La bataille de Taluiy
DnmotiTies ayalt en rain tente d^arrôter les Pmssiens aux défîl<5t de TArgonne ; n les laisse a^engagér tnr la rôntf de Paris par Châlons, mais se place derribre cox sar le platean de Salnte-Ménebocld qn'entonrent la vallée de TAure et, de l'antre cflté de la vallée, nne chaîne circulaire de hantenrs. Il conpe ainsi les communications de l'ennemi, l'arrôte dans sa marche sur Paris et le force de revenir sur lui pour livrer hataille.
En avant de r Anre, sur une colline située au centre dn bassin et que couronnait lemonlln de Valmy, Kellermnnn, chef de Tarmée de l'Est, et placé sous les ordres de Dumouriez, a pris une fausse i^osition que commande l'artilloTle de renneml ^ batterie sur les hauteurs opposées, et que menacent sur son flanc gauche et sur •on flanc droit deux colonnes d'attaque. BrunswVck, général en chef de l'armée prussienne, croyant les Français ébranlés, dirige alors sur leur front, avec ses meilleures troupes, une attaque décisive.
11 était midi. Un brouillard épais, qui jusqu'à ce moment avait enveloppé les deux armées, était dissipé : elles s'apercevaient distinctement, et nos jeunes soldats voyaient les Prussiens s'avancer sur trois colonnes, avec l'assurance de troupes vieilles et aguerries. C'était pour la première fois qu'ils se trouvaient au nombre de cent mille hommes sur le champ de bataille et qu'ils î»llaient croiser la baïonnette. Ils ne connaissaient encore ni eux ni l'ennemi, et ils se regardaient avec inquiétude. Kcllermann entre dans les retranchements, dispose ses troupes par colonnes
'• I^ bataille fie Valmy, appelée aussi canmnade de Valmy, parce qu'il y fut ^^ plus do 30,000 coups de canon, fut livrée le 20 septembre 1792 ; ce fut la yrenibre bataille rangée gagnée par les soldats de la République.
d'un bataillon de front, et leur ordonne, lorsque les Prussiens seront à une certaine distance, de ne pas les attendre et de courir au-devant d'eux à la baïonnette. Puis il élève la voix et s'écrie : f^ive la nation ! On pouvait dans cet instant être brave ou lâche. Le cri de vive la nation î ne fait que des braves, et nos jeunes soldats, entraînés, marchent en répétant le cri do vice la nation ! A cette vue, Brunswick, qui ne tentait Tattaque qu^avec répugnance et avec une grande crainte du résultat, hésite, arrête ses colonnes, et finit par ordonner la rentrée au camp. Cette épreuve fut décisive. Dès ce moment, on crut à la valeur do ces savetiers^ de ces tailleurs^ qui composaient Farinée française, d'après les émigrés. On avait vu des hommes équipés, vêtus et braves; on avait vu des officiers décorés et pleins d'expérience : un général Duval dont la belle taille, les cheveux blanchis inspiraient le respect; Kellermann, Dumouriez enfin, opposant tant de constance et d'habileté en présence d'un ennemi si supérieur. Dans ce moment, la révolution française fut jugée, et ce chaos, jusque-là ridicule, n'apparut plus que comme un terrible élan d'énergie.
Thieks.
72. — Sftoatlon de la Pranee aprè» les batatllei d*Arcole et de Rivoli.
Avant les famenses campagnes d'Italie de Bonaparte, la France avait remporta de précieux nrantages snr ses ennemis et reculé ses frontières, mais elle n'arait pas encore obtenu cette continuité de snccbi et comme terrassé son plus opiniâtre ndrersaire l'Autriche. En 1796 et dans les premiers Jours de 1797, Bonaparte, transportant la guerre des rochers arides des Al^es dans le riche bassin du P8« Répare d'abord les Piémontais des Autrichiens )i Mont^^otte, It Millcsimo, ^ Mondovl, détruit trois armées autrichiennes : celle de Beaulicu à Borghetto, celle de Wuimscr à Castiglione, à Eoveredo, H Bassano, celle d'Alvinzi enfin H Arcole et à lUvoli, et maître de l'immense plaine qu'enferment les Alpes et les Apennins, k prépare )i faire face au derLier effort do F Autriche qui, aprts lui avoir opposé trois armées sans généraux, ne peut plus envoyer contre lui qu'un général sons année, Varchidno Charles.
Jours à jamais célèbres et à jamais regrettables pour nous! A quelle époque noire patrie fut-elle plus belle et plus grande? Les orages de la révolution paraissaient calmés ; les murmures deji partis retentissaient comme les derniers bruits de la tempête. On regardait ces restes d'agitation comme la vie d'un État litre. Le commerce et les finances sortaient d'une crise épouvantable; le sol entier, restitué à des mains industrielles * , allait être fécondé. l}n gouvernement composé de bourgeois, nos égaux, régissait la
t. Le seni donné iei an mot ÎHdustrieUet, employé pour êndulrUiues, n'est pu à imiter.
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République avec modération ; les meilleurs étaient appelés à leur succéder. Toutes les voies étaient libres. La France, au comble de la puissance, était maîtresse de tout le sol qui s'étend du Rhin aux Pyrénées, de la mer aux Alpes. La Hollande, TËspagne allaient unir leurs vaisseaux aux siens, et attaquer de concert le deùpoiisme maritime. Elle était resplendissante d'une gloire immortelle. D'admirables armées faisaiect Qotter ses trois couleurs, à la face des rois qui avaient voulu l'anéantir. Vingt héros, divers de caractère et de talent, pareils seulement par Tâge et le courage, conduisaient ses soldats à la victoire. Hoche, Kléber, Desaix, Moreau, Joubert, Masséna, Bonaparte, et une foule d'autres encore s'avançaient ensemble. On pesait leurs mérites divers; mais aucun œil encore, si perçant qu'il pût être, ne voyait dans cette génération de héros les malheureux ou les coupables; aucun œil ne voyait celui qui allait expirer à la fleur de l'âge, atteint d'un mal inconnu *, celui qui mourrait sous le poignard musulman > ou sous le feu ennemi ', celui qui trahirait sa patrie * : tous paraissaient grands, purs, heureux, pleins d'avenir !
TbI£II8.
78. — Impressions 4e rami«e française en entrant dans In Terre-Sninte *.
On avait passé les limites de l'Afrique, on était en Asie ; on allait traverser la Terre-Sainte. Les soldats se livrèrent à toutes sortes de conjectures. Tous se faisaient une fête d'aller à Jérusalem ; cette fameuse Sion parlait à toutes les imaginations et réveillait toute espèce de sentiments. Les chrétiens leur avaient montré dans le désert un puits où la Vierge, venant de Syrie, s'était reposée avec l'enfant Jésus. Les généraux avaient comme drogman s*, intendants ou secrétaires, un grand nombre de Syriens qui parlaient un peu la langue franque, jargon italien ; ils expliquaient aux soldats toutes les traditions de leurs légendes chargées de superstitions... Quelques vieux soldats qui avaient été élevés dans les séminaires chantaient les cantiques et les com-
1. Hoche, mortik 29 ans, en 1797; U avait été général en chef à 34 ans.
3. Kléber, assassioé an Caire le 14 Juin 1800 ; U était k U tfite de Tarmëe d'IÉgypte. S. Desaix, taé snr le champ de bataille de Hareogo» le 14 Jnin 1800, an mUien
d'ane charge qui décida de la victoire.
4. Horean, blessé h mort par nn boulet à la bataille de Dresde, le 37 août 18I8, C. Bapprocher ce moreean de celai de Kichand, p. 304. — L*armée française
marchait, de régypte qn^èUe avait sonmlse, à la conqufite de la Syrie, sous la con^ doite du général Bouaparte.
<• Drogmans. Nom donné aux interprètes en Orient.
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plaintes de Jérémie, que Ton entend pendant la semaine semis
dans les églises d'Europe.
En sortant de Gaza ', l'armée prit à gauche et marcha an milieu d'une plaine de six lieues de large. A gauche, oUe avait les dunes qui bordent la mer, et à droite les premiers mamelons des montagnes de la Palestine, qui vont en s'élevant pendant quatre ou cinq lieues, puis descendent sur l'autre revers jusqu'au Jourdain. Le 4*' mars, après une journée de sept lieues, l'armée campa à Esdoud '; elle passa à gué le torrent qui descend de Jérusalem et se jette dans la mer à Âscalon *. Cette dernière ville est célèbre par les sièges et batailles qui l'ont illustrée dans, les guerres des croisades. Napoléon employa trois heures à parcourir le champ de bataille d'Âscalon, où Godefroy battit l'armée du Soudan d'Egypte *•
En campant sur los ruines de ces anciennes villes, on lisait tous les soirs l'Ëcriture sainte à haute voix, sous la tente du général en chef. L'analogie et la vérité des descriptions étaient frappantes ; elles conviennent encore à ce pays après tant de siècles et de vicissitudes. Le 2 mars, après sept lieues de marche, on campa à Ramleh, à sept lieues do Jérusalem. Les coureurs s'approchèrent à trois lieues de la ville sainte. L'armée brûlait de voir la colline du Calvaire, le Sépulcre, le plateau du temple de Salomon ; elle éprouva un sentiment de peine lorsqu'elle reçut Tordre de tourner à gauche, mais il était pressant d'occuper Jaffa ', où une nombreuse garnison travaillait à se fortifier.
Les Pères de la Terre-Sainte * amenèrent la population de Nazareth, hommes et femmes, au nombre de plusieurs milliers. Le bonheur de ces chrétiens ne se peut exprimer; après tant de siècles d'oppression, ils voyaient des hommes de leur religiun ! leur plaisir était de parler de la Bible, qu'ils savaient mieux que les soldats français. Napoléon revêtit de pelisses * trois do leurs chefs qui avaient plus de quatre-vingt-dix ans ; un d'eux avait cent un ans, et lui présenta qjuatre générations. Le général en chef le fit dîner avec lui. Ce vieillard ne disait pas trois mots qu'il n'y
1. Gëut, Aicalan^ Juffa, Anelennes vlUes des Phnistins, sur la Méditerranée. Qaza est encore un port de commorce ; Ascalon est en raines.