Icanne d'Are MsettCc* de Dieu pour Mnvcr la France
Qui t'inspira, jeune et faible bergère ' , D*abandonner la houlette légère Et les tissus commencés par ta main?
Ta sainte ardeur n'a pas été trompée; Mais quel pouvoir brise sous ton épéc Les cimiers d'or et les casques d'airain ? L'aube du jour voit briller ton armure , L'acier pesant couvre ta chevelure, Et des combats tu cours braver le sort. Qui t'inspira de quitter ton vieux père, De préférer aux baisers de ta mère L'horreur des camps, le carnage et la mort?
C'est Dieu qui l!a voulu, c'est le Dieu des armées, Qai regarde en pitié les pleurs des malheureux; C'est lui qui délivra nos tribus opprimées
Sous le poids d'un joug rigoureux ; C'est lui, c'est l'Éternel, c'est le Dieu des a:.Tnées. L'ange exterminateur bénit ton étendard ;
1. Suseiter, Faire naître, fidro paraître en nn certain tempt; s'applique, en ce Kos, au personnages extraordinaires que Dieu inspire et semble oonduire.
3> ÂQ moment oii Jeanne-â*Arc parut, en 1429, sons le r^gne de Charles VII, plD3 de la moitié de la France était an pouvoir des Anglais.
'• Les parents de Jeanne étaient de simples gens de labour, du village de Dora* %i prbi de Yancouleurs, en Lorraine (département de la Meuse).
212 RECUEIL DE UORCEAUX CUOISIS.
n mît dans tes accents un son mâlo et terrible , La force dans ton bras, la mort dans ton regard »
Et dit à la brebis paisible :
« Va déchirer le léopard. »
Richement, La Hire, Xaintrailles , ^
Dunois*, et vous preux chevaliers,
Suivez ses pas dans les batailles;
Couvrez-la de vos boucliers ,
Couvrez-la de votre vaillance;'
Soldats, c'est Tespoir de la France
Que votre roi vous a commis.
Marchez quand sa voix vous appelle,
Car la victoire est avec elle,
La fuite avec ses ennemis.
Apprenez d'une femme à forcer des murailles A gravir leurs débris sous des feux dévorants, A terrasser l'Anglais , à porter dans ses rangs
Un bras fécond en funérailles l
Honneur à ses hauts faits I Guerriers, honneur à vous ! Chante, heureuse Orléans, les vendeurs de la France',
Chante ta délivrance :
Les assaillants nombreux sont tombés sous leurs coups. •• Que sont-ils devenus ces conquérants sauvages Devant le fer vainqueur qui combattait pour nous?
Ce que deviennent des nuages D'insectes dévorants dans les aies rassemblés , Quand un noir lourbillon élancé des montagnes Disperse en tournoyant ces bataillons ailés
Et fait pleuvoir sur nos campagnes
Leurs cadavres amoncelés.
Aux yeux d'un ennemi superbe
r^ lis a repris ses couleurs ;
Ses longs rameaux courbés sous l'herbe
Se relèvent couverts de fleurs.
Jeanne au front de son maître a posé la couronne; A l'attrait des plaisirs qui retiennent ses pas
La noble fille l'abandonne :
1. Braves capitaines de Charles Vn, mais gui n^ayalent pas suffi li défendre U France contre les Anglais.
3. La déUvranco d*0rlâuu lût le premier exploit de Jeanne d'Aro: eUe y entis le 29 ayrn 1429.
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Délices de la cour, vous n'enchaînerez pas
L'ardeur d'une vertu si pure;
Des armes , voilà sa parure ,
£t ses plaisirs sont les combats.
Ainsi tout prospérait à son jeune courage, Dieu conduisit deux ans ce merveilleux ouvrage ;
Il se plut à récompenser Pour la France et ses rois son amorr idolâtre; Deux ans il la soutint sur ce brillout théâtre, Pour apprendre aux Anglais, qu'il voulait abaisser , Que la France jamais ne périt tout entière , Que, son dernier vengeur fût-il dans la poussière, Les jfemmes, au besoin, pourraient les en chasser.