Tarlété des aspects de la sorface terrestre
Les montagnes se sont élevées, et les vallons sont descendus en la place que le Seigneur leur a marquée. Ces diverses terres, suivant les divers aspects du soleil «, ont leurs avantages. Dans ces profondes vallées, on voit croître T herbe fraîche pour nourrir les troupeaux; auprès d'elles s'ouvrent de vastes campagnes, revêtues de riches moissons. Ici des cotoaux s'élèvent comme en amphithéâtre S et sont couronnés de vignobles et d'arbres fruitiers; là de hautes montagnes vont porter leur front glacé jusque dans les nues, et les torrents qui en tombent sont les sources des rivières. Les rochers, qui montrent leur cime escarpée, soutiennçtit la terre des montagnes^ comme les os du corps humain
4 . Vhomine seul, C*est-2i-dire, c'est seulement parmi les hommes qu*U s'est rançon • tré un être assez Insensé pour oser dire : Il n*y a point de Diea !
2. // n'a donc jamais, celw4à. Remarquer remploi du donhle snjet tV et celui-là^ qui forme, en grammaire, ce qu'on appelle un pléonasme. Ce tour, dont noua avons dëjk vu des exemples, donne k la pensée plus de vivacité et de force.
8. Cotte pensée est éclidrcie et développée dans les morceaux qui suivent.
4. Suivant les divers aspects du soleil , c'est-k-dire suivant que ces terres sont ex])osées au levant, au coucbant, au nord, au midi; ce qui constitue les divers aspects des lieux par rapport au soleU.
5. En amphithéâtre. Les amphitliéfitres sont de grandes constructions destinées k recevoir un nomtire considérable de spectateurs. Us sont formés de gradins qui s'élèvent successivement les uns sur les autres et vont ainsi en s'élargissant depuis te sol Jusqu'au faite de l'édifice. L'élévation graduelle de coteaux ainsi disposés pcéteate la forme d'amphUhé&tra.
LIVUE II. 79
en soatiennent les chairs. Cette vaYîété fait te charme des paysages, et en même temps elle satisfait aux divers besoins des {)eup!es *.
FÉNBLOV.
%, -^ hatpvHUMe fêedfidlcé ife ta t«rr« «t ms canset.
C*ost du sein inépuisable de la terre que sort tout ce qu'il y a de plus précieux. Cette masse informe >, vile et grossière, prend toutes les formes les plus diverses, et elle seule donne tour à tour tous les biens que nous lui demandons. Cette boue si sale se transforme' en mille beaux objets qui charment les yeux: en une seule année, elle devient branches, boutons, feuilles, fleurs, fruits et semences, pour renouveler ses libéralités en faveur des hommes. Rien ne Tépuise ; plus on déchire ses entrailles, plus elle est libérale. Après tant de siècles, pendant lesquels tout^st sorti d'eRe, elle n*est point encore usée; elle ne reSi^ent aucune vieillesse; ses entrailles sotit encore pleines des mêmes trésors. "Mille générations ont passé dans son sein : tout vieillit, excepté elle séùle ; elle rajeunit chaque année au printemps.
Elle ne manque jamais aux hommes; mais les hommes insensés se manquent à eux-mêmes, en négligeant de la cultiver; c'est par leur paresse et par leurs désordres qu'ils laissent croître les ronces et les épines en la place des vendanges et dos moissons : ils se disputent un bien qti'ils laissent perdre. Les conquérants laissent en friche la terre pour la possession de laquelle ils ont fait périr tant de mîlliera d'hommes, et ont passé leur vie dans une terrible agitation. Les hommes ont devant eux des terres immenses qui sont vides et îucultes; ils renversent le genre humain f)OUT tin coin de celte terre si négligée. La terre, si elle était bien cultivée, nourrirait eeisi fois plus d'hommes qu'elle n'en nourrit.
Tout ce que la terre produit, se corrompant», rentre dans son sein, et devient le germe d'une nouvelle fécondité. Ainsi elle
1. Ans: besoinit de* peuples. Farce que la diversité des aspects et des âévatioiii produit la diversité des récoltes qui pourvoient aux besoins des peuples.
2. Informe, Sans forme ; du mot forme et de la préfiice négative in ; comme plus bis transforme^ composé de forme et de la préfixe trans^ signifiant li travers, an delà, — veut dire passer au dclli de la forme, prendre une autre forme.
3. Se corrompant» — La corruption des plantes. Les plantes et toutes les productions de la terre se forment, dans son sein, de Tassemblage des divers éléments, des divers sucs qu'elle contient Lorsque les plantes, cessant de vivre, tombent «i pourriture, en décomposition ou en corruption, elles rendent àla terre les éléments qn'eUes y avaient pris et qui servent h y faire germer de nouvelles plantes.
80 RECUEIL DE HOaCEAVX CHOISIS.
reprend tout ce qu'elle a donué pour le rendre encore. Ainsi la irruption des plantes, et les excréments des animaux qu'elle ^ nourrit, la nourrissent elle-même et perpétuent sa fertilité. Ainsi, plus elle donne, plus elle reprend; et elle ne s'épuise jamais, ~ pourvu qu'on sache, dans la culture, lui rendre ce qu'elle a -* donné *. Tout sort de son sein; tout y rentre, et rien ne s'y perd. Toutes les semences qui y retournent se multiplient. ConGez à la terre des grains de blé; en se pourrissant ils germent, et cette mère féconde vous rend avec usure plus d'épis qu'elle n'a reçu de grains. Creusez dans ses entrailles, vous y trouverez la pierre et le marbre pour les plus superbes édifices. Mais qui estrce qui -t a renfermé tant de trésors dans son sein, à condition qu'ils se re- i; produisent sans cesse?
FÊNtLOV. i
B. — iDDomliraMe «oantlté et iDflnIe peUiesie dei êcret vlvaiiis.
Beaucoup de corps, qui paraissent solides, ne sont presque que des amas de ces animaux imperceptibles', qui y trouvent, ^ pour leurs mouvements, autant de liberté qu'il leur en faut. Une -^ feuille d'arbre est un petit monde habité par des vermisseaux in- ^ visibles ^, à qui elle parait d'une étendue immense, qui y connais- ^ sent des montagnes et des abîmes, et qui, d'un côté de la feuille à l'autre, n'ont pas plus de communication avec les autres vermisseaux qui y vivent que nous avec les antipodes'.
On a trouvé, jusque dans des espèces de pierres très-dures, de petits vers sans nombre, qui y étaient logés de toutes parts dans des vides insensibles', et qui ne se nourrissaient que de la substance de ces pierres qu'ils rongeaient. Figurez-vous combien il y avait de ces petits vers , et pendant combien d'années ils ' subsistaient de la grosseur d'un grain de sable.
Enfin, tout est vivant, tout est animé. Mettez toutes ces espèces d'animaux nouvellement découvertes, et même toutes celles que l'on conçoit aisément qui sont encore à découvrir, avec celles '
1. Lui rendre ce qu'elle a donné. Sans la cnltare, c'e8t-lt-dlre sans les soins Que Thomme donne li la terre pour entretenir sa fécondité par Ut engrais et par les labours, la terre finirait par devenir stérile.
2. Imper eepliblee. De la préfixe tn et de perceptible: qui n'est pas pereeptihle^v^ ne peut pas être aperçu, comme plus bas invisibles et insensibles.
3. Les antipodes. La terre est un vaste globe. Chaque point de la surface de ce globe a donc un point qui lui correspond dans Tautre hémisphère ou dans la partie diamétralement opposée. Les êtres qui habitent chacun de ces points opposés et qui ont ainsi les pieds dirigés en sens contraire, les uns contre les autres, sont appelés antipoiei*