Où se troave le bonheur
Ni l*or ni la grandeur ne nous rendent heureux.
Ces deux diviniiéâ * n'accordent à nos voByx
Que des biens. pçu certains^, qu'un plaisir peu, If a^quille :
Des soucis dévorants. c'e$.t l'éternel asile *4
Véritables vautours, quja le fjis de Japet ^
Représente, enchaîné sur son triste somme^^
L'humble toit est exempt d'un tribut si funeste.
Le sage y vit en paix, et méprise le reste :
Content de ses douceurs, errant. parmi les bois,
Il regarde à ses pieds les favoris des rois*;
Il lit, au front de ceux qu'ua vain luxe environne,
Que la fortune vend *^ ce qu'on cruil; qu'elle donne*
Approchetril du but, quitte-t-il ce séjour,
Hien ne troiible sa 6n.: c'est le soir d'un beau jour.
La FONtAIVK.
Jadis le pauvre Irus ^ honteux et rebuté, Contemplant de Crésus ' Torgueilleuse opulenco, Murmurait hautement contre la Providence : « Que d'honneurs 1 disait-il, que d'éclat! quede.bien! Que Crésus esjt heureux! il a tout, et iKioi rien. » Comme il disait ces mots, une armée en furie
1. Jean-Jacques. Célèbre tfcriTaln da xviiie siècle. II se retirait souvent dans la vallée de'^Iontmorency oh se trouvaient les domaines de la grande et ancienne famille de ce nom.
2. Ces deux divmtit, La Fontaine compare Tor et la gi'andeur h deux divinités ttOxqueUes la plupart des hommes adressent leurs vceux.
8. C'est l'éternel asile. L'or et la grandeur portent et gardent toujours avec eus les soucis qui dévorent.
4. Les païens racontaient que Proraéthée, fils de Japet, ayant voulu dérober îi Jupiter le feu sacré, fut en punition encbatné sur le plus li^nt sommet du Cnuctwe, oh un vautour était sans cesse occpé k dévorer son cœur et ses entrailles qui renaissaient sans cesse pour prolonger son supplice.
5. Belle et grande image pour exprimer le dédain du sage pour les grandeurs et l'or.
6. La fortune vend. Expression énergique. Elle fiiit payer ses faveurs par les auucis et \QS agitations.
7. Orésus, roi de Carie en Asie Mineure, était célèbre par ses richesses. Inta passait pour le plus vauvre des liommes.
Liv&s II. 444
Attaque en son palais Le tyran de Carie : «
De ses vils courtisans il est abandonné,
11 Tuit, on le poursuit; il est pris, enchaîné
On pille ses palais, on ravit ses richesses.
Il pleure : il aperçoit^ au fort de ses détresses %
Irus, le pauvre Irus, qui parmi tant d'horreurs,
Sans songer aux vaincus, boit avec les vainqueurs.
c 0 Jupiter > I dit-il, ô sort inexorable!
Irus est trop heureux, je suis seul misérable. »
Ils se trompaient tqus deux en parlant du bonheur :
La joie est passagère, et le rire est trompeur '«
8€. — Le linot.
Une Hnotte * avait un Gis
Qu'elle adorait selon Tusage ; C'était Tunique fruit du plus doux mariage, Et le plus beau linot qui fût dans le pays. Sa mère en était folle % et tous les témoignages Que peuvent inventer la teudresse et Tamour Étaient pour cet enfant épuisés chaque jour. Notre jeune linot, fier de ces avantages, Se croyait un phénix *, prenait Tair suffisant "* ,
Tranchait du pejtit important '
Avec les oiseaux de son âge; Persiflait ' la mésange • ou bien le roitelet *,
1. il» fort de ses détresses. An moment o%i il est le plu maUienreaz. Détresse. Dernier terme de Vinfortiinei dn danger. Remarquer le gallicisme tr^-usité au (9rt de.