‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 158 sur 466 · ABNER · texte numérisé non relu

ABNER

Madame, voilà donc cet ennemi terrible ? De vos songes menteurs l'imposture est visible ; A moins que la pitié qui semble vous troubler Ne soit ce coup fatal qui vous faisait trembler.

ATHALIE, à Jon «t à JoMbeth.

Vous sortez?

JOSABBTH.

Vous avez entendu sa fortune * :

Sa présence à la fin pourrait être importune.

ATHALIE

Non : revenez.

(a Jo«.)

Quel est tous les jours votre emploi?

JOAS

J'adore le Seigneur ; on m'explique sa loi ; Dans. son livre divin on m'apprend à la lire, Et déjà de ma main je -commence à l'écrire.

ATHÂtIE.

Que vous dit cette loi?

JOAS

Que Dieu veut être aimé ; Qu'il venge tôt ou tard son gaint nom blasphémé ; Qu'il est le défenseur de l'orphelin timide ; Qu'il résiste au snperbe, et punit Tbomicide.

ATHALIE

J'entends. Mais tout ce peuple enfermé dans ce lieu, A quoi s'occupe-t il?

JOAS

Il loue, il bénit Dieu.

ATHALIE

Dieu veut-il qu'à toute heure on prie, on le contemple?

JOAS

Touf profane exercice est banni de son templf*.

1* SHCcider,., La phrase n'est pas achevée. Le sens amènerait la compaaaioH^ l'attachement. Cette forme d'ellipse se nomme suspension. Elle est motivée ici par ^ Bentlment d*étoonemeot qu'éproure AthaUe de se trouver senrible k la pitié.

2. Âbner, Un des principaux ofiQciers des rois de Juda, resté fidèle k la succès»- >ioD légitime et à la religion du vrai Dieu.

>• Sa fortime. Son sort, ta position, ce qui lui est arrivé.

ATHALIB.

Quels sont donc vos plaisirs?

iOAS.

Quelquefois à Tautel, Je présente au grand prêtre ou Tcncens ou le sel * : J'enlends chanter de Dieu les grandeurs infinies; Je vois Tordre pompeux de ses cérémonies.

ATHAUE.

Eh quoi ! vous n'avez point de passe-temps plus doux? Je plains le trisle sort d'un enfant tel que vous. Venez dans mon palais, vous y verrez ma gloire.

JOAS

Moi I des bienfaits de Dieu je perdrais la mémoire 1

ATHALIE

Non, je ne vous veux pas contraindre à Toublier.

JOAS

Vous ne le priez point.

ATHALIE

Vous pourrez le prier.

JOAS

Je verrais cependant en invoquer un autre.

ATHALIE

J*ai mon Dieu que je sers; vous servirez le vôtre: Ce sont deux puissants Dieux.

JOAS

Il faut craindre le mien :

Lui seul est Dieu, madame, et le vôtre n'est rien.

ATHALIE

Les plaisirs près de moi vous chercheront en foule.

JOAS

Le bonheur des méchants comme un torrent s'écoulo.

ATHALIE

Ces méchants, qui sont-ils?

JOSABBTH.

Eh, madame I excusez Un enfant...

ATHALIE, à Josabeth.

J'aime à voir comme vous l'instruisez.

Enfin, Éliacîn, vous avez su me plaire;

Vous n'êtes point sans doute un enfant ordinaire.

1. Ou le êcl. Le sel que le grand prêtre Jetait dans le feu ou sor la chair des tlctlmes pendant les sacriflces.

LIVRB II. 437

Vous voyez, je suis reine, et n'ai point d'héritier ; Laissez là cet habit, quittez ce vil métier ' : Je veux vous faire part de toutes mes richesses Essayez dès ce jour l'effet de mes prome^ises : A ma table, partout, à mes côtés assis, Je prétends vous traiter comme mon propre fils.

JOAS

Comme votre fils ?

ATHALIB.

Oui... Vous vous taisez?

JOAS

Quel père Je quitterais! et pour...

ATHALIE

Eh bien?

JOAS

Pour quelle mère I

R^onn.

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