‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 126 sur 466 · Cil beau Jonr d'Hiver · texte numérisé non relu

Cil beau Jonr d'Hiver

L'hiver a ses beautés. Que j'aime et des frimas

L'éclatante blancheur et la glace brillante,

En lustres azurés à ces roches pendante* 1

Et quel plaisir encor, lorsque échappé dans l'air,

Uq rayon du printemps vient embellir l'hiver ;

Et, tel qu'un doux souris* qui naît parmi les larmes,

A la campagne en deuil rend un moment ses charmes I

Qu'on goûte avec transport cette faveur des cieux I

Quel beau jour peut valoir ce rayon précieux.

Qui, du moins un moment, console la nature?

Et, si mon œil rencontre un reste de verdure.

Dans les champs dépouillés combien j'aime à le voiri

Au plus doux souvenir il mêle un doux espoir;

Et je jouis, malgré la froidure cruelle,

Des beaux jours qu'il promet, des beaux jours qu'il rappelle.

Dblillb.

1* Cadavres, ^application de ce mot anx arbres qui temMont morts pendant lliiTeT, mais qui reverdiront au printemps, manque nn peu d*exactitnde et aussi dégoût.

2. Leê aquilons. L'aquilon est le vent qui souffle du nord. On donne ce nom )i *oul Yent violent et impétueux.

8. Éléments. Four à toute la nature que les anciens croyaient composée seuleneot de quatre éléments : l'eau, la terre, Vair et le feu.

4* Phrase d'une construction lourde et embarrassée.

'. Charmante image. Le mot soitrit s'écrit plus ordinairement sourire.

<06 BECUEIL DR BIOACfiAUX CHOISIS.

M. — HMMîîuétê des •«lions de l'année et des âset de la vie kumalne.

Voyez comme Tannée, en son cours qui varie. Se partage en saisons , images de la vie.

Le Printemps, Jeune onfanl bercé par les zéphyrs^ Se couronue de fleurs et sourit aux plaisirs. Le blé, du laboureur oapérance fragile, Nourrit de sucs laiteux son enfance débile; Et le fruit en bouton se cache sous les fleurs, De dons plus précieux frêles avant*ooureurs '•

L'Été, fils du soleil, coloré par le hàlu^ Succède au doux printemps plus robuste et plus mâle. C'est daas cette saison que 1 an plus vigoureux Enfante plus de fruits, brûle de plus de feux.

L'Automne, déjà mûr sans être vieux encorOf •S'enrichit des trésors que l'été fit éclore; De la jeunesse en lui les feux sont amortis; Même on peut sur son front compter des cheveux gris.

L'Hiver, glacé du froid que soufBe son haleine, Le suit à pas tremblants et chemine avec peine. Son front, chauve et neigeux, et battu par les vents, Ou n'a plus de cheveux^ ou n*en a que<âe blancs.

Ainsi que les saisooa on voit changer les hommes : Ce qu'hier nous étions, ce qu'aujourd'hui noussdtnmcs, Demain, feibies mortels, nous ne le eerons plus.

SAim^ÂiraB (Tnânctioii û' Ovide),

as. — Un »oete n son iM^tii torts.

Petit séjour^ commode et «ain Où des arts et du luxe en vain On chercherait quoique nier veille; Humble asile, où j'ai sous la main Mon La Fontaine et mon Corneilio, Où je vis, m'endors et m'éveilie Sans aucun soin du lendemain.

Sans aucun remords de la veille ; Retraite où j* habile avec moi,

1. Frilei ttvant-eoureurt, Frilett déUcata, fragiles; avant-eoureurt, qvl vlenropt trant, qui précMeot. Les fleart aimoiieeat et promettent tea fruita. 9. Le hâk, Is grand air. L'baleine 4ee venta en plein «lir.

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