‹ Recueil de Monuments antiques la plupart inédits et découverts dans l'ancienne GauleChapitre 49 sur 65 · PLANCHE XXIX · texte numérisé non relu

PLANCHE XXIX

BORDEAUX, Burdigala, l'une des anciennes villes de là Gaule, paroit avoir toujours existé dans son emplacement Tom. 11. 3o

actuel, quoique M. de Valois et quelques autres écrivains aient pensé le contraire. Strabon en parle comme du Marché Emporiwn, des Bituriges Vwisci , peuples qui s'étendoient dans le Poitou et la Touraine. La notice des provinces de la Gaule donne à Bordeaux, le titre de métropole de la seconde Aquitaine ; cette ville étant tombée au pouvoir des Romains , ils y élevèrent plusieurs édifices somptueux ; on y voit encore les ruines d'un bel Amphithéâtre appelé improprement palais Galiène , ou palais Gallien. Elie Vinet est le premier qui , dans un ouvrage présenté par lui en 1 565 à Charles IX , établit que les ruines dont nous parlons étoient celles d'un bel Amphithéâtre dont il attribuoit la construction à l'Empereur Gallien (i).

On a découvert à Bordeaux un grand nombre de monumens antiques de toute espèce : on a recueilli et rassemblé dans le Musée de cette ville plusieurs cippes minutaires, dont ceux que nous publions dans cette planche font partie ; nous en devons les dessins à M. le baron de Caila (a) , et nous les avons fait graver , quoique M. Millin en ait parlé dans son Voyage dans les départemens du midi de la France ( Tome IV ) , parce qu'ils peuvent offrir, dans les sujets qui y sont sculptés , des points de comparaison intéressans avec des monumens du même genre découverts dans d'autres parties de l'ancienne Gaule.

(i) Histoire de l'Acad. des inscript ( édit, in-ia) T. VI. (a) M. le baron de Caila, ancien avocat général an parlement de Bordeaux, s'occupe de l'histoire de la Gascogne ; savant instruit et très-télé , il a illustré plusieurs monumens antiques recueillis dans sa patrie, et notamment les deux sarcophages en marbre grec, ornés de sujets mythologiques , dont la du Roi vient d'enrichir le Musée de Franc*.

Cippe de quatre pieds de haut sur deux pieds dix pouces de large. Le fronton a été mutilé; on voit au-dessous en relief une femme tenant une fleur et un miroir, et une jeune fille avec une fleur et une corbeille remplie de fruits ; Tune et l'autre sont vêtues à la Gauloise. On lit au bas du fronton : A VETE. D. AN. XXV. MATER. CENTVGENA. P. ; à Aveta , morte à l'âge de 2 5 ans, sa mère Centugena a érigé ce monument. Ces deux noms ne sont cités par aucun auteur ; la figure de XAscia qui se trouve sur l'une des faces latérales du cippe , annonce qu Aveta étoit chrétienne , et la corbeille de fruits, qu'elle avoit participé à la communion des Fidèles.

On voit sur cet autre cippe , qui a deux pieds de haut , sur un pied sept pouces de large, le buste dun enfant qui caresse une colombe, autre symbole de la religion chrétienne dans les premiers siècles de l'Eglise. (Jet oiseau rappeloit la réconciliation des hommes avec Dieu, lorsqu'après le déluge il rapporta un rameau d'olivier au Patriarche que la colère du ciel avoit épargné. Ici elle indique sans doute que le jeune Laurianus avoit été régénéré dans les eaux salutaires du baptême. Cet emblème étoit d'autant plus mystérieux , que chez les payens l'oiseau étoit , ainsi que le papillon , le symbole de lame.

On lit sur ce cippe : libe . . M. xvi. C. ivlivs lavrianvs PATER ET MAX I MI LIA MATER. M. Millin a suppléé ce qui manque en écrivant LIBERI , qu'il explique par le mot fils ; sa supposition est vraisemblable, quoiqu'on ait rarement

employé an singulier le mot liberi, par lequel on désignoit les enfans d'un père et d une mère libres.

Autre cippe de trois pieds trois pouces de haut sur un pied sept pouces de large ; on lit dans les angles, D. M. et au-dessous INDERCA 1NDERC1LI FIL1A. Le reste de 1 epitaphe est détruit. M. Millin a placé dans la main de la jeune fille représentée sur ce cippe , une houle ; mais il est difficile de décider si ce n'est pas plutôt une patère ou une couronne ; elle est vêtue du sagum galUcum.

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