Souvenir d'ane mère
Dès que je fus éloigné d'elle, je me laissai tomber dans l'aflliction la plus profonde, et tous les souvehirs qui me suiviréht dans mon voyage s'adcordèrent pôUr tû'aiccabler. « Dans peu , je ne Taurai donc plus cette mère qui âèpilis ma tàissatice n'avait respiré que pour moi, celte mère adorée â qui je craignais de déplaire comme à Dieu, et, si je l'osais dire*, encore plus qu'à Dieu même ; » car je irengais à elle bien plus isi^uvent qu'à Dieu ; et lorsqu'il me venait quelque tentaHon à Vaincre, quelque passion à réprimer, c'était toujours ma mère que je me figurais présente. « Que dirait-elle, si elle savait ice qui se passe en moi ! Quelle en serait sa honte, ou quelle en serait sa douleur! » Telles étaient les réflexions que je m'opposais à moi-même, et dès lors ma raison reprenait son empire. Ceux qui, comme moi, l'ont connu, cet amour filial si tendre, n'ont pas besoin que je leur dise quels étaient ma tristesse et l'abattement de mon ôme.
Mabuomtkl 43. ^ La pauvre ONe.
J'ai fui < ce pénible sommeil
Qu'aucun songe heureux n'accompagne,
1. Comme on dit porter sa tristesse, ou dit aussi promener sa tristesse, ses ennuis.
2. La Somme. Riribre qnl se Jette dans la Manche KpVb'f avolï- arrosé le di^partement auquel eUe donne son nom.
8. Quelque légitimes que soient nos sentiments d*amour pour une mbre, quelque louable et natureUe que soit la crainte do lui déplaire, ces sentiments ne doirent jamais faire oublier li un enfant ses devoirs envers Dieu. L*auteur a donc raison d'éprourer une espace de lionte d'avoir craint de déplaire *a sa mbre plus qu'à Dieu.
4. J'ai fui ce pénible. Le sommeil troublé par des songes tiistes est un tourment plutôt qu*un repos. La pauvre fille cherche donc k Vabréger et k s*y dérober; de là l'expr isslon fat fui.
LIVEB II. }
J*ai devancé sur la iDontagna Les premiers Irayons du soleil.
S'éveillant avec la nature, Le jeune oiseau dianltti'S(Mifi4'aubé(Nii6 en fieurs; Sa mère lui portait la douce nourriture;
Mes yeux se sont mouillés de pleurs.
Oh ! pourquoi n*ai-je pas de mère*?
Pourquoi ne sniâ-je pas semblable au jeune pis^u. Dont le nid se balance aux branches de Tormeau?
Rien ne m'appartient sur la terre;
Je n'eus pas môme de berceau ; Et je suis un etfant trouvé sur une pierre *
Près de l'église du hameau.
Loin de mes [)arents exilée, De leurs embrassements j'ignore la douceur;
Et les enfants de la vaUée
Ne m'appellent Jamais leur sœur!
Je ne partage pas les jeux de la veillée;
Jamais sous son toit de fouillée ' Le joyeux laboureur ne m'invite à m'asseoir,
Et de loin je vois sa famille,
Autour du sarment' qui pétille.
Chercher sur ses genoux les caresses du soir.
Vers la chapelle hospitalière •
En pleurant j'adresse mes pas :
La seule demeure, ici-bas,
Où je ne sois point étsangère, La seule devant moi qui ne se ferme pas.
Souvent aussi mes pas errants Parcourent des tombeaux l'asile solitaire ^ Mais pour moi les tombeaux sont tous indifférents » ;
1. LeB enfants qtieleirrs parents reftisent d'éléVer on de roeonnaltre sont abandonnés le plus souvent k la porte des églises ou des maisons de charité.
). Toit de feniUèe. Couvert de feuilles ou de chaoïne. Du termeHt ^ui petUle. Rameaux coupés )i la vigne et qui donnent Thiver, dans le foyer, on feu clair et pétillant. Adjectif: sarmenteux.
8. JIo»pitaiière, Qui donne rhospitalité, ob Ton reçoit Phospitaiité, où Von est accueilli comme un hOte. Mots de la même famille : hoapitaUer, hospitalité, boapice, hôte, hôtel, hôpital.