Lft tnif^H et UaniiiAiie
Voici venir, mes sœurs, le dernier mois d'automne; Un beau jour maintenant est rare, et passager. Le pauvre, demi-nu, des premiers froids s'étonne; Travaillons pour le soulager.
L'hiver sera, mes sœurs, plus rude qu'on ne croit : Et déjà, dans la cour, d'un ton piteux et triste, Un tout petit enfant demande qu'on l'assiste \ En soufflant dans ses mains toutes rouges de froid.
Vous avez vu souvent, au seuil du presbytère'. Cette femme ercor jeune et d'un maintien tremblant, Qui nourrit un enfant, pâle comme sa mère, £t qui pleure en le consolant.
Au sortir de l'église, hier je l'ai cherchée :
On m'a dit que, malade et n'ayant point d'abri,
!• VûMitle. Qa*on le secoure. AaaUUft se tenir pr^s de, venir en aide. Mot dd •a même fomUle qa'Mf iWoiiM.
^- hetl^ière. Nom donn^ h la maltoa (qu'habite le curtf.
Dans la grange prochaine elle s'était couchée, Et que l'enfant souffrait d'être si mal nourri.
Ma mère en a pleuré, puis m*a donné pour elle; Et j'ai couru bien vite apporter ce secours. Mais ce n'est point assez : travaillons avec zèle, Mes sœurs, et de tous deux nous sauverons les jours.
Dans notre livre de prières (Je l'ai lu bien souvent, mes sœurs), il est écrit
Que tous les pauvres sont nos frères; Oui, qu'ils sont, comme nous, enfants de Jésus-Christ.
La fortune ici-bas n'est pour nous qu'une épreuve *; Qui possède beaucoup doit donner beaucoup d'or, Et qui possède peu devra donner encor.
C'est le cœur qui fait tout : le denier de la veuve ' Sera compté comme un trésor.
Tel est des livres saints l'enseignement suprême : Que Jésus suit le pauvre, et marche sur ses pas ; Qu'un refus est là-haut puni comme un blasphème; Qu'un cri de faim maudit tous ceux qu'il n'émeut pas *, Et qu'en donnant au pauvre, on prête à Dieu lui-même.
Donnons, mais sans éclat, et même avec mystère * : Là-haut veille sur nous un témoin précieux. Donnons... Ce qu*on répand d'aumônes sur la terre S'amasse en trésor dans les cieux.
GCIBAUD.
SO. — Le petit Savoyard R Parts K
J*ai faim : vous qui passez daignez me secourir. Voyez : la neige tombe et la terre est glacée.
1. La fortune est une épreuve. C'est-Ï^ire qu'elle met notre cœnr,nof sentimcnta k répreuve en leur donnant lien de se manifester
2. Le denier de la veuve. Allusion k la parabole dans laquelle Notre-Seigneor Jésus-Cbrist raconte que l'offrande d'un denier, déposé par une pauvre veuve dans le tronc placé à la porte du temple, fut plus agréable aux yeux du Seigneur qne les pibces d'or données avec orgueil par le ricbe. Denier^ pièce de monnaie de peu de valeur.
8. Le cri d'un pauvre mourant de faim sera la condamnation, devant Diea« de ceux qui Tentcndent sans être émus.