‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 116 sur 466 · LIVRE II. in · texte numérisé non relu

LIVRE II. in

J'ai froid : le veat so lève et Theare est avancée,

Et je n'ai rien pour me couvrir.

Tandis qu*en vos palais tout flatte votre envie , A genoux sur le seuil , j'y pleure bien souvent. Donnez, peu me suffit; je ne suis qu'un enfant :

Un petit sou me rend la vie.

On m'a dit qu'à Paris je trouverais du pain : Plusieurs ont raconté dans nos forêts lointaines Qu'ici le riche aidait le pauvre dans ses peines : Èh bien , moi « je suis pauvre et je vous tends la main.

Faites-moi gagner mon salaire ' :

Où me faut-il courir? dites, j'y volerai. Ma voix tremble de froid; eh bien , je chanterai,

Si mes chansons peuvent vous plaire.

11 ne m'écoute pas', il fuit; Il court dans une fêle (et j'en entends le brait )

Finir son heureuse journée ; Et moi , je vais chercher, pour y passer la nuit,

Cette guérite ' abandonnée.

Au foyer paternel quand pourrai-je m'asseoir?

Rendez-moi ma pauvre chauînière , Le laitage durci qu'on partageait le soir, Et quand la nuit tombait , l'heure de la prière Qui ne s'achevait pas sans laisser quelque espoir *. Ma mère, tu m'as dit, quand j'ai fui ta demeure : Pars, grandis et prospère , et reviens près de moi... Hélas I et tout petit, faudra-t*il que je meure

Sans avoir rien gagné pour toi?

Non, l'on ne meurt point à mon âge; Quelque chose me dit de reprendre courage... Ehl que sert d'espérer?... que puis-je attendre enfin?,. J'avais une marmotte, elle est morte de faim. — Et, faible, sur la terre il reposait sa tète; Et la neige, en tombant, le couvrait à demi, Lorsqu'une douce voix, à travers la tempête. Vint réveiller l'enfant par le froid endormi.

1* Um salaire. Salaire^ prix d'un travail accomplit don service rendu. SêUuiert

Mrarer Je travail de quelqu'un moyennant un salaire.

^> // ne m'écoule pas. Le passant dont il vient d'implorer la pitld.

3. Cette ffuèrUe» Petite loge en l)ois ob les soldats st. faction se mettent h Tabd «ea intempéries.

1 Combien ces rdralniscences du lieu natal sont attendrissantes dans ia situation abandonnée oU se trouve le pauvre enfant 1

9H RECUEIL DE UORCBiUX CHOISIS.

c Qu*il vieiuie à nous celui qui pleure, Disait la voix mêlée au murmure des venta;

L'heure du péril est noire heure :

Les orphelins sont nos enfants. »

Et deux femmes en deuil * recueillaient sa misère*. Lui, docile et confus, se levait à leur voix ; Tl s'étonnait d'abord ; mais il vit dans, leurs doigts Briller la croix d'argent au bout du long rosaire ^ Et Tenfant les suivit en se signant * deux fois.

SI. — Le printemps.

Déjà les nuits d'hiver» moins tristes et moins sombres»

Par degrés de la terre ont éloigné leurs ombres ;

Et Tastre des saisons, marchant d'un pas égal * ,

Rend au jour moins tardif son éclat matinal»

Avril a réveillé l'aurore paresseuse;

Et les enfants du nord ', dans leur fuite orageuse,

Sur la cime des monts ont porté les frimas.

Le beau soleil de mai, levé sur nos climats,

Féconde les sillons, rajeunit les bocages.

Et de l'hiver oisif affranchit ces rivages.

La sève, emprisonnée en ses étroits canaux ,

S'élève, se déploie, et s'allongo en rameaux ;

La colline a repris sa robe de verdure.

J*y cherche le ruisseau dont j'entends le murmure;

Dans ces buissons épais, sous ces arbres touffus,

J'écoute les oiseaux , mais je ne les vois plus.

Des pâles peupliers la famille nombreuse,

Le saule ami de l'ondo, et la ronce épineuse,

1. Eâ âeuU. CouTortes d'habits nolrB, comme les gens en dcnll.

2. ReeueiliakHl m misère. Sonlagealent ses souffrances et lui ofnralent un asUe. S, Au bout du long rosaire. Chapelet. Lee sœurs de la Charité se distinipoent et k

lenr costume et au chapelet k gros grains garni d'une croix en argent qui pend à leur côté.

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