LIVRE III
II voulut ajouter la parole aux habits.
Chose qu'il croyait nécessaire.
Mais cela gâta son affaire :
n ne put du pasteur contrefaire la voix. Le ton dont il parla fit retentir les bois,
Et découvrit tout le mystère ^
Chacun se réveille à ce son.
Les brebis, le chien , le garçon.
Le pauvre loup dans cet esclandre >,
Empêché par son hoqueton,
Ne put ni fuir ni se défendre.
Toujours par quelque endroit fourbes se laissent prendre.
La FoNTÀura.
4f . — L'ftne et se» maîtres*
L'âne d'un jardinier se plaignait au destin * De ce qu'on le faisait lever devant Taurore. < Les coqs, lui disait-il, ont beau chanter matin,
Je suis plus matineux * encore.
Et pourquoi? pour porter des herbes au marché. Belle nécessité d'interrompre mon somme l »
Le Sort, de sa plainte touché, Lui donne un autre maître ; et l'animal de somme ^ Passe du jardinier aux mains d'un corroyeur. La pesanteur des peaux et leur mauvaise odeur Eurent bientôt choqué l'impertinente bête, c J'ai regret, disait-il , à mon premier seigneur ••
Encor quand il tournait la tète,
J'attrapais, s'il m'en souvient bien, Quelque morceau de chou qui ne me coûtait rien : Mais ici point d'aubaine, ou^ si j'en ai quelqu'une,
!• U m^Btère. C*e8t-)k-dlre la fonrberio la tromperie.
3> Cet iêclûndre. Cette bagarre, oe tumulte. Ce root ^oivaat d'ordinaire k Mandale.
3- As dectin. Les païens appelaient DesHn on Sort une divinité supérieure k tontes les antres, et qui présidait il tout oe qui arrive.
*' IhtkuMx, Qui a l'habitude de se lerer matin; matinal, qui parait le matin. VA s'est leré matin.
^' l'animal de tomme. On dit seulement aujourd'hui bits de sommât vovx désigner on animal destiné k porter les lourds fardeaux.
^' J'ai regret à mon premier aeigneuTt pour « je regrette mon premier maître.» ïourk remarquer.
182 nEcueiL de morceaux choisis.
Cest de coups *. » Il obtint changemenl de fortune;
Et sur l'état d*un charbonnier
U fut couché tout le dernier *.
Autre plainte. « Quoi doncl dit le Sort on colère,
Ce baudet-ci m'occupe autant
Que cent monarques pourraient faire !
Croil-ii être le seul qui ne soit pas content?
N'ai-]e en Tesprit que son affaire? »
Le Sort avait raison. Tous gens sont ainsi faits : Notre condition jamais ne nous contente;
La pire est toujours la présente.
Nous fatiguons le ciel à force de placets •. Qu'à chacun Jupiter accorde sa requête,
Nous lui romprons encor la tête V
La Foktàikx.