La réception d'un cbevallcr aa moyen âge
Le jeune homme, Técuyer ' qui aspirait au titre de chevalier, était d'abord dépouillé de ses vêtements et mis au bain, symbole de purification. Au sortir du bain, on le revêtait d'une tunique blanche, symbole de pureté, d'une robe rouge, symbole du sang qu'il était tenu de répandre pour le service de la foi ; d'une saie ou justaucorps* noir, symbole de la mort qui l'attendait, ainsi que tous les hommes.
Ainsi purifié et velu, le récipiendaire observait pendant vingtquatre heures un jeûne rigoureux. Le soir venu, il entrait dans l'église et y passait la nuit en prière, quelquefois seul, quelquefois avec rn prêtre et des parrains qui priaient avec lui.
Le lendemain, son premier acte était la confession ; après la
1. Chevalier, C'était, dans le récit qui suit, nn agrégé k la choTalerle régulière, ob Ton faisait profession de porter les armes contre les infidèles, de protéger les pèlerins allant en terre sainte, et de seiTir dans les hôpitaux oU ils devaient être reçus. — Moy^ âge. Nom par leqnel les historiens désignent les siècles compris entre le partage de Tempire romain, à la mort de Tbéodose (395), et la prise de Constantinople par les Turcs ottomans (1453).
î. Êcuyer. Titre des jeunes gens de nohle famille, qui faisaient le service militaire a la suite des chevaliers. Il faUait qu'un écuyer eût 21 ans pour être fait cbevalier.
8. Justaucorps. Espèce de yêtemeut k manches, descendant Jusqu'aux genoux et •errant le corps.
confession, le prêtre lui donnait la communion ; il assistait è une messe du Saint-Esprit, et ordinairement à un sermon sur les devoirs des chevaliers , et de la vie nouvelle où il allait entrer Le sermon Gni, le récipiendaire s'avançait vers Tautel, l'épée de chevalier suspendue à son cou; le prêtre la détachait, la bénissait, et la lui remettait au cou. Le récipiendaire allait alors s'agenouiller devant le seigneur qui devait l'armer chevalier '. « A quel dessein, lui demandait le seigneur, désirez-vous entrer dans l'ordre? Si c'est pour être riche, pour vous reposer et être honoré sans faire honneur à la chevalerie, vous en êtes indigne. » Et, sur la réponse du jeune homme, qui promettait de se bien acquitter des devoirs de chevalier, le seigneur lui accordait sa demande.
Alors s'approchaient des chevaliers, et quelquefois des dames, pour revêtir le récipiendaire de tout son nouvel équipement ; on lui mettait : i® les éperons; 2* le haubert ou la cotte démailles • ; 30 la cuirasse ; 4<^les brassarts * et les gantelets*; W" enûn on lui ceignait Tépée.
11 était alors ce qu'on appelait adoubé, c'est-à-dire adopté. Le seigneur se levait, allait à lui, et lui donnait V accolade, trois coups du plat de son épée sur l'épaule ou sur la nuque, et quelquefois un coup de la paume de la main sur la joue, en disant : « Au nom de saint Georges, je te fais chevalier. » Et il ajoutait quelquefois: « Sois preux % hardi et loyal. »
Le jeune homme ainsi armé chevalier, on lui apportait son casque, on lui amenait un cheval; il sautaitdessus sans le secours des étriers, et caracolait en brandissant sa lance et faisant flamboyer son épée. Il sortait enfin de l'église, et allait caracoler sur la place, au pied du château, devant le peuple avide de prendre sa part du spectacle.
GCIZOT.
»7. — Saint LoalB et la Croisade K
La nouvelle de la ruine des saints lieux avait produit un effet terrible sur Tâme de Louis IX. Il tomba très-gravement malade vers le 40 décembre 4244, et bientôt l'on craignit pour sa vie.
1 , Elle était )i manches et h gorgerin.
3. Brassarts. Bandes de fer articulées, qui courraient les Iras. 8. Gantelets. Gants de lames de fer articalées.