‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 237 sur 466 · Mort de leanne d'Are · texte numérisé non relu

Mort de leanne d'Are

Silence au camp ! la vierge est prisonnière ; Par un injuste arrêt Bedfort* croit la flétrir : Jeune encore, elle touche à son heure dernière. •• Silence au camp l la vierge va périr.

A qui réserve-t-on ces apprêts meurtriers?

Pour qui ces torches qu'on excite?

L'airain sacré tremble et s'agite...

D'où vient ce bruit lugubre? où courent ces guerriers Dont la foule à longs flots roule et se précipite ?

La joie éclate sur leurs traits I

Sans doute l'honneur les enflamme; Ils vont pour un assaut former leurs rangs épais :

Non, ces guerriers sont des Anglais

Qui vont voir mourir une femme.

Qu'ils sont nobles dans leur courroux!

Qu'il est beau d'insulter au bras chargé d'entraves! La voyant sans défense, ils s'écriaient, ces braves :

« Qu'elle meure 1 elle a contre nous Des esprits infernaux suscité la magie... »

Lâches, que lui reprochez-vous ?

D'un courage inspiré la brûlante énergie, L'amour du nom français , le mépris du danger ,

l> Bedfort. Qénénà de rarmée anglaUe.

2li BECUETL DR MOACEAUX CHOISIS.

Voilà sa magie et ses charmes.

En faut-il d'autres que des armes Pour combattre, pour vaincre et punir l'étranger?

Du Christ, avec ardeur, Jeanne baisait l'image ; Ses longs cheveux impars flottaient au gré des vents ; Au pied de Téchafaud , sans changer de visage ,

Elle s'avançait à pas lents.

Tranquille elle y monta. Quand, debout sur le fatte. Elle vit ce bûcher qui l'allait dévorer , Les bourre mx en suspens Ja flamme déjà prèlei Sentant son cœur faillir, elle baissa la tète. Et se prit à pleurer.

Ah! pleure, fille infortunée!

Ta jeunesse va se flétrir , Dans sa fleur trop tôt moissonnée!

Adieu, beau ciel, il faut mourir I

Tu ne reverras plus tes riantes montagnes,

Le temple, le hameau, les champs de Vaucoulears,

Et ta chaumière et tes compagnes * , Et ton père, expirant sous le poids des douleurs.

Après quelques instants d'un horrible silence. Tout à coup le feu brille , il s'irrite , il s'élance... i^ cœur de la guerrière alors s'est ranimé : A travers les vapeurs d'une fumée ardente,

Jeanne, enc^r menaçante.

Montre aux Anglais son bras à demi consumé.

Pourquoi reculer d'épouvante ,

Anglais? son bras est désarmé.

La flamme l'environne et sa voix expirante Murmure encore : « 0 France 1 6 mon roi bien-aimél »

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