Boileau. Poëte satirique du xyiio tiède, 4 Satire nn
LIVRB III. 497
Mais quelle solitudel... Aussi dans cette ville, Je n'avais qu'un valet pour me désennuyer, Et je m'avise encor de le congédier.
CoLun d*Hablstill&.
BO. - Le ffrondear.
LE GRONDEUR. Bourroaul me feras-tu toujours frapper deux heures à la porte?...
LB VALBT. Monsieur, je travaille au jardin ; au premier coup de marteau, j'ai couru si vite que je suis tombé en chemin.
LE GR. Je voudrais que tu te fusses rompt} le cou, double chien! Que ne laisses-tu la porte ouverte?
LE VAL. Ehl monsieur, vous me grondâtes hier, à cause qu'elle rétait. Quand elle est ouverte, vous vous fâchez; quand elle est fermée , vous vous fâchez aussi. Je ne sais plus comment faire.
LE GR. Comment faire!
ARiSTB. Mon frère, voulez-vous bien.«.
LE GH. Ohl donnez-vous patience. Comment faire, coquin!
AR. Eh ! mon frère, laissez là ce valet, et souffrez que je vous parle de...
LE GR. Monsieur mon frère, quand vous grondez vos valets, on vous les laisse gronder en repos.
AR., k part. Il faut lui laisscr passer sa fougue.
LE GR. Comment faire, infâme !
LE VAL. Oh çà 1 monsieur, quand vous serez sorti , voulez-vous que je laisse la porte ouverte?
LE GR. Non.
LE VAL. Voulez-vous que je la tienne fermée?
LE GR. Non.
LE VAL. Si faut-il *, monsieur...
LE GR. Encore 1 tu raisonneras, ivrogne?
AR. Il me semble, après tout, mon frère, qu'il ne raisonne pas mal; et l'on doit être bien aise d'avoir un valet raisonnable.
LE GR. Et il me semble â moi , monsieur mon frère, que vous raisonnez fort mal. Oui, l'on doit être bien aise d'avoir un valet raisonnable ', mais non pas un valet raisonneur.