Si faut-^. Et encore flmi-Ur... Remarquer ce tour
2. Rauoiuuàk et raisonneur, Ge« mota mis ici en contraste font ressortir la
LB VAL. Morbleu I j'enrage d'avoir raison.
LR 6R. Te tairas-tu?
LE VAL. Monsieur, je me ferais hacher : il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. Choisissez; comment la voulez-vous?
LE GR. Je te Tai dit mille fois, coquin! Je la veux... je la *
Mais voyez ce maraud-là. Est-ce à un valet à me venir faire des questions? Si je le prends, traitre ! je te montrerai comment je la veux. Vous riez, je pense, monsieur le jurisconsulte?
AR. Moi? Point >. Je sais que les valets ne font jamais les choses comme on leur dit.
LE GR. Vous m'avez pourtant donné ce coquin-la !
AR. Je croyais bien faire...
LE GR. Ohl je croyais... Sachez, monsieur le rieur, que je croyais n'est pas le langage d'un homme bien sensé.
AR. Eh! laissons cela, mon frère, et permettez que je vous parle d'une affaire plus importante, dont je serais bien aise...
LE GR. Non, je veux auparavant vous faire voir à vous-même comment je suis servi par ce pendard-là, afin que vous ne veniez pas après me dire que je me fâche sans sujet. Vous allez voir, vous allez voir. Âs-tu balayé Tescalier?
LE VAL. Oui, monsieur, depuis le haut jusqu'en bas.
LE GR. Et la cour?
LE VAL. Si vous y trouvez une ordure comme cela ', je veux perdre mes gages.
LE GR. Tu n'as pas fait boire la mule?
LE. VAL. Âhl monsieur, demandez-le aux voisins, qui m'ont vu passer.
LE GR. Lui as-tu donné l'avoine?
LE VAL. Oui, monsieur; Guillaume y était présent.
LE GR. Mais tu n'as point porté ces bouteilles de quinquina où je t'ai dit?
valeur des désinences aùle et eur. Rapprocher cette ligne du rera de Molière i
Raisonner est remploi de tonte ma maison^ Ei le raisonuement en bannit la raison,
1. Je ta... Réticence trbs-plaisante et qui met le grondear dans la position la pins comique ; forcé d'avouer qu'il a tort ou de chercher un autre sv^et de querelle.
2. Moi? Point. Remarquer la viyacltë de ce tour elliptique. Ariste pour Cpolser le grondeur feint ici d'entrer dans ses idées.
8. Comme cela. On comprend que le valet accompagne cet mots d'an gtJ:» qui Indique Tobjet le plus menu.
LIVHB III. 499
LE VAL. Pardonnez-moi, monsieur, et j'ai rapporté les vides.
LB GR. Et mes lettres, les as-tu portées à la poste? Hein?
LB VAL. Peste! monsieur, je n'ai eu garde d'y manquer.
LB 6B. Je t'ai défendu cent fois de racler ton maudit violon; cependant j'ai entendu ce matin...
LB VAL. Ce matin? Ne vous souvient-il pas que vous me le mîtes hier en mille pièces?
LE GR. Je gagerais que ces deux voies de bois sont encore...
LR VAL. Elles sont logées, monsieur. Vraiment, depuis cela , j'ai aidé Guillaume à mettre dans le grenier une charretée de foin, j'ai arrosé tous les arbres du jardin , j'ai nettoyé les allées, j'ai bêché trois planches, et j'achevais l'autre quand vous avez frappé.
LB GR. Oh!... il faut que je chasse ce coquin-là; jamais valet ne m'a fait enrager comme celui-ci : il me ferait mourir de chagrin... Hors d'ici I
Bbuets.
St. - mnité de l'blctolre.
Ce n'est pas sans raison que l'histoire a toujours été regardée comme la lumière des temps, le dépositaire des événements, le témoin fidèle de la vérité, la source des bons conseils et de la prudence, la règle de la conduite et des mœurs. Sans elle, renfermés dans les bornes du siècle et du pays où nous vivons, resserrés dans le cercle étroit de nos connaissances particulières et do nos propres réflexions, nous demeurons toujours dans une espèce d'enfance, qui nous laisse étrangers à l'égard du reste de l'univers, et dans une profonde ignorance de tout ce qui nous a précédés, et de tont ce qui nous environne. Qu'est-ce que ce petit nombre d'années qui composent la vie la plus longue? Qu'est-ce que l'étendue du pays que nous pouvons occuper ou parcourir sur la terre, sinon un point imperceptible à l'égard de ces vastes régions de l'univers, et de cette longue suite de siècles qui se sont succédé les uns aux autres depuis l'origine du inonde? Cependant c'est à ce point imperceptible que se bornent nos connaissances, si nous n'appelons à notre secours l'étude de l'Histoire, qui nous ouvre tous les siècles et tous les pays; <iui nous fait entrer en commerce* avec tout ce qu'il y a eu de
I. En eommene. En reUHoiu, en conmmoAuttf d'idées, de wntlmente. Rcmaiw qoer Taoceptlon donnée Ici )i oe mot.
grands hommes dans l'antiquité ; qui nous met sous les yenx toutes leurs actions, toutes leurs entreprises, toutes leurs vertus, tous leuFS défauts; et qui, par les sages réflexions qu'elle nous fournit, ou qu'elle nous donne lieu de faire, nous procure en peu de temps une prudence anticipée, fort supérieure aux leçons des plus habiles maîtres.
L'Histoire, quand elle est bien enseignée, devient une école de morale pour tous les hommes. Elle décrie les vices, elle démasque les fausses vertus, elle détrompe des erreurs et des préjugés populaires, elle dissipe le prestige enchanteur des richesses et de tout ce vain éclat qui éblouit les hommes, et démontre par mille exemples plus persuasifs que tous les raisonnements, qu'il n'y a de grand et de louable que l'honneur et la probité. De l'estime et de l'admiration que les pkis corrompus ne peuvent refuser aux grandes et belles actions qu'elle leur présente, elle fait conclure que la vertu est donc le véritable bien de l'homme, et qu'elle seule le rend véritablement grand et estimable. Elle apprend à respecter cette vertu, et à en démêler la beauté et l'éclat à travers les voiles de la pauvreté, de l'adversité, de l'obscurité, et même quelquefois du décri et de l'infamie : comme au contraire elle n'inspire que du mépris et de l'horreur pour le crime, fùt-il revêtu de pourpre^ tout brillant de lumière, et placé sur le trône.
BOLLIK.