LITRE II
que Ton a toujours vues, vous trouverez assurément que la terre est peuplée, et que la nature y a si libéralement répandu les ani* maux, qu'elle ne s'est pas mise en peine que Ton en vit seulement la moitié.
FovTxnixK.
6. — Ce qn'om peat okterver daas la fcrmliiatt^ii d'une fève.
J*ai pris une vingtaine des plus grosses fèves^ j'en ai ouvert deux ou trois, et j'ai remarqué qu'elles étaient composées en dedans de deux parties qui se séparent aisément et que j'ai appris qu'on appelle leurs lobes; que le germe* était attaché à l'un et à l'autre de ces lobes; que d'un côté il se terminait en pointe vers le dehors, et que de l'autre il se cachait entre les lobes. Voilà ce que j'ai vu d'abord. J'ai semé les autres fèves pour les faire germer et voir comment elles croissent. Deux jours après, j'ai commencé à les ouvrir, j'ai continué pendant environ quinze jours', et j'ai remarqué distinctement que la racine était contenue dans cette partie du germe qui est en dehors et se termine en pointe; que la plante était renfermée dans l'autre partie du germe qui passe entre les deux lobes; que la racine était elle-même une plante qui avait ses racines dans la substance des deux lobes de la fève, dont elle tirait sa nourriture ; que, lorsqu'elle avait poussé en terre comme les plantes dans l'air, elle fournissait abondamment à la plante le suc nécessaire; que la plante, en croissant, passait entre les lobes, qui, après avoir servi à l'accroissement de la racine, se changeaient en feuilles, et mettaient la plante à couvert des injures de l'air*. Ainsi, je me suis persuadé que le germe de la fève contenait la racine de la plante et la plante elle-même, et que les lobes de la fève étaient le fond où cette petite plante était déjà semée et avait déjà ses racines. Prenez une de ces grosses fèves vertes dont on mange au commencement de Tété, ouvrez-la délicatement, considérezla attentivement, vous verrez sans microscope^ une partie de ce que je viens de vous dire ; vous découvrirez même les pre-
1. 6fffM.La]Muriie destina k 1» reprodoctioii de la plante ; d'oh les mots germer ^ in-oduire an germe ; germination^ action de germer.
2. C'est-ît-dlre que l'auteur de ces observations arrachait chaque Jour une ftvl ponr Texaminer dans un ëtat d'accroissement chaque jour plus arancé.
3. Injures de Pair. Contre les intempéries de l'air, c'est-à-dire contre l'excès du froid, de la chaleur, de l'humidité, du vent, etc. Tel est, en effet, un des rôles des feuilles k regard de la plante et de ses fruits.
4. Microêcope. Instrument qui grossit les objets trop petits pour être discernés à l'œU nu. La racine seope (voir) se retrouve dans télescope^ horoaeope^ etc.
6s RECUEIL DE H01l<:ftAtJX CHOISIS.
mièreft feuilles db la pltrnto âfiiiB cette partie du germé qui se replie entre les deux iobcs.