‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 129 sur 466 · La maison de RoUIn · texte numérisé non relu

La maison de RoUIn

Je commence à sentir et à aimer plus que jamais la douceur de la vie rustique, depuis que j*ai un petit jardin qui me tient iicu de maison de campagne. Je n*ai point de longues allées à perte de vue, mais deux petites seulement, dont Tune me donne de l'ombre sous un berceau assez propre, et l'autre, exposée au midi , me fournit du soleil pendant une bonne partie de la journée, et me promet beaucoup de fruits pour la saison. Un petit espalier, couvert de cinq abricotiers et de dix pêchers, fait tout mon fruitier. Je n'ai point de ruches à miel; mais j'ai le plaisir tous les jours de voir les abeilles voltiger sur les fleurs de mes arbres, et, attachées à leur proie, s'enrichir du suc qu'elles en tirent, sans me faire aucun tort. Ma joie n'est pourtant point sans inquiétude, et la tendresse que j'ai pour mon petit espalier et pour quelques œillets me fait craindre pour eux le froid de la nuit, que je ne sentirais point sans cela. Il ne manquera rien à mon bonheur, si mon jardm et ma solitude contribuent à me faire songer plus que jamais aux choses du ciel '.

ROLLIH.

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