Le cMant dn rotslgnel em ltl»«rté
De tous les oiseaux, il n'y eu a point qui tiennent meilleure compagnie à l'homme que ceux qui ont reçu le don du chant et de la parole. Mais quelque plaisir que ceux-ci puissent faire, le rossignol les efface tous, et plaît autant seul que tous les autres ensemble. Après qu'on leur a entendu célébrer en grand chœur l'auteur de la nature, et publier les bienfaits de celui qui les nourrit, c'est une agréable nouveauté, sur le soir, que d'entendre le rossignol commencer à chanter seul et continuer bien avant
I. La lavandière. Espace de bergeronnette pliui forte et plus portdo a éiuigrcr que la bergeronnette ordinaire.
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dans la nui. Od cranit qu'il sait combien valent ses talenle, el que c'est par coaplaisance pour rbonme autant que pour sa satisfaction propre, qu'il se plaît à chanter quand tous les autres se taisjDt. Hien ne l'anime tant que le sUenee de la nature. C'est alors qu'il compose et exécute sur tous les tons. U va du sérieux au badin ; d'un chant simple au gaMMÛllement le plus bizarre ; de» tremblements et des roulements les plus légers, à des soupirsk languissants et lamentables, qu'il abandonne ensuite pour revenir à sa gaieté naturelle. On est souvent tenté de connaître l'aimable musicien qui nous amu^ ai obligoiimmeat le matin et le soir. On le cherche, et il se cache : les grands génies ont leurs caprices. A l'entendre seulement, on lui prêterait une grande taille. 11 semble qu'il faudrait une poitrine vigoureuse et des organes infatigables ponr fournir et soutenir, sans ajucun affaiblissement, pendant plusieurs heures, des sons si gracieux et si forts» des agréments si multipliés et si piquants ; en un mot, une musique si prodigieusement variée : et cependant on trouve que c'est le gosier d'un très-petit oiseau qui, sans maître, sans étude ni pré* paration, opère toutes ces merveilles.
Pluobx.