‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 203 sur 466 · Les années «l'apprentissage de Franklin · texte numérisé non relu

Les années «l'apprentissage de Franklin

Dès Tâge de dix ans, son père Tavait employé dans sa fabrica- 4 tion de chandelles ; pendant deux années il fut occupé à couper des mèches, à les placer dans les moules, à remplir ensuite ceuxci de suif, et à faire les commissions de la boutique paternelle. Ce métier était peu de son goût. Dans sa généreuse et intelligente « ardeur, il voulait agir, voir, apprendre. Elevé aux bords de la mer, où, durant son enfance, il allait se plonger presque tout le ] jour dans la saison d'été, et sur les flots de laquelle il s'aventu- i rait souvent avec ses camarades en leur servant de pilote, il dé- ii sirait devenir marin. Pour le détourner de cette carrière , dans laquelle était déjà entré Tun de ses fils , son père le conduisit i tour à tour chez des menuisiers, des maçons, des vitriers, des i tourneurs, etc. , afin de reconnaître la profession qui lui convien- 3 drait le mieux. Franklin porta dans les divers ateliers qu'il visitait »

1. Ptuihaut. C^est-è-dire nos vnes B^élèvent au-deastiB de la fante présente et du moment actuel.

2. Manier non plus les paroles^ mais les choses» Expression énergique pour M s'occuper non plus de parler, mais d*agir, non plus de discours, mais d'affoires. »

3. On ne saurait mieux faire sentir r importance de l'attention dès le début des études, et les fâcheuses conséquences pour Vavenir du défaut d'exactitude et de justesse dans les paroles et dans les actions. — Rapprocher de ces conseils sur Tesprit d'attention et d'ordre le morceau suivant, qui donne un exemple des heureux effets qu'il a produits dans l'un des hommes les plus remarquables des temps modernes.

4. Franklin, né a Boston, vécut do 1706 k 1790. Il fut k la fols un grand citoyen, un savant et un sage. Il n'y a pas de vie qui soit plus intéressante et plus utile à lire.

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cette attention observatrice qui le distingua en tontefl choses, et il apprit à manier les instruments des diverses professions en voyant les autres s'en servir. Il se rendit ainsi capable de fabriquer plus tard avec adresse les petits ouvrages dont il eut besoin dans sa maison , et les machines qui lui furent nécessaires pour ses expériences. Son père se décida à le feire coutelier, il le mit à Fessai chez son cousin Samuel Franklin, qui, après s'être formé dans ce métier à Londres, était venu s'établir à Boston * ; mais la somme exigée pour son apprentissage ayant paru trop forte, il fallut renoncer à ce projet.

Son père voyant son goût décidé pour les livres, le destina enfin à être imprimeur. Il le plaça en 4748 chez Tun de ses fils, nommé James, qui était revenu d'Angleterre, Tannée précédente, avec une presse* et des caractères d'imprimerie. Le contrat d'apprentissage fut conclu pour neuf ans. Pendant les huit premières années, Benjamin Franklin devait servir sans rétribution son frère, qui, en retour, devait le nourrir et lui donner, la neuvième année, le salaire d'un ouvrier.

Il devint promptement très-habile. Il avait beaucoup d'adresse, qu'il accrut par beaucoup d'application. 11 passait le jour à travailler et une partie de la nuit à s'instruire. C'est alors qu'il étudia tout ce qu'il ignorait, depuis la grammaire jusqu'à la philosophie; qu'il apprit l'arithmétique, dont il savait imparfaitement les règles, et à laquelle il ajouta la connaissance de la géométrie et la théorie de la navigation ; qu'il fit l'éducation méthodique de Bon esprit «, comme il fit un peu plus tard celle de son caractère. 11 y parvint à force de volonté et de privations. Celles-ci, du reste, lui coûtaient peu , quoiqu'il prît sur la qualité de sa nourriture et les heures de son repos pour se procurer les moyens et le temps d'apprendre. Il avait lu qu'un auteur ancien *, s'élevant contre l'usage de manger de la chair , recommandait de ne se nourrir que de végétaux. Depuis ce moment, il avait pris la résolution de ne plus rien manger qui eût eu vie , parce qu'il

!• Botton. Ville de rAmérJk^ue septentrionale, qui faisait alors partie des côtoies anglaises, et qui est aujourd'hui la capitale de l'un des États-Unis,

3. Une presse, Kachine qui sert k imprimer sur le papier la forme des caractères disposés k cet effet dans des cadres par les ouvriers compositeurs.

8. L'èdwaiUm méthodique de son esprit. U n'est personne qui n'ait & revenir snr les connaissances acquises pendant Tenfance , et sur son éducation morale, pour ^vaUler à acquérir certaines qualités , et se corriger de certains défiants. Cette ■^Qde éducation tonte personneUe est de toutes la plus fiructuense , pourvu 'iu'oay apporte, comme Franklin, une volonté énergique et des eflTorts persë- Térants.

4. Pythagore, philosophe grec, qui vivait an vie si^le avant Jésus-Chritt,

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croyait que c'était une habitude à la fois barbare et pemîcîease. Pour tirer profit de sa sobriété systématique , il avait proposé à sou frère de se nourrir lui-même, avec ta moitié de l'argent qu'il dépensait pour cela chaque semaine. L'arrangement fut agréé, et Franklin y se contentant d'une soupe de gruau qu'il faisait grossièrement lui-môme, mangeant debout et vite un morceau de pain avec un frait, ne buvant que de Teau , n'employa point tout entière la petite somme qui lui fut remise par son frère. 11 économisa sur elle assez d'argent pour acheter des livres , et sur les heures consacrées aux repas, assez de temps pour les lir^

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