‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 106 sur 466 · L*aiiiilvcrMlre · texte numérisé non relu

L*aiiiilvcrMlre

H^las! après dix ans je revois la journée

Où Tâme de mon père aux cieux est retournée I

L'heure sonne; j'écoute... 0 regrets! ô douleurs!

Quand cette heure eut sonné, je n'avais plus de père :

On retenait mes pas loin du lit funéraire ;

On me disait : « II dort ; » et je versais des pleurs.

Mais du temple voisin quand la cloche sacrée

Annonça qu'un mortel avait quitté le jour,

Chaque son retentit dans mon âme navrée,

£t je crus mourir à mon tour.

Tout ce qui m'entourait me racontait ma perte. Quand la Huit dans les airs jeta son crêpe noir^, Mon père à ses côtés ne me fit plus asseoir, Et j'attendis en vain à sa place déserte Une tendre caresse et.le baiser du soir.

Je voyais l'ombre * auguste et chèro

M'apparaitre toutes les nuits;

Inconsolable en mes ennuis, Je pleurais tous les jours, même auprès de ma mère Ce long regret, dix ans ne l'ont point adouci ^ ; Je ne puis voir un fils dans les bras de son père, Sans dire en soupirant : a J'avais un père aussi! »

1. H. Chapelier. C'était un ecclésiastique qui serrait de précepteur an jeune Rocino.

2. Le château se rendit le 30 juin, vingt-cinq jours aprbs la ville.

5. BéserveSt etc. Four « attendez, pour leur faire mes compliments, que vous FDyeï, etc. »»

4. 50» crêpe noir. Pour «son ombre noire comme un crêpe. >• étoffe noire qu'on porte en signe de deuil. Mots de la famille : crêper, crépu.

6. L'ombre auguste, — Vomlre, l'image, la ressemblance ; auguste, vénérable, vénérée.

6. Remarquer ces tours qui , en s'éloignant de la construction grammaticale, donnent plus de force et de vivacité k la pensée : Inconsolable en mes ennuis^ Je fleurais^ etc. ; Ce long regret, etc.

66 RECUEIL DE HOlICËAUX CHOISIS.

Son image est toujours présente à iïia tendresso. Ah ! quand le pâle automne Ifturà jàuiii les boils, 0 mon père! je veui promener mjai tristesse • Aux lieux où je te vis pour la dernière fois.

Sur ces bords que la Somme - arrose, J*frai chercher l'asile où ta cendre repose;

J'irai d'une modeste fleur

Orner ta tombe respectée; Et sur la pierre, encor de larmes humectée,

Redire ce cbiKBt ée douleur.

MiLLETOTB.

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