls , on falsifioit les monnoyes avec une grande habileté. On trouve dans les cabinets de ces pièces qu'on nomme médailles fourrées : c'est un flanc de cuivre, quelquefois de fer, et

couvert d'une légère feuille d'argent ; on battoit le tout ensemble , de manière qu'il étoit impossible d'en faire la différence avec les pièces d'argent pur. Il y a aussi des monnoyes Grecques fourrées qui remontent à une liante antiquité; nous avons vu une Darique de ce genre. Mais cette espèce de falsification ne put se soutenir que dans les pays , et pendant les temps où les monnoyes furent à un titre de bon aloi et de métal pur. Lorsque , sous Septime Sévère , le titre eut commencé d'être altéré par le Prince lui-même, les faussaires trouvèrent un champ plus vaste pour exercer leur dangereuse industrie ; ils augmentèrent la portion d'alliage de l'argent; et, pour aller plus vite , ils coulèrent leurs pièces dans des moules d'argile. 11 paroît que ce fut surtout à Lyon et dans les environs qu'une grande fabrication de fausse monnoye fut établie. On y a recueilli en différent temps, et tout récemment encore , une quantité considérable de moules d'argile qui y étoient employés par les faussaires. Celui que nous avons fait graver représente d'un côté la tête de Julia Paula, première femme d'Élagabale, et de l'autre Vénus victorieuse. Nous possédons plusieurs autres de ces moules avec les tètes de Caracalla , de Plautille sa femme, de Géta et de Soemias, tante de ces Princes et mère d'Élagabale.

On trouve dans l'histoire de l'Académie des Inscriptions etbelles-lettres ( i ), des observations savantes sur les moules de médailles, qui y sont décrits , à-peu-prèsde la manière suivante :

a La matière de ces moules est une argile blanchâtre , (t.) Tarn. Il , p*g. 333. ( édition ion a).

u (on en trouve aussi d'argile d'une teinte rouge otf noire). « Leur forme est plate , terminée par une circonférence « ronde d'un pouce de diamètre : leur épaisseur est de a deux lignes par les bords; elle est diminuée dans les a espaces de l'un ou des deux côtés du moule qui a été cavé «par l'enfoncement de la pièce, dont le type y est resté a imprimé.

a Chacun de ces moules a un endroit de son bord ouvert a par une entaille ou crénelure , aboutissant; au vide formé u par l'impression de la monnoye ; comme ces moules son^t a fiuts de manière à être joints ensemble dans un; arran;- «gement relatif des types que chaque pièce doit porter ^ « et qui sont composés d'un côté d'une tête , et de l'autre «d'un sujet, les entailles forment un sillon qui servoitl a couler dans les moules le métal fondu. , j .

« Chaque groupe étoit composé d'une certaine (Quantité a de pièces et formoit un rouleau plus ou moins long , a terminé par une pièce qui ne portoit qu'une empreinte , « au lieu que cejles intermédiaires en a voient deux. Ces «rouleaux de terre cuite étoient lutés avec de la terre « molle qui fermoit toutes les issues , et se détachoit - ente suite facilement des moules pour en retirer les pièces. » Le Cabinet Royal d'antiquités à Paris possède un de ces rouleaux bien complet.

L'auteur de la description dont nous venons d'extraire ce qui précède, dit encore que lors d'une découverte assez. considérable de ces moules qui fut faite à Lyon , on trouva aussi un lingot de billon dans lequel le cuivre dommoit l'argent, au point qu'il étoit couvert de vert de gris et de rouille. Cet auteur pense que l'on doit fixer l'époque de la fabrication de cette fausse monnoye aux règnes de Septime-Sévère et

4es«'ffl8; ilont on voit les efôgies, avec celles des Piin>cesses 4e leur famille , sur ces moules 4'argile.

Nous rte croyons pas devoir être du même avis; nous drames , au contraire, persuadés que ce fut sous le règne d'Alexandre - Sévère que les faux monnoyeurs s'appliquèrent à falsifier et à couler des monnoyes dans les molles dont il s agit. Ce fut, en effet, Septime-Sévère qui. cotemenca l'altération du métal employé dans le meiinoyàge; mais Alexandre^Sévère la porta au point que les pièces d'argent ne continrent plus qu'un tiers de fin (ï) ; il[ allia aussi l'argent avec l'or. Lampridius en parle et dit: Jlexandri habitu Nvmmos plurimos jiguravit et quidem electreos aîiquantos. Il ajoute que ce Prince fut déterminé par un motif louable à cette opération , qui «diminuait là valeur réelle des tributs qu'il étoit obligé de payer en Won* noyé d or et d'argent. Ce fut sans doute par cèpe raison qu Alexandre-Sévère prit, sur quelques-unes des pièces frappées à son effigie, le titre de Mestitutor Moneiœ, Quoiqu'il «en soit, le bas aloi du métal autorisé pap le Prince, dnt iencdnrager les faussaires. Mais ils eurent soin de ne reproduire dans leurs imitations que îles types des mon» noyés frappées sous les règnes précédons ; comme Septimo- Sévère avoit été le premier qui avoit permis d'altérer la pureté du métal , ce ne fut aussi .que jusqu'à ce Prince que les feux monnoyeurs urent remonter leurs essais j les tètes de Paula , de Soemias et de Maesa , qui se trouvent sur des moules que nous possédons , viennent à l'appui ne notre opinion.

Lyon étoit un des offices des monnoyes les plus «mai»

(i) DUcour» «or JUss médaille» , par Sawt, ehap. XII, pag.^5.

deraWes, et on poûrroit conjecturer que les faussaire*, qtâ y a voient établi une fabrication prohibée , faisoient partie des ouvrier* èaiployés 11 Vtel des Mqnno)?es. Le nonïlxrQ des dûiux monnoyeurs augmenta tellement danâ la suite, que^ sous Aurélk», ils foinhètoeat un corpé assezi «<ro§idér&ble; pour se révolter contre ce Prince , et lui occasionner? dans -un oboc une perte de sept mille honnues de firoupos réglées (i> S * , , ,

IIL ■■ 1

le culte de Jupiter , père et souverain dés Diéux ,' SHbtf k mythologie Grecque et Romaine, he poùvoh' mahtrner' rfétre adopté parles Gaulois , lorsqu'ils éurefjtstifiilè'Jou'^ des Conquérans du monde; Jupiter eut dès tentés* e¥ «H âutelS' d«ms les ville* les plus considérables de- ht Q&Htei On a Surtout rétrouvé des traces de ce culte dans èétië de Mête, capitale des Mêdfomûtricî <m MedhmOtfieêJy^M êoimoît plusieurs inscriptions qui y ont été découvertes^' et quî portent des vœux adressés au Granrdl Jupiter pour: la prdàpérité des1 Empereurs1 et de leurs familles (a). E# i 746 > et* creusant les fondemens de Tune des piles du Pont-des^rïfles sur la Moselle , on trouva dans le sable une petite figure de Jupiter en bronze »• dont léè eJtt»é^ mités inférieures avoient été détruites ; on jugea , d'après les proportions de ce qui restoit , qu'elle devoit avoir àpeu-près Un pied de hanteur. Elle est gravée daflS l'ouvrage ^ue «©US» venons de citer , et faisoit alors partie dte Cabine» àé> Mv de treil ,1 intendant de Met*. Elle passa dans celui

.... 1 1, il. !")••. *'» ' -, '• ' •

(r) Aurel. Victor, in Aiartlian,

(*>K*téti* 4*1» *B« ie Mets, (iiM>, 17^ X

de «TEnnery, et se trouve aujourd'hui dans la collection de notre docte ami , M. - l'abbé de Tersan. 11 nous a permis de la faire dessiner, et nous la reproduisons ici , parce que les auteurs de l'histoire de Metz en ont donné une image infidelle , tant pour l'expression de la figure que pour l'attitude. Dans leur gravure, la mara droite est fermée comme si le Dieu lançoit le foudre ; on y voit l avant-bras et une partie delà jambe gauche qui manqud£ujourd'hui dans ce monument. Ils disent que cette figure a été dorée ; c'est une erreur , car elle est d'un beau cuivre jaune , recouvert d'une belle patine , olive claire , très-égale et très-brillante: nous en donnons un dessin très-exact. On y voit le maître de l'Olympe représenté dans l'attitude du repos, tenant delà, main droite la haste pure , et vraisemblablement dans la gauche une patère, ou une victoire; c'est ainsi du moins qu'il est représenté sur les types des médailles , avec les lége rides, Jovi ConyervatoH ,Jovi Statori , Jovi Victoria etc. Quoique la téte de cette figure n'offre point ici le caractère prononcé du bel idéal qu'on donne à Jupiter , ce monument date cependant du beau temps de l'art; le corps est parfaitement modelé , les formes et les proportions en sont belles , et il est très-rare de rencontrer des bronzes an-* tiques d'une aussi grande dimension,

>'..,'>. iv. • ' •

Amulette votive en bronze destinée à être portée au cou, ainsi que l'indique, l'anneau mobile placé sur je dos de la colombe. Cet oiseau étoit, consacré à Vénus; on 1 appeloit l'oiseau de Cythère, Cette Déesse le tenoit sur sa main, et l'attachoità son char; on croyoit même que tous les ans elle en prenoit la forme. On connoit plusieurs

fibules qui) représentent des colombes , et qui sans douté çervoient à la parure des; dames Romaines, dont la dévotion à la mère des amours étoit sans bornes (i). Notre amulette gravée dans sa grandeur naturelle a été trouvée à Amiens. . , ■ > i : . > . > , .

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iStyle de bronze trouvé dans la même ville ; cet ustensile: a du servir à tracer des caractères gtir la cire molle des tablettes , Pugillares , Tabellae Ceratae , dont les anciens laiso i en t usage. Cette manièred écrire esttrop connue pouit que nous entrions dans de nouveaux détails à ce sujet.

Buste de Minerve en bronze de ronde bosse ; le casque a la forme grecque; nous lavons fait dessiner de profil seulement afin de présenter, sous une face plus .favorable; la finesse des traits de la figure, et de foire remarquer l'ensemble de ce joli monument i, qui est parfaitement Conservé. U a* été trouvé à Bratuspantmm , dans le voisinage de Breteuil.

' ; ' ' vu. k

Le Soleil a été adoré par les peuples les. plus anciens; sa chaleur anime et vivifie la * nature ,' et le feti matériel a été considéré comme Son emblème. Les Egyptiens l'honoroient sous le nom de Phta ; les Grecs

sous celui d Hephaistos t et les Latins sous celui de

Vulcanus , qu'ils personifièrent comme tous les autres ■ . , i i r 1 1

(i) Antiq. cxpl. Tom. III, p*U U , p*g. 48.

Ton. n. t&

objets de leur culte. La mythologie donne pour parens à Vulcain , Jupiter et Junon ; son père , irrité de sa laideur, le précipita de l'Olympe sur k terre : il se cassa la cuisse dans cette chute, et demeura boiteux. Recueilli par les habitans de File de Lemnos , où il étoit tombé , il y établit des forges , que dans la suite- on transporta en Sicile , à Lipari , et dans tous les lieux où les éruptions volcaniques favorisèrent cette tradition fabuleuse. Les habitans de Lemnos lui rendirent un culte constant, le regardant comme leur protecteur spécial , et ils mirent sa tète sur leurs monnoyes ; on la voit aussi sur des médaille» de- Lipari et sur plusieurs médailles latines, en argent et en bronsev Dans celles de Valérien et de Gallien , on a représenté Vulcain debout dans un temple , avec la légende Deo Voir kano. Les statues et les images de ce Dieu ont été très-muitipliées. Cicéron parle de celle quavoit sculptée Alcamène, et dan» laquelle 1 artiste avoit su déguiser adroitement k difformité de son modèle, en indiquant cependant son infirmité (i). Dans les jnonumens de l'ancien style grec, ainsi que dans ceux du style d'imitation , et même dans les beaux temps de fart , Vulcain est représenté jeune , imberbe , nu ou couvert d'une chlamyde légère et armé d'un marteau (2). Les Romains, au contraire, lui ont donné un corps inusculeux, une barbe et une dievelure épaisses , et de» traits prononcés. 11 est coiffé d'un bonnet de forme conjugue et v&tt seulement d'une tunique qui descend sur le» cuisses , et laisse le bras droit et une partie

(a) Galerie mylfcolog. (M. Mllifay ) Tom* 1 , p. 3««

( ti5 D

de la poitrine découverts. Il tient un marteau et des te>nailles(i).

Le culte de Vulcain fut apporté dans les Gaules par les ftotrïaina , selon l'opinion la plus générale. Les monuxnens votifs découverts dans la Cathédrale de Paris en rjxi ^ représentai eut ce ÏHeu avec les mêmes vètemens ët les mév mes attributs que lui donnoient.les Romains. On sait qu ils datoient du règne de Tibère. Plusieurs inscriptions découvertes à Nantes , il y a peu d'années y portaient le nom de Voliunus, qui est devenu un sujet de contestation entre les savans. Les uns ont prétendu que cétoit le Janus latin , «huîtres Vulcain ou Apollon , et enfin plusieurs ont dit que Vôtianus étoit un Dieu spécial des Gaulois , qui avoit été principalement adoré sur les bords de la Loire , où il avoit un temple fameux. Nous ne déciderons pas entre ces diâërens sentimens y mais si nous osions hasarder le. nôtre, nous serions de- lavis de Keisler et de quelques autres écrivains, qui ont pensé que Voli*nus n'étoit autre que Vulcain, dont le nom a été corrompu et écrit d'après la prononciation Bretonne. Les Bas-Bretons changent h* € et le li en H aspiré , qui dégénère ordinairement en 1 voyelle. Ainsi on a écrit sur les inscriptions de Nantes, qui paroissent dater des deuxième et troisième siècles, Voliamu , au lieu de Volkanus qui se trouve sur les mé* dadies de Valérien et de Galiien , ainsi que sur le beUutel votif de Narbonne , rapporté par Gruter (a) .

Le petit buste en bronze que nous publions a été trouvé à Besancon , il y a environ quinse ans. Le Dieu du feu y

(i) Antiq. expliq. Tom. t » part. I*pag 96 • (a) Page 61 , N°. V.

est caractérisé par le bonnet, et par ses autre* , attributs ; sa chevelure est touffue et sa barbe épaisse. 11 a sur l'épaule droite le malleum > où marteau d'enclume, sur la gauche un flambeau, près duquel on ,w>it l'indication de la cfcjamyde. Ce joli monument est gravé dans sa grandeur naturelle ; il fait partie d» Cabinet de M. l'abbé de Tessan.

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Nous' avons trouvé dans le même Cabinet une figurine de bronze, que nous avons cru devoir reproduire , parce que Montfaucon et Dom Martin qui il'ont déjà publiée , ont manqué d'exactitude dans la représentation qu'ils, en ont donnée. Le premier qui a copié le I^re ( JiamiUard Ka fait graver en sens inverse , et a fort embelli le i style y en changeant aussi la forme des attributs (i); il a encadré cette . figure comme une pierre gravées Dqma Martin en<a donné une figure qui a six pouce* et demi de haut,, et qui manque aussi d'exactitude; car seUn nous, elle ne peut être trop1 rigoureuse , lorsquon • copie des monumens antiques^ 11 dit que cette figurine fat trouvée à Maubeuge en 1703, et recueillie pas M. Doutât , Intendant du pays , qui en fit présent au Père Chamillard 5 elle passa ensuite dans lesnlamsdeM. d'Ennery j etdelà chez M. l'abbé dè Tersan y dë -qui nous la1 tenons, plie a deux pouces et demi de Hauteur,' et non pas trois pouces comme lattnonbe>Doiïi

Martin (a). ■ > -»» ■ *■ - '■. • ■ ■ /

' Mercure est ici sous la foirne Pan Uiee ; H réunit à ses attrîbute ordinaires ceux de la Fortune et ! de Diane ^ la

(1) Amiquit.eipliq. Tom. I , piru I , fjg; j3» , pt 75.

(a) Relig. de» GauloU. Tom. I , p. 36» .( . ■ .

corne d'abondance et le croissant. Son bras gauche est enveloppé de la chlamyde. Nous avons déjà^parjé du fils de Maïa et de ses nombreuses attributions., £oran»e Çjieu, du commerce, on a joint ici , dans ses symb^s , ]a corne, d'abondance au caducée pour indiquer que, 1^, prudence, doit être la base des spéculations , et quelle en assure ,1g stfccès. Le croissant de la lune, placé entre les, ailes, du petase* en rappelant que Mercure.étoit le pien^s yofcujSj qui profitent de l obscMrité de U^ui^pour gercer j(eW adresse, peut signifier aussi que lVctivit^ et .l^ yi^lancfi ne doivent jamais s'endormir.

PLANCHE :XFW"">"^< V)

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>f(j MO jioio ii

L' Ai&S$ en bronze , N° . I y tenoit à un vase de ( méme^ métal en forme de buire , ayant treize pouces dé hauteur^ l'anse ;n/en a que six et demi. ,

Le N°. II appartenoita un vase de même forme, mais un peu moins grand quelle précédent,; elle a comme Vautre ,.plus de six pouces, de hauteur. ' ' Ces deux , vases furent trouvés , le premier dans leé tourbières deQuirieux, à trois lieues d'Amiens j .le second^ qui é^oit rempli, de médailles en bronze du régne d Hadrien ^ aul environs d'Abbeville. Ils sont passés cbi, cabinet de; feu M^: $ea,uçous^ fainé dans celui de M.^. Durand.

Si les, ornem<ms qui couvrent ces anses n'étoient pas çpnsideres comme. ^e smiple, produit pu caprice de 1 ouvrier von\pomTX>it/^ que les vases auxquels elles appar- ^noient étojent^ votifs j la main qui termine la première

est p\\ée comme celles que l'on Toit «or des pierres gravées tenant le bout d'une oreille : c'étoit la manière dont le* anciens demandoient à leurs amis une part dans leur souvenir; éjétoit aussi une caresse et une manière «Tappeler quelqu'un en témoignage. Les deux pieds réunis àU bas de la seconde pourraient annoncer le succès ou la fin d'un voyage , itus et reditus ; mais ce seroit peut-être porter trop loin le désir de tout expliquer , et nous ne donnons nos idées à cet égard que comme des conjectures que nous ne prétendons point faire adopter.

Ce monument fiicgolier a été découvert} à Carcassonne; il étoit en pierre du pays , et avoit quatre pieds de haut sur vingt-un pouces de large, C'est une de ces représentations bizarres dont on a recueilli un assez grand nombre dans lés Gaules. JEÎles paroissenf avoir été'faités après l'invasion dés ftomains; c'est du moins cô que l'on pëùt conjecturer du mélange mythologique qu'elles présentent , et qui en rend souvent l'explication très-difficile.

ôn voit sur cette sculpture une figure dont lé seie n'est pas facile à reconnôitre ; elle est vêtue d'une courte tunique attachée sur lés hanches par une ceinture ; elle porte une cuculle composée d'un manteau avec un collet qui couvre les épaules, et d'un capuchon qui, par devant, a la forme et un turban; une écharpe tombé de droite à gauche, et nasse dans la ceinture en cachant la main droite; les ch éyeux sont courts et épars ; la chaussure est un chausson dont les cQurroyes forment sur la jambe un resèau , et vont se perch e sous la tunique , ou plutôt ce sont les An{tjcyriii espèce de pantalon que îôn donné à Atys, et qui étoientles

braccœ des Gaulois (i). On voit près de cette figure nn sceptre ou bâton augurai surmonté dune colombe; un autre instrument terminé par une tète de chien, et au*r dessous duquel sont trois signes difficiles à déterminer ; dans le bas à droite, on voit l'aspergille et ta patère, et à gauche le simpule. . ,

Nous sommes obligés de convenir qu'il est très-difficile de dire quelque chose de satisfaisant en expliquant ce monument; on pourroit le regarder comme .un veau fait à quelque divinité particulière et domestique de l'espèce de celles qu'on appeloit Lares. Il y avoit dans les Gaules un, grand nombre de ces divinités topiques ou locales, 4on$ en a retrouvé les noms dans les inscriptions recueillie*» dans leur ancien sol. On voit sur le bas-relief de Carcasb sonne, le vêtement Gaulois dont les peuples couvroien* même les divinités étrangères lorsqu'ils en avoient adopté le culte, et les instrumens dont les Romains se servoient dans leurs sacrifices. Nous aurions pu , en poussant pjus loin les suppositions, chercher à établir quelques raj)prochemens entre la figure de ce monument et la déesse Nehalennia, dont on a découvert, dans la Zélande et dans d'autres endroits , des images qui ont exercé la sagacité des savans ; mais nous nous bornerons à y voir une de ces divinités appelées Du Mumcipes , Locales , Topici , dont le nombre étoit , comme nous venons de le faire remarquer , considérable dans toute» les parties de la Gaule.

Petite coupe de cuivre rouge ayant trois pouces de haut

(0 M. Mitlin, Moaumens inéd.Tom. I, pag. 10 et 35g.

et' six pouces de diamètre, qui fut trouvée arec l'urne du numéro suivant, dans le voisinage de la ville de Limouki 11 est assez difficile d'assigner l'usage auquel cette Coupé a pu servir; la forme conique du fond et celle de la partie inférieure des anses , annoncent1 qu'elle devoit être posée sur un trépied. ...

:. • f ■ VU. ^

Urne de terre rouge de deux pieds sept pouces de haut ; elle étoit entièrement vide lorsqu'on la découvrit , quoique les lettres D. M. qui y sont gravées annoncent qu'elle a été destinée à recevoir des cendres. Sa forme est rare et d'autant plus curieuse , qu'elle paroît imitée de celle de Yuterus j nous ne ferons aucune réflexion à ce sujet , quoique nous pussions citer à l'appui de notre sentiment plusieurs monumens peu connus et du même genre. Cette urne est terminée en pointe1 pour être implantée dans la terre. • - »

Parmi les nombreuses découvertes faites dans la ville et dans les environs de Nismes , on a pu remarquer des monumens plus considérables et plus importans que celui que nous rapportons sous ce numéro ; mais aucun n'a présenté une recherche de style j de composition et d'exécution comparable au petit trépied de bronae dont le dessin nous a été envoyé de cette ville. Il a environ six pouces de hauteur; trois têtes de satyres bien caractérisées et posées sur des jambes de bouc soutiennent une tablette triangulaire, mince et sans aucun ornement, sur laquelle est posée une urne d une belle forme ; elle est ornée de

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trois cygnes qui correspondent aux têtes de Satyres du trépied. > ... .,

Le peti}, volume de ce monument, l'étroite capacité de l'urne, et le soiu qu'on a apn^rtéason étante exécution ? nous portent à conjecturer | que" <?;çtoit, peut-être un des jolis meubles de toilette qui servoient À, conserver, ou à brûler les parfums les plus rares et les plus exquis ; il a Ipu aussi être employé au. meuie usage, d^ns un laraire domestique.^ }., f ....;s; : , r...

On sait quelle vénération Jes anciens avpient pour les Pénates et pour les Lares, dont les premiers étaient les protecteurs et les gardiens des grandes habitations , et les seconds ceux des maisons particulières.. Il y a voit dans les palais des appartemens destiné^ aux dieux Lares, et dans -les maisons ordinaires, on leur dédioit des oratoires ,. quelquefois même des espèces d'armoires placées dans les embrasures ou les angles des habitations : Prœterea grande armarium in angulo vide , inpufus œdicuïa erant Lares argentopofiti, venerifquelignumitiarnioreum (i). Suétone dit qu'Auguste, ayant aperçu une palme qui avoit poussé dans la jointure d'une pierre des murs de son palais, la fitj transporter dans la cour des Pénates, où il la fit cultiver avec le plus grand soin (»). Alexandre Sévère sacrifioit dans son laraire à des gran,çb hommes qu'il avoit déifiés , tels qu'Apollonius de Tyane, le Christ , Abraham , Orphée,. etc. Il avoit encore un autre laraire dans lequel il conservoit les images d'autres personnages illustres , mais auxquels il n'a voit pas accordé les honneurs de Tapô- ■ ■., - v- —

(i) Petron.

<a)D«4*9»*,<fc9t. ..!.:..!. , . . . „,

Tom. ii. 16

théose , commè Virgile , Platon , Gicérott' , Achille , et d'autres hommes célèbres (i). Marc-Aurèle ho noroît également clans un larairè lès grands Sommes qui a voient 'concouru à son instruction (a). Plusieurs auteurs, entr autres Suétone (3), ont dit qully àvoit dans chaque maison de jeunes garçons chargés socialement de prendre soin des laraïrés.

Dans les fouilles faîtes en ïffî sur le plateau du Châtelet, près Saint-Dizier , et qui mirent à découvert les ruines dune ville Romaine , oh trouva dans presque toutes les maisons^ un peu considérables un àecfccule souterrain qui sefvoit de laraire. Grignon a Fak la. description de ces petits temples domestiques dans lesquels cm trouva des lampes et dés statues de dftFéretttéS divinité» (4).

Les anciens plaçoient danfS leui'S foraWes y inon-iseuiement les images des divinités locales ou parti«cn4ières , qui étoient les objets de leur dévotfoti ; mats ils y ctmservoient aussi celles des grands dieu* , Jupiter / Neptune , Cybéle, 3unon, Ténus, Mercure, À'pollon, etc. Le petit monument que nous avons fait graver a donc pu faire partie •dés ustensiles, ou des ejt-voto consacrés dans les laraires , et nous pensons qu'il auroït été offert au fils de Jupiter et de Latôhe, dont le culte fut assea généralement ré- > pandu dans leVCauïes. Les tètes deSâlyres rappefecttt que Pan fut un des maîtrès d'Apollon ; ce fut loi qui ; selon Apollodore , lui enseigna à jouer de la Strhuc , ou Sistula ,

- (0 Lamprid. c. a©»

(a) Jul. Capitolin.

(3) Cap. i-j.

(0 Bulletin ta fouille* àn CMtelei, par Grignon. (P%ri« , i774 et 1775. )

et lui apprit la science de la divination, ke cygua était par* ticulièrement consacré au Pieu de la Poésie et de la Musique : on le voit) porté W fcet oiseau :4?ns lçs nvkWiUcs» des i Calédoniens. Martius Capelja croit qup le çjt^tnA wjélo.-t dieux du cjfgae, lorsqu'il est sur le point de moiirir , a dé* terminé les poètes à faire conduire le char d'Apollon par ces oiseaux. Lucreo les aftrefte les! 4*toM#w d'Apollon > et Gallimaque dit que ee Dieu; i*ù> sapt cordes à sa lyre, en mémoire de ee que tes cygnes firent, sept fois le toux, de l'île, de Délos, à la nage , pendant le double accouche* ment de Latoae, qui y donna le jour à Apollon e* à Piane. Le trépied étoit aussi consacré au Pieu du dont les oracles avoient une si grande célébrité. Notre petit monument présenteront , d'après tout ce que nous venons de dire , une allégorie très-ingénieuse , et digne en tout du Dieu auquel il aurok été consacré (i).

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